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candy m
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Fiction Unclean, scène annexe en bonus! Empty Fiction Unclean, scène annexe en bonus!

Mar 6 Sep - 12:39
Comme l'a suggéré vico59, je reposte tout depuis le début, donc je vais éviter les doubles-posts, pardon par avance si j'en fait un. (car ya un caractère maximum à ne pas dépasser Mad ).



Allez, c'est parti!



Spoiler:


Elle renifla un ultime rail de coke avant de dresser son regard livide vers Daniel alanguit sur le lit. Elle prit un air aguicheur et se déshabilla le plus sensuellement possible. Elle chevaucha félinement son corps de mâle aguerrit. Sans dire le moindre mot, elle lui présenta ses lèvres pâles et glacées.



- On fait quoi ce soir mon héros ?

- Ce qui te fera plaisir…

- Tout me fait plaisir tu le sais bien…

- De quoi tu as envie… ?

Esther déglutit, plongea dans la nuque de son partenaire, et de sa voix la plus enjôleuse proclama :


- Parle-moi d’elle…

- Qui ?

- …La petite Diane ! Comment elle est quand tu lui fais l’amour? Quand…Tu la fais jouir… ?

Daniel échappa un rictus détestable et caressa les cheveux d’Esther.


- ça t’excites ça hein ?

Un faux sourire captura ses lèvres décolorées, dépourvues de passion. Elle enfonça ses ongles rouges écaillés sur le torse de Daniel. Elle griffa ses côtes lentement, un brin de sadisme au fond des yeux.

- C’est toi qui m’excite…

- Tu mens… Tu mens si mal ! Mais ça m’est égal ! Allonge-toi…





Esther s’exécuta, se cambra sur son corps. Elle mordit dans sa nuque, ferma les yeux, se laissait griser par les mains de Daniel qui fouillaient son corps entier. Elle voulait tout oublier, encore une fois, encore une nuit. Essayer de ressentir quelque chose, un éclat d’excitation, un maigre frisson, une once de chaleur. Tout recommencer encore une fois. Elle fermait les yeux à s’en déchirer les paupières, jetais sa tête en arrière en poussant un gémissement superficiel. Elle désirait seulement cueillir un peu de plaisir et réitéra son mouvement de bassin encore et encore. Un plaisir amère venait la caresser de temps à autre, venait chatouiller son corps frustré, laissé à la dérive. Elle gémissait de plus en plus fort pour se convaincre, se mentir. Plus elle faisait semblant, plus elle criait fort, plus l’excitation s’emparait d’elle. Elle jouissait de son mensonge lubrique, de son mime obscène jusqu’à ce que Daniel se retire dans un grognement animal. Ruisselant de sueur, le souffle court, il jeta sa main en arrière pour attraper de quoi fumer sur la table de nuit.





- En tout cas, ce que je peux te dire c’est que tu es aussi douée que Diane! Dit-il en lui adressant un clin d’œil pervers. La pauvre petite qui me croit encore au bureau à travailler comme un fou sur un dossier, naïve… Je peux pas croire qu’elle avale mes mensonges chaque semaine… La petite doit m’attendre dans sa petite chemise de nuit en satin qui caresse ses cuisses trop blanches. Je la vois déjà : un peu de fard sur les joues, les yeux brillants d’ingénuité. Pauvre Diane ! Ses boucles blondes qui tombes en cascade sur ses épaules découvertes, son regard imbibé de ce lagon qui tremble au moindre battement de cils. Son corps fragile, tout rose d’innocence, ses sous-vêtements en coton, ses mains si fines qui manquent de se briser à la moindre caresse. Presque touchante…Elle me fait bien rire!

- Encore…

- On dirait une petite adolescente encore chaste et ignorante de toutes obscénités. Une petite fille qui met des robes à fleurs, et parle à ses poupées. Sa nuque a l’odeur d’un souvenir d’enfance, une bouffée de pureté. Son corps est doux comme du coton, on dirait qu’il ne s’est pas encore tout à fait émancipé. Elle est si pudique qu’elle rougit quand elle enlève son pull. Ses petits seins ne remplissent même pas ses brassières, elle les rembourre pour me séduire d’avantage…

- Passe-moi ça, je vais rouler pour une fois –proclama Esther dans un demi-sourire blasé.

Elle s’empara de la petite boite circulaire et roula un joint par habitude. Elle le porta à ses lèvres, l’alluma, et ferma ses paupières en aspirant une grande bouffée. Elle avait beau fumer à plein poumons, elle ne sentait plus la beuh qui coulait dans sa gorge. Elle tendit sa drogue fumante vers Daniel sans même prendre la peine de le regarder. Ce dernier ricana bêtement, se saisit de cette drogue qui se consumait, et se positionna derrière elle. Il fumait tout en lui mordillant la nuque. Elle sourit par réflexe et essaya de se raisonner, de s’extirper un peu de ses pensées. Daniel ne


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manqua pas de souligner cet air pensif qu’elle véhiculait.

- Oula, c’est quoi ce p’tit air ?

- Quel air ?

- Cet air… A quoi tu penses ma belle ?

- Qu’est-ce que ça peut te foutre ?

- Je suis curieux c’est tout ! Je suis sur que tu penses à des choses pas très décentes…

- Tu sais autant que moi Daniel que je ne suis pas un enfant de chœur… Ce qu’il se passe dans ma tête me vaudrait des années de psychanalyse ! C’est terrifiant toute cette instabilité qui me domine…

- Et ça me plais…


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- Naturellement, tu n’es qu’un pervers !

- Et alors? Qu’est-ce que ça peut faire ? Toi aussi !

- Embrasse-moi au lieu de parler pour ne rien dire !

A ces mots, il aspira les lèvres blêmes d’Esther. Elle mêla sa salive souillée à celle de l’homme. Elle se sentait atrocement garce, malsaine…Détestable. Elle se haïssait bien plus qu’elle ne méprisait Daniel, mais ne pouvait s’empêcher de jouer avec lui. Elle ne voulait pas se pardonner, pas se sauver, mais simplement se figer dans les abîmes de ses tourments. Elle trouvait une certaine complaisance dans son mal être, dans toutes ces perfidies. La douleur rongeait son corps, elle couchait simplement pour tromper cette souffrance, la devancer un peu. Quand cet homme glissait dans son corps, elle devenait une autre. Elle trichait avec sa vie, avec ses émotions, ses sentiments. Esther
avait envie de pleurer toute sa haine, de vomir tout le dégoût accumulé en elle. Des points blancs dansaient devant ses yeux, et elle entendit la voix rauque chargée d’alcool de Daniel.



- Tu en veux encore ? Faut croire que tu n’en as jamais assez !

- Avec toi ? Je pourrai faire ça toute la nuit…

- Coquine !

- Tu trouves ? – dit-elle avec un air faussement enfantin.

- Comme ça ne te vas pas l’innocence…

- Faut croire… Je ne suis bonne qu’à jouir et fumer…

- Mais non, ne te vexe pas ma belle !

- Oh il m’en faut un peu plus pour me vexer, je n’essaye pas de te faire culpabiliser ! Je fais une simple constatation… Trèves de bavardages stériles !

- Qu’est-ce que tu veux Esther ?…

- Tu sais ce que je veux…

- Dit-le… Va-y…

- Baise-moi… Encore…



Daniel étalait dans l’espace un rictus mesquin, gorgé d’hypocrisie et de perversion. Il arracha d’une traite le simple boxer en dentelle qu’avait enfilé Esther. Et tout recommença, encore. Comme un engrenage qui s’enclenchait spontanément sans le moindre contrôle. Cet élan lubrique vers cet homme n’avait rien à voir avec un quelconque désir, si elle se ruait sur lui c’était uniquement par désolation. A peine il


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avait poussé la porte de son appartement qu’elle rêvait de lui arracher ses vêtements, lui retirer sa ceinture. Elle aurait voulu le désirer normalement, simplement, le trouver attirant, séduisant, irrésistible… Ce qui la poussait vers lui c’était sa détresse, la haine de soi-même. Seule, Esther partait en fumée, se consolait dans la drogue, l’alcool. Elle se vidait de larmes démesurées, des larmes de désespoir, de fatigue. Mais face à lui elle devait rester cette séductrice implacable, cette enveloppe charnelle dépourvue de sentiments. Rester impassible, tromper toujours. Esther aimait dominer, jouer, mépriser. Haïr autrui pour éviter de penser qu’elle se détestait elle-même. Quand quelques larmes précoces commencèrent à lui piquer la rétine, elle embrassa encore Daniel à pleine bouche, incrustait ses ongles dans sa peau comme une pyrogravure. Daniel était la seule personne avec qui elle arrivait à entretenir une relation sociale stable. Une relation répugnante, malsaine, dégradante certes, mais une relation. Un équilibre de dépravation, une entente, un marché…Un pacte. Esther n’était plus qu’un débris humain, un corps détruit lancé à l’aveuglette dans des soirées mondaines, telle une marionnette oubliée dans le fond d’un placard, emmêlée dans tous ses fils. Un corps dépourvu de toutes sensations agréables. Elle forniquait avec Daniel n’importe quand, n’importe comment, tout ce qu’elle espérait c’était recevoir cette ébauche de plaisir, cette illusion. Elle crevait tellement d’envie de jouir, qu’elle se jetait sur lui à la moindre occasion. Ce piètre plaisir qu’elle recevait, qu’elle attendait, la déchirait d’avantage. Comme si la jouissance lui était refusée…

Ils unirent encore une fois leurs corps infects. Ils baisaient quand ils ne savaient plus quoi dire, pour tromper l’ennui, la solitude, le silence…




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- Eh bien… J’ai l’impression que c’est de mieux en mieux à chaque fois ! Plaisanta l’homme.

- C’est p’têtre parce que j’suis la meilleure ! Se vanta Esther..

- Ton franc parlé et ton manque cruel de modestie te rend si détestable !

- Ah oui ?

- Ce que j’aime te détester ma chérie…

- C’est réciproque mon amour !

Ils éclatèrent de rire… Un rire grincent, horriblement faux. Un rire qui comblait juste l’espace vide de la pièce. Le sourire d’Esther s’affaissa soudainement.

- Quand vas-tu m’abandonner ?

- Jamais j’espère ! – rétorqua t-il le sourire aux lèvres, comme s’il attendait qu’Esther s’étrangle de rire, comme s’il venait de lancer une blague irrésistible.

- Daniel… Tu sais bien que je te garderais volontiers dans mon antre, mais une femme t’attend sagement à la maison.

- Diane…

- Diane… Ne s’étonne t-elle jamais de ce parfum de femme que tu ramènes chaque semaine sur tes chemises ? De ces marques dans ton dos ? Cette essence de moi sur ta peau ? Naïve… Petite sotte ! Elle doit être si troublée de te revoir au soir, si grisée qu’elle doit avaler tes caresses, tes mensonges goulûment… Je serais presque


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jalouse…

- De moi, ou d’elle ?

- Un peu des deux… De sa naïveté, son innocence, de tes menteries déchirantes, de ce pouvoir que tu parviens à exercer… Pourquoi tu restes avec elle ?

- Pour mieux la tromper ! Pour m’oublier dans les bras d’une autre, pour jouer…Je suis comme un gamin, un gamin pervers qui se plaît à réduire des âmes innocentes en bouillie… Cruauté !

Esther laissa échapper un rire mécanique.

- ça te fait rire ? -questionna Daniel le sourire aux lèvres.

- Beaucoup oui… Tu es si répugnant que s’en est désopilant !

- Et bien alors je vais te faire mourir de rire dans ce cas là…

- Comment ça ?

- Je crois que je vais l’épouser !

- …Quoi ?

- Ne serait-ce pas extraordinaire comme abomination ? Le mariage, belle illusion n’est-ce pas ? La petite nymphe aux joues roses flottant dans sa robe blanche, saupoudrée de dentelles inutiles. J’en jubile d’avance ! Qu’est-ce que tu en dis ma douce ?

- … Je ne suis pas « ta douce »… Maintenant sort de chez moi.

- Quoi ?

- … Dégage !



Esther, encore nue le poussa hors de chez elle. A peine la porte refermée en fracas, elle s’effondra au sol, le visage criblé de larmes. « Je crois que je vais l’épouser » … Quelle belle manipulation ! Elle griffa la porte d’entrée pitoyablement en criant de douleur. Elle se sentait seule, blessée par ses propos. Le mariage… Une lame imaginaire venait de se planter directement dans son reste de cœur. Elle se sentait écartée de l’histoire, écartée du jeu, trompée… Comme si tout allait s’arrêter. Tout « ça ». C’est en avalant ses sanglots interminables qu’elle se traîna jusque dans la salle de bain. Esther gagnait bien sa vie, le luxe de son appartement le prouvait facilement. Elle jeta un coup d’œil dans l’immense miroir en face d’elle, le frôla du bout des doigts… Un peu comme dans l’espoir de pouvoir arracher toute cette lassitude accumulée sur son visage. Elle tourna le robinet de sa baignoire, et l’eau l’emplissait dans un bruit sourd. Elle immergea son corps souillé de débauche dans l’eau brûlante. Son corps manquait de quelque chose qu’elle ne savait définir… Elle se sentait incomplète. Un paradoxe la narguait : elle avait besoin d’une présence constante, cette chose qui lui manquait que la drogue ne parvenait pas totalement à


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combler…En même temps, elle s’apaisait de cette soudaine solitude. Éternelle insatisfaite, éternelle indécise, plus rien ne semblait la réjouir. Son âme était si noire, si lourde de peines qu’elle se reflétait presque à travers son corps pourtant hâlé. Son espèce de dépression psychotique troublait le bel équilibre de la pièce. Tout était si majestueux, si précieux. Le marbre luisait jusque sur les flacons de parfums. Les lumières comme des étoiles illuminaient la pièce dans le moindre recoin…Et au milieu de ce luxe, une âme déchue, écartelée. Elle jeta un coup d’œil au miroir en face de la baignoire, sans qu’une seule pensée ne vienne trouer son esprit. La drogue avait encore une fois dilaté ses pupilles. Ses yeux étaient rouges, sa bouche pâteuse, sa peau poisseuse… Chaque soirs elle avait prit l’habitude de tromper le désespoir de cette façon, alors qu’elle était si resplendissante de jour. Au travail, Esther se montrait sous son meilleur jour. Elle en troublait plus d’un par ses grands yeux noirs, ses cils épais, ses longs cheveux d’ébène, son corps athlétique et parfaitement gainé… Elle avait conscience de cette beauté remarquable et en jouait facilement. Mais de nombreux hommes se sont heurtés à son cœur glacial, son narcissisme aigu. Beaucoup ont renoncé face son égoïsme, son sourire arrogant, sa fierté mal placée. Esther n’avait pas sourit depuis des années… Le plissement de lèvres qu’elle livrait à Daniel, ce qui ressemblait vaguement à un sourire, n’était que le reflet d’une profonde lassitude. Ce soir, comme tous les soirs, elle devrait se coucher en relevant le défi impossible d’être la plus sereine possible. Tenter de s’endormir, laisser ses rêves s’étaler sur son oreiller immaculé.

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Dernière édition par candy m le Ven 2 Mar - 10:51, édité 2 fois
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Mar 6 Sep - 13:52
Candy.. Pourquoi ne pas remettre ton histoire depuis le début pour celle qui n'ont pas encore eu le plaisir de te lire?
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Fiction Unclean, scène annexe en bonus! Empty Re: Fiction Unclean, scène annexe en bonus!

Mar 6 Sep - 14:14
D'accord, je vais faire ça! Smile
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Mar 6 Sep - 15:04
Merci Candy
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Fiction Unclean, scène annexe en bonus! Empty Re: Fiction Unclean, scène annexe en bonus!

Mar 6 Sep - 20:01
De rien! Bon j'avance du coup! >.<



Spoiler:



Daniel dans sa BMW, roulait à vive allure en repensant à cette soirée. Il s’était pourtant bien amusé : il avait prit son pied, fumé, bu, étalé des obscénités. Tout se passait si bien, deux escrocs de l’amour qui se retrouvaient enfin. Et d’un coup voila qu’Esther la redoutable, le chassait violemment de chez elle où il adorait se réfugier. Soudain il ricana bêtement. Il savait bien qu’elle était comme ça : lunatique, inattendue, susceptible ! Après tout, c’est ainsi qu’il la désirait… Plus elle provoquait, plus il se sentait attiré. Et voila qu’il allait retrouver Diane maintenant… Cette pauvre fille qu’il se plaisait à chérir pour mieux pouvoir la déchirer. L’esprit encore embrumé, le corps collant, le goût d’Esther encore plein la bouche.

A peine il avait claqué la porte de sa voiture que Diane se trouvait devant la baie vitrée en nuisette, comme il l’avait imaginé. Diane si prévisible, si passionné ! Tellement risible dans ses élans lyriques… La pureté la recouvrait comme une seconde peau, et l’Amour en personne semblait assiéger son petit cœur vaincu. Diane l’attendait donc, impatiente. Le bonheur figeait son sourire béatement, ses doigts délicats caressaient à peine la baie vitrée. Daniel lui adressa un sourire trompeur à travers la vitre. Il chassa Esther de ses pensées anarchiques et pénétrait dans sa grande maison.



- Comment vas-tu mon Amour ? –murmura Diane comme envoûtée.

- J’ai passé une horrible soirée ! Beaucoup de…Travail…

- Oh… Pour te consoler je t’ai préparé un délicieux repas, tu as faim?



- Je meurs de faim ! Mais… Avant d’avaler quoi que ce soit…Que me vaut l’honneur de cette petite nuisette sexy que tu portes là… ? Dit-il dans un demi-sourire.

- Daniel… - Elle rougit de plus belle et fit une moue gênée. Il posa sa main infecte sur sa cuisse exsangue. Il la plaqua contre lui, son petit corps fragile contre son torse puissant… Il plongea son visage de traître au plus profond de ses boucles blondes, et sentit le cœur de Diane s’alerter contre sa poitrine. Elle s’approcha timidement de son lobe, entrouvrit ses lèvres rougissantes et murmura son prénom qui sonnait comme une poésie.

- Tu sens la cigarette… dit-elle en humant sa nuque.

- Ça te dérange ?

- Non… Je me suis habituée à sentir cette odeur sur les pans de tes chemises, elle fait partie de toi…

- Tu es parfaite !

- Oh non ! TOI, tu es parfait ! Je ne sais vraiment ce que je ferais sans toi tu sais ?...

Daniel échappa un rire bref pourvu de parjures et de blasphèmes.

- Et si on montait… ? Proposa-t-il d’un air amusé.

- Pour quoi faire ?

- A ton avis…

En prononçant ces mots, il mordillait une partie de l’oreille de Diane, qui rougit instantanément.

- C’est… Ce n’est pas un peu tôt ? Enfin…Je veux dire, il est tard mais… Tu n’as même pas mangé.

- Au diable le souper, c’est toi que je veux…

- Daniel… Emmène-moi…





Il eut un petit rire qui ressemblait à une moquerie, et la porta dans ses bras pour monter les escaliers. Il jeta la tendre Diane sur leur lit trop grand.

Cette dernière avait depuis sa plus tendre enfance rêvée du grand amour ! Elle aussi se voyait libérée par cet homme qui deviendrait le temps de la ritournelle son Prince Charmant. Elle savait bien que tout cela était ridicule, mais elle avait honte de s’avouer entièrement convaincue de l’existence de cette romance idyllique. Daniel était…Tout pour elle. C’était comme si elle renaissait en lui, qu’elle avait abandonné son ancienne vie pour un seul de ses regards. Elle se laissait aveugler volontiers. Il était à elle, elle était à lui… Parfaite excendance, fusion charnelle de deux corps épris, deux fou d’amour… Quelle belle illusion, quelle extraordinaire construction mentale ! Diane le chérissait tellement qu’elle occultait inconsciemment tous ses défauts, tous ces mensonges. Elle sentait bien ce parfum nouveau sur sa peau, ces mélanges de substances… Mais rien ne pouvait la convaincre de la traîtrise infernale de son amour. Elle lui trouvait toujours des excuses, des prétextes qui finissaient par l’innocenter. La peur de le perdre la cisaillait constamment.

Diane, qui passait des heures entières devant son miroir à rehausser sa beauté naturelle pour lui plaire toujours un peu plus. Elle qui portait des petites robes, des rubans dans ses cheveux, le parfum de l’innocence sur sa peau. Ce petit être si doux, si vulnérable, se faisait manipuler par un professionnel qui ne savait que l’allonger sur un lit ! Mais elle lui octroyait son corps fragile de plein gré…

Ça y est, voila qu’il l’embrasse à pleine bouche, qu’il mêle sa sueur abjecte au suave parfum de sa peau. Elle effleure à peine son visage et son corps brusquement se cambre sous une secousse exquise, un trop fervent désir. Elle se laisse cajoler honteusement, laisse les baisers alcoolisés de cet homme pétrir ses cuisses blanches. Le plaisir lui grimpait dans la gorge, son âme gît aux pieds de ce monstre, il ne va même pas prendre la peine de la ramasser, de la préserver. Mais la petite sainte se laisse faire, toujours. Elle vacille, ses yeux floués par le désir l’admirent… Elle le trouve fascinant mais est incapable d’expliquer pourquoi. Elle rêve de pouvoir intercepter cette beauté insolente qui se dégage de son visage, mais elle ne peut rien saisir entre ses mains. Elle doit se contenter de l’examiner et d’emplir de beauté ses yeux troublés de passion. Lui la dévore, la souille honteusement, l’assimile à un cadeau, un lot de consolation. Elle, l’adule, l’adore éperdument. L’extrême contraste de sentiments plane au dessus du lit comme un mauvais présage. Daniel est le degré zéro de l’espèce humaine. Sa relation avec Diane n’est même pas l’expression d’un attrait charnel. Il ne la désire même plus, mais le dénouement sordide de leur histoire l’excite. Il jubile d’avance du déchirement presque littéral du cœur de Diane. Lire la désolation dans ses yeux limpides, adorer ses mains qui tremblent d’affliction. Son visage ruiné par cet amour qui a germé en elle. Il imagine ce moment où il pourra enfin planter son regard odieux dans le sien et balancer ces mots douloureux sur son visage de porcelaine : « c’est fini. Petite naïve. Je m’envoie en l’air chaque semaine avec une reine de la débauche quand tu m’imagines sagement au bureau. Ton bel amour n’existe pas petite sotte ! »… Orgasmique… Son beau visage pâle qui se

décompose sous les yeux ravis de ce monstre, sa lèvre qui tremble de douleur, les mots qui restent emmurés dans sa poitrine… Il sait pertinemment que ses paroles vont la condamner, elles vont tinter comme l’annonce d’une maladie incurable, d’une mort précoce. Il sait bien que son petit cœur trop rose, ivre, piqué d’un faux bonheur va s’échouer lamentablement contre ces paroles qu’il va prononcer. Il attend simplement le moment où elle sera parfaitement férue de lui. Il attend toujours plus, il pense à ce moment où elle succombera entre ses bras complètement…
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Mer 7 Sep - 16:49
Contente de revoir cette fiction ici Very Happy et hâte de lire la suite Smile
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Fiction Unclean, scène annexe en bonus! Empty Re: Fiction Unclean, scène annexe en bonus!

Mer 7 Sep - 18:20
Merci! Very Happy





Spoiler:




Il ignore
qu’elle ne peut pas l’aimer d’avantage. Diane aime jusqu’aux limites de l’amour… Et c’est à lui de tout saboter avec adresse… Quelle jubilation pour lui! Diane, logée entre les draps indignement immaculés de l’homme, rougissait au moindre frisson. Elle fermait les yeux en pensant stupidement qu’ainsi Daniel ne verrait pas le plaisir qui dévorait son visage. Sa respiration se froissa, les battements de son cœur se firent de plus en plus alerte, ses doigts menus s’incendièrent, son corps entier rougit amoureusement. Sa bouche s’assécha, le bas de son ventre s’embrasa soudainement à la manière d’un feu d’artifice. Le prénom d’homme suspendu à ses lèvres avides avait l’allure d’une demande implorante. Elle avait besoin désormais de sentir sa présence exploser dans ses entrailles. Elle le réclamait de plus en plus, la gène dévorant ses joues. Elle mourait de désir pour lui mais sa pudeur ne s’affaissait toujours pas. L’infecte Daniel pénétra médiocrement son corps vulnérable. La respiration haletante de Diane petit à petit se métamorphosa en une série de cris de plaisir. Comme s’ils avaient été pris au piège au fond de sa gorge et qu’il se libéraient d’un seul coup. Des cris passionnés qui semblaient naître du plus profond de ses entrailles. Ses hurlements encourageaient Daniel à continuer, ça le flattait, nourrissait son ego surdimensionné. La pauvre Diane trouvait à peine la force de respirer, étouffée par tout ce plaisir.

  - Je t’aime- gémit Diane avec le peu de souffle qu’il lui restait.



Ces mots stoppa nettement l’homme. « Je t’aime ». Quelle horreur! Il se demanda qu’est-ce qui pouvait bien la pousser à l’avoir aimé un jour, à l’aimer encore, toujours… Une fois il était tombé amoureux, c’était au lycée. Elle s’appelait Emy Blunt, une petite rouquine avec de grands yeux vert émeraudes. Il en était fou mais elle ne l’aimait pas, il avait beau tout faire pour la séduire du haut de ses dix-sept ans, rien à faire! Un garçon ordinaire se serait remis de sa peine en grandissant, il aurait finit par rencontrer d’autres femmes, serait retombé amoureux, se serait consolé… Pourtant quand Daniel quitta enfin le lycée, toutes les filles qu’il croisaient ressemblaient à Emy Blunt. Perfides, moqueuses, cruelles. Lui, devenait un peu plus beau chaque jour et d’un regard ravivait leurs cœurs, faisait rougir leurs pommettes.



Cependant aucune d’elles ne parvenait à percer son âme traumatisé par l’amour. C’est alors que le désir de vengeance se fit sentir. Il attrapa au vol le premier cœur amouraché d’une jeune fille et le démonta pièce par pièce avec adresse. Il tirait une satisfaction particulière à chaque cœur bafoué, il jubilait, y prenait goût. Un Dom Juan ignoble, un pervers, un débauché. Il volait pour un instant le corps frémissant d’une femme soumise à lui, lui faisait croire qu’elle était parvenue à le séduire … Et là, il lui donnait le coup de grâce, coup fatal en plein dans la poitrine, quelques mots tranchants dans l’âme. Impardonnable… Il faisait ça depuis toujours, depuis Emy, de mieux en mieux, de pire en pire… Il séduisait absolument toutes les femmes aujourd’hui du haut de ses trente-six ans. Diane avait pile dix ans de moins que lui, et se voyait déjà passer le reste de ses jours suspendue à sa nuque. La victime parfaite! Jeune, naïve, discrète, romantique à n’en plus pouvoir, follement éprise… Il n’attendait que ça! Une fille cependant lui résistait… Esther! Il couchait bien avec elle toutes les semaines, mais elle était plus forte que lui, plus farouche, plus méprisante encore. Il pensait soudainement à elle alors que Diane face à lui reprenait son souffle. Il ne la regardait pas, ses yeux flottaient dans le vide, et Esther s’alanguissait dans ses pensées. Il la fantasmait encore, entièrement nue sur son lit aux draps de soie, un joint entre les doigts, un sourire complice sur les lèvres. Ce sourire désagréable qui incommodait les femmes, mettait mal à l’aise les hommes. Un sourire qui troublait néanmoins, qui faisait peur mais qui fascinait pourtant comme le fait de courir un danger quelque peu excitant. Daniel décelait tant de choses dans ce sourire: de la perversion, de l’assurance, de la provocation. Il se trompait, assurément! Il n’y avait que dégoût dans ce plissement de lèvres… Diane effleura en silence sa joue rougit, et sa vision d’Esther s’évapora promptement, comme un retour à la réalité.




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- A quoi tu penses mon amour ? Murmura la jeune femme.

- J’ai peur de te décevoir… J’ai l’impression de ne plus être à la hauteur, je ne sais pas pourquoi! Tu es si belle, si douce, moi je me sens ridicule…

- Mais mon chéri tu plaisantes ? Tu as été merveilleux, encore une fois! C’est moi qui devrait avoir honte! Me dévoiler à toi, moi qui n’ais aucune expérience, aucune assurance… Tu es sensationnel Daniel… Chaque fois que tu m’effleures je capte un petit morceau de Paradis…Je ne sais plus comment te le dire! Je ne veux pas vivre ailleurs que dans tes bras, toujours…

- Mon ange… Je t’aime tu sais? Mentit Daniel dans un effort de concentration.

- Le monde semble chanceler chaque fois que tu me le dis… Je t’aime aussi, tellement fort, tu n’en a même pas idée…


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- Tu n’as pas sommeil?

- Si… J’aimerais que tu t’endormes une main dans la mienne, tu sais que j’adore ça!

- Si tel est votre désir ma reine! Proclama Daniel, uns sourire moqueur aux lèvres.

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Mer 7 Sep - 23:51
J'aime vraiment beaucoup ta façon d'écrire Smile
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Fiction Unclean, scène annexe en bonus! Empty Re: Fiction Unclean, scène annexe en bonus!

Jeu 8 Sep - 10:46
Merci loidu54! Very Happy



Spoiler:




Esther se réveilla en sursaut
, elle avait encore rêvé. Ce songe oppressant qui emplissait son inconscient chaque nuit. Elle ne pouvait se rappeler de la trame de l’histoire, mais se souvenait toujours de quelques détails futiles. Ses paupières s’ouvraient toujours avant la fin, comme si elles refusaient d’affronter un drame. Elle se leva péniblement, défroissa d’une main ses longs cheveux noirs et raides qui s’étalaient le long de ses joues. Elle se traîna dans la salle de bain et affronta l’épreuve de son miroir. Elle se trouvait monstrueuse, mais ce n’était que l’image qu’elle se faisait d’elle même. Sa beauté, même bousculée par une nuit agitée n’avait pas bougé. Ses yeux étaient aussi noirs que son cœur, mais sa peau cuivrée luisait toujours autant. Elle avait toujours cet air grave implanté sur le visage, cette beauté glaciale qui contrastait avec son teint flamboyant. Ce matin là ressemble au matin précédent, et à tous les autres matins, elle le connaissait par cœur. Devant sa glace, elle gomme progressivement les marques du désespoir sous ses yeux, la moue suppliante sur ses lèvres. Elle se compose un visage, un rôle, le même qu’elle montrait à Daniel. Cette enveloppe d’assurance, cette vanité palpable, cette fierté. Elle le détestait cet air supérieur et méprisant, mais elle le faisait si bien… Elle ouvrit sa garde robe et dénicha un tailleur sombre qu’elle portait régulièrement pour travailler. Il était impeccable et bien que ce genre d’accoutrement ne soit pas son style, elle faisait très distinguée dedans. Esther travaillait dans un hôtel immense qui affichait cinq étoiles au dessus des portes d’entrée. Dans l’allée principale, ses talons aiguilles claquaient sur le plancher en marbre luisant. Rigide, la tête haute, une mallette noire dans la main droite, elle se dirigeait vers le comptoir de l’accueil. Tous les regards la fixaient comme d’habitude. Les hommes la désirent, les femmes l’envient, Esther venait de débarquer dans l’hôtel de luxe comme entre le soleil tôt le matin. Les hommes derrière l’accueil déglutirent, se redressèrent, et se tenaient près à affronter le cynisme glacial d’Esther.

- Vous avez-quelque chose de croustillant à m’apprendre vous? Déclara Esther d’une voix calme et monotone.



- Bonjour madame euh…



- Bonjour madame euh…

- Mademoiselle.

- Mademoiselle… Rien de nouveau. Rien à signaler je veux dire… Je… Euh…


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- Vous avez l’air bien au courant! Dit-elle d’un ton ironique. On se demande bien pourquoi on vous paye vous autres!

Elle rejoignit son bureau à la pointe du design et s’affala sur son grand fauteuil en cuir. Elle alluma son ordinateur, sortit un paquet de dossier de son tiroir et caressa sa lèvre inférieur avec le dos d’un stylo à plume Mont blanc. Elle fixa un instant le sobre fond d’écran de l’ordinateur et poussa un long soupir. Elle contempla encore une fois tout ce luxe qui l’entourait, tout cet argent qui dégoulinait des murs. Elle ne respirait pas d’air frais, seulement des liasses de billets métamorphosés en bureaux de verres et d’ébène, en baies vitrées surdimensionnées, en canapés de cuir véritable, en cendriers de marbre, en tapis hors de prix… Elle gagnait assez d’argent pour se faire plaisir pour le reste de sa vie or le paradoxe était là, elle ne se faisait pas plaisir, bien au contraire. Son argent tapissait premièrement les murs de son appartement, mais surtout passait dans les seringues d’héroïne, et toutes ces dépravations. Elle sortit d’un autre tiroir un paquet de longues cigarettes vogue, et la fuma simplement pour occuper sa main. Elle fit mine de travailler un moment pour passer le temps qui refusait de passer. Elle jeta un coup d’œil par la baie vitrée derrière son bureau et admira la ville en pensant à Daniel, à Diane, à la vie qu’elle menait… Elle se dit que même en baignant dans l’argent, sa vie ne rimait à rien. « L’argent ne fait pas le bonheur », c’est ce que lui avait appris sa mère étant petite, sa mère si bonne, si douce, vivait seule dans un coin perdu de la capitale, où sa fille ne lui rendait jamais visite. Non, c’est certain, le bonheur Esther n’en savait rien! Son cœur se chargea de haine et d’épuisement. Ses yeux noirs se remplirent de larmes d’accablement.




[size=12]
Quand Diane l’italienne au grand cœur se réveilla, Daniel était déjà partit. Elle s’étira paresseusement dans ses draps immaculés, et se leva enfin. La première chose qu’elle fit en se levant c’était allumer le poste à musique. Elle écoutait avec passion chaque notes de son opéra préféré, celui qu’elle avait été voir à Vérone avec sa famille. Elle se dirigea en sautillant vers la salle de bain de l’étage, et se fit couler un bain. Elle abandonna sa petite chemise de nuit en satin sans oser se regarder dans la glace.

Une fois son corps immergé, elle plongea tout son visage dans l’eau tiède. Ses boucles blondes devinrent bien plus foncées et s’étaient aplaties, cela lui donnait un air légèrement moins prude. Elle emplit la baignoire de son savon au fruit et se fit briller comme si elle se préparait à sortir au bal. Quand elle sortit enfin de la baignoire, elle revêtit un superbe peignoir blanc et froissa ses cheveux en arrière à deux mains. Elle essuya la buée sur le miroir, dessina des cœurs immenses, et s’examina. Ses pommettes étaient aussi roses que ses lèvres et ses yeux aussi clairs


[size=12]
qu’un ciel de mois d’août. Elle brossa ses cheveux, et appliqua sur ses lèvres un baume rosé. Elle parlait toute seule en s’imaginant que son interlocuteur était l’homme qui faisait battre son petit cœur tout mou.

- Daniel… Daniel, Daniel, Daniel! Oh mon Amour, tu dois déjà travailler comme un fou et moi aux première heures du matin je pense déjà à toi. C’est incroyable tout ce que tu me manques, et tout ce que je peux t’aimer… Je me sens ridicule… Tu es si parfait, doux et attentionné, amoureux et fidèle… J’aimerais pouvoir t’égaler, mais je ne sais pas vraiment ce que tu fais avec moi mon ange. J’adore la moindre parcelle de ton corps, j’aime tout ce qui fait ta personnalité, et j’ai l’impression de ne pas te le dire assez souvent… C’est la timidité qui me ronge, la peur d’être risible. Et pourtant, nom de Dieu si tu savais à quel point je sens mon corps entier s’embraser dès que tu jettes un regard dans ma direction. Dès que tu entres dans une pièce où je me trouve. Je sens soudainement que tout prend une nouvelle intensité, tout ce que tu touches semble prendre vie, c’est féerique… Je t’aime, je t’adore mon Daniel… Cupidon lui-même ne comprends pas comment je peux aimer autant, la flèche qui m’a transpercé le cœur était bien plus aiguisée… Mon amour, je me demande à chaque instant ce que j’adviendrai sans toi. Tu es l’apogée de mon existence, et si tu me quittais je devrais réapprendre à vivre… C’est fini, je ne peux plus me raisonner, plus réfléchir, c’est TOI qui a prit mon cœur, et personne ne parviendras à prendre ta place, quoi qu’il arrive…

Diane soupira promptement et sourit. La journée lui sembla interminable, et enfin quand sonnèrent dix-neuf heures trente, le téléphone sonna.




[size=12]
- Allo?

- Diane, ma chérie, tu vas bien?

- Très bien, tu me manques… Où es-tu? S’inquiéta Diane.

- Justement, je t’appelle pour te prévenir que ce soir j’ai une réunion mon ange. Je m’en veux tu peux pas savoir! Je suis tenu d’y assister, mais je te promet que ce soir je serai la pour toi, si tu as le courage de m’attendre.

- Oh mon cœur… Bien sûr que je vais t’attendre impatiemment!

- D’accord… Tu me manques chérie!

- Oui… Toi aussi Daniel. Toi aussi… A ce soir!

- Salut!

- …Daniel?

- Hum?

- je t’aime…

- Moi aussi ma douce! -Répondit Daniel sans pouvoir retenir un petit rire bref.


[size=12]
- Pourquoi tu ris?

- Je suis juste heureux mon amour!

- Oh… Tu es un ange! Allez file!



Daniel rangea son téléphone dans sa poche et frappa à la porte en face de lui. Il entendit du bruit derrière, puis le verrou s’ouvrir.

- Encore toi! Qu’est-ce que tu fiches ici Daniel? S’étonna Esther une brosse à dent dans la bouche.

- Je voulais te faire la surprise!

- Tu parles d’une surprise! Répondit-elle d’un ton extrêmement sarcastique.

- Ah, tu es mal lunée ce soir encore!

- Roh ça va!

- Allez, raconte tout à Dan!

- Tu te prends pour qui là? Mon père? Il est mort avant de pouvoir me dire ça…

- Bon euh… Qu’est-ce qu’il t’arrives?

- Rien.

- Les filles! Vous avez TOUTES « rien » quand vous faîtes la gueule! -Ricana Daniel.

- Bon, t’es venu pour quoi la?!

- Pour coucher avec toi!

- Bien sur… Bon ben qu’est-ce que t’attends?

- T’as une capote ?

- Dans le tiroir, comme d’habitude… Allez, dépêche!

Daniel sourit, et se pencha pour l’embrasser. Il baisa plusieurs fois ses lèvres en prenant le visage d’Esther entre ses mains.

-Ah non… N’essaye pas de me faire la cour là…Pas de préliminaires s’il te plait! Va-y… Rétorqua Esther épuisée.

- J’ai envie de toi…




[size=12]
Esther ne répondit rien, simula un petit gémissement. Elle ne parlait pas mais pensait toujours, trop. Elle n’avait pas envie de copuler, pas envie de simuler, ni de discuter, de tricher, de tromper…

- Diane…? murmura Esther.

- Quoi Diane?

- Elle sait que… Tu es au « bureau »?

- Oui, mais on s’en fou de Diane!

- Oui.

- C’est bon là?


[size=12]
- Comme toujours… Dis, une question me traverse l’esprit…

- Hum?

- T’as déjà été amoureux Daniel…?

- Oh non…

- Quoi?

- On est vraiment obligé de parler de ça?

- Bon, bon, comme tu veux! C’était juste par curiosité.

Daniel se retira dans un soupir de déception.

- Déjà? Ben t’aurai pu rester chez toi pour ça!

- Tu veux discuter, discutons! Je suis tombé amoureux, une fois! Ça ne valait pas le coup…

- Tu m’fais marcher! Répondit Esther en se retenant de rire.

- Non c’est vrai! J’avais dix-sept ans! Emy Blunt… Salope!

- Oh mon pauvre petit…Elle t’a brisé le cœur hein? …

- Ouais… Elle n’avait rien d’intéressant en plus, je ne lui parlait même pas. Elle se moquait de moi… Elle s’en mordrait les doigts aujourd’hui! - Plaisanta Daniel.

Mais… Dit moi toi, au lieu de te marrer bêtement!

- Quoi moi? - Ricana Esther.

- Tu as déjà été amoureuse ?

- Jamais… Ce doit être une drôle de sensation!

- ça fait mal.

- Alors pourquoi tout le monde en fait toute une histoire bordel? Les gens aiment la souffrance?

- J’aime la souffrance des autres, elle me soulage.


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- Salop.

- Je t’aime moi aussi Esther! Répondit Daniel du tac au tac d’un ton taquin.

- Tu m’aimes… Phhh! Allez boucle la ça vaudra mieux!

- Non! Je ne vais pas me taire mon amour! Dès que je t’ai vu j’ai su que tout allait changer! Tu as bouleversé ma vie Esther!

Daniel éclata de rire en voyant le visage d’Esther se décomposer.

- Ah putain tu verrais ta tronche! - s’esclaffa Daniel, sans s’arrêter.

- Mais t’es trop con!

- Allez ma beauté, râle pas comme ça, je plaisante! Embrasse-moi plutôt…

- Rêve!

- Allez, embrasse-moi! - Répéta l’homme en gloussant toujours.

- Plus jamais! P’tit con… J’te déteste!

- Plus jamais? Mais comment tu as faire ? T’es certaine de pouvoir me résister toute une vie?

Esther éclata de rire, mordit la lèvre inférieur de Daniel et se leva brusquement.

- Tu vas où? Interrogea t-il.

- Chercher de quoi fumer, t’en veux?

- Non merci.

-… T’es malade? Plaisanta la dépressive chronique.

- Moins que toi ma belle… Non c’est juste que je ne veux pas sentir la beuh en rentrant.

- pourquoi?

- A ton avis…

- Je croyais qu’on s’en foutait de Diane…

- Arrête de faire ta maligne!


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- Allez, t’as plus rien à faire là, dégage!




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Daniel esquissa un sourire blasé, attrapa le menton d’Esther entre ses doigts et l’embrassa promptement avant de claquer la porte. Il alluma le contact de sa voiture, et démarra à toute vitesse. Esther, quelle belle garce! Ils s’amusaient bien tous les deux! Ce « je t’aime, moi non plus », ce jeu grotesque et pervers où les deux joueurs se pensent supérieur à l’autre. Seulement dans ce genre de jeu risqué, il y en a toujours un des deux qui finit par perdre…

Daniel enfourcha le siège en cuir de sa voiture qui puait l’argent, et s’élança sur la route. Il avait dans la bouche ce rire mécanique, grinçant. Ce rire même détestable qui pourrissait l’espace chaque fois qu’il rentrait de chez Esther. Cette femme qui osait résister à son charme accablant. Il la haïssait pour cela mais paradoxalement, il ne pouvait pas se passer d’elle! Elle était son reflet! La même âme murée dans une enveloppe féminine. Esther était comme le prolongement de lui-même, un miroir, et ce qu’il voyait dedans lui plaisait! Daniel, narcissique jusqu’au bout des ongles contemplait ses victoires dans les yeux noirs d’Esther. Il refusait de croire que les yeux de cette femme qu’il croyait indomptable, était opaques, vides et tristes. Quand il pensait à elle, il sentait des millions d’aiguilles lui empaler le cœur avec adresse: une qui le pique, une autre qui le chatouille. Il crevait d’envie de faire demi-tour, d’enfoncer la porte de son appartement et de l’embrasser à pleine bouche, ou de la gifler un bon coup…L’un ou l’autre, les deux peut-être. Son visage devint plus grave, ses yeux fixaient l’horizon, ses doigts brûlaient contre le cuir du volant. Esther, Esther, bon sang sa tête en était emplit! Il était en colère mais plus contre elle, contre lui-même… Il s’acharnait à la chasser un instant de ses pensées sans succès. Tout le

long du trajet il se demandait s’il n’allait pas finalement faire marche arrière… Mais pour quoi faire? C’est insensé! Il la voit déjà glousser d’un rire mesquin à sa fenêtre, fumant un joint démesuré. En sous-vêtements de dentelle noire parfaitement assortis sur sa peau cuivrée, elle guetterait peut-être sa BMW au milieu des autres voitures…Non, Esther en ferait jamais ça! Sa beauté insolente provoquait en lui comme un état de panique qui ne lui ressemblait pas. Elle ne lui avait pourtant rien fait, mais il sentait qu’il devait s’en protéger. Il devait redoubler d’efforts face à elle, être plus fort à tout prix! Ne surtout pas baisser les yeux, toujours la taquiner, la mépriser, la dominer. C’était la loi du plus fort… Deux animaux, deux adversaires redoutables. Seulement l’humain aussi médiocre soit-il, possède quelque chose qui le différencie de l’animal: les sentiments. Comment cette femme redoutable pouvait rester aussi glaciale, aussi insensible, jusque dans leurs ébats fiévreux? Elle jouissait, gémissait, puis l’envoyait dehors sans se retourner! Pas une larmes, pas une moue sur ses lèvres, pas un baiser, un geste tendre. Pas de mains qui tremblent avant son départ, pas d’étreintes interminables… Elle lui tournait le dos, et pensait déjà à autre chose…Esther! Mais pourquoi l’accueillait-elle donc dans son lit alors? Pour Daniel cela avait de moins en moins de sens! Il était beau, charmeur, affublé du même caractère qu’elle, du même cynisme, il était doué au lit et rusé… Mais qu’est-ce qui ne vas pas chez cette femme? Pourquoi il ne parvenait pas à la faire succomber? Il se réjouissait de cette pseudo amitié répugnante qui les enchaînait mais se sentait offensé au fond de lui. Esther balayait ses pensées les plus intimes, de plus en plus, petit à petit elle emplissait tout l’espace, comme une musique assourdissante. Daniel

prit dans ses songes ne contrôlait plus son pied droit qui s’enfonçait de tout son poids sur l’accélérateur. Son cœur grondait dans sa poitrine à la manière d‘un moteur de Harley, il frappait aussi vite que les kilomètres qu’il parcourait à toute allure. Il se mit à rire pour rien, la vitesse lui montait à la tête. Il perdit soudain toute sensation de danger. Il se sentait invincible et libre. Son pied ne lâchait pas l’accélérateur, et le moteur faisait un bruit assourdissant dans le capot. Daniel criait des absurdités en ne cessant de rire bêtement. Il avait abandonné depuis longtemps la route qui devait le reconduire chez lui, il roulait toujours tout droit, sans se préoccuper des panneaux de direction. Soudain dans sa course folle il percuta de plein fouet un lampadaire à demi éclairé. La carrosserie se fracassa sur le fer épais du lampadaire profondément enraciné dans le bitume. Instantanément l’air bag du véhicule se déclencha et Daniel fut projeté contre, ce qui sauva sa vie. Néanmoins il fut blessé par le choc, et quelques badauds qui avait vu la scène le conduirent à l’hôpital.

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Fiction Unclean, scène annexe en bonus! Empty Re: Fiction Unclean, scène annexe en bonus!

Jeu 8 Sep - 12:56
Ouaiiis encore une suite Very Happy, pour dire comme j'aime en rentrant de mes cours j'ai préféré lire ta fic que de regarder une série, ça n'arrive jamais ce genre de chose avec moi ^^
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Fiction Unclean, scène annexe en bonus! Empty Re: Fiction Unclean, scène annexe en bonus!

Jeu 8 Sep - 13:44


Ah oui? Bah dis donc je suis trop ravie ! Embarassed Je poste encore la suite, vu que très bientôt je n'aurai plus beaucoup accès à internet. Wink





Spoiler:



[size=12]
Les infirmières
le placèrent dans une vaste chambre immaculée et il put se reposer, et repenser à ses actes effrénés qui avaient failli lui coûter la vie. Quelques minutes plus tard la porte s’entrouvrit et le temps d’une demie seconde son cœur se remit brusquement à battre. Il avait les yeux fixés sur l’embrasure de la porte, il guettait plein d’espoirs le visage d’une femme mystérieuse au teint hâlé. Il attendait ardemment voir dépasser son visage fier et grave. Il voyait déjà ses sourcils froncés, son sourire en coin, ses lèvres voluptueuses. Il savourait déjà son silence. Diane en entrant brusquement lui ôta tout espoir. Elle paraissait affolée, des larmes traînaient aux coins de ses yeux trop bleus. Ses mains menues ne cessaient de trembloter, ses doigts délicats couvraient ses lèvres pour ne pas laisser la stupeur et la surprise s’en échapper. Elle contemplait avec douleur l’homme qu’elle aimait enchaîné dans un amas de tuyaux qui le tenaient éveillé. Un homme au visage terne, avec des cernes sous ses yeux verts dilatés. Des cheveux châtains désordonnés, une barbe mal rasée, Daniel apparaissait dans les draps laiteux comme une tache d’encre noire sur une feuille vierge.



- Oh… Mon Dieu, mon amour… Les…Les médecins m’ont dit que tu allais t’en sortir… Je… Tu m’as fait si peur mon ange… Dit-elle en luttant pour avaler ses sanglots. Daniel ne répondait pas. Seul le bip infernal des machines retentissait sans cesse à la même fréquence. La porte s’ouvrit à nouveau, et Esther n’hésita pas à rentrer dans la chambre. Elle jeta un coup d’œil vers le lit et se figea en voyant Diane en larmes agenouillée près de Daniel. Ce dernier parvint enfin à décrocher un sourire ce qui troubla la jeune Diane. Il ne parlait toujours pas mais semblait apaisé. La jeune italienne se redressa, et de sa voix claire s’adressa à Esther.

- E…Excusez-moi madame, vous… Qui êtes-vous?



- Je suis une amie de Daniel.

- Oh… Je suis Diane, il a du vous parler de moi.

- … En effet.

- C’est étonnant que nous nous soyons jamais rencontrées… C’est dommage, vous m’avez l’air d’être… Gentille.

- C’est parce que je suis une collègue de travail. Et… Vous connaissez Daniel, il n’a pas l’habitude de ramener des collègues chez lui!

- C’est exact oui! - Répondit l’innocente Diane dans un petit sourire. Quel est votre nom?

- …Esther.

- Enchantée Esther.

- Je… J’aimerais rester seule un moment avec lui si ce n’est pas trop vous en demander.

- Oh, oui bien entendu! Venez me chercher quand vous aurez terminer, je vais boire


[size=12]
un thé.

Diane s’en alla en referment soigneusement la porte derrière elle.




[size=12]
- C’est ça, va boire un thé! Répondit Esther d’un air narquois en regardant la porte. Elle fit volte face et regarda Daniel qui était amoché.

- Bah dis-donc tu t’es pas loupé mon vieux! T’as vu ta gueule au moins?

Daniel échappa un petit soupire et murmura quelque chose d’incompréhensible.

- Quoi? Non mais fais un effort, je pige rien la! Gronda Esther.

- J’ai dit: « ferme la! » répondit l’homme la voix cassée.

Esther pencha la tête en arrière et ricana.

- En tout cas j’ai de la chance…. Avoua Daniel gêné, sans la regarder.

- Tu trouves? Pourquoi?…- S’étonna Esther.

- …T’as vu un peu l’infirmière?

- Oui et alors?

- Arrête! Fais pas semblant de n’avoir rien remarqué!

- Non, j’te suis pas! Répondit sèchement Esther en fronçant ses sourcils noirs.

- Elle est canon!

- Phhhh, alors toi, tu ne changeras jamais!

Elle s’assit dans un fauteuil en levant les yeux au ciel, l’air agacé.

- Jalouse ?

- C’est ça oui! S’esclaffa Esther. Jalouse…Manquerait plus que ça! Rêve pas chéri!

- Esther… murmura l’homme à bout de souffle.

- Hum?

- Tu es…

- Oui…?

- Trop loin de moi…

- N’espère pas que je vais t’embrasser dans cet état là!

- Pourquoi? Tu me trouves repoussant c’est ça?


[size=12]
- Non…

- Allez, viens…

La femme glaciale et élancée se dirigea à petits pas vers le lit où se trouvait Daniel. Elle essaya de lui sourire, et l’homme blessé en fit autant.

- Ma cruelle et somptueuse Esther… A quoi tu joues ?

- Et toi?

- Je ne joue pas…

- Si! Et tu triches! S’indigna Esther.

- Un jour tu m’adores, un autre me méprise! Pourquoi? Je t’ai fait quelque chose de


[size=12]
mal?

- Non. Qu’est-ce que ça peut faire? Je suis lunatique, c’est un de mes nombreux défauts! C’est comme ça! Et puis si ça en te convient pas, t’es pas obligé de rester avec moi!

- Tu te crois supérieure? …Pauvre Esther!

- Tu t’es vu? Allez tu m’exaspères! Je vais chercher Boucle D’or qui doit se faire un sang d’encre! Salut!




[size=12]
Esther marcha dans le couloir à toute allure, le visage grave, la mâchoire serrée. Elle jeta un bref coup d’œil dans la salle d’attente et vit Diane qui papillonnait dans ses pensées. Esther fit un pas vers elle dans l’intention de la prévenir qu’elle partait, puis finalement recula. L’ingénue leva brusquement ses yeux limpides sur le visage cuivré d’Esther. Elle esquissa un sourire, entrouvrit ses lèvres roses pâles. La féline Esther sentit qu’elle s’apprêtait à venir lui faire un peu de conversation, alors elle s’empressa de s’en aller sans dire un mot. Elle claqua les portes de l’hôpital et se roula une clope en s’adossant à un mur. Elle rentra chez elle et s’effondra comme une masse sur son lit double. Les vannes de ses yeux se rompirent et elle pleura des heures sans connaître la raison particulière de ce chagrin. Elle se drogua jusqu’à en oublier son prénom, et s’alanguit dans ses draps. Elle ferma les yeux si fort qu’elle avait l’impression de ne plus pouvoir les ouvrir. Elle oublia où elle se trouvait, son corps erra dans la fumée de différents stupéfiant. Elle posa ses mains aux ongles écaillés sur son corps et caressa son ventre, ses seins, ses épaules… Elle n’avait même plus conscience que ces mains là lui appartenaient, elle laissa échapper un petit gémissement de plaisir quand elle griffa ses côtes. Elle caressa ses cheveux noirs comme son âme, puis fit courir sa main droite le long de son corps vers ses cuisses. Elle se masturba en enfouissant son visage dans son oreiller épais. Elle ne pleurait plus, ne criait plus, elle ne savait plus ce qui lui arrivait, elle perdit connaissance momentanément. Son esprit était embrumé, son corps à la dérive, manipulé par ses propres mains qu’elle ne sentait pas. Ses lèvres ne cessaient de s’entrouvrir puis se refermaient, comme si elles tentaient péniblement d’avouer un secret douloureux. Elles semblaient butter contre un prénom qui en le prononcent pourrait la libérer. Ce prénom, son corps entier le désirait mais ses lèvres refusaient de le sculpter, dévorées par la honte.

Trois semaines plus tard Daniel sortit enfin de l’hôpital, et Esther ne vint même pas le voir. Un soir elle hésita près de son combiné et finalement elle composa son numéro de portable, personne… Elle fit donc son numéro de fixe. Durant la sonnerie d’attente son cœur lui montait dans la gorge.


[size=12]
Une voix claire et féminine résonna dans le combiné.

- Allo?

- Oh… Euh… C’est Esther. Je pourrais parler à Daniel s’il vous plait ?

- Oui bien entendu. Je vous le passe. Répondit Diane toute guillerette. Daniel prit la parole quelques secondes après.

- Mademoiselle? Dit-il d’une voix enjôleuse.

- Chut! Elle est à côté ?

- Non. Qu’est-ce que tu veux Esther ?

- Toi…

- Moi? Rétorqua Daniel faussement surpris.

- Arrête ton numéro et viens me rejoindre!

- C’est un ordre? Plaisanta Daniel soudain fier de lui.

- …S’il te plait.

- Mais je croyais que tu te fichais de moi… Par conséquent il est évident que tu ne peut pas avoir envie de me voir, ça serait ridicule! Insista l’homme en se retenant de rire.

- Daniel! Viens, je t’en prie…




[size=12]
Il attrapa son manteau au vol et en claquant la porte d’entrée il affirma haut et fort qu’il sortait. Il prit le métro pour la première fois depuis au moins deux ans et accourut jusqu’à l’appartement d’Esther. Il enfonça presque la porte d’exaltation.

- Bon sang… Tu m’as manqué! S’écria Esther en plantant son regard opaque dans le sien.

- Oh arrête, je vais être obligé à mon tour d’avouer que tu m’as aussi manqué…

- Mais je ne t’oblige à rien mon Daniel. Répondit-elle de sa voix rauque.

- … Tu m’as manqué…

L’homme détourna son regard de celui d’Esther qui était en train de l’absorber.

- Daniel…

Elle caressa ses cheveux épais, ferma les yeux, et s’approcha doucement de son lobe. L’homme blessé sentit monter dans son corps entier un torrent d’adrénaline, et serra Esther plus contre lui.

- J’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne t’ai pas touché. Murmura Daniel d’une voix tremblante.

- Qu’est-ce que tu attends alors?

-Disons que je viens de le faire avec Diane donc bon je suis fatigué! Plaisanta Daniel d’un air taquin.

Elle ne prit même pas la peine de répondre et le propulsa sur le lit qui les avait tant


[size=12]
de fois accueillis. Sa respiration se froissa, il faisait glisser ses doigts dans les longs cheveux raides d’Esther, les relevaient en arrière pour mieux voir son visage. Il la fixa un bon moment avec comme de l’admiration au fond des pupilles. Il entrouvrit ses lèvres doucement sans les poser sur la peau satinée de sa partenaire.

- Daniel, embrasse-moi encore… Murmura Esther comme à bout de souffle.

L’homme prit délicatement le visage de son amie entre ses mains et embrassa tendrement sa lèvre supérieure. Elle se laissa guider par le désir de Daniel, elle griffait son torse et aurait presque voulu que ses ongles s’y enfoncent. Elle huma sa nuque parfumée, ses cheveux en brosse, encastra ses mains dans les siennes… Son cœur s’accéléra brusquement, son souffle se fit aussi plus alerte. Elle n’osait plus ouvrir les yeux, ses mais brûlaient pour la première fois contre la peau de son partenaire, elle mordit sa lèvre inférieure pour limiter ses gémissements rauques. Elle le réclamait de plus en plus fort sans prononcer son nom. Elle prenait du plaisir, enfin, et pourtant son esprit semblait vagabonder ailleurs encore une fois. La voix grave de Daniel vint heurter ses tympans, et elle grimaça.

- Tais toi! Lui ordonna t-elle hors d’haleine.




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Il sembla un peu désorienté mais excusa sa réponse sèche, et se glissa entre ses cuisses dans un grognement de plaisir. Esther, toujours les paupières closes jeta brutalement sa tête en arrière en échappant un petit cri. Ce soir c’était différent des autres soirs. Daniel amplifia son mouvement et elle mordit à pleine dents dans son poignet. Elle jeta ses bras en arrière, et le plaisir conquit les traits de son visage. Elle glissa ses doigts dans sa chevelure d’un noir de geais et referma ses poings. Sa bouche s’entrouvrit à plusieurs reprises, elle semblait hurler de tout son cœur quelque chose d’inaudible… Daniel, fier et comme envoûté se nourrissait de son visage en extase. Esther perdit totalement le contrôle de la situation… Ses gémissements timides et gênés se changèrent en cris larmoyants. Des larmes de plaisir lui étaient montées aux paupières, elle ne pouvaient pas les retenir. Ses lèvres frissonnèrent, luttèrent encore quelques instants, et enfin libérèrent ce prénom emmuré dans sa poitrine.


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- Diane…. Murmura Esther la avoix tremblante.

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Jeu 8 Sep - 18:12
Ohh c'est triste que tu ne puisses plus poster bientôt Sad
Encore une fois j'ai adoré cette suite : ) d'ailleurs je suis curieuse de savoir la suite après cette fin : )
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Jeu 8 Sep - 18:15
J'aime j'aime j'aime et je surlove !
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Jeu 8 Sep - 22:33
C'est magnifique, j'adore ! Tu es genialissime ! Viiiiiite la suite Very Happy
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Jeu 8 Sep - 22:51
Haaaaan, merciiiii! Fiction Unclean, scène annexe en bonus! 4023418736 Je suis ravie que ça vous plaise, je l'avais jamais partagée, elle restait au fond de mon ordinateur... Merci Embarassed



Spoiler:




- …Je te demande pardon? Rétorqua Daniel la voix chargée d’inquiétude.

Esther ne l’écoutait même pas et ne pouvait plus s’arrêter de répéter ce prénom de femme qui taraudait son cœur.

Elle criait de plus en plus fort ce qui semblait effarer son partenaire. Le visage si fier de Daniel se figea d’affliction. Il quitta le corps brûlant de la femme en transe et ne parvint pas à délivrer le moindre mot. Soudain Esther se rendit compte de l’aveux implicite qu’elle venait de lui balancer dans le visage. Elle n’osait pas ouvrir les yeux, dévorée par la honte. Elle aurait tout donné pour s’enfoncer dans le sol, pour mourir même à la seconde… Quand enfin elle ouvrit les paupières, pleine de remords et les joues rongées par la gêne, elle constata que Daniel semblait prit de mutisme.



- Je suis désolée… Murmura t-elle en baissant les yeux pour la première fois.

- … Qu’est-ce que tu as dit?

- Tu as très bien entendu. Murmura Esther encore brûlante de honte.

- Diane…



Esther ne put s’empêcher de tressaillir.





- Je… C’est que… Balbutia t-elle sans trouver d’explications plausibles.

- Diane, Diane! S’indigna Daniel soudain hors de lui. D.I.A.N.E !!

- Arrête, arrête je t’en supplie! Hurla Esther plus fort que lui. Sa voix était une plainte douloureuse, trouée de larmes.

- Putain… Je me tue à te faire prendre ton pied, je pense à toi, je pense à ça jours et nuits, ça m’obsède! Et toi, c’est sur qui que tu fantasmes chaque nuits? DIANE?!

- Non! C’est pas ce que tu crois! Cria Esther vaincue.

- Quoi? Croire quoi? Hein? Tu baises avec ma copine c’est ça? Tu comptais me le dire quand?

- Non! Je ne… Il ne s’est rien passé. Je te le promets!

- J’en ai rien à foutre de tes promesses Esther! Diane est ma vengeance ultime. J’ai besoin d’elle pour terrasser cette putain de douleur qui me bouffe le cœur depuis tout ce temps, et TOI, toi Esther, toi ma fidèle complice tu oses…

- Arrête! Je t’en supplie… Je n’ai rien fait!

- Dit-moi la vérité… répondit Daniel la voix soudainement assoupie comme s’il était accablé.

- Emy Blunt…

- Putain quel rapport? Gronda Daniel impatient.

- Diane… Murmura Esther. Diane est… la femme… Diane…

- Tu vas cracher le morceau oui?

- Je… C’est ma Emy… Je…je n’arriverai pas à le dire Daniel…S’il te plait…

- T’es… T’es amoureuse de Diane?

Daniel tomba des nues et Esther enfouit son visage dans ses mains en éclatant en sanglots. Oui, elle était folle de cette femme toute candide et trop niaise, qui ne connaissait à peine son existence. Cette femme qu’elle n’avait aperçu que trois ou


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quatre fois en vitesse et qui avait définitivement marqué son existence…Et pourtant, c’est avec Daniel qu’elle couchait continuellement, ce monstre qui allait un jour briser le cœur trop tendre de Diane. Seulement lui, il lui fait l’amour… Il l’embrasse, la touche, la caresse, la respire… C’est son odeur, sa présence, ce tout petit fragment d’elle qu’Esther rêvait de récolter sur le corps infecte de cet homme. Retrouver les empruntes que ses mains fragiles ont pu laisser sur son torse. Elle voyait en lui comme une libération momentanée. Ce qui la poussait vers lui c’était donc un reste du parfum de Diane qui s’attardait toujours sur un pan de sa chemise. L’odeur malsaine de cet homme le souillait pourtant , mais Esther se laissait bêtement griser, volontairement. Elle ne pouvait s’empêcher de penser à elle. Diane revenait sans cesse dans sa mémoire comme un trouble obsessionnel. Plus elle y pensait, plus elle sentait une douleur étouffer sa gorge, ses poumons. Sa hargne et sa désolation lui obstruaient le cœur. Esther qui face à cet homme qui la rebutait, parvenait à rester si fière, si méprisante, s’effondra de honte. Elle se sentait dépouillée, accablée par ce lourd secret qui venait pourtant de franchir le seuil de ses lèvres. Des torrents de larmes s’écoulaient de ses yeux et elle ne cherchait plus à les retenir. Elle présenta ce visage stigmatisé de douleur à l’homme qu’elle enviait le plus au monde. Elle ne parvenait même plus à exprimer sa haine, une seule peur la taraudait: que Daniel fasse part de son aveux à Diane. Il y eut un long silence qui ne fut troublé que par les sanglots d’Esther, puis Daniel reprit la parole.



- Répond-moi! Tu l’aimes bordel cette petite sainte nitouche?


[size=12]
- … … Ou.w..Euh…

- Répond! Ordonna Daniel sèchement. De toute façon au point où tu en es…

Esther aurait voulu mentir encore, tricher une dernière fois. Essayer de tout réparer, mais elle savait bien que ses larmes et son affliction la trahissait. Aucun mensonge n’aurait pu couvrir sa désolation. Alors elle céda enfin. Elle pensait mourir en prononçant ces mots.

- Oui. Oui, je l’aime. Depuis toujours. Depuis la première seconde… Et je ne vois pas en quoi ça te pose problème. Reprit-elle plus sèchement en essayant reprendre le dessus.

- Mais… Pourquoi? Pourquoi…Elle? Murmura Daniel la mine déconfite.

- Pourquoi Diane? Tu me demandes pourquoi j’aime…Diane? - Elle ne pouvait s’empêcher de rougir à l’évocation de ce prénom qu’elle trouvait si mélodieux.

Je ne sais pas exactement… Son côté vulnérable sans doute qui me donne tellement envie de la protéger… Elle est si…Si attachante! Son petit rire juvénile, ses joues tapissées de candeur, ses lèvres aussi roses qu’une…Qu’une putain de friandise de fête foraine! Sa cascade de boucles blondes, ses yeux limpides qui s’écarquillent, son sourire candide, sa joie de vivre, ses robes longues, sa poésie… Elle est si différente


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de moi… Elle me fascine… - Esther leva les yeux au plafond, un air rêveur captura son visage. Elle reprit avec émotion. Son… Sa façon de t’aimer… Ce que je suis jalouse! Oui, j’aime ce romantisme qui suinte d’elle comme une évidence, comme si c’était gravé dans ses gènes. Je n’arriverai jamais à être comme elle… Fière de cet amour que je traîne tous les jours et toutes les nuits… Elle sautille, chante, se pomponne, se parfume, et t’attend… Elle t’attend le cœur au bord des yeux… Assassin… Elle t’attend, mon pauvre Amour qui va sentir son cœur éclater de douleur par ta faute! - Sa voix n’était que sanglots retenus et colère. Daniel, j’ai tant de haine que je pourrais te tuer de mes mains, et pourtant… Je ne sais pas pourquoi le fait que Diane se sépare de toi m’inspire une étrange et ridicule confiance en moi… C’est comme si je redoutais tant cet instant mais qu’en même temps je le désirais secrètement. Je voudrais tant pouvoir panser cette blessure que tes mots abominables creuseront dans son âme. Oh non, non…Je sais pertinemment que je ne dois pas m’autoriser de tels espoirs! Elle t’aime… Elle t’aime tellement! Et j’enrage mon Dieu! J’enrage!


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Elle hurlait maintenant de désespoir. Elle martelait de ses poings affaiblis le torse avachit de Daniel. Elle sentait un nouveau flux de larmes assaillir sa gorge. Elle ne les retint pas mais continuait de hurler pour vider tout ce qu’elle avait sur le cœur.




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- Oh mon Dieu, Diane dans tes bras, ivre de tes caresses, les mêmes que tu m’offres ensuite… Ces caresses ignobles que je déteste, et pourtant… Je crève d’envie de goûter à sa peau via ton corps infecte. Diane… Si elle me permettait de l’aimer, alors je le crierai fièrement sur les toits, je me sentirais si libre… Diane… Oh Diane… Son prénom m’afflige tellement… Je me sens mourir de douleur. Jubile abjecte démon! Brise le cœur de ma tendre Diane et retourne en enfer. Diane mon Dieu, petite nymphe innocente, si douce, si pure. Elle…Elle n’a rien demandé à personne! Oh, épargne-là, monstre!

Elle envoya valser tous les bibelots qui lui tombaient sous la mains en hurlant de rage. C’est alors que Daniel contre toute attente échappa un petit rire discret sans prendre la peine de la regarder. En l’entendant rire, Esther cessa tout mouvement, et le fixa l’air hébété.

- Tu…ries? Dit-elle frappée de surprise.

- Oui… Tu es… Risible ma beauté… Tellement risible… Et tu croyais si bien me dominer! Tu te plaisais à jouer avec moi n’est-ce pas? Tu riais bien toute seule dans ton appartement quand je me suis planté dans ma voiture? Ah que c’est bon cette inversion des rôles… Tu es amoureuse? - Il éclata de rire. Amoureuse. Ça alors!


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Nous v’la bien ma chérie! Ça fait mal hein?

- Tu es infecte…. Tu me files la gerbe! Ca ne devrait pas exister les mecs comme toi!

- En attendant, c’est dans mon lit que Diane s’essouffle, allez va, ne sois pas jalouse! Elle ne pourra jamais t’apporter ce que je t’apporte! Plaisanta t-il à moitié. Diane…! Diane! Quand elle va savoir ça tiens, elle va en faire une tête!

Le visage d’Esther se décomposa. Ses mains se mirent à trembler comme des feuilles mortes, et sa gorge s’assécha. Une douleur supplémentaire lui obstruait le passage de l’air dans ses poumons. Elle aurait voulu se révolter mais ne put faire aucun mouvement, elle était figée de stupeur. Daniel reprit en jubilant.

- Eh oui! Qu’est-ce que tu crois, que je vais garder ton p’tit secret pour moi? Non…Ce serait dommage, c’est si beau l’amour! Et puis, je ne veux pas rater la tête qu’elle fera quand elle va savoir qu’une autre femme l’aime à s’en arracher le cœur… J’en rie d’avance tiens! Rah Diane… ! Si coincée, si chaste! Oh cette claque! Tiens, je vais même lui dire de ce pas!



Il attrapa son manteau et se précipita vers la porte. Esther, terrassée par la peur prononça son prénom du bout des lèvres, et Daniel fit volte-face. La pauvre femme sentit bouillir au bout de ses doigts une de ces fièvres destructrices, une pulsion meurtrière incontrôlable… Elle se rua sur lui sans réfléchir, la mâchoire contractée, de la haine plein le cœur. Elle étrangla l’homme de toute sa hargne, de toute la force qu’il lui restait dans le corps. L’homme, plus fort se dégagea et la plaqua violemment contre le mur de l’entrée. Il la serrait très fort pour l’immobiliser et affronta de plein fouet son regard noir luisant de colère et de violence.

Elle se débattit fortement mais rien à faire, elle ne pouvait plus bouger. C’est alors que Daniel défia la foudre de ses yeux un long moment. Aucun des deux n’osaient perturber le silence. C’était comme s’ils avaient tant de choses à se dire mais qu’on leur avait ôté le langage. Ils communiquaient par réflexion de regards. Daniel soudain humecta ses lèvres promptement puis les ouvrit à peine comme pour murmurer quelque chose. Il n’en fit rien, mais le plus tendrement du monde déposa un baiser sur les lèvres ce cette femme qu’il rebutait. Il posa ses mains en éventail sur ses joues et amplifia son baiser. Esther ne le repoussait même plus, se laissa faire sans trouver la moindre force. Des larmes s’échappaient de ses yeux ouverts, elle attendait peut-être de se réveiller d’un cauchemar, elle attendait de mourir… Elle aurait pourtant voulu qu’il reste chez elle pour toujours afin qu’il n’aille pas vomir cet amour aux pieds de la douce Diane. Daniel baisait sans se lasser la bouche criblée de larmes


[size=12]
d’Esther, et murmura sans décoller de ses lèvres:

- Tu sais chérie… Diane, elle s’en fiche de toi ma jolie… Elle ne vit que pour moi Esther… Pour moi… Et puis, je me fiche d’elle! Comme la vie est cruelle… Tu sais qui me plais à moi Esther?

Épuisée, elle posa ses doigts recroquevillés sur les lèvres de l’homme avide comme pour le faire taire. Le langage semblait avoir déserté sa bouche. Daniel blessé et plein d’espoir continuait son discours.

- On se ressemble tellement toi et moi Esther! Menteurs, tricheurs, blessés… Esther nos douleurs communes peuvent se panser ensemble et laisser place à … Un espoir de…

-Tais toi, je t’en supplie- murmura la femme abattue du bout des lèvres. Ne le dis pas… Ne dis rien. Daniel…

- Embrasse-moi Esther… Supplia presque l’homme qui ne savait pas quelle position adopter.

- Laisse-moi Daniel… Laisse moi crever.

- Ne sois pas ridicule!

- Va t’en… Va tout raconter à Diane. Dit-lui tout l’amour que je lui porte, avoue lui tout dans les moindre détails, puisque je n’en aurai jamais le courage. Dit-lui que je survis pour pouvoir encore penser à elle… Je m’en fiche Daniel… Dit-lui tout ce qu’il te plaira. Je n’ai plus peur. Va t’en… Je ne veux plus jamais te voir. Barre toi! Je te hais du plus profond de mon être. Te tuer n’aurai même pas pu assouvir toute cette haine que je te porte.




[size=12]
- Petite salope! Reste ici à croupir dans tes larmes! Souviens toi toujours de ce jour où tu m’auras chassé, et regrette! Jamais tu ne me reverras Esther, jamais. Tu verras… Tu verras ce que


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c’est de jouer avec le feu! C’est toi qui perds le plus dans cette histoire. Esther, adieu.

Il claqua la porte avec une fureur entremêlée de désespoir.

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Jeu 8 Sep - 22:59
C'est vraiment beau... J'en ai oublié de respirer...
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Jeu 8 Sep - 23:23
Embarassed Embarassed Merci, je n'ai plus que ce mot dans la bouche! C'est la 1ère fois qu'on me fait autant de compliments! Fiction Unclean, scène annexe en bonus! 2965971428 La suite demain
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Ven 9 Sep - 9:25
Vivement la suite Smile
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Ven 9 Sep - 13:57
Voila ! Very Happy (Attention ça devient tendu là! >.<)



Spoiler:




A toute allure il rentra chez lui. Pour la première fois en dix ans, ses larmes baignèrent son visage. Il pensait à la brutale séparation avec Esther, il avait envie de crever là, tout de suite. Ne plus avoir à souffrir, à supporter chaque respiration. Il gara sa BMW au milieu de son immense allée et manqua de tomber en ouvrant violemment la portière. De grosses larmes imbibaient le haut de sa chemise, ses yeux étaient cernés de rouge.

La jeune Diane, flottant dans une robe à rubans apparu derrière la baie vitrée. Son innocence rebuta Daniel. Le doux visage de la belle semblait se défaire face au désespoir de l’homme qu’elle aimait. Elle posa ses mains menues sur son visage comme si elle espérait que ce contact le guérisse instantanément. Elle voulu le questionner, lui demander d’où lui venait ce chagrin, mais aucun mot ne s’échappa de sa bouche. Elle entrouvrit à plusieurs reprise ses lèvres trop roses et finit par bredouiller quelque chose.



- Daniel… Qu’e…Qu’est-ce qu’il se passe mon chéri?

- Lâche-moi Diane. Rétorqua Daniel du tac au tac sans la regarder.

- C’est Esther…? Qu’est-ce qu’elle t’a fait?

- Arrête! Arrête Diane! Tu veux pas la fermer cinq minutes?

- Non! Non cette fois je ne m’effacerai pas. Je suis aussi là pour ça! Dis-moi ce qu’elle t’as dit?



Diane se révoltait du mieux qu’elle pouvait, elle essayait de se faire violence, ses mains tremblotaient, elle avait du mal à maîtriser les vibrations aiguës de sa voix, mais elle tenait bon. Elle osait défier l’agressif regard émeraude de Daniel, son visage fermé, sa mâchoire contractée.



- Qu’est-ce qu’il se passe? Répéta-elle plus tendrement.



- Ce qu’il se passe… Murmura Daniel à bout de souffle. Ce qu’il se passe c’est que tu as fait un sacré effet auprès de ce démon…

- Je… Je ne comprends pas.

- Ce qu’il se passe c’est que TOI, Diane tu as fait fondre la seule femme qui m’a résisté! Tu comprends là, ou tu as besoin d’un dessin?

- Euh… Ee… C’est que je… Tu te moques de moi?

- Elle t’aime bordel, elle t’aime, tu piges? Toi, tes bouclettes, tes yeux bleus, tes grandes mains, ta taille menue… Elle t’adore… Tu comprends ou pas, tu le comprends ça, ou c’est trop compliqué?




[size=12]
Daniel s’indigna, il hurlait maintenant, pleurait toujours de colère, de douleur. Diane restait muette, le regard dans le vague, elle semblait réfléchir. Dans sa tête tout commençait enfin à s’enchaîner. Les retards et les réunions tardives de son homme, ce parfum différent du sien, ces marques dans son cou, sur son torse. Elle revoyait très nettement le visage sombre et hautain d’Esther, cette femme parfaite, indomptable et si belle… Soudain, elle semblait s’éveiller en sursaut d’un long rêve. Son cœur se noua , ses poings se crispèrent et ses joues s’incendièrent brusquement. Daniel, remarquant ce changement d’état s’empressa de rajouter:




[size=12]
- Ah! Ca y est, la pièce est tombée!

- Daniel…?

- Oui?

Elle hésita. Elle brûlait d’envie de lui poser cette question qui pesait lourdement sur son cœur mais la réponse la terrifiait.

- Oui? Répéta Daniel d’un air agacé.

- Pourquoi tu pleures? Pourquoi…Pourquoi tu es si énervé?

- Ca ne te regarde pas. Répondit l’homme blessé prit de panique.

- Oh si ça me regarde Daniel… Je crois même que ça m’implique directement… Esther m’aime… Mais…Elle ne m’as parlé qu’une seule fois! Comment… Je veux dire… Elle m’aime… Et toi, tu es fou de rage… Ce n’est pas grave! Je…N’aime que toi. Il ne se passera jamais rien avec …Avec elle, et avec n’importe qui d’autre! Où est le problème? A moins que…


[size=12]
Elle hésita encore, le cœur lui grimpait dans la gorge, et des larmes vinrent lui piquer la rétine. Elle redoutait le pire, mais elle savait au fond d’elle que Daniel la trompait, elle le savait depuis le début. Mais elle ne se l’était jamais vraiment avoué, aveuglée par sa passion. Elle lui aurait tout pardonné, elle occultait tout pour rester sa petite amie fière et dévouée. Mais cette fois, elle avait besoin que la vérité éclate enfin au grand jour.


[size=12]
- A moins que quoi? Hurla Daniel le cœur battant.

- Tu… Tu es… Elle te plait hein?



Daniel s’empourpra et devint fou furieux. Il cassa tous les objets qui lui tombaient sous la main et hurlant des choses incohérentes. Il ne comprenait même pas ce qu’il disait mais peut importe, son cri lui empêchait de perdre la face. Ca y est… Sa réaction persuadait pleinement Diane de son affreuse traîtrise. Alors elle perdit elle aussi tout contrôle. Comme si durant toutes ces années elle avait emmuré sa colère et ses opinions dans sa poitrine, et que d’un seul coup elle se libérait de sa timidité. Elle se mit à insulter de tous les noms cet homme dont elle était follement éprise. Elle rougissait de stupéfaction en hurlant ces injures, mais elle sentait peu à peu sa haine s’évaporer. Daniel se tut. Il sentait qu’une sorte d’enfer le gagnait, son plan machiavélique semblait se retourner contre lui. Diane, cette femme dont il devait briser le cœur en mille morceau, l’insultait à gorge déployée, de la haine brillait au fond de ses yeux lagon pour la première fois. Il recula pas à pas jusqu’à ce que son dos heurte la baie vitrée. Diane hurlait haut et fort les sentiments qu’il avait pour Esther et il se mit à avoir honte. Il n’écoutait même plus les reproches de Diane, tout bourdonnait dans sa tête, il vint à penser qu’il avait raté sa vie. Il tomba dans un bruit assourdissant. Sa main gauche s’agrippa au rideau de la salle à manger, il se sentait défaillir. Ses jambes ne le portaient plus, il était vaincu. Vaincu en quelques minutes par deux figures féminines, les deux femmes qui réglaient minutieusement sa vie. Diane, n’avait jamais été aussi belle que ce soir là, droite et fière debout face à l’épave d’homme à ses pieds. Son cœur avait éclaté aux quatre coins de son corps de


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jeune femme mais elle restait conquérante. Elle crevait d’envie de s’agenouiller à sa hauteur, de l’embrasser, de lui dire de tout oublier, mais elle gardait toujours sa position sans faillir. L’homme à ses chevilles avait besoin d’aide. Il lui tendit sa main tremblante en murmurant son prénom du bout des lèvres. Ses yeux baignés de larmes suppliaient la jeune femme, qui fronça les sourcils. Elle eut un petit sourire mesquin et détacha ses lourdes boucles blondes. Ses cheveux encadraient parfaitement le tableau de son visage, ses deux grands yeux luisants comme des topazes. Elle se sentait belle et grande pour la première fois. Elle s’était mise à la haïr plus fort qu’elle ne l’aimait. Cet amour infâme l’avait faite grandir d’un seul coup, son cœur en se ressoudant se méfiera à présent. Daniel gémissait toujours à ses pieds mais elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer, la rage au cœur, le visage provocant d’Esther qui lui avait volé son homme… Il avança pitoyablement une main vers la cheville menue de Diane, et aussitôt elle recula son pied. Soudain, sans mot dire, elle lui tourna le dos, et monta les escaliers. Elle se dirigeait vers sa chambre à coucher de princesse en laissant son Prince déchu effondré au pied de l’escalier. Elle s’assit sur son lit à baldaquin, les bras croisés sur ses épaules, le regard dans le vide. Elle aurait voulu pleurer toute sa hargne et sa désolation, mais ses sentiments restaient coincés dans sa poitrine. Elle tourna son visage vers le miroir de l’armoire et s’examina en détail. Soudain, en ne quittant pas son regard de son reflet, elle murmura.




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- Esther… Comme la vie semble fragile… Mon cœur, démon, tu l’as écartelé, et tu oses m’aimer? Tu m’as volé tout l’amour que je portais dans mon âme, c’est irrémédiable! Mon cœur dès lors accumule la rancune, apprivoise le néant. Je suis vide de tout… L’amour… Si tu oses y croire, tu finis par te brûler les ailes qu’il t’a accroché dans le dos! Daniel… Je suis née une deuxième fois entre ses bras, et voilà que je meurs quand il les ouvre vers une autre femme… Esther, je t’aurai tuée si cela avait servi à quelque chose, mais je vois bien dans ses yeux rougis à quel point tu l’as drogué! Quel sortilège lui a-tu lancé pour m’arracher violemment de son cœur? Mais peut-être ne m’a t-il jamais porté à l’intérieur quand j’y pense… Pourtant je ne te ressemble pas Esther. Tu es si sûre, si grande, si femme… Je suis stupide, trop jeune, insouciante… Je me réveille enfin, et trop tard…

Elle haussa le ton sans détacher son regard du miroir. Sa voix tremblait de colère et de mépris envers elle-même. Ses yeux trop bleus s’emplirent de larmes, mais elle ne s’effondra pas, elle débitait ces paroles qui soulageaient son cœur quelque peu.

- Esther, si tu savais combien je me déteste…Je me hais sûrement autant que tu m’aimes! Moi qui croyait que mon illusion perdurerait… Quelle idiote!

Soudain, Diane entendit des flacons de verre s’entrechoquer et un corps s’effondrer dans un bruit sourd. Son cœur s’alarma brusquement, et l’adrénaline grimpa dans sa gorge. Elle se leva pleine d’hésitation, tendit l’oreille, cessa de respirer un instant. Sa voix désirait appeler l’homme au rez de chaussé mais elle restait coincé dans son corps. Les jambes vacillantes, les mains moites, elle descendit le plus lentement possible les grandes marches de l’escalier en s’agrippant à la rambarde. Elle appela Daniel du bout des lèvres, sa voix était trouée par la terreur. Sa gorge se noua, et elle eut du mal à déglutir, à respirer. Elle fit un pas supplémentaire dans l’escalier et elle aperçu les chaussures en cuir de son homme perpendiculaires au plancher. Daniel


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était allongé sur le dos, et elle n’osait descendre d’avantage. Elle savait que quelque chose de terrible venait de se passer, elle brûlait d’envie d’affronter la réalité mais son corps refusait d’avancer. Sa main moite tremblait sur la rampe de l’escalier, chacun des battements de son cœur semblaient trouer sa poitrine. Quand elle osa enfin avancer son pied sur la marche suivante, elle se mit à hurler, terrifiée par le tableau sanguinaire face à elle. Daniel était étalé de tout son poids dans son propre sang, les yeux grands ouverts, le teint déjà blafard, avec un énorme morceau de verre planté dans la gorge. La jeune Diane s’effondra sur les larges marches de l’escalier en criant toujours et en cachant son visage dans ses mains. Ses jambes tremblaient de plus en plus, elle avait mal…Une douleur si intense qu’elle ne pouvait même plus la localiser dans son corps. Ses grandes mains frêles se cramponnèrent à sa robe de mousseline, et son front pâle vint s’appuyer contre le mur à droite qui accueillait ses sanglots. Elle griffa la pierre comme pour se venger sur quelque chose. Ses ongles se cassèrent et ses doigts se mirent à saigner. Elle ne sentait rien au bout de ses mains, seulement une tornade à l’intérieur de son corps. Elle pleura plusieurs minutes de manière discontinue quand soudain elle releva la tête et affronta à nouveau le supplice. Ses yeux azur balayaient le moindre centimètre carré du corps de cet homme qu’elle aimait encore. Sa chemise blanche était imprégnée de rouge, ses yeux de serpent lui faisaient peur. Elle descendit les dernières marches et trouva le courage de s’agenouiller près de lui. Elle se remit à sangloter. Daniel était pareil à une poupée vaudou, la lame qu’il venait de s’enfoncer dans la gorge atteint directement le cœur de Diane. Elle s’empara de la main ensanglantée de son homme défunt et entremêla ses doigts abîmés dans les siens. Elle sanglotait de constater encore une fois à quel point sa fine main se logeait si bien dans la sienne. Elle lavait son visage de larmes de douleur et se décida enfin à appeler du secours. Quelques minutes plus tard, le SAMU était là et elle s’effondra dans les bras d’un médecin.




[size=12]
- Mademoiselle, ne vous inquiétez pas, nous allons faire le nécessaire pour vous débarrasser de cette pénible tâche.

- Pénible tâche…? Murmura Diane complètement remuée. Pénible? Vous savez ce que ça veut dire « pénible »? Nettoyer c’est pénible, se lever tôt le matin c’est pénible, descendre les poubelles c’est PENIBLE! Le suicide de l’homme que j’aime nom de Dieu c’est terrible! … Tout est ma faute…

Elle sanglota encore contre la blouse blanche du docteur, et ce dernier ne savait quoi dire en la serrant dans ses bras. Une femme habillée en tenue aseptisé vint questionner Diane.

- Mademoiselle, regardez-moi je vous prie. Bien. C’est bien son téléphone?

- …Oui.

- Il est tâché de sang, vous voulez le garder ?


[size=12]
- Oui!

Elle lui arracha des mains comme si c’était tout ce qui lui restait de Daniel. Quand les médecins amenèrent le corps inerte de l’homme, Diane n’eut pas le courage de les accompagner. Quand la porte de son immense maison se referma, un silence assourdissant vint caresser ses oreilles. Le plus douloureux silence qu’elle avait entendu. Elle se servit un verre de grappa italienne et s’effondra dans son canapé. Elle ruminait des idées noires, culpabilisait. Elle se détestait. Après plusieurs heures de lamentation et de désespoir, elle parvint à rejeter toute sa haine sur Esther. Elle fouilla le téléphone portable de Daniel et soudain le goût de la vengeance vint lui lécher les omoplates.

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Ven 9 Sep - 15:11
Ouulà on sent la vengeance terrible qui se prépare Very Happy
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Ven 9 Sep - 17:42
Magnifique ! Il ne reste plus que les deux femmes , ca risque d'être terrible .
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Ven 9 Sep - 19:13
[color=black]

J'te le fais pas dire... *Merci toutes *


Spoiler:


Elle prit une démarche presque féline, conquise par son plan machiavélique. Elle monta jusque dans sa salle de bain, se déshabilla d’une traître et osa s’admirer dans la glace. Elle était belle, presque trop. Son corps de jeune femme était rose et frais. Sa taille était toute menue, ses hanches légères, sa nuque exquise, la cambrure de son dos était parfaite, ses petits seins adorables étaient doux et sucrés comme des pêches en été. Diane ressemblait à une statue de Michel-Ange. Elle se regardait dans l’immense miroir et caressa son corps doucement, un sourire aux lèvres. Elle avait des cernes sous les yeux, des larmes plein les joues, mais elle se trouvait belle. Elle prit une douche, parfuma son corps de son savon au fruit préféré. Elle se sécha et ordonna ses belles boucles, noircis ses cils. Ses yeux grâce au mascara semblaient si grands et si profonds que la vague de ses iris aurait tout avalé sur son passage. Elle enduit le bout de son auriculaire d’un baume rosé et l’appliqua en douceur sur ses lèvres déjà roses. Une vraie poupée. Elle enfila ensuite sa plus jolie robe, celle que préférait Daniel. Une qui laissait deviner une jambe menue et qui dévoilait un décolleté magnifique avec le soupçon de pudeur qui convient à l’érotisme. Elle était irrésistible, belle à mourir sur place. Elle se félicita et rie presque. Elle était folle de chagrin et se demandait comment la vengeance pouvait si bien la tenir debout. Ce soir Diane s’admirait mais ne se reconnaissait pas. La haine maquillait son visage de porcelaine, l’eau calme au fond de ses yeux bouillit d’un seul coup. Ce regard si doux si bleu avait désormais l’allure d’un piège. Elle descendit l’escalier, sa robe légère glissait sensuellement sur ses jambes. Ses lèvres se pincèrent dans un sourire mesquin quand elle s’empara à nouveau du téléphone de Daniel. Elle démarra la voiture en pleine nuit et roula si vite qu’elle n’eut pas le temps de penser. Elle se trouva face à une porte en bois magnifique où était gravé un nom en or. Elle prit une longue inspiration et la martela avec aplomb.

Esther en ouvrant la porte fut prise de mutisme. Elle ne pouvait plus bouger, plus penser, plus respirer… Diane esquissa un petit sourire amusé et de sa voix la plus enjôleuse murmura:
- Esther… Tu te souviens de moi sans doute?
- … Qu’es…


- Pardon? Répondit sèchement Diane sans la laisser essayer de formuler une phrase correcte.

- DIANE! Si si je suis sure que tu te souviens de moi! Fais un effort! Diane! Tu sais bien… Cette petite idiote amoureuse, cette gamine qu’un moindre souffle peut faire trembler!

- Diane… Murmura Esther à bout de souffle.

La petite nymphe devenue prédatrice, s’avança dangereusement d’Esther soumise.

- Regarde-moi! Ordonna la jeune italienne les lèvres entrouvertes.

- Qu’est-ce que tu veux…? Comment tu sais où j’habite? Esther semblait effarée, elle croyait halluciner, encore engluée quelque part entre le rêve et la drogue.

- Je l’ai trouvé dans le portable de …De Daniel.

A l’évocation de son prénom si cher à son cœur Diane ne put retenir un frisson. Elle reprit en sentant la rage l’envahir.

- Daniel! Daniel petite conne! Tu t’en souviens?!

- Ne… Arrête…Ne parle pas comme ça… Je t’en prie… Murmura Esther sans oser la regarder dans les yeux.

Diane sentait la haine bouillir dans les veines de ses mains, dans sa nuque. Elle propulsa Esther sur son lit.

- Je te parle comme je veux! Hurla t-elle.


Esther, recroquevillée sur son lit, ne pouvait braver le regard de son tyran qui la dominait sous son propre toit. De temps en temps elle osait admirer furtivement la droiture de son corps, le bout de ses boucles blondes mais ne montait jamais plus haut par peur d’être confronté à ses yeux tornades...

Diane assiégea son lit et s’allongea à moitié sur Esther qui fut totalement désemparée.

- Mais regarde-moi nom de Dieu! Hurla Diane hors d’elle.

- Laisse-moi… Je t’en prie… - Esther essayait de parler mais ce n’est qu’un piètre murmure qui s’échappait de ses lèvres.

- Esther… Alors c’est toi… Oui… C’est évident. Mais pourquoi me suis-je si longtemps voilé la face? C’est bien ce parfum trop fort, trop sauvage que je récoltais dans sa nuque, c’était le tiens… Le tiens…

-… Je suis désolée.

- J’en ai rien foutre que tu sois désolée! Tu la envenimé, tu lui a vrillé la tête… J’ai une question… Pourquoi t’as fait ça? Ça t’excites? Tu jubiles c’est ça? Réponds-moi! Hurla Diane au bord de la crise de nerfs.

- Non! Non… Diane… je t’en prie, essaye de comprendre… je n’y arriverai pas… Je n’arriverai pas à te le dire…

Diane contracta sa mâchoire, déglutit et se laissa emporter par un flot de rage. Elle agrippa le col de la chemise d’Esther et la poussa violemment en arrière.

- Écoute-moi bien petite salope, ce n’est pas une proposition que je te fais, c’est un ordre! Esther…



Son prénom étrangement apaisa sa colère. A moins que ça ne soit la terreur sur le visage de cette dernière, la désolation. Elle ne savait pas, mais elle se leva d’un seul coup et s’approcha un peu plus du corps replié d’Esther. Elle admirait son corps déchu sans dire un mot, elle avait pitié d’elle. Elle avait tant de choses à lui dire, à lui reprocher. Tant de haine à déverser à travers son visage, elle avait besoin de percer le noir de son cœur, d’en faire couler le poison qui avait tué Daniel. Mais elle se sentait soudainement au dessus de tout ça… Elle ne s’était jamais sentie aussi grande, et désormais parlait calmement, avec sa voix la plus douce.

- Tu jouais Esther? Et bien j’espère que tu t’es amusée, sincèrement. Félicitations. Quoi que… Je trouve quand même que c’était facile. Tu ne mérites pas tellement cette victoire. Daniel ne jouait pas… La vie c’est précieux Esther. C’est fragile. Et l’amour! L’amour est un poison, une drogue… Tu t’en gaves petit à petit et un jour tu crève d’une overdose…



- …Mais… Je… -Bégaya Esther qui avait pris une teinte pivoine malgré le bronze de sa peau.

- Daniel est mort.

Diane sentit son cœur éclater en prononcent ces mots. Ses jambes commencèrent à vaciller, alors elle tenta de se ressaisir, elle voulait rester forte, elle crispa les poings et reprit.

- Daniel s’est égorgé dans notre salon luxueux tout à l’heure. Sa chemise baignait dans son sang, il gisait lamentablement dans mes bras trop maigres… Je… Je l’aimais moi Esther. …Cet homme infâme qu’indirectement tu as tué. Il me trompait mais je m’en fichais puisqu’il restait… Et je lui préparais ses repas, lavais son linge, je me parfumais, je chantais, c’était comme si nous formions un couple sans failles… Comme si nous étions heureux. Il t’aimait toi en fin de compte… Et le pire c’est ça, je le savais… J’en étais sure, c’était évident! Je ne l’ai jamais vu aussi heureux que ce soir où il agonisait dans son lit d’hôpital. Le soir où tu as passé la porte de sa chambre minuscule… Je n’ai pas réussi à te haïr Esther. Il était si heureux… Je t’envie. Peut-être aurai-je du moi aussi lui résister, j’aurais du jouer. Il se serait échiné à me séduire alors que j’aurais déjà été conquise au plus profond de mon être… Mais je n’arrive pas à mentir, moi. Quand il me regardait… Plus rien ne comptait Esther, tu comprends ça? Daniel est mort. Je l’aimais, je l’aimais tant! J’aimais jusqu’à nos prénoms qui s’échangeaient des lettres: Diane, Daniel. Il avait un « L » en trop. Le « L » de « lâche» , de « leurre», de « lame » qui s’est plantée dans sa gorge. Qu’est-ce que je vais faire moi maintenant Esther? Toute seule? Ce n’est pas que Daniel qui me manque, c’est aussi la plus belle partie de mon cœur…


Esther fixait le plancher sans cligner des yeux. De grosses larmes roulaient sur ses joues, s’étalaient sur sa bouche béante. Son cœur n’était plus qu’un morceau de carton qui s’imbibait de regrets et de douleur. Elle n’osait pas regarder Diane, elle ne pouvait pas. Pourtant elle ne désirait qu’une seule chose: l’étreindre, l’étreindre très fort, trop. Besoin de sentir sa peau contre la sienne, brûler de désir, d’émotion. Mourir sur le coup peut-être de ce choc émotionnel si tendre pourtant. Diane, si belle ce soir. Plus belle que jamais, debout dans sa chambre. Elle ne voyait d’elle que ses petites chaussures italienne, ses lacets en ruban de couleur, ses petits talons… Sa jambe blanche sous sa robe de soie. La douleur de cette jeune femme faisait pleurer ses yeux, crier son cœur. Elle mourait de frustration de la sentir si proche et de ne pouvoir l’effleurer. D’avoir elle-même barricadé l’accès à sa peau en anéantissant la seule chose qui comptait pour elle. Le suicide de Daniel l’affligeait car il faisait souffrir Diane, seulement pour cela. Elle se fichait pas mal qu’il disparaisse ce démon qui avait joué avec le cœur de sa belle. Et elle, Esther, se sentait tout aussi monstre que lui. Elle avait été sa complice infecte, elle avait volontairement crée ce triangle amoureux dévastateur. Elle ne voulait pas qu’il tombe à ses pieds, il a succombé… Et Diane, Diane la seule personne au monde qui captait son attention, qui la tenait debout, est dévastée par sa faute. Le silence balayait la pièce depuis


quelques minutes insoutenables, aucunes des deux femmes n’osaient rompre ce silence. Leurs pensées fusaient au dessus d‘elles et leurs douleurs refroidissaient la pièce.

Soudain, Diane s’approcha d’Esther qui s’était assise par terre, appuyée sur sa main gauche. Ses chaussures se rapprochaient trop près de son corps vaincu. Elle stoppa net ses pas et Esther déglutit. Elle mourait d’envie de lever la tête, juste une fois, juste pour se brûler un peu la rétine à sa beauté invincible. Ses mains tremblaient sur le plancher, ses cheveux noirs glissaient en avant et recouvraient son visage criblé de larmes. Soudain Diane se baissa à sa hauteur. Esther fermait les yeux mais elle la sentait de plus en plus proche et ne put retenir un frisson de désir et de terreur mélangé. Diane fixait le visage d’Esther à demi camouflé par ses cheveux. Elle était si proche d’elle, comme si pour la première fois elle osait apprivoiser l’ennemi, affronter ce qui lui faisait peur. Elle sourit en constatent qu’Esther n’osait ouvrir les yeux, elle se sentait fière et grande. Elle dominait la situation et ça ne lui déplaisait pas. Elle avança sa blanche main vers le visage décomposé de la femme accablée. En un rien de temps, sans vraiment en avoir pris conscience, ses doigts effleurèrent le menton d’Esther, qui au contact de sa peau fit un bond en arrière. Son cœur vint se coincer dans sa gorge et Diane esquissa un petit sourire ravageur. Esther se sentit défaillir, elle avait l’impression de rêver, ou plutôt de cauchemarder. Diane prit alors son air le plus aguicheur sous son masque d’ange gardien et s’avança à quatre pattes vers Esther. Quand elle fut arrivée à un mètre de son visage, elle murmura:


- Je me demande… Ce que ça peut faire…

- … Lai…Laisse-moi tranquille… Je t’en supplie…


- Tu me…Supplies? Tu…Oses me supplier ? -Questionna Diane sans attendre vraiment de réponse et en continuant de se rapprocher. Elle se trouvait maintenant trop près du visage alarmé d’Esther qui ne sentait même plus l’air emplir ses poumons. Elle suffoquait de frustration, sa bouche s’assécha, ses mains ruisselaient de moiteur. Il fallait que tout ça cesse enfin, la tension n’était plus gérable. C’est alors qu’Esther se suicida dans les yeux électrique de Diane. La réflexion de son regard océan étrangla son cœur. Elle voulu ouvrir la bouche pour prononcer quelque chose mais aucun son intelligible ne s’en échappa. Diane alors prit l’air grave et fit ruisseler son regard le long de sa joue, puis au coin de ses lèvres, où il se stoppa un instant.
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Ven 9 Sep - 20:14
Encore ! Encore ! ^^
J'aime tellement Very Happy tu as vraiment une belle plume : )
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Ven 9 Sep - 20:39
[color=black]Ouh vous aussi sentez comme moi la fin de l'histoire pointer le bout de son nez ...? Voila mesdames la DERNIERE partie de la fiction... Enjoy!

*Merci Loidu54 !!!* Pour la peine je ne vous la met pas en spoiler...

[color=black]Au fond… C’est vrai, je me demande bien ce que tu as de si extraordinaire… Et si moi aussi je goûtais à tes lèvres venimeuses… Est-ce que la même folie viendra s’emparer de moi…Esther?
De toute évidence Diane savait pertinemment que les baisers d’Esther ne la griseraient pas mais elle se sentait comme soudainement envoûtée. Non par Esther mais plutôt par l’attraction qu’elle avait eut sur Daniel, son pouvoir, ce venin impalpable, invisible, qui recouvrait la moindre particule de sa peau. Les lèvres voluptueuses et empoisonnées d’Esther étaient tout ce qui la rattachait à Daniel, cet homme qui, même mort fendait encore son cœur en mille morceaux. Diane sortie brusquement de ses pensées, essayait de ne pas se concentrer sur l’image de Daniel, et reprit dans un murmure enjôleur:
- Et puis… Qu’est-ce que tu perds toi?
- Arrête… Recule… supplia Esther le souffle court.
- Pourquoi…? Je suis bien là… Tu es la première femme que je vois d’aussi près…
- Diane… S’il te plait…
La voix d’Esther grinçait, elle ne pouvait plus faire le moindre mouvement. Tout se mélangea dans sa tête, toute cette beauté cognait contre ses tempes, affluait dans ses veines. Le murmure de la jeune femme était assourdissant, ses lèvres humides ressemblaient à une rose fraîche à l’aube de sa vie, toute parfumée de rosée du matin. Ses doigts prirent feu, sa nuque la piquait, elle avait l’impression que tous ses organes changeaient de place dans son corps. Elle ferma les yeux promptement et quand elle les ouvrit à nouveau la bouche trop rose de Diane n’était plus qu’à quelques malheureux centimètres de la sienne. C’est fini, son corps ne répondait plus, son cerveau dis fonctionnait, elle crut même oublier de respirer. Ses pupilles opaques suppliaient les lèvres en face d’elle d’avancer encore un maudit centimètre. Diane entrouvrit la bouche, le cœur d’Esther s’arrêta pendant une demie seconde mais la jeune femme murmura à la place de l’embrasser:
- Ose me dire que tu n’en a pas envie…
C’est alors qu’Esther réagit enfin. Elle retrouva brusquement sa mobilité pour se sauver du feu qui envahissait le bas de son ventre et léchait ses omoplates. Elle s’agrippa aux bretelles tressées de la robe de Diane et pressa ses lèvres avides contre les siennes. Esther laissa échapper un gémissement de plaisir. Elle se dit que le bonheur ne pouvait se trouver ailleurs que sur les chastes lèvres qu’elle baisait. Plus elle l’embrassait, plus elle s’élevait vers des paradis qu’elle n’avait encore jamais exploré. Rien à voir avec la drogue, rien à voir avec le sexe médiocre que lui offrait Daniel… Ses baisers lui insufflait une nouvelle vie, un corps sain, un esprit construit, bien qu’in tantinet défait par la passion de l’instant. Au moment où elle sentit le besoin de glisser la nymphe de son cœur dans ses draps, quand un frisson délectable lui ordonna d’aller plus loin, Diane calma le jeu aussitôt. Elle se délogea de ses bras et se releva, l’air grave.
- Qu’est-ce que tu as cru Esther ? Voilà maintenant le baiser de Daniel effacé à jamais de tes lèvres immondes. Je le protège ce baiser que tu ne méritais pas.
Tu pensais sincèrement que je me jetterais dans tes draps après que tu ais versé le sang de l’homme que j’aimais? Regarde toi Esther , tu es à terre, j’ai gagné finalement. Tu es lamentable… C’est dommage, tu n’es pas passé loin d’une minuscule victoire, d’une maigre consolation. Nous aurions pu apprendre à se connaître, tu aurais pu me rendre Daniel, et je serais sans doute restée pas très loin de toi… Et puis non! C’est faux. La peur que tu l’ensorcelles encore me tordrait les tripes! Et tu m’aimes? Quelle triste ironie! Mais alors pourquoi tout faire pour vriller mon cœur sorcière? Tu n’as pas trouvé meilleure solution pour nous séparer que de me le voler? En gagnant son cœur tu as perdu le mien à jamais. Tu m’aimes, tu m’aimes!
Diane éclata de rire, un rictus qui raya de honte le visage apeuré d’Esther.
Tu t’es bien fichue de moi… -reprit-elle la voix chargée de pitié. Eh oui, la petite chétive se relève devant toi et te soumet. Toi qui voulait faire la tigresse et dominer le monde entier, ce soir tu pleures contre mes bottines! Esther, regarde moi pauvre gamine. Je suis toute jeune mais c’est toi qui joue encore avec le feu comme une adolescente de quatorze ans à peine! Tu aurais mieux fais de me payer un bouquet de fleur pour me faire rougir! Maintenant… Je vais te demander de sortir de ma vie. Je vais même t’ordonner de ne plus jamais m’approcher. Ne t’avise pas de me contacter, ou je te jure que tu le regretteras à tel point que tu auras envie d’aller rejoindre Daniel sous terre pauvre folle! Aujourd’hui enfin je ne suis plus martyre, je suis libérée de vos immondes chaines. Il ne me reste plus qu’à réapprendre le goût de la vie, le goût de l’amour. Plus qu’à laver de ma mémoire cette infamie que vous avez construit à deux contre un. Non, je ne vais plus m’effondrer, plus me lamenter. Aujourd’hui je te laisse agoniser, et m’en vais. Adieu, rejoins l’enfer où Daniel et toi vous amusiez, je m’en vais plus grande et gagnante. C’est fini. [/color=black]
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Ven 9 Sep - 20:49
Arg x.X c'est la fin et tuu viens de me tuer par la meme occasion!
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Ven 9 Sep - 20:58
Naaaan ne meurs pas Jiiad!! affraid
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Ven 9 Sep - 20:58
Oh c'est triste c'est la fin :'(.
Magnifique, vraiment vraiment très belle fiction ! On reste presque sur sa fin à la fin ^^. C'est vraiment une fic d'un nouveau genre :Merci:
Tu as d'autres fictions en réserve ?
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Ven 9 Sep - 21:02
Merci beaucoup! Very Happy Ah ça...Diane est une brave femme! Au début je ne croyais pas du tout qu'elle puisse être capable de se relever de la mort de Daniel... Mais c'est décidément mon perso préféré, je devais lui faire ça! Wink

Non c'était la seule que j'a réussie à finir. J'en ai eu d'autres, mais j'étais plus jeune, et ...ça retranscrivait mon histoire au lycée, l'apparation de cette fille comme un ange... Et c'est... Un tantinet trop niais, et trop..."scolaire". Mes sentiments ont changés, ils sont plus surs et plus fort, et j'ai effacé ces fictions! >.<

Mais, merci encore! Embarassed
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Ven 9 Sep - 21:05
Je reste sans voix, c'est, fort, sublime, soufflant ! Merci de nous avoir fait partager cette merveille !
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Ven 9 Sep - 21:07
Euh.... I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you I love you


Merci à toutes... Je suis toute émue là, derrière mon ordi >.<
Mandarine
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Ven 9 Sep - 21:42
:calin:

C'est nous qui te remercions ! J'ai passé un super moment à lire ça !
Rock
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Mar 13 Sep - 4:58
candy, pourquoi tu mets ton histoire en spoiler?
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Mar 13 Sep - 10:31
Merciii <3

Parce que ça prend beaucoup de place Rock autrement. Mais si ça t'ennuie je peux les enlever.
Somy~
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Jeu 15 Sep - 22:12
Candy, c'était tout simplement magnifique ...
Mon personnage préféré reste tout de même Esther *_*
Merci pour ce super moment, merci beaucoup Smile
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Jeu 15 Sep - 22:51
Ce fut un plaisir de voir tous vos petits commentaires, je suis heureuse que cette histoire ait plu. =)
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Ven 16 Sep - 13:14
J'ai adorée ton histoire mais cette fin, elle m'a fait vriller ^^
En tout cas très belle façon d'écrire et si l'envie te prenait de nous en poster une autre fait toi plaisir (et fait nous plaisir)
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Ven 16 Sep - 15:15
Merci les filles! Embarassed


:calin:
Jiiad
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Ven 2 Mar - 10:33
Superbe histoire , je viens de tout relire Plus le petit bout de rêve .... Et c'est magnifique ! Wink
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Ven 2 Mar - 10:50
Jiiad a écrit:Superbe histoire , je viens de tout relire Plus le petit bout de rêve .... Et c'est magnifique ! Wink

T'es trop mimiee! Eh oui tu as eu en exclusivité!

Bon... Voila maintenant je le partage avec vous toutes. Hier soir j'ai écrit une sorte d'annexe à ma fiction. Ca m'a pris sur un coup de tête, et cette scène ne fera absolument pas partie de l'histoire d'origine.
Il faut savoir que dans cet extrait, Diane ne sait pas qu'Esther est amoureuse d'elle, et Daniel n'est pas mort.
J'espère que ce n'est pas trop... "sensuel" pour que je puisse le poster ici, auquel cas je m'en excuse.


"Diane un peu gênée frappa brièvement à la porte. Esther, à moitié surprise d’avoir de la visite, s’attendait à recevoir Daniel. Elle se dirigea machinalement vers la porte encore en soutient gorge. Elle ouvrit à la volée avec un air blasé et se figea net en voyant Diane stupéfaite derrière. Cette dernière rougit instantanément, et fixa le sol, mal à l’aise. Elle attendit quelques secondes embarrassantes supplémentaires avant de bégayer.
- Bonsoir… Je suis désolée, j’arrive trop tôt ?
- Je… Je ne vous attendais pas. Veuillez m’excuser pour euh…- Elle attrapa au vol un tee-shirt au hasard.
- Je vous en prie mais… Ne devions-nous pas diner ensemble ce soir ?
- Je vous demande pardon ? … Vous et moi ? Avec Daniel ?
- Oh… Non, c’est Daniel justement qui m’a certifié que vous vouliez me rencontrer, et apprendre à me connaitre. Je suis venue vous rejoindre, enchantée à l’idée de faire une nouvelle rencontre. Il parle souvent de vous et… Je n’ai même pas cherché à vous joindre pour avoir une confirmation de votre part. Il n’est pas là ce soir parce qu’il a jugé bon de nous laisser « entre femmes » et… De toute façon il travaille comme un fou ! Oh je me sens si… Embarrassée, je suis impolie, veuillez m’excuser. Je m’en vais. Je vous téléphonerai si… Si vous voulez me revoir. Oh et puis… On peut se tutoyer !
- A…Attendez ! Non je… - Esther, complètement désorientée essayait de se concentrer. Elle n’arrivait pas à croire que cette enflure de Daniel pouvait lui faire un coup pareil ! Elle frissonna de dégout en l’imaginant hilare dans son salon. Mais Diane était sur le seuil de sa porte… Diane, ce petit être si désirable mais si détestable pourtant ! Elle ne s’était jamais retrouvée seule avec elle, elle lui avait à peine parlé d’ailleurs. Et pourtant elle la connaissait par cœur ! Elle avait l’impression de l’avoir déjà caressée, de l’avoir déjà respirée, et adorée. Elle se rendit brusquement compte que le silence pesait maintenant, et elle se redressa soudainement comme si elle avait était attaquée, et demanda à la jeune femme de rester sans trop faillir. Quand elle l’invita à entrer timidement, elle se détesta profondément. Elle détesta Daniel. Son appartement sentait le renfermé, de la fumée de pétard formait des volutes dans l’air. Elle s’empressa d’ouvrir les fenêtres, et de ranger au plus vite tous ce qui trainait. Elle fit s’assoir la jeune femme et prit son manteau qu’elle déposa minutieusement sur un cintre. Elle mourait d’envie d’y plonger son visage entier dedans. Elle sentait bon… Un parfum de petite nymphette qui lui faisait tourner la tête. Elle la fit patienter encore un moment, entra en vitesse dans sa salle de bain, et le plus vite possible elle tenta de se refaire une beauté. Pour la première fois en plusieurs années, elle prit soin d’elle. Elle savait bien que c’était peine perdue, mais elle voulait être la plus présentable, la plus désirable possible. Après avoir relevé ses longs cheveux noirs une, deux, trois fois, elle décida de les laisser détachés. Elle enfila un petit short qui la rendait très sexy, et un tee-shirt moins provoquant pour ne pas en faire trop. Quand elle rejoint Diane, elle réussit à lui adresser un petit sourire maladroit. Le premier sourire depuis ses 12 ans… Elle revint s’assoir près d’elle, et engagea enfin la conversation.
- Hum… Et bien… Je suis ravie de vous…De te recevoir seulement… Je dois te mettre en garde : je suis médiocre en cuisine !
Diane prit un petit air amusé, qui perça le cœur d’Esther, et proclama fièrement :
- Quelle chance parce qu’il se trouve que je suis un vrai p’tit cordon bleu !
- Oh… Et bien c’est parfait ! Tu pourrais m’apprendre… - Reprit Esther d’un air attendri.
- Avec plaisir !

Elles se mirent donc à préparer un repas avec les quelques ingrédients qui trainaient dans la cuisine dépouillée d’Esther. Elle la regardait faire avec admiration comme si elle était en train de peindre une œuvre d’art. Elle sentait son cœur se libérer enfin, elle se sentait libre et fière, privilégiée. Elle aurait voulu que le temps se fige, qu’elle reste pour toujours dans son grand appartement. Elle était encore sous le choc, et morte de peur, mais essayait de se maîtriser. Elles dinèrent en tête à tête comme dans les films, et Esther s’y croyait déjà. C’est la première fois qu’elle partageait un moment aussi agréable avec elle. C’était si bon de l’entendre parler d’elle, bien que chaque fois que sa bouche sculptait le prénom de Daniel, une lame entaillait la poitrine d’Esther. Pas vraiment son nom, mais l’air niais qui capturait le visage de Diane. A la fin du repas, elle l’invita à s’assoir, et se plaça à ses côtés. Elle sentit alors sa tension artérielle grimper en flèche en réalisant qu’elle était assise à côté d’elle sur son propre lit. Ca semblait tellement irréel. Esther d’ordinaire si seule, si triste et désespérée, ce soir plongeait dans une tumultueuse et délicieuse adolescence. Elle humecta promptement ses lèvres, fixa un point au hasard au loin en face d’elle, et posa sa main à côté de celle de la jeune italienne. Alors elle sentit ses doigts fourmiller, sa gorge se nouer, son bassin crépiter. Un silence assourdissant se fit entendre, et sans même tourner la tête, elle sentit le regard candide de Diane brûler sa joue. Soudain, alors qu’Esther entrouvrait la bouche pour briser le silence, Diane prit la parole.

- Tu vis seule… ?
Esther, interloquée par sa question soudain indiscrète sentit son cœur défoncer sa poitrine, et déglutit.
- Oui…
- Tu n’as personne dans ta vie alors ?
- Mais… Pourquoi tu me demandes ça ? S’indigna Esther. Elle se mit à rougir, et fut prise d’une colère nerveuse.
- Oh pour rien… Je suis désolée. Je trouvais ça…triste et … Un peu invraisemblable que tu vives seule. Pardon.
- … Pourquoi ? Pourquoi invraisemblable… ?-Bredouilla Esther confuse.
- Et bien… - Diane parut gênée.- Et bien parce que tu as un grand appartement, et aussi peut-être parce que… Tu es très… Enfin je te trouve vraiment attirante. Je veux dire euh… Tu m’as comprise hein ? – Diane s’empourpra de plus belle et reprit- Je me demande comment un homme peut refuser de vivre avec toi. C’est… C’est un compliment.
- Je… - Esther sentie son cœur imploser presque littéralement. « Attirante. » même « Très attirante ». Elle n’en revenait pas. Peut-être que ça ne voulait rien dire pour elle, que ce n’était que des mots un peu maladroits, mais elle s’en fichait. Ses mains étaient moites, un désir ardent léchait son bas ventre. Elle ferma les yeux un moment, crispa sa mâchoire, essayait de maitriser sa respiration plus alerte. Elle se voyait déjà poser ses lèvres sur les siennes, lui dire « je t’aime », mais non. Il fallait vite tuer ces pensées saugrenues, Esther ne dit jamais « je t’aime ». Elle essaya de lui faire comprendre tout de même. Elle se jeta à l’eau. Elle ne lui dirait pas directement, jamais… Elle le savait. C’était du suicide, une folie, une honte. Mais cette nuit était un genre de rêve qui n’arrive jamais dans « la vraie vie ». Cette nuit c’était possible, cette nuit…Cette nuit ou jamais.

- Je… Ne veux pas d’hommes- Avoua Esther sans la regarder.
- Ah ! Je comprends ! – Répondit Diane avec un petit sourire.
- Ah oui… ?
- Ben oui ! Vous préférez vivre seule, c’est compréhensible !
- Je ne…
Esther bravi le regard turquoise de Diane, et reprit en sentant ses mains devenirs de plus en plus moites, et son cœur au bord de la crise d’asthme.
- Vous ne comprenez pas…
- … Est-ce que je peux vous poser une dernière question indiscrète ? – Répondit Diane sans la regarder.
Esther voulait répondre « non ! », mais devait dire « oui ». Elle redoutait tant sa question et en même temps l’espérait.
- Allez-y…
- Vous préférez les femmes… ?
C’est là. Pile à ce moment là que le temps s’arrêta. Elle ne répondit rien pour le moment. Elle réfléchissait à ce qu’elle pouvait dire, bien que la réponse lui semblait évidente. Non elle ne préférait pas les femmes. Ce n’est pas pour autant qu’elle aimait les hommes d’ailleurs ! Elle n’aimait rien, ni personne. Juste elle, juste Diane, qui aujourd’hui lui posait la question qui l’embarrassait le plus au monde. Mais que pouvait-elle répondre bon sang ? Qu’il n’y a qu’une seule personne au monde qui déculpe autant ses sens, qui anime chaque cellule de son corps abîmé, qui la fait mourir de peur mais qui l’apaise miraculeusement en même temps, et que cette personne c’était elle ! Ridicule… Elle qui savait à peine dire « bonjour ». Elle voulu lui répondre mais seulement quelques syllabes incompréhensibles sortirent de sa bouche, et Diane sembla enfin y voir claire.

- Esther… Regarde-moi…
Diane, entre l’émotion et la gêne effleura sa main. Alors Esther la serra dans la sienne comme un trésor. Sa respiration se bloqua, et toujours sans oser la regarder elle balbutia.
- Toi… Toi tu…T’es là et tu… Tu es… Je crois que…
Esther mourut de honte en sentant des larmes lui piquer la rétine, c’était manifester son cruel manque d’assurance. Non elle ne devait pas pleurer, pas se montrer faible ! Mais elle était totalement impuissante face à cette jeune femme, alors qu’elle se montrait si tyrannique avec tous les autres ! Diane qui avait bien comprit la situation, ne s’arrêtait plus de rougir. Elle se sentait elle aussi toute chétive, elle avait peur. Peur de la blesser, peur de réagir de la mauvaise façon. Mais elle était très agréablement surprise. Emue même. Elle savait bien qu’elle ne pourrait jamais combler ses désirs puisqu’elle aimait éperdument Daniel, et que de manière générale, elle ne s’était jamais sentie attirée par les femmes. Mais c’était plus fort que sa volonté, l’embarras et la passion d’Esther la troublait agréablement et elle en avait presque honte. Son cœur s’accéléra dangereusement, elle aurait voulu la rassurer, la consoler, mais elle ne trouvait pas les mots justes.
- Viens là… Murmura-t-elle à Esther qui enfouissait son visage dans ses grandes mains bronzées. Et sans même attendre de réaction, elle se jeta au cou de la femme en larmes. Esther étouffa un gémissement de surprise et de plaisir mélangé. Sa peau bouillonnait, son sang affluait dans ses tempes, dans ses mains, elle fermait les yeux et se délecta de ce précieux et incroyable instant. Puis les ouvrait aussitôt pour se rendre compte… Son visage jonché de larmes dans quelques une de ses boucles blondes, sa bouche entrouverte qui effleure son lobe, sa joue contre la sienne, autrement dit du bonheur à l’état brut. De son côté Diane n’en revenait pas de ce qu’elle faisait. Elle qui n’avait donné son étreinte qu’à son homme, elle qui ne partageait sa tendresse et ses caresses qu’avec lui, voila qu’elle insinuait ses doigts dans ses cheveux d’ébène. Elle déglutit rouge d’embarras, et ne s’occupait plus de son cœur qui hurlait à l’adultère ! Elle déplaçait délicatement quelques une des longues mèches de ses cheveux lisses, dévoilant une nuque hâlée et envoutante. Son souffle saccadé buttait contre sa peau, et Diane crut mourir en se confessant vouloir baiser sa nuque. Elle essayait de se rassurer, se mentait en se disant qu’après tout ça n’engage en rien, ça ne voulait rien dire, c’était simplement pour la rassurer… Non, elle en mourait d’envie. Mais pourquoi elle, pourquoi maintenant, pourquoi Esther ? Alors qu’elle était tellement convaincue de son amour démesuré pour Daniel. Elle se posait mille questions à la seconde, et avant même de s’en rendre compte, ses lèvres se posèrent sur la peau bronzée d’Esther aussi délicatement qu’un battement d’aile de papillon. Esther réagit instantanément à ce minuscule baiser comme une brûlure. Elle crispa ses mains sur le dos de la jeune femme, et respirait comme si elle avait mal, comme si elle avait des difficultés. Elle déglutit, et s’approcha un peu plus près de son lobe, elle humecta alors promptement ses lèvres et entrouvrit la bouche. Elle crevait d’envie de lui susurrer des mots qui la charmerait, mais elle fit du mieux qu’elle pouvait.

- Diane… Je crois bien que… Non en fait j’en suis sure… J’pense que je… Tu sais… C’est pas facile à dire en fait…
- …Dit le moi Esther… Murmura la jeune femme sans bouger d’un cil.
- Le problème c’est que j’ai… Je suis désolée, je ne sais pas comment c’est arrivée…
- Dit-le…Murmura-t-elle du bout des lèvres en enfouissant son visage écarlate dans sa nuque.
- Je suis… Folle de toi… Je t’aime… Je… Je ne sais pas quoi te dire d’autre… Excuse-moi Diane… J’ai pas fait exprès, c’est… J’ai vraiment honte de moi…Je sais bien que rien n’est possible et je… Oh non ne pense pas que je… Si bien sur j’y ais pensé mais… Je te promets que je sais que ce n’est pas possible. Je sais que tu aimes…
- Chut… Arrête-toi là. C’est très beau… Ne gâche pas tout, ne parle pas de lui…
- Diane…
- Je ne comprends pas… J’ai… je voudrais tellement…
Elle se délogea de sa nuque et affronta le visage d’Esther. Son regard se perdait furtivement sur sa bouche. Elle reprit en fixant ses lèvres.
- J’ai jamais fait ça… Je suis horrible… Je sais que je ne devrais pas mais… J’me sens un peu comme la toute première fois que j’ai eu à embrasser quelqu’un… C’est toujours étrange…La première fois…
Esther ne pouvait plus parler. Elle venait d’être touchée en plein cœur. Elle réalisait brusquement ce qu’elle s’apprêtait à faire, ce que Diane venait de lui balancer dans le visage. Elle posa ses grandes mains sur ses joues, son pouce sur sa lèvre inférieure. Elle ferma les yeux pour arrêter de ciller, et fit briller ses lèvres comme pour l’inciter. C’est centimètre par centimètre que Diane s’avança vers la bouche avide en face d’elle. Elle stoppa net à quelques malheureux millimètres du but, elle l’effleurait timidement, croisa ses bras derrière sa nuque, et combla enfin l’espace infime entre leurs bouches. Ce fut tellurique, sismique, orgasmique! … Et presque drôle. Si improbable, imprévisible, indomptable. Un cocktail de douceur, de tendresse, et de passion, de révolte en même temps ! Elles se donnèrent des petits baisers timides, puis ils se fondèrent tous en un seul langoureux. Quand Diane, recula doucement, encore muette et assommée par ce qu’elle venait de faire, Esther murmura, les yeux encore clos.
- Tu sais… C’était la première fois pour moi aussi… Je n’ais jamais embrassé de femmes, je n’ai eu envie d’embrasser que toi… C’est divin… Je… Je n’ai jamais pu imaginer aussi loin, c’est vertigineux ! Je ne sais pas si pour toi c’est…
- Tais-toi bon sang…

Et elle l’embrassa encore sans rien dire d’autre. Encore, encore et toujours. Ca devenait vraiment incohérent, ça ne voulait plus rien dire c’était juste incontrôlable. Il n’y avait plus d’excuses cette fois. La chaleur commençait à se transmettre, Esther peinait à réaliser ce qui était en train de se passer, mais elle n’avait pas envie de réfléchir, pas le temps non plus. Elle avait envie d’elle, simplement. Envie de faire l’amour pour la première fois de sa vie. Cette nuit elle avait seize ans, elle découvrait l’adrénaline, le désir, les pulsions, l’amour et tous ses dérivés en fin de compte. Elle brûlait d’envie de la toucher doucement, mais elle avait encore peur de s’aventurer sur sa peau. Ses mains tremblaient et papillonnaient aux sur son dos, sur sa joue, sa nuque… Diane soudain eu un frisson délectable, et s’agrippa fougueusement à son tee-shirt.

- Touche-moi…- Murmura la jeune femme.
Esther, ivre de désir et de bonheur laissa couler un gémissement contre sa peau trop blanche. Elle pose alors ses mains sur sa taille menue, sans oser bouger d’avantage. Elle comptait ses côtes, dessinait le galbe de ses seins, sans oser monter d’avantage. Diane mordit sa lèvre, ne décollait pas de l’épaule d’Esther. Bien sur qu’elle en mourait d’envie, mais c’était encore trop irréel, trop interdit, trop mal… La douce italienne ne fit pas la prude bien longtemps, elle céda totalement, et posa la main d’Esther sur son sein. Elle gémit de surprise et l’embrassa à pleine bouche. Esther avait envie de pleurer… Mais pas de désespoir cette fois-ci. Elle ne savait pas comment contenir autant d’émotion, autant de désir qui faisait pression sur tout son corps. Elle qui l’avait toujours effleurée de peur qu’elle ne se brise, cette fois elle la serrait de toutes ses forces, de tout son amour. Soudain, elle défit le lit d’une traite.
- …Allonge-toi… -Murmura-t-elle à son lobe.
Diane s’exécuta sans mot dire, et Esther suivit son mouvement en surplombant son corps fragile. C’était fou… Une folie furieuse et délicieuse. Elles sentaient bien que ce serait bientôt insoutenable, qu’elles ne pourraient plus revenir en arrière. Diane ôta alors le tee-shirt de la femme au dessus d’elle comme si c’était naturel, comme si elle avait toujours fait ça. Elle eut un petit sourire amusé en admirant Esther en soutien gorge, en la revoyant debout devant sa porte d’entrée tout à l’heure, si embarrassée. Elle déglutit en promenant sa main sur l’agrafe du soutif. Elle eut un mal fou à le retirer, dévorée par la gêne et la peur tout de même. Esther eut un petit rire délicieux, léger, et l’aida. Diane n’osait pas regarder ses seins parfaitement bien formés, parfaitement bronzés. Elle fermait les yeux à s’en déchirer les paupières, et déposa une main hésitante sur sa poitrine frémissante. Elle trouvait ça beau, doux et agréable. Esther était complètement perdue quelque part entre l’attendrissement et le plaisir. Diane jugea bon d’ôter ses propres vêtements. Plus rien ne la retenait, la gêne commençait à s’affaisser laissant place au désir brûlant. Elle osa ouvrir les yeux et contempler cette beauté froide qui l’adorait en silence. Elles furent entièrement nues en quelques instants, et alors qu’elles se caressaient de plus en plus passionnément, Esther stoppa net et regarda Diane l’air grave.

- Qu’est-ce qu’il se passe… ?
- Rien. Je suis juste hum…Bon sang ce que tu es belle… J’en crois pas mes yeux…- Esther sentit un délectable frisson arpenter ses reins.
- Oh… Merci beaucoup- répondit Diane en baissant les yeux, et en rougissant quelque peu. – Tu es la plus… Tu es la femme la plus envoutante que je n’ai jamais vue…
Esther se mordit la lèvre inférieure et replongea dans sa nuque.
- Je t’aime Diane…
La jeune femme échappa un petit gémissement surprit.
- Daniel ne me le dis jamais…
- Daniel est stupide...
- Tu m’aimes… C’est dingue… Tu m’aimes comment ? Combien tu m’aimes… ?
- Je… Je n’en sais rien… Très fort. Trop même. Je n’arrive plus à réfléchir, à agir. Tu me rends folle, je n’en dors pas. J’y pense sans cesse… Diane tu es… Le plus bel espoir qui existe dans ce monde. Tu es… Un remède et un poison en même temps !
- J’ai peur Esther…
- N’aies pas peur… Aime moi un peu ce soir…Tu fais ça si bien…
- Je te veux… C’est indéniable, incontrôlable, illogique !
- Embrasse-moi…

C’était reparti. Elles recommençaient de plus belle. Diane se laissait porter par les sentiments solides d’Esther, elle se sentait en sécurité, en confiance. Le désir dévorait la moindre parcelle de leur corps, et contre toute attente c’est Diane, la petite nymphe timide et renfermée qui susurra à bout de souffle :

- J’ai très envie de toi…
- Diane… J’en meurs d’envie depuis que tu as effleuré timidement ma main tout à l’heure… Je n’aurais jamais pensé qu’on en arriverait là…
- Viens…
- Je suis là Diane…
- Viens plus près… Plus proche, j’ai besoin de te sentir contre moi… En moi…
- Je… Bon sang… Je

Elle ne voulait plus parler, sa tête lui tournait, ses doigts fourmillaient, sa bouche s’asséchait. Elle laissa glisser sa main droite contre son ventre, entre ses cuisses. A peine elle la caressait que Diane poussait déjà des petits gémissements aigus, tous cloîtrés dans sa bouche. Esther laissa fuser un petit cri bref en caressant son sexe, en constatant à quel point Diane la désirait. Elle déglutit et respira à pleine bouche, comme si elle venait de courir un sprint. Elles se guidèrent doucement, et se pénétrèrent en même temps, dans une parfaite osmose. Elles s’arrachèrent de cris de plaisir étouffés dans un oreiller innocent. Le plaisir était de plus en plus intense, de plus en plus vif, presque insoutenable. Diane reprit la parole en rangeant sa pudeur.
- Je suis trempée…
- Mmh… Chut… - Esther plaqua sa main gauche sur la bouche de Diane, elle ne supportait pas d’entendre ça, c’était trop fervent, trop bon… Elle faisait danser sa langue en symbiose avec la sienne, et amplifia son mouvement de main. Diane poussa un cri aigu, eut une sorte de spasme vint la bousculer, une secousse savoureuse. Elle se sentait toute fragile, tremblante. Elle enroula sa jambe menue au bassin brûlant d’Esther, se pinça les lèvres, plaqua aussitôt sa main dessus. Esther transit d’amour et de fascination, attrapa cette main blanche qui retenait les cris de Diane et enlaça ses doigts dans les siens.

- Oh Esther je ne peux plus, je… Oh mon Dieu… Tu me rends folle ! Mon Dieu qu’est-ce qu’il se passe ?! Bon sang… ! – Ce qu’elle prononçait était presque incompréhensible. Sa voix était trouée de plaisir. Esther sentait les doigts fins de la femme qu’elle aimait en elle, et une délicieuse incandescence emplissait son corps intérieurement. Elle mordilla la lèvre inférieure de la nymphe ensuquée et gémit de plus belle contre elle. Soudain, portée par un agréable soubresaut, Diane souleva d’un seul coup ses doigts agiles, elle explora ce corps de femme. Elle n’omettait aucun recoin, elle aimait la chaleur qui s’en dégageait, ce va-et-vient surprenant…
Esther étouffa quelque chose qui ressemblait plus à un grognement, elle contractait la mâchoire, mordait violemment sa lèvre. Elle sentait qu’une force indomptable allait s’emparer d’elle. Elle sentait pointer un plaisir culminent, il était presque là, en elle, au bout des doigts de Diane, mais semblait se faire languir encore un moment pourtant. Elle voulait le devancer, elle ne pouvait plus l’attendre. Elle agrippa alors brusquement la main de Diane et la guida précisément et minutieusement… Et ça y est ! Elle ne pu couvrir ce cri fabuleux qui venait de lui strier le corps. Elle ne pouvait plus s’arrêter, elle jouissait pour la première fois, elle n’en revenait pas. Diane calqua l’expression de son visage sur le sien, remua de plus belle son bassin et l’orgasme qui brûlait Esther vint se jeter aussi sur elle. C’était une sorte de virus exquis qui les contaminaient en même temps, et qui venait de chambarder totalement leurs vies…"
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Mer 7 Mar - 12:40
J'aime beaucoup ! Je viens de tout lire d'une traite, je n'ai pas pu m'arrêter Smile

Bravo, magnifique plume ! J'en serai presque jalouse Smile
candy m
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Mer 7 Mar - 16:25
poppins a écrit:J'aime beaucoup ! Je viens de tout lire d'une traite, je n'ai pas pu m'arrêter Smile

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Mar 20 Mar - 13:48
Candy, c'est vraiment sublime! j'ai aimé du début à la fin, je me suis même dis " oh nooooooon, pas déjà la fin."

Magnifique!

C'est moi qui te remercie.
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