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Si je pouvais - Page 2 Empty Re: Si je pouvais

Ven 15 Juin - 0:36
L'invitation

Il est vrai que dans l'histoire nous ne sommes pas allées au restaurant. Tu ne pouvais pas être partout. Mais ce n'est pas grave ce n'est que partie remise. Est ce que je peux me libérer Samedi soir ? Ah mais oui, on pourrait se faire une soirée entres amis, avec les 3 mousquetaires, je suis sure que l'on passerait une bonne soirée. Pourquoi une autre fois ? Tu veux faire QUOI ??? ? M'inviter au restaurant pour fêter ton anniversaire, jusque là j'ai compris. C'est le lieu qui me pose problème. Rassure moi tu as juste regardé le décor ? Qu'il te plaise je n'en doute pas, mais à mon avis le montant de l'addition va nettement moins te plaire… Ce n'est pas vraiment le genre d'endroit où tu vas manger en jean.

Toi « - Et bien tu mettras un pantalon, je ne vois pas où est le problème.

- Le problème c'est que le premier menu est à 650 francs, sans les boissons. Alors même en prenant de l'eau…

- Tu plaisantes ? Tu crois que je vais boire de l'eau avec du foie gras ? Non ! Non ! On mange au champagne.

- Quoi ??? T'es vraiment cinglée. Tu ne vas pas dépenser une somme pareille juste pour un restaurant, c'est hors de question.

- Stop ! C'est mon argent et j'en fais ce que je veux. Ça me fait plaisir alors dit oui. Et puis mon compte bancaire je ne vais pas l'emporter dans ma tombe alors autant que j'en profite. »

Il est certain que dit de cette manière, je ne pouvais que dire oui. Mais tu ne me dois rien, une pizzeria c'était très bien aussi. Moi ce qui m'importe c'est de passer du temps avec toi, peu importe l'endroit. Pourquoi tu tiens tant à m'emmener dans cet endroit ? C'est l'un de tes rêves que je ne connais pas ? De toute manière si je te dis non tu vas te fâcher. Et puis foie gras, langouste et champagne… je ne vais pas refuser. Mais quand même...je persiste et je signe : t'es vraiment cinglée. Il ne reste plus qu'à demander à mon père de me déposer dans le coin samedi soir. D'ailleurs un jour il faudrait quand même que je m'inscrive à l'auto école. Si j'avais le permis de conduire ce serais plus simple. J'y songe depuis un moment déjà, mais entre le lycée et les mercredis avec toi, je ne sais pas trop ou caser les cours de codes et les heures de conduites.
Cela dit il n'y a aucune urgence je verrais plus tard.

Dans l'immédiat il faut que je trouve ce que je vais me mettre samedi soir. Et là…. Maman ? Au secours… Je baratine que l'on a décidé de se faire une soirée « classe » et que j'ai besoin de son aide.
Après deux heures d'essayages, je trouve enfin une tenue correcte. Mais autant te le dire tout de suite, je ne ferais pas une séance d'essayages tous les week-end. C'est bien parce que c'est toi.


Samedi soir :
Comme prévue mon père me dépose au parking à l'heure convenue et tu me récupère 5 minutes plus tard.
Ah ouiiii ! Quand même ! Quand tu dis que tu vas dans un restaurant quatre étoiles, tu ne fais pas les choses à moitié. Le génie d' Aladin la bouche grande ouverte, c'est moi. Pfiouuu, rien à voir avec ton jean/ basket et ta chemise de travers. Ça ne te dérange pas si j'ouvre la fenêtre ? Non ? Parfait. Parce que je trouve qu'il fait drôlement chaud tout d'un coup.

Le petit bonhomme devant nous en costume de pingouin il fait quoi devant le capot ? Il veut tes clés pour garer la voiture… Bien sur … comment je n'y ai pas pensé plus tôt ? Par contre je me sent vraiment petite d'un seul coup. 1M75 c'est bien cela ? Plus les talons… tu ne voudrais pas marcher pied nu ?

Notre table est prête. En même temps elle peut. A 650 francs le menu je ne vais certainement pas mettre le couvert. Plaisanterie mise à part, c'est juste magnifique. La salle se trouve dans un château. Les pierres, les boiseries, les draperies, les lustres, c'est doux, calme, chaleureux, serein… c'est sublime. Et à voir ton visage, je sais que c'est exactement ce que tu voulais. Tu voulais me faire plaisir ? Merci, c'est superbe, majestueux , tout simplement magique.

Il y a même un orchestre, et j'avoue que même en ayant une culture en musique classique frôlant le zéro, c'est plutôt sympa. Le seul morceau que l'on a reconnu c'est « Le prélude de Bach » ce qui nous a bien fait rire d'ailleurs. Le repas à l'air délicieux, rien à voir avec la cantine ou nos salades au Parc. Il y a juste un léger problème. En cours personne n'osait défier ton regard. Aujourd'hui je suis incapable de te refuser quoi que ce soit en te regardant dans les yeux. Même quand tu te mets en colère ton regard me transperce et je finie par me noyer dans tes yeux. Mais là….Là...ce soir.. je fais comment ? Donne moi le mode d'emploi. Parce que en plus de la robe sublime que tu portes… t'es maquillée. Alors non seulement j'ai pas l'habitude mais en prime le maquillage ajoute une profondeur dans ton regard, c'est juste surnaturel.

Toi :  « - Tu veux savoir pourquoi je tenais à t'emmener ici ?

- Heu...oui. Parce que j'avoue que j'ai un peu de mal à te suivre sur ce coup là.

- C'est très simple. Je suis incapable de t'expliquer avec des mots l'importance que représente tout ce que tu as fait pour moi jusqu'à présent. Alors voilà ! Je t'ai planté le décor, je te laisse trouver les adjectifs. Dans ce domaine t'es beaucoup plus douée que moi.

- Et ben voilà ! On y est. T'as enfin compris. Tu y' arrives. Comme quoi c'était pas si compliqué…

- Tu m'expliques ? Parce que j'ai rien compris.

- De quoi je parle ? De trouver un langage pour me parler. Regarde autour de toi…. C'est exactement ce que tu viens de faire.
Garçon, s'il vous plaît. Champagne !!! »

L'addition s'il vous plaît ! Aie ! Parler c'est quand même plus économique. Parce que... 1844 francs. Mais ce que j'en dit…

Je ne t'ai jamais vue aussi vivante que ce soir. Quel bonheur !!! Te voir sourire, heureuse et t'entendre rire aux éclats c'était le plus beau des remerciements.

Au retour, heureuses on s'est envolées dans un délire au son de :

« ...Même les soirs de drame
Il faut trouver la flamme qu'il faut
Pour toucher les femmes
Qui me tendent les mains
Qui me crient qu'elles m'aiment
Et dont je ne sais rien
C'est pour ça qu'aujourd'hui je suis fatigué
C'est pour ça qu'aujourd'hui je voudrais crier
Je ne suis pas un héros
Mes faux pas me collent la peau
Je ne suis pas un héros
Faut pas croire ce que disent les journaux
Je ne suis pas un héros un héros... »
Daniel Balavoine.

Et puis…
« ...En quelques phrases, en quelques lettres 
Il me semble si bien vous connaître
On écrit bien mieux qu'on ne dit 
On ose tout ce que la voix bannit ...

...Nous ne nous parlerons pas 
Nous oublierons nos voix 
Nous nous dirons en silence 
L'essentiel et l'importance 
Utilisons nos regards 
Pour comprendre et savoir 
Et le goût de notre peau 
Plus loquace que des mots 
Nos bras ne tricheront pas 
Nos mains ne mentiront pas 
Mais surtout, ne parlons pas  ... »

Jean jacques Goldman.
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Si je pouvais - Page 2 Empty Re: Si je pouvais

Ven 15 Juin - 0:41
Ce lundi pas comme les autres

Lundi 7h40 : Parking du lycée
Tout en repensant à notre soirée de samedi, je t'attends. C'était vraiment génial. Merci pour ce magnifique souvenir. Tu as loupé ton réveil ? Je demande ca parce qu'il est 7H54 et que tu n'es toujours pas là. Ils ferment les grilles dans 3 minutes et on a cours dans 6 minutes, qu'est ce que tu fous ?
Ca vient de sonner mais pourquoi tu n'es pas là ? Je n'aime pas ça. Je pars de chez moi à 7h et tu le sais si tu avais eu un problème tu m'aurais téléphoné. Toi ou ton frère d'ailleurs. Et à l'heure qu'il est ton frère est au boulot et je n'ai aucun moyen de le joindre.
8h10 toujours personne et je suis toujours sur le parking. C'est pas normal. Il s'est passé quelque chose mais quoi ? Accident de la route ? T'es partie de chez toi au moins ? Je n'ai aucun moyen de le savoir. Et je ne sais même pas ou tu habites. Je connais l'adresse parce que je l'ai apprise par cœur mais je ne sais pas ou ça se trouve.
8H30 toujours personne. Il faut que je fasse quelque chose. Il y a un problème. Je le sais, je le sent. Il faut absolument que j'essaye de téléphoner chez toi et au pire il faut que j'arrive à joindre ton frère. Mais comment ? Déjà il faut un téléphone et je ne peux pas rentrer dans le lycée pour accéder à la cabine. Si je rentre je ne pourrais pas ressortir. Il me semble qu'il y a une cabine au bout de la rue. J'espère juste qu'il y a un annuaire. Je cours jusqu'à la cabine. L'annuaire ? Ouf ! C'est déjà ça. Bon j'essaye le tient. Et ca sonne occupé. Je n 'aime pas ça. Tant pi je n'ai pas le choix le numéro du standard de l’hôpital ? C'est bon je l'ai.

Moi : « - Bonjour, pourrais je avoir le SMUR de l’hôpital s'il vous plaît ? »

Le standard : « Ah les urgences ? »

Moi « - Non ! Le SMUR. Je dois parler au Docteur T, tout de suite. C'est une urgence familiale. »

Le standard « - Patientez s'il vous plait….lalala...lalala...lalala »

(elle me saoule la musique, allez dépêche toi..)

Ton frère : «  Docteur T. J'écoute. »

Moi « - C'est moi. Ta sœur n'est pas au lycée et je n'ai aucune nouvelle. »

- Quoi ? Mais elle est ou ?

- C'est bien le problème ? Je n'en sais rien je ne sais même pas si elle partie de chez elle. J'ai essayé de téléphoner mais la ligne sonne occupée et c'est pas normal.

- Non effectivement. Attends. Ne quitte pas je te reprends dans 2 minutes.
….. (j'attends)…
Bon effectivement chez elle la ligne sonne occupée. Et il n'y a aucun accident entre chez elle et le lycée ce matin. Écoute moi. Tu t’inquiètes pas je vais faire le nécessaire et je viens te chercher. Je te récupère sur le parking du lycée dans 30 minutes. »

3O minutes plus tard je montais dans la voiture de ton frère. Immédiatement il m'explique que par l'intermédiaire du SAMU il à envoyé une équipe médicale, les sapeurs pompiers et la gendarmerie à ton domicile. Heu...autant de monde ? Pourquoi ? Je n'étais déjà pas rassurée, mais maintenant j'ai carrément la trouille. Pourquoi tout ce monde ? L'équipe médicale si tu as fait un malaise jusque là je suis. Et ? Les sapeurs pompiers pour ouvrir la porte si besoin et les gendarmes parce que pour faire ouvrir une porte il faut un agent assermenté. Ben c'est extrêmement simple comme procédure, et discret en plus. Et nous on fait quoi ?

Ton frère : « On prend la direction de son domicile. Dès que l'on a des nouvelles ils m'appellent sur le téléphone portable professionnel. »

Un quart d'heure plus tard on nous dévie vers l’hôpital de secteur. Ils ont effectivement du procéder à une ouverture de porte. Le SMUR local t'as trouvé inconsciente dans ton salon. On ne sait rien de plus.
Une fois à l’hôpital, ton frère part prendre de tes nouvelles. Je l'attends patiemment et angoissée à la voiture. Les minutes s'écoulent mais le temps ne passe pas. Que se passe t' il ? Pourquoi il ne revient pas ? Ou es tu ? Comment vas tu ? Je suis plantée là devant un capot, je ne peux rien faire, je ne sais rien et je crois que je vais devenir dingue.

Ah ! Enfin !  Le voilà. J'aime pas la tête qu'il fait, pas du tout. Là j'ai peur.

Moi « - Alors ? Elle est ou ? Qu'est ce qui s'est passé ?

- Calme toi et écoute moi. Pour l'instant elle est aux urgences mais elle doit aller en réanimation

- Quoi ? Mais pourquoi ? Elle va bien ?

- Écoute moi. Elle est toujours inconsciente et pour le moment on ne sait pas pourquoi. Le médecin a du lui placer un tube dans la gorge et pour le moment c'est une machine qui l'aide à respirer. Dès que son état sera stable je pourrais la faire transporter chez moi. Mais il va falloir attendre quelques heures. Je voulais la transférer en hélico mais ce n 'est pas possible. Je dois le faire par la route. Alors pour le moment on attend. Dès que l'on pourra la transporter je le ferais. Pour l'instant on ne sert à rien alors on retourne à l’hôpital je dois préparer le transfert. Fais moi confiance. Une fois dans notre service je te promets que tu pourras la voir. »

On a repris la route en silence. Et bizarrement je n'ai pas pleuré. J'ai bien entendu que tu étais inconsciente et que c'était un tube et une machine qui te faisais respirer. J'ai compris. Mais ce que je comprends surtout c'est que t'es vivante. Si ton frère n'avait pas fait défoncer ta porte …. tu serais peut être morte. Alors oui j'ai peur, oui je tourne en rond mais ça aurait pu être encore pire. Il faut attendre ? D'accord. T'en fais pas je ne bouges pas, je t'attends.

Il est 15H, ton frère vient vers moi et me dit :
«  C'est bon, je vais la chercher.  Ne t'inquiètes pas je te la ramène. On devrait être là dans 2H.

- Ok. Je vous attends. »

Et voilà comment je me suis retrouvée seule sur le parking ambulances de l’hôpital. Deux heures a attendre ici ? Il me semble avoir vu une machine a café dans le hall et je crois que je vais en avoir besoin.
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Si je pouvais - Page 2 Empty Re: Si je pouvais

Sam 16 Juin - 23:34
En sommeil

16h40
J' en suis au sixième café et mon cœur commence à s'emballer. Tu ne devrais plus tarder d'arriver et dans ma poitrine ça commence à frapper. Ce qui n'est peut être pas uniquement à cause du café. Je vois la barrière se levée et ton ambulance vient de passer. Je suis là juste à coté… plantée et je commence à paniquer. L'ambulance vient de se garer et c'est ton frère qui en descend le premier. Rien qu'en voyant son visage je comprends qu'il a du mal à gérer. Les portes arrières se sont ouvertes mais je ne vois pas ta tête. Mes yeux sont attirés par les machines posées sur une tablette, qui te recouvre les pieds. Pour descendre le brancard ils s'y sont mis à deux, et je ne vois toujours pas tes yeux. Je n'ose pas m' approcher, je ne veux pas déranger. Alors c'est ton frère qui vient me chercher.

Ton frère : «  Vient. Tu peux t'approcher. Tu peux lui parler »

M'approcher ? J'arrive... Si mes pieds veulent bien avancer. Cables, seringues, produits, tuyaux et machines… voilà ce que j'ai devant les yeux. Que t'ont ils fait ? Que s'est il passé ? Pourquoi tu n'es pas encore réveillée ? Ton frère à poser une main sur mon épaule, comme pour me rassurer. Je vais être honnête cela n'a pas marché. Je t'ai pris la main et j'ai commencé à marcher. Je n'avais pas le choix si je ne voulais pas te lâcher. Après l’ascenseur et des kilomètres de couloirs on s'est arrêtés.

Ton frère m'a dit : «- Laisse moi l'installer et je reviens te chercher ».

Et de nouveau... j'étais seule, plantée… J'essaye de réfléchir, de trouver quelque chose à te dire...mais à cet instant mon cerveau est vide.
20 minutes plus tard ton frère revient. Pour que je puisse te voir, on doit passer par un couloir sur le coté et a priori je vais devoir me déguiser.
Mais avant de rentrer ton frère voulait me parler et voilà ce qu'il m'a dit :

« - Je sais que c'est impressionnant mais pour l'instant tu ne dois pas t’inquiéter. Les câbles c'est pour contrôler son cœur, le tuyau dans sa gorge est relié à un respirateur pour la faire respirer. Et si ! Elle peut respirer toute seule, mais les médicaments que nous lui avons donné l'empêche de le faire, alors pour l'instant la machine respire à sa place. Les poches se sont des médicaments. Et pour l'instant on ne sait pas ce qu'il se passe. Donc pour protéger son cerveau et éviter qu'elle souffre on l'a plongée dans un coma artificiel. On ne sait pas si elle nous entend, personne ne le sait mais parle lui quand même. On doit lui faire passer différents examens demain matin, après quoi on comprendra peut être. Mais il va falloir être patients. Une dernière chose : pour éviter que ses yeux se dessèchent on a du lui scotcher pour qu'ils restent fermés. C'est normal. Si tu ne veux pas y aller, tu n'y est pas obligée. Elle ne t'en voudra pas.»

Toi, tu ne m'en voudra peut être pas mais moi oui. Ne pas y' aller c'est t'abandonner. Et puis je veux te voir, j'ai envie de te voir...j'ai besoin de te voir. Alors… le chapeau blanc sur la tête, les petits chaussons et la cape bleue… Super ! On ressemble à des Schtroumpfs. Maintenant je peux te voir ?

Je pousse la porte de ta chambre et je vois les écrans à la tête de ton lit. Des courbes et des chiffres dans tous les sens. Tu devrais voir… je suis sure que ça te plairait…
Entre les bips des écrans j'entends le bruit d'une ventouse. C'est le respirateur qui fait gonfler ta poitrine pour que tu respires. Et en parlant de chiffres qu'est ce que ça affiche ? Rythme cardiaque 56, Saturation 99 % et Tension artérielle 92/58. D'habitude ta tension c'est plus que ça, mais visiblement personne ne s'en inquiète. C'est peut être normal.

C'est étrange. Je t'ai regardée dormir pendant des heures mais là… oui tu dors mais c'est différent. Le scotch sur tes yeux me perturbe. Mais c'est pas le scotch en lui même qui me dérange, c'est le fait de ne pas voir ton regard. C'est comme regarder la couverture d'un livre sans pouvoir lire le titre.
Tellement radieuse samedi. Et aujourd'hui tu es ici, couchée sur ce lit...endormie. Tu es vraiment imprévisible. Ca me fait mal de te voir ici mais je ne vais pas pleurer. Pas ici, pas maintenant, pas devant toi. Ils vont trouver ce qu'ils s'est passé et ils vont te soigner. En attendant je serais là. Ce soir on doit partir, mais je te promets que je vais revenir. En attendant….

« ...Dors, dors, mais ne ferme pas les yeux. 
Même quand le doute est l' plus fort, 
Faut pas glisser, tenir encore. 
Dors, dors, mais ne ferme pas les yeux. 
En chacun d' nous y' a d' la lumière, 
A toi d' savoir c' qu'il faut en faire... »

Patrick Bruel 

Une fois de retour à la maison mes pensées se dispersent. Je suis en colère. En colère parce que je réalise que je pourrais te perdre. Devant mon bureau ? Une feuille blanche et un stylo…

Copie du texte original :

« Plus qu'une amie, tu es ma vie
Je veillerai sur la tienne, comme le gardien de tes nuits.
Pour qu'ensemble on apprenne à combattre ta vie, à relever les défis.
Et si tu crois en moi, je peux te montrer la voie.
Si tu as confiance en moi, alors écoute moi.
J'ai choisie d'embarquer sur ton énorme voilier
Qui ne dois pas couler, qui ne doit pas sombrer.
Et je n'ai aucun regrets, ni même aucun remords
Si pour déjouer le sort je dois battre la mort
Qu'à cela ne tienne, a deux on s'en sort
Et quoi qu'il advienne je te ramènerai au port. »
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Si je pouvais - Page 2 Empty Re: Si je pouvais

Dim 17 Juin - 23:30
Les visites

Mardi.

Je dois aller au lycée. J'ai déjà sécher la journée d'hier… mais j'avais une bonne excuse. Et puis j'ai un certificat médical, signé par ton frère donc ce n'est pas un problème. Mon problème c'est d'aller au lycée sans toi. Mais rester chez moi n'est pas une solution. Les visites en service de réanimation ne sont possibles que de 14h à 20h donc je ne ferais rien de plus en tournant en rond à la maison.
D'ailleurs il faut que je trouve une solution pour pouvoir venir te voir à l’hôpital. Il faut vraiment que je passe mon permis de conduire parce que là ça devient compliqué. Et même si je trouve quelqu'un pour m'emmener, je vais devoir expliquer à mes parents pourquoi je rentre aussi tard le soir. Mais je sais. Je vais leur dire que j'ai une amie qui est à l’hôpital et que je veux aller la voir le soir après les cours. Après tout ce n'est que la vérité.

A la descente du car je remarque les 3 mousquetaires. J'ai l'impression qu'ils m'attendent. Notre absence simultanée d'hier ne leur à visiblement pas échappée. Ils s’inquiètent pour toi et ne m'en veut pas mais, je ne peux pas les laisser comme ça. Je vais me contenter de leur expliquer que suite à un malaise le médecin à décider de t' hospitaliser pour faire des examens. Ils veulent savoir si tu as droit aux visites. Heu ...pour l'instant seuls ton frère et moi sommes autorisés à te voir mais peut être dans quelques jours. En revanche j'ai peut être une idée. L'un d’entre eux à le permis et si il voulait bien m'emmener à l’hôpital ce soir après les cours...  Il accepte. Génial ! Je te vois ce soir..

Il est 18h30, j'arrive à l’hôpital. Je me dépêche mais donne moi 5 minutes pour enfiler le costume de Schtroumpfs.
Quoi ? Il me veut quoi celui là ? Comment ça qui je suis ? Les visites sont réservés aux familles. Oui et ? Bon on perd du temps là...Tient voilà ma carte d'identité. Tu la prends et tu vas lire son dossier. Et tu mets pas 2H merci…
Ah !!! Merci. Je peux la voir maintenant ? Merci de m'avoir fait perdre 10 minutes…

A toi :

« Je suis là. Alors ? Comment tu vas aujourd'hui ? Je n'ai pas encore parlé à ton frère. Je le vois demain, c'est lui qui vient me chercher au lycée à 13h et je peux rester avec toi toute l'après midi. J'espère qu'il aura de bonnes nouvelles. Je demanderai bien au grand brun comment tu vas mais il ne voulait déjà pas me laisser rentrer alors je doute qu'il me réponde.  T'as les mains glacées, t'as froid ? Les chiffres sur les écrans ? Toujours la même chose…
Non ! Non ! Je touche à rien. Je regarde juste… Où là, ils ont pas l'air commodes ici. Bizarre comme ambiance. C'est pas très rassurant. J'espère qu'ils s'occupent mieux de toi que des visiteurs. Je suis désolée mais je ne vais pas pouvoir rester plus longtemps. Il est 20h et je pense que je ne vais pas tarder à me faire éjecter. Et puis les 3 mousquetaires m'attendent dans la voiture. Tu sais ils sont inquiets, vraiment. Et non je n'ai rien dit. Personne c'est personne je sais.
« Il est 20h ». Oui merci je sais lire l'heure. Je dois y' allez. Je t'embrasses très fort. A demain... »    
     

Mercredi
10h : fin des cours. Je dois descendre en ville. Je vais à l'auto école me renseigner pour m'inscrire. J'en ai parlé avec mes parents hier soir et ils sont d'accord. Il faut passer le code, effectuer au minimum 30h de conduite pour pouvoir s' inscrire à l'examen du permis de conduire et actuellement il y a 6 mois d'attente. Heu… pause !! Donc si comprends bien même si tout se passe bien je ne pourrais pas avoir le permis avant 8 mois minimum . Il va falloir que je trouve autre chose. Si tu ne vas pas bien et que tu ne peux pas conduire il faut que je puisse prendre le volant. Mais pas dans 8 mois. Si tu recommences un traitement c'est dans 3 mois.
Réfléchissons… Conduite accompagnée comment ça se passe ? 2 accompagnateurs possibles. Ils doivent avoir 5 ans de permis et plus de 25 ans. Ok. Quoi d'autres ? Il faut passer le code et effectuer 20h de conduite. Combien de temps pour le code et les 20h de conduite ? C'est possible en 3 mois. Parfait. Je prends. Il faut signer où ?

Ton frère ne devrait plus tarder maintenant . Ben justement le voilà.

Moi : «-  Alors ? Qu'est ce qu'elle a ? Qu'est ce qui se passe ?
   
-  Je vais t'expliquer. On sait ce qui se passe. C'est une encéphalite.

- Une quoi ? En français s'il te plaît.

- C'est une infection du cerveau causée par un virus. Le dernier traitement a considérablement diminué ses défenses immunitaires. C'est ce qui a ouvert la porte au virus. Elle ne t'as rien dit ? Parce qu'elle devait avoir un sacré mal de tête et depuis quelque jours déjà. Et de la fièvre aussi parce que là elle a 39,2° et elle est probablement montée bien plus haut. C'est certainement ce qui a provoquée la perte de connaissance.

- Oui samedi elle avait mal à la tête. Mais je me suis dit que c'était le champagne. Et maintenant on fait quoi ? Comment on la soigne ?

- Avec des médicaments pour faire tomber la fièvre et contre les douleurs. C'est pour cette raison que l'on va la laisser en coma artificiel jusqu’à ce qu'elle n'ai plus de température. Je ne veux pas qu'elle souffre.

- Et il faut combien de temps pour que ça descende ?

- Personne ne peut le savoir. La seule chose que l'on sait c'est que le plus vite sera le mieux. »

A toi :

«  Coucou. Je suis contente de te voir. Ton frère est là aussi. Il arrive, il voulait parler avec le médecin. Ne me demande pas...je n'en sais pas plus. J'ai déposé ton arrêt maladie. Panique pas je l'ai mis dans la boite aux lettres du lycée. Personne ne sait. Et comment tu vas aujourd'hui ? Effectivement ton front est brûlant et tu transpires mais tes mains sont toujours aussi glacées. Il n'y a pas de serviettes ici ? Du papier pour t'éponger le front ? Si je ne trouve que ça je vais faire avec. Attends ! Un peu d'eau fraîche ne te fera pas de mal. Regarde qui est là ? Oui c'est ton frère. Tu peux lui dire merci parce que c'est lui qui t'as ramené ici. Voilà c'est mieux, je garde le papier a coté de moi au cas ou. Un drap plus une couverture alors qu'il fait 28° dehors ce n'est pas un peu beaucoup ? Bouge pas on va dégager un peu.  Les trois mousquetaires voulaient que je t'apporte des Lys de leur part mais tu les auras plus tard parce que ici on a le droit de rien.  Rien que pour rentrer c'est compliqué. En plus du déguisement faut que je présente mes papiers. Pire qu'un contrôle de police. Mais du moment qu'on me laisse entrer c'est pas très grave. »

Ton frère : « on t'as demandé tes papiers ?

- Oui. Hier ils ne voulaient me laisser rentrer.

- Je vais régler ça. J'ai des dossiers à finir. Je te la confie, je repasserais toute à l'heure.

- T'es sur ? Tu ne veux pas rester un peu ?

- Non. Elle a tout ce qu'il lui faut. Je ne suis pas inquiet.

- Ok. A toute... ».

A toi :

« Ils t'ont expliqué ce qui se passait ? C'est un virus qui a provoqué ton malaise. Et c'est à cause du virus que tu as de la fièvre. C'est pour ça que tu reçois des médicaments. Il faut que ta température descende. Après ils pourront te réveiller. Mais pour le moment tu dors pour que tu n'ai pas mal à la tête. D'ailleurs en parlant de mal de tête… tu t'es bien foutue de ma gueule en me disant samedi soir que c'était à cause du champagne. Je croyais qu'on était d'accord ? Plus de mensonges. Il faut que je t'engueule ? Je le ferais. Mais pas aujourd'hui. C'est de la triche tu ne peux pas me répondre.
Au fait j'ai quelque chose à te dire. Non ne t'affoles pas ce n'est pas une catastrophe. C'est même plutôt une bonne nouvelle. Ce matin je suis allée m'inscrire à l'auto école. Je me suis dit qu'avoir le permis de conduire pourrait nous faciliter les choses. Mais je t'expliquerai les détails plus tard parce que tu es concernée aussi. Et pendant que j'y pense j'ai besoin des coordonnées de l'assurance de ta voiture, mais je verrais ça avec ton frère.

Te regarder dormir comme ça, si calme, sans aucun mouvement...ne le prends pas mal mais je t'envierais presque. J'ai du réussir à dormir 6h depuis lundi, je suis un peu au radar. Ce n'est pas de ta faute mais te savoir ici … je ne trouve pas le sommeil. Et quand je m'endors je me réveille 1H après en sursaut. Mais c'est pas grave...comme tu le dis si bien : on aura tout le temps de dormir quand on sera mort. »

2h plus tard ton frère est revenu. Et il faut que je t'avoue : il m'a réveillée. Assise dans le fauteuil au bord de ton lit, je te tenais la main tout en te parlant et j'ai fini par m'endormir la tête posée sur nos mains…..
….

«  Il est presque 20h et on va devoir partir. Mais toi tu dois lutter contre la fièvre. Demain soir je ne veux plus voir ce 39. Tant que tu auras de la fièvre je vais parler dans le vide. Alors descend moi ce chiffre qu'on puisse enfin se parler de vive voix . Repose toi bien, a demain...»


Jeudi

18h30

A toi :

«  Hey !!! Je suis là.  Je vais te faire rire. Le grand brun ne m'a rien demandé aujourd'hui. Je n'ai pas eu besoin de donner mes papiers. C'est tout juste si il ne m'a  pas déroulé le tapis rouge. Je ne sais pas ce que ton frère leur a dit mais je crois que si je lui avait demandé de me faire un café il l'aurait fait.
Bon alors ? C'est quoi les nouvelles aujourd'hui ? Température ? Quoi ? Tu te fous de moi, surtout ne te fatigues pas de trop. Hier je te dis que je ne veux plus voir le 39 et ce soir je lit quoi ? 38,9°. C'est vrai c'est en dessous de 39 mais tu n 'exagères pas un peu là ? En disant ca hier je le voyais comme un objectif à atteindre. Depuis quand tu te contentes de si peu ? Toi qui vise toujours l'excellence c'est quoi cette note pourrie ? Je me contente d'un 10/20 au prochain contrôle ? Ben quoi ? La moyenne c'est suffisant. T'es pas d'accord ? Et bien moi non plus. Donc tu sais ce qui te restes à faire.
Et sinon ? Ah ! Ils ont changés tes draps, c'est plus la même couleur. Ils sont verts aujourd'hui. Vert… comme tes yeux que je ne peux pas voir. Par contre ils ont essayé de te démêler les cheveux à la dynamite ? Bonjour les nœuds. Tu vas péter un câble. Laisse moi trouver la brosse et je m'en occupe.
Tient voilà ton frère. Il vient dire bonjour. Ce que je fais ? Ben ça se voit pas ? Et a la vue du chantier j'en ai pour un moment. Il a dit quoi le grand brun là ? Que le changement d'équipe c'était à 21h et que je pouvais rester jusque là. Cool. Merci. Mais il a un frère jumeau lui ? Parce que le lion s'est transformé en agneau.
1h plus tard...Tu n'as plus de nœud. Oui je sais au pire on coupe. Mais non, regarde j'y suis arrivée, donc tu coupes rien du tout.
En revanche ils ont été sympa mais là je dois partir il est l'heure. Et n'oublie pas…. 10/20 je peux faire….hihi…

Vendredi

A toi :

« Oui c'est moi. Si je compte venir tous les jours ? Si je peux oui. Mais demain on est samedi et il faut  que je trouve une solution. Mais j'ai peut être une idée. En revanche Dimanche je ne pense pas pouvoir venir ; Mais je sais que ton frère vient, tu seras pas toute seule.
Mais d'abord….quelle note aujourd'hui ? Ah ! Beaucoup mieux 38,2°. Je t'ai fait peur avec mon 10/ 20 ? Tant mieux. C'est bien mais c'est pas encore assez. Peu mieux faire avec un peu de volonté. Je te l'écrit en rouge ?
Il faut que je te dises.. je passe en 1ere S. Et tu prendras pas ma classe l'année prochaine, je le sais. Dommage ! Mais t'avais raison. C'est plus simple comme ça. T'avoir en prof maintenant… Je t'ai mise sous la douche, je t'ai démêler les cheveux, on a dormi dans la même chambre… j'avoue que ça serait peut être compliqué. Surtout pour les autres. Je crois qu'ils ne comprendraient pas. Moi même parfois j'ai du mal à comprendre.
Et sérieusement j'en ai marre de parler dans le vide. Autant tu peux m 'énerver avec tes phrases toutes faites mais là … t'en aurais pas une ou deux ? Parce que en toute sincérité ça me manque. Tu me manques… T'es là je viens. Là ou tu vas je vais… Mais tu crois pas qu'on serait mieux au soleil ou au bord de la mer ?
Je vais y' aller mais je reviens demain. Je ne sais pas encore à quelle heure mais je viendrais. Et toi...objectif : 37,2° qu'ils puissent te réveiller. Ça ne me plaît pas de te laisser là mais j'ai pas le choix.  A demain…. »
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Dim 17 Juin - 23:32
Fin de la sieste

Samedi      
             
Bon ! J'ai trouvé une solution pour pouvoir te voir cet après midi. Mes parents doivent aller faire des courses alors je leur ai suggérés de changer de centre commercial. Ils me dépose à l’hôpital,vont faire les courses et me récupère après. Et vue la longueur de la liste, sachant qu'ils ne connaissent pas les rayons, ils devraient en avoir pour un moment. J'ai hâte de venir te voir mais tout à coup il me vient une angoisse.
Et si tu ne te réveillais pas ? « Le plus vite sera la mieux » cette phrase résonne dans ma tête. Mais ça fait déjà 6 jours. La température descend, on arrête les médicaments et hop !! Tu te réveilles ? C'est vraiment aussi simple ? J'en doute. Si ils n'arrivaient pas à te réveiller il se passerait quoi ?  Coma pour toujours ? La mort ? Mais si je te perds qu'est ce que je deviens ?
Depuis le jour où je suis montée dans ta voiture pour la première fois, je sais que je finirais par te perdre. Tu ne me l'a jamais caché, c'est même la première chose que tu m 'ai dite mais… depuis ce jour je me dit qu'on a encore le temps. Du temps pour te voir, te parler, aller au cinéma, au restaurant n'importe où du moment que tu es là.

Et c'est bien le problème. Pour la première fois je réalise que malheureusement tu ne seras pas toujours là.

Copie du texte original :

« Apprendre à vivre sans toi
je n'y arriverai pas
Aller au lycée, comment je ferais ?
Je vais compter les regrets ?
Tu es devenue ma meilleure amie
Et quand les amis s'en vont, les murs deviennent une prison.
Moi, je veux rester libre, alors...
Continue de rire, continue de sourire
Je veux te voir rêver, t'entendre chanter.
On a tellement de choses à se dire
Tu as tellement à offrir.
Je ne pourrais pas te voir partir
Je ne saurais pas comment réagir.
Je n'ai aucune envie d'y penser
Mais je sais qu'un jour j'y serais bien obligée.
Un jour mais pas maintenant
Alors s'il te plaît donne nous du temps »


Hôpital 14h

A toi :

« Coucou. Tu sais que je commence à trouver le temps long sans toi ? Ça ne me dérange pas de venir te voir ici mais ailleurs c'est mieux. En plus bizarrement, ils sont plutôt sympa avec moi. Mais depuis bientôt une semaine j'ai échangé plus de mots avec le grand brun qu'avec toi. J'aurais préféré le contraire. Ton frère a dit que le plus vite serait le mieux. Si je comprends bien cela signifie que plus le temps passe et plus il complique les choses. Mais compliquer comment ? C'est quoi le risque ? Je pose la question mais en fait je ne veux pas le savoir. Le plus simple c'est que l'on puisse te réveiller très vite .
D'ailleurs on en est où aujourd'hui ? Pourquoi il n y' a rien d'écrit ? »

Le grand brun : « - Bonjour.

- Bonjour. Pourquoi la température n'est pas affichée ? Il y a un problème ?

- Oui et non

- C'est à dire ? Oui ou non ?

- Elle est apyrétique depuis hier soir et…

- Apy...quoi ? En français ?

- Pardon ! Elle n'a plus de température mais…

- Mais quoi ? Si elle n'a plus de fièvre elle va se réveiller. C'est une bonne nouvelle. C'est quoi le problème ?

- Vous savez si son frère vient aujourd'hui ?

- Il travaille jusqu'à 20h… ou plus. C'est quoi le problème ?

- A part son frère, vous savez si sa famille va venir la voir ?

- Sa famille ? Sa famille c'est juste son frère...et moi. Alors 3ème édition : quel est le problème ? J'ai pas 4 ans alors il serait temps de me répondre.

- D'accord. Asseyez vous. On a arrêté la sédation, les médicaments qui la faisait dormir, depuis hier soir. Et elle devrait être réveillée. Mais les tests effectués toutes les heures ne montrent aucun signes de conscience. A partir de maintenant c'est l'inconnu. Il faut attendre, on ne peut rien faire de plus. Je suis désolé. »

Pensée intérieure :
Désolé de quoi ? Ils ont fait une erreur ? Non pas possible ton frère l'aurait vu. Il faut attendre ? Mais combien de temps ?

A toi :

«  Bon ! T'as entendu ce qu 'il vient de dire ? Tu peux m'expliquer ? T'as plus de fièvre, plus de médicaments mais tu continues de dormir. Pourquoi tu ne te réveilles pas ? J'espère que tu as une bonne explication. Parce que pour la 1ère fois depuis lundi j'ai peur. Tu me fais peur. Alors si tu m'entends, réagit. Fait quelque chose. Et ne me dit pas que tu n'en a pas la force, je sais que c'est faux. Tu veux retourner en cours ? Tu veux jouer au basket ? Alors commence par te réveiller. »

Je ne trouve plus les mots, je ne sais plus quoi te dire. Je me contente de te tenir la main et de te regarder. Je compte chaque mouvement de ta poitrine. Je guette le moindre de tes mouvements...mais je n'en voit aucun. On dit que les mamans regardent leurs enfants dormir pendant des heures, par peur qu'ils s'arrêtent de respirer. J'ai l'impression de faire la même chose. C'est vrai, si on enlève les machines et les tuyaux, tu ressembles à un gros bébé qui dort paisiblement. Sauf que la sieste est finie. Il est temps de te réveiller. Un bébé, il se réveille parce qu'il a faim. Tu veux pas un steak frites ?

Bip bip...bip bip...bip bip….Biiiiippppppp

« Oh !! C'est quoi ce truc ? Pourquoi ca bip ? C'est l'alarme de quoi ? Oh oh oh…. Stop ! Calme toi. T'agites pas comme ça tu vas tout arracher…Ohhhhhh… un médecin….. »

J'ai demandé un médecin, quatre c'est peut être beaucoup non ? Comment ça je sors ? Non.
Donne moi ta main et reste tranquille. Fais moi confiance... calme toi.

Un médecin : « - Mademoiselle, sortez s'il vous plait ! »

Le grand brun : « - Non. Mademoiselle peut rester. La patiente lutte contre le respirateur. Si je n'extube pas tout de suite elle va s'étouffer. Et je ne peux pas le faire si elle ne se calme pas. Parlez lui... »

De moi a toi :

« Calme toi. Arrête de t'agiter. Tu as un tube dans la gorge et il faut qu'on l'enlève. Mais tu dois rester tranquille. N'essaye pas de parler. Respire ça va aller… Voilà c'est bien. Attends ! Tu ne peux pas ouvrir les yeux, laisse moi faire .

Ahhhhh...je peux enfin voir tes yeux. Regarde moi. Oui je suis là, bien sur que je suis là. Ca va, t'en fais pas. Moi je vais bien. Je sais que tu ne comprends pas. Je vais t'expliquer mais pas tout de suite. Non ! N'essaye pas de parler. Le médecin a dit que tu allais avoir mal à la gorge à cause du tube, c'est normal. Vas y tousse… crache…
Qu'est ce que tu regardes ? Ah… l'horloge. Il est 16h30. Ton frère arrive il est en bas. »

Ton frère : « Ah ! Quand même. Tu sais que tu m'as foutue une sacrée trouille ? Pourtant je t'ai déjà dit de ne pas jouer avec mes nerfs. Mais de toute façon tu ne m'écoute jamais. Je voulais juste voir comment tu allais. Je dois retourner bosser. Je repasse ce soir. Je vous laisse. Et toi tu te reposes... »

….

Pensée intérieure :
Si tu savais à quel point je suis soulagée. Pour l'instant tu ne peux pas me parler mais j'arrive à lire dans tes yeux. Tes questions ? Je sais. Je vais te répondre mais une chose après l'autre. On va déjà attendre que les médecins vérifient que tu vas bien. Et ensuite je t'expliquerai ce qu'il s'est passé. Comment je vais faire pour te dire que l'on est samedi et que ça fait 6 jours que tu dors ?

Les médecins ont confirmés : tout va bien. Tu vas être transféré dans un autre service. Plus besoin de costume pour venir te voir. Tu vas devoir passer différents examens mais si tout va bien tu pourras sortir de l’hôpital fin de semaine prochaine. Et là d'un coup je plaint les infirmières. Une semaine dans une chambre d’hôpital, je sent que ça va te plaire… Le trophée des emmerdeuses… je le commande tout de suite ?

Il va être 17h30 et mes parents ne vont pas tarder. Je n'ai pas envie de partir. Pas maintenant… mais c'est comme ça. Et puis l'essentiel c'est que tu ailles bien. Je dois partir mais je vais revenir. Je te laisses pas. Je reviens lundi, c'est promis. Et pour être sure que tu comprennes, tu as le droit à un baiser sur le front…
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Dim 17 Juin - 23:36
En service

Aujourd'hui j'ai quelque chose pour toi. Regarde. Oui c'est des lys blancs. Mais non, ce n'est pas de moi. C'est de la part des 3 mousquetaires. Ils ont hâte que tu reviennes. Oui je sais. Toi aussi tu veux retourner travailler. Mais d'abord tu vas commencer par te soigner. Et puis tu as terminé le programme alors il n'y a aucune urgence. Le bac des terminales ? T 'inquiètes pas pour ça. A la place de tes cours ils révisent en salle de permanence. Je sais que t'en a marre d'être ici mais non tu ne sortiras pas tout de suite. Tu es encore trop fragile. Quoi ? Le match de dimanche ? Je rêve… t'as craquée ou quoi ? Tu n'iras pas au match même si tu sors d'ici. C'est hors de question. Et n'envisage même pas d'y aller sans me le dire. Je suis capable de téléphoner chez toi toutes les demie heures pour être sure que tu ne sois pas à la salle de sport. Et oui !! Ne me regarde pas comme ça. Ce n'est pas une punition. Tu pourras rejouer mais pas dimanche. Non. Me la fait pas style 30 millions d'amis. C'est non.

Tu veux reprendre les cours ? Tu me fais bien rire. T'as déjà du mal à aligner trois phrases sans t'étouffer, tu peux me dire comment tu comptes parler pendant 6H ? C'est contrôle pour tout le monde ? Super ! Tu vas faire des heureux. Et puis l'année scolaire est terminée. Les examens du bac commencent la semaine prochaine. Alors franchement même si tu ne reviens pas ce n'est pas plus grave que ça.
C'est bon !! C'est bon t'énerves pas. Arrête de crier, on dirait Tina Turner. Ok. Alors reviens leur dire au revoir avant les vacances. Si le médecin t'y autorise. Tu t'en fou ? Moi pas. Je t'ai dit que tu n'étais pas toute seule. Voilà le revers de la médaille. Moi je ne m'en fou pas. Et tu vas apprendre que tout ne se passera pas toujours comme toi tu veux. Si tu refuses d'écouter ton frère tu vas m'écouter moi parce que je ne vais pas te laisser le choix. Oh… tu peux sourire . J'adore ton sourire mais contrairement à ce que tu penses je ne plaisante pas.

Le lendemain…

Moi « - Hey !!! Qu'est ce qui se passe ici ? Vous faites quoi tous les deux ? On dirait deux gamins de 10 ans dans une cour d'école.

Ton frère : - Ben tu tombes bien. Tu peux expliquer à ma sœur que sortir de l’hôpital contre avis médical c'est une très mauvaise idée ? Parce que moi je parle dans le vide. Peut être que toi elle t'écoutera. Moi j'abandonne. Ses défenses immunitaires sont trop basses et elle veut aller passer ses journées au milieu de 200 personnes. C'est complètement stupide et dangereux. Mais cette tête de mule ne veut rien entendre. Alors oui je m'énerve. 

Moi :- Ok. Je comprends mieux. S'énerver ne servira à rien. Et toi ! Oui toi, tu ne sortiras pas d'ici. Et je ne vais pas me battre avec toi. De toute façon je n'ai aucune chance de gagner. Tu vas rester ici parce que ton frère à raison. C'est stupide et dangereux, et tu le sais très bien. Je sais que t'en a marre et que tu tournes en rond. Mais... tu veux retourner en réanimation ? Parce que si tu sors maintenant c'est exactement ce qui t'attends. Et tu sais que j'ai raison. Je ne devrais même pas avoir besoin de te convaincre. Donc tu fais ce qu'on te dis. Fin de la discussion. »


Quatre jours plus tard tu sortais de l’hôpital… Avec une seule idée en tête : retourner travailler. Incroyable ! 6 jours en réanimation, 10 jours en médecine et la seule chose qui te préoccupe c'est d'aller travailler. La plupart des gens voudraient partir en vacances mais toi tu veux aller travailler. Conscience professionnelle ? Oui. Mais tu veux aussi voir tes élèves. Parce que c'est à travers eux que tu te sent utile. Grâce à eux que tu as la sensation de laisser une trace de ton existence. « Enseigner c'est donner » et toi tu veux donner le plus possible en un minimum de temps. N'est ce pas ? Rassure toi tu t'en sort très bien. Tes élèves ne jurent que par toi. Le lycée c'est une dizaine de matière avec une dizaine de professeurs mais le seul nom qui ressort c'est le tient. Mais ca je le garde pour moi parce que si je te le disais tu ne me croirais pas. Par orgueil, fierté ou modestie je ne sais pas mais tu ne me croirais pas. Aucune importance… tu vas le comprendre…
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Lun 18 Juin - 1:01
/En écrivant ces pages je me rend compte de beaucoup de choses. Je n'ai rien oublié. En revanche j'avais rangé dans un coin de ma tête tous les merveilleux moments et c'était une erreur. Ecrire cette histoire est plus facile que je ne le pensais au départ. Chaque morceau est un passage de vie. La notre dont je n'ai pas oublié une seule ligne. Je suis incapable de le relire mais l'écrire c'est déjà beaucoup. Je revis chaque instant comme si c'était hier. C'est douloureux parfois mais tellement libérateur.../
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Lun 18 Juin - 22:15
Dernière semaine

Fini les cours. Les épreuves du Bac sont quasiment terminées. Les cours ressemblent à des jeux de sociétés géants. Parties de Ping pong, pique nique de fin d'année…
Tu voulais voir tes élèves ? Ben vas y. Allez viens… il va être 8h et ça va sonner.
Mais je t'accompagne jusqu'à ta salle… je ne veux pas louper ça.
Ben qu'est ce qui t' arrives ? Il y a un problème ? Je vais essayer de ne pas rire. Ah oui .. ta salle est ouverte. Bizarre ? Mais non… C'est normal. Ils ont tout prévu… tout.
Au fait, rappelle moi… quatre classes.. une centaine d'élèves c'est bien cela ? Je vais rester juste derrière toi, juste au cas où.
Ben vas y. Depuis quand rentrer dans une salle de cours te fais peur ? T'as compris que quelque chose se prépare et tu te demandes ce qui t'attends ? Rentre et tu vas voir.



Au moment ou tu as poussé la porte tu t'es retrouvée devant tous tes élèves… tous. Ils se tenaient debout devant toi, silencieux comme des soldats au garde à vous. Rangée par rangée, ils sont montés sur les tables en arborant le célèbre « Oh capitaine ! Mon capitaine ». La réplique inoubliable du film de Peter Weir : Le cercle des poètes disparus.
T'en a versé des larmes, encore et encore... Pas tout a fait remise de tes émotions tu m'as dit : « Je confirme. T'es vraiment complètement cinglée » et je t'ai répondue : « J'étais au courant c'est vrai. Mais je n'y suis pour rien. Ce n'est pas mon idée, c'est la leur ».
… et tu t'es remise à pleurer.

Tu restes dans l'encadrement de la porte ou tu vas jusqu'à ton bureau ? Faut que je te pousses ou quoi ? Allez… met un pied devant l'autre. Le paquet sur ton bureau ? Ben ouvre le et tu sauras ce que c'est. Oui c'est rond. Non c'est pas des fleurs. Ouvre au lieu de poser des questions bêtes.
Et c'est repartie….Y'a des mouchoirs en papier juste devant toi. Ils ont tout prévus.
Oui c'est un ballon de basket. Mais celui là ne touchera jamais le sol. Je t'avoue que l'on a du écrire petit pour rentrer la centaine de signature…

Les cartons par terre ? Tout simplement des sodas, des gâteaux, des assiettes et des gobelets en plastiques.

Dans la soirée j'ai sortie mon stylo...
Copie du texte original :

« Toi qui, de naissance, pensais n'avoir aucune importance.
Tu es maintenant dans nos vies, comme un dieu qu'on béni.
Tu te croyais banale, à nos yeux tu es royale.
Mélange de sympathie, de rage, d’héroïsme
Mélange de vie, de peur, de dynamisme.
Tu n'étais rien arrivant, tu es quelqu'un maintenant.
D'apparence inabordable, tu es juste admirable.
Sensible ou imprévisible, tu t'emballes aussi vite que saute la dynamite.
A tes yeux tu n'es que prof… comme si c'était une catastrophe.
Mais regarde et sourie. Tu as transformé nos vies. »

Je sais que tu n'oublieras jamais ce moment mais eux ne t'oublierons pas non plus. J'en suis convaincue.

Tu veux me ramener ce soir ? Oui si tu veux, avec plaisir… Mais arrête de pleurer parce que c'est compliqué de rouler en ne voyant pas à travers le pare brise.

«  Terre brûlée au vent
Des landes de pierres
Autour des lacs, c'est pour les vivants
Un peu d'enfer, le Connemara... »
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Lun 18 Juin - 22:22
Les vacances approchent

Comme tous les matins, depuis plus de 18 mois, je t'attends sur le parking. 18 mois c'est l'optimatum que tu m'avais donné lorsque l'on s'est rencontrées. Et regarde ! Tu es là. Tu marches, tu parles… tu es vivante. Il y a eu des moments difficiles, douloureux mais aussi des jours heureux. J'avoue que je suis nostalgique aujourd'hui. Tu veux savoir pourquoi ? Tout simplement parce que c'est le dernier jour de cours. En juillet ? Tu pars en vacances avec ton frère et moi je vais travailler. Oui oui je vais travailler. J'ai trouvé un petit boulot de saisie informatique. J'ai deux, trois trucs en tête pour lesquels j'ai besoin d'argent et je ne veux pas demander à mes parents. Et puis j'ai commencé mon permis de conduire aussi. Mais surtout...je ne te verrais pas. Oui, on se téléphone toutes les semaines, évidemment. Mais c'est différent.

En Août ? Et bien je pars une quinzaine de jours chez mon oncle comme tous les ans. Génial, mais encore une fois...je ne te verrais pas. Après j'irais à l'auto école, je vais essayer de terminer pendant que j'ai un peu de temps. En gros, rien d'extraordinaire.

Donc ce soir, on se dit au revoir. Et non je ne m'en réjouie pas. Les journées vont me paraître longues et bien fades . Nos conversations, ton regard, tes sourires, tes soupirs quand tu dors et même tes larmes vont me manquer. Tu vas me manquer. Je ne sais pas ce que tu penses. Heureuse d'être en vacances ? Heureuse de partir en voyage ? Oui certainement.
Je n'ai aucune envie de te dire au revoir ce soir. Je voudrais que cette journée dure le plus longtemps possible. Encore et encore… mais je vais faire comme si..

Ah ! Te voilà ! Merci pour le croissant. Tu m’inquiète là. Je te sent pensive. Tu réfléchies à quoi ?

Toi « - C'est grave si on sèche le dernier jour ? Moi je dis que non. Viens, on se tire d'ici ».

C'est une excellente idée. Roule. Va où tu veux je m'en moque. Tout me va, du moment que c'est avec toi. Si j'ai les clés de chez moi ? Oui dans mon sac comme d'habitude. Tu veux aller chez mes parents ? Si tu veux. Vas y tu connais la route. Je pensais que tu avais une idée en tête mais en fait non.
Mais stop ! Pause ! Temps mort ! Laisse moi récapituler. Tu me propose de sécher le dernier jour de cours pour aller chez parents ? Moi ça me va mais…

Tu cherches quoi dans mes VHS ? Je crois que je sais. Regarde à la lettre « C » ils sont rangés par ordre alphabétique donc « le cercle des poètes disparus » se trouve dans les « C ».

Toi « - Comment tu savais que c'était celui là que je cherchais ?

- Et bien disons que je commence à te connaître…

- Je crois que c'est pire que ça…. Le film ça te dérange pas ?

- Ah non ! J'adore..donne »

Après le film on a préparé le repas. Entre le moment ou j'ai ouvert le frigo et celui ou l'on s'est assises à table on a pas décroché un seul mot. Non pas que l'on ne voulait pas se parler. Pas du tout mais juste que l'on avait pas besoin de le faire. Chacune de nous savait exactement ce qu'allait faire l'autre. Comme si on préparait nos repas ensemble depuis 10 ans. Étrange… mais génial. Et comme il fait beau on va manger sur la terrasse. Une impression de vacances…
Par contre je vais tirer le store parce que l'on est en plein soleil et tu vas me faire le plaisir de mettre tes lunettes de soleil. Je sais qu'avec moi tu les enlève parce que tu sais que je déteste quand je ne vois pas tes yeux mais là tu vas les mettre parce que tu vas te brûler les yeux et avoir mal à la tête.
Et puis arrête de discuter ou on mange à l’intérieur. C'est pas vrai ! Tu fais ce que ce que je te dis un point c'est tout.

A table :
Moi : - «   Je sais que d'Espagne tu ne pourras pas me téléphoner mais tu m'envoies au moins une carte postale ?

- Non. Je trouverais le moyen de t'appeler mais je ne t'enverrais pas de carte postale.

- Pourquoi ?

- Pour que tu l'accroches au mur, et que tu pleures en passant devant dix ans après ma mort ? C'est non.
A ton avis pourquoi penses tu que je refuse que vous me preniez en photo ?

- Je n'en sais rien. A chaque fois que l'on veut prendre des photos tu t’énerves. A Noël tu les a même déchirées.

-Pour la même raison. Avec le temps les photos se retrouvent collées dans un album. Et puis après ?
Je ne veux pas que vous pensiez à moi en tournant les pages d'un album photo. Une photo c'est un instant figé dans le temps. Tout le contraire de ce que l'on vie. Vous n'aurez pas besoin de photos pour vous souvenir, vous avez votre mémoire. Et la grande différence entre un album et ta mémoire c'est que ta mémoire tu peux y accéder ou tu veux, quand tu veux. Tu penseras à moi, à nous en voyant un château, en regardant la mer, en écoutant une chanson… mais pas en pleurant seule dans ton salon devant un album photos….Tu reprends de la salade ? »

Pensée intérieure :
Je n'avais pas vue les choses de cette manière et tu as sans doute raison. Mais c'est dur quand même. Je n'aurais pas une seule photo de toi ? Je trouve que c'est dommage. Les souvenirs ? Oui bien sur. Mais si jamais avec le temps j'oubliais ton visage ? (Là j'avais tort, si je savais dessiner le portrait serais parfait même 20 ans après).


Mais qu'est ce que tu fais ? Allumer la chaine hifi ? Ben appuie sur « Power », les CD sont juste au dessus dans le placard.

«  Je voulais simplement te dire 
Que ton visage et ton sourire 
Resteront prés de moi sur mon chemin 
Te dire que c'était pour de vrai 
Tout ce qu'on s'est dit, tout ce qu'on a fait 
Que c'était pas pour de faux, que c'était bien. 
Faut surtout jamais regretter 
Même si ça fait mal, c'est gagné 
Tous ces moments, tous ces mêmes matins 
Je vais pas te dire que faut pas pleurer 
Y a vraiment pas de quoi s'en priver 
Et tout ce qu'on a pas loupé, le valait bien 
Peut-être que l'on se retrouvera 
Peut-être que peut-être pas 
Mais sache qu'ici bas, je suis là  
Ça restera comme une lumière 
Qui me tiendra chaud dans mes hivers 
Un petit feu de toi qui s'éteint pas. « 

Jean Jacques Goldman.


Et sur le même album, tu t'es mise à chanter ça :

"Has been" avant d'avoir été, c'est un peu dur 
Ma vie, tout l'monde aurait si bien pu s'en passer
Je te dis pas les peurs, les lueurs et les flammes 
Je te dis pas le sang qui fait cogner mon cœur 
Je te dis pas ces moments si froids et si pâles 
C'est ton visage qui justifie mes heures ... »

Ah d'accord ! Je comprends mieux. Tu as changé les paroles volontairement. Tu n'arrivais pas à le dire c'est ça ? T'en fais pas j'ai compris. Mais arrête parce que tu vas me faire pleurer.
Je vais faire la vaisselle. Si... mes parents ont un lave vaisselle, mais ils ne sont pas stupides. En principe je n'utilise pas 2 assiettes, 2 couverts et 2 verres quand je mange.
C'est bizarre de passer la journée entière avec toi, on devrait le faire plus souvent. Mais il est déjà 14h, le temps passe trop vite. Dans 4H30 tu partiras et je ne te reverrais pas avant 1 mois et demi.
Je suis surprise d'ailleurs. Tu as préféré passer la journée avec moi que de voir tes élèves. Pourtant tu les adores. Tu étais tellement heureuse de les revoir. Mais pas aujourd'hui ? A priori non.
J'en suis très heureuse mais j'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre.

Mais pour l'instant tu es là. On change d'album ? Vas y choisie…
Et on passé l'après midi a chanter comme deux débiles. Du karaoké sans les textes. Parce que les textes on en a pas besoin, on les connais par cœur. On a rie, j'ai adoré. Avec ta sale manie de changer les paroles, un jour il faudra que tu me donne les textes…

Mais voilà. Le moment que je redoutais. Il est l'heure et tu dois partir. Ma gorge se serre et les larmes montent mais je ne veux pas pleurer, pas devant toi. Pourquoi tu me regardes de cette façon ? Qu'est ce que tu essayes de voir, de lire ? Si tu veux vraiment savoir ce que je ressent.. là maintenant… alors regarde moi dans les yeux… et tu sauras.
Les yeux dans les yeux sans un mot, on s'était comprises. Toi non plus tu n'avais pas envie de partir. A cet instant je l'ai compris. Tu m'as serré dans tes bras et puis tu t'es sauvée très vite, en baissant les yeux, tu es partie sans te retourner.


C'est difficile de te voir partir. Vraiment difficile.
Et puis j'ai repensé à ce que tu disais… Après, quand tu ne seras plus là ?

Copie du texte original :

« Que reste t'il d'une amitié une fois que 10 ans ont passés ?
Juste jaunie, une photo posée sur le coin d'un bureau ?
C'est faux! De toi je n'aurais que des mots
Juste un regard, que l'on plongera dans un tiroir ?
Un tiroir qui renferme 10 ans en quelques termes.
On y cherchera un sourire, on repensera à un rire…
On retrouvera une enveloppe, qui disait 'c'est pas top'.
Et puis…
Le tiroir  on le referme
En se disant quand même, que quoi qu'il advienne
On pensera toujours à Carpe Diem.
On relie toutes les lettres, en se disant : que c'est bête !
On réécoute un disque, avec un air nostalgique.
Et là on s' appercoit … et avec peur parfois
Que quoi que tout le monde pense, on ne guérit pas l'absence.
Quoi que tout le monde fasse, on efface pas les traces.
Il restera d'une amitié, ce que l'on refusera d'oublier.
Il faudra ré ouvrir le tiroir aux souvenirs.
Notre amitié ne partira pas avec toi
Elle restera gravée tout au fond de moi. »
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Lun 18 Juin - 22:25
L'été

Depuis 3 semaines je prends le train matin et soir, avec mes parents, pour aller travailler. Le boulot ? C'est pas mal. C'est pas très compliqué et puis les collègues sont sympa. Il me reste une semaine et j'aurais mon salaire. Quelle bonne nouvelle ! Ma mère m'a demandé ce que j'allais en faire. Elle a eu l'air surprise quand je lui ai répondu : « Pour l'instant rien. Je ne vais pas y toucher ».

Je vais partir 15 jours en vacances. Je sais que les 15 jours vont me paraître long. Mais il y a une chose qui me fait plaisir. Les places sont réservées pour le son et lumière au château. Oui celui là. Je penserai à toi… Je sais que tu adores cet endroit. On y retournera je te le promets.

……

J'avais raison les journées sont longues. Toutes les semaines j'attends le vendredi avec impatience. Parce que le vendredi c'est le jour où tu m'appelles. Tu sembles aller bien. Toi tu prépares tes cours pour la rentrée. Bon courage ! Cela dit tu as largement le temps il reste plus d'un mois de vacances.
Je suis contente d'être ici, il fait beau, on fait les brocantes, les châteaux, on va se baigner… mais je m'ennuie.
Pas besoin de courir, nos journées sont programmées, occupées...mais je m'ennuie.

« La simplicité, c'est la monotonie
La monotonie, c'est l'ennui
Et l'ennui, c'est la pire des maladies »

C'est exactement ça. C'est simple, et j'ai plus l'habitude. Parce qu'avec toi rien est simple et tout s’enchaîne à 100km/h. Elle est là la différence.

Ben voilà ! Je disais quoi ? On viens de raccrocher et comme d'habitude je n'ai rien compris. Imprévisible. Avec toi il faut toujours être prêt, comme les scouts. Le don de surprendre au moment où l'on s'y attend le moins. Mais surtout ! Ne change jamais.
Tu veux que je demande à mes parents si je peux partir 4 jours. Dans l'absolu il ne devrait pas y avoir de problème. Il faut juste que je laisse des coordonnées et que je dise avec qui je pars. C'est là ou c'est plus compliqué. Mais j'ai une idée. Je vais voir avec les 3 mousquetaires, je vais bien trouver un alibi. Je pourrais leur dire la vérité mais pour mes parents tu resteras ma prof, on a 8 ans d'écart et ils ne comprendraient pas.
En revanche… tu veux aller ou ? Tu veux faire quoi ? Je le saurais quand je rentrerais c'est ça ? En même temps, où tu veux aller je m'en moque. Au bout du monde si tu veux… je te suis.

Et tu veux partir quand ? La dernière semaine du mois d'Août. Ah ben parfait ! Si je calcul bien je devrais avoir terminé mes 20h de conduite. Mais oui je sais tu n'es pas au courant. J'ai profité de la fin des cours, des samedi et des vacances pour m'en occuper. Donc normalement je termine la semaine prochaine. Et le code ? Et bien je l'ai ! Donc… Si tu veux partir… je pourrais rouler. Enfin… si tu n'as pas peur. L'auto école peut faxer les documents à l'assurance directement, même pas besoin de se déplacer. Il me faut juste les coordonnées. Que ton frère va me donner bien sure.

8 jours plus tard…
Je viens de terminer mon dernier cours de conduite. J'ai les 20h. L'auto école vient de faxer les papiers. Maintenant j'ai le droit de conduire mais tu le sauras en temps voulu… surprise !!! Cet après midi, je pars avec ma mère faire des courses mais aujourd'hui c'est moi qui conduit.
Et on part lundi. Au fait, tu m'as donné le numéro de téléphone pour mes parents, je sais qu'il y a 6H de route mais je ne sais toujours pas où l'on va. A priori … à l'ouest. Bord de la mer ? Techniquement je finirais bien par le savoir. Je te fais confiance.
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Lun 18 Juin - 22:39
Quatre jours inoubliables

Lundi 7h du matin
Un mois et demi que je ne t'ai pas vue, j'ai l'impression que c'était il y a une éternité. Et en même temps, ton regard en partant, je m'en souviens comme si c'était hier.
Mon sac est prêt. Le café aussi, je t'attends… ah ben pour une fois, pile à l'heure.
En route…
Oh ! T'as nettoyée la voiture ? Tu as même rangée la boite à gants ? Alors là tu m'épates. Mais on ne sera pas arrivée que ça sera de nouveau le bordel.
Je met quel CD ? Sardou Bercy 1993… si tu veux…

« ... J'accuse les hommes. Je veux qu'on les condamne
Au maximum, qu'on arrache leur âme
Et qu'on la jette aux rats et aux cochons
Pour voir comment eux ils s'en serviront.
J'accuse les hommes, en un mot comme en cent,
J'accuse les hommes d'être bêtes et méchants,
Bêtes à marcher au pas des régiments,
De n'être pas des hommes tout simplement. »


Elle te fait rire cette phrase… j'adore. Deux heures de karaoké sans texte…. Mais tu sais où tu vas au moins ? A10...A11...Bordeaux/ Nantes … c'est la route du château sauf que pour aller au château il faut 3H pas 6.
On s'arrête manger sur une aire d'autoroute ? Oui je préfère. Et puis on va prendre notre temps parce que tu ne vas pas te taper les 6H de route d'une seule traite. Pas mauvais le steak frites...café ? Allez un petit café et puis on repart.

Tu as ouvert la voiture et tu t'es assise coté passager. J'avoue que là j'ai pas compris.

Moi  « - Heu… qu'est ce que tu fais ?

- Tient… (en me donnant les clés)

- Tu veux que je fasse quoi avec ça ?

- Il y a deux mois tu m'as dit que tu t'étais inscrite pour passer le permis de conduire. La semaine dernière mon frère m'a demandé les coordonnées de mon assurance… c'était pas pour leur envoyer des fleurs ? Si ?

- Heu… je ne te l'ai jamais dit. Je voulais te faire la surprise.

- Si tu me l'as dit.

- Non. Quand je te l'ai dit ?

- Je ne m'en souviens plus. Mais aucune importance. Prends le volant, je fatigue. Tu passes la cinquième et c'est toujours tout droit direction Bordeaux. Réveille moi dans 2H.

- Tu plaisantes ?

- Ben non pourquoi ? »


Ok. Bon je vais déjà avancer le siège parce que je ne touche pas les pédales. Je vois rien dans les rétros… voilà c'est mieux. La première… deuxieme… troisième..y' a personne… cligno à gauche.. quatrième et cinquième… j'espère que t'as pas peur ?
J'y crois pas… c'était pas une blague ? Tu dors vraiment ? Mais oui. T'as dit quoi ? Bordeaux ? Bon alors direction Bordeaux. Je vais baisser le son.. je ne veux pas te réveiller.
On a passé Le Mans et Angers, on arrive au péage. Oui sauf que … je paye avec quoi ? Je vais devoir te réveiller… ah non peut être pas… ta carte bleue traîne sur le tableau de bord...normal.
Heureusement qu'il ne faut pas le code parce que je ne le connaît pas. Voilà… « au revoir, madame. ».. c'est pas le moment de caler. C'est bon, tout va bien. C 'est reparti…

C'est pas vrai ? Encore un péage ? C'est bon je gère… la carte bleue.. hop.. tout va bien.
Heu ...on est à la hauteur de Bordeaux là. Je vais où ? Bon je m'arrête parce que je ne sais pas où l' on va.

Toi : «  - On est déjà arrivées ?

- Comment veux tu qu'on soit arrivées ? Je ne sais pas où l'on va…(...énorme fou rire…)
Il est quelle heure ?

- 16h

- Déjà ? Mais on est où ? T'as payé le péage ?

- Ben oui. J'allais pas défoncer les barrières. Et on est à la hauteur de Bordeaux.

- Ok. Je vais reprendre le volant. J'ai besoin de toi pour lire la carte. 

- Je veux bien. Mais si tu veux que je t' indiques la route, dit moi où l'on va.

- Là ! (en posant le doigt sur la carte)

- Au bord de la mer ? Génial !!! »

« rue des sables » c'est là. Waouu !! Sympa le bungalow. Mais en plein mois d’août, bonjour la facture. Ah oui c'est vrai...tu t'en fou. Terrasse, barbecue, piscine chauffée, la plage au bout de la rue...le pied. On pose nos affaires et on va faire des courses. Alors ? Tu prends quelle chambre ? Pardon ? Quoi ? Il n'y a que dans mes bras que tu dors correctement et tu en as marre de faire des cauchemars… Heu ...oui… je sais pour les cauchemars. D'accord . De toute façon si je sais que tu dors mal de l'autre coté du mur, c'est moi qui ne vais pas dormir.
Donc comme d'habitude, tu prends le coté gauche ? Oui logique…

Ce n'est pas la première fois qu'on fait les courses ensemble mais … c'est bizarre. J'aime bien mais c'est étrange. C'est toi qui paye alors vas y choisie. De toute façon tu connais mes goûts par cœur. Tomates, fromage, brioche, crevettes roses, foie gras, sauterne, champagne…. Ben vas y fais toi plaisir. Non non. Je ne dis rien . Je vais encore me faire engueuler.
Ce soir ? Tu veux voir la mer ? Alors direction l'esplanade… c'est magnifique.. une glace ? Oui pourquoi pas. J'ai vu un glacier dans la petite rue par là.

Quatre jours bien remplis. Baignades en mer, les toboggans de la piscine, les barbecues, les petites rues, les moulins, la glace du soir sur l'esplanade, les parties de basket (je t'avais prévenue que j'étais nulle, mais on a bien rie) et … zéro cauchemar.
Mais il faut rentrer. Toutes les bonnes choses ont une fin. Mais il y a une chose que je peux t'affirmer. C'est que ces quatre jours m'ont remplis la tête d'images, de souvenirs… pour de très très longues années…

Le voyage de retour….
Chanson écrite pour le bicentenaire de la révolution, le texte collait parfaitement avec le décor que nous venions de quitter. Alors, comme pour prolonger un peu le voyage, on a repris notre karaoké sur celle là...

« ...Mes aïeux furent bons patriotes
Mais n'étaient pas des sans-culottes
Car n'en déplaise à Robespierre
Et autres ci-devant derrières
Le fait de gouverner cul-nu
N'est pas un brevet de vertu

Si la France était menacée
Comme eux j'irais mourir à pied
Peut-être bien au même endroit
Quelqu'un me dira \"ça ira\"
Mais qu'on brûle un bout de mon champ
Alors je me ferai Chouan

Il était déjà vieux le Siècle des Lumières
Quand il a décidé d'en vivre les idées
Ignorant les menaces d'une soirée de brumaire
Qui mangerait en herbe la jeune liberté
Elle avait de bonnes intentions
La Révolution

Dans sa juste révolte et sa belle innocence
Elle permettait d'un coup à chacun d'exister
Humain sans rien devoir au hasard de naissance
Elle nous faisait égaux dans la fraternité
Elle avait de bonnes intentions
La Révolution
La Révolution

Mes aïeux furent bons patriotes
Mais n'étaient pas des sans-culottes
Car n'en déplaise à Robespierre
Et autres ci-devant derrières
Le fait de gouverner cul-nu
N'est pas un brevet de vertu

Si la patrie est en danger
Je fais serment de m'engager
J'irai au moulin de Valmy
Au pont d'Arcole à Rivoli
Mais qu'on touche un cheveu des miens
Et je me ferai Vendéen

Pour proclamer les Droits de l'homme
Je m'inscrirai aux Jacobins
Mais comme je crois au droit des hommes
Je passerai aux Girondins

Pourquoi a-t-elle si vite au gré des circonstances
Oublié l'essentiel des leçons de Voltaire
Proclamé des suspects prêché l'intolérance
Transformé germinal en un froid vendémiaire
Elle avait de bonnes intentions
La Révolution
Elle avait de bonnes intentions
La Révolution

Un jour la liberté
Cette fille au bras levé
Belle comm'un ciel d'été
Nous fera renaître
Un jour l'humanité
D'un mot fraternité
D'un long rêve éveillé
Elle nous fera renaître
Elle nous fera renaître »


Michel Sardou

Cette fois les vacances sont finies. Et la prochaine fois que l'on se voit, c'est au lycée, le jour de la rentrée. Elle va nous réserver quoi cette année là ? Parce qu'avec toi je m'attends à tout…
(Faux. J'étais très très loin d'imaginer)
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Sam 23 Juin - 14:08
Eh ben... merci pour toutes ces émotions... J'ai lu tes 4 derniers posts en pleurant. A partir du moment où tu parles du film Le Cercles des poètes disparus, c’était parti... J'ai découvert ce film par le biais de ce forum et rien que pour ça je ne me remercierai jamais assez de m'être inscrite sur ce-dernier. Je crois que c'est le plus beau cadeau qu'on puisse faire a un prof ce que tous ces élèves ont fait, vraiment magnifique... Mais ce n'est qu'une infime partie de ce qui m'a touché évidemment.

Je suis vraiment très heureuse que ce soit libérateur pour toi d'écrire tout ça. Ça me touche aussi beaucoup de savoir que tu n'as rien oublié 20 ans après. En fait, je crois que ça me rassure, car je me dis que, moi non plus, je n'oublierais rien de ce que je suis en train de vivre en ce moment, quoi qu'il arrive.

Bref, tout ça pour te dire merci, une fois de plus...
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Sam 23 Juin - 19:38
/ Si vous êtes arrivées jusque là c'est que vous venez de lire la fin du 2ème chapitre. A savoir la deuxième année scolaire passée à ses cotés. Il est temps d'attaquer la troisième... je vous post le début juste en dessous. Etant incapable de relire ce que j'écris je n 'ai aucune idée de la manière dont est perçue cette histoire. Mais si 20 ans après, je suis capable de transmettre un peu de ce qu'elle m'a appris alors elle aura réussie/
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Sam 23 Juin - 19:39
L'entrée en première

Et voilà, on recommence. T'es prête ? Nouvelle année, nouvelles classes, nouveaux élèves. Les 3 mousquetaires sont dans ta classe de Terminale S. Je suis presque jalouse. Eux, c'est la deuxième année qu'ils t'ont en cours. Je les envies. Moi je demande pas .  Je sais que tu n'as pas ma classe, tu as forcément l'autre classe de 1ere S. Dommage parce que avec toi en prof on a quand même beaucoup plus de chance d'avoir notre bac, surtout avec un coefficient 6.
Mais cette année pour moi c'est le bac de Français. Pfff, je suis pas pressée. Oui je sais, tu vas me dire que c'est important...je connais le discours ne te fatigue pas. J'ai l'impression d'entendre ma mère.
Je vais déjà essayer de me remettre dans le bain ce sera déjà pas mal. Parce que je dois t'avouer que depuis notre séjour au bord de la mer j'ai la tête ailleurs. Mon corps est au lycée mais j'ai laissée ma tête la bas.

Tu veux savoir ce que j'ai dans la tête ? Je l'ai mis sur papier le soir où l'on est rentrées :
Copie du texte original :

« Le jour ou l'on s'est rencontrées, on s'est tout simplement trouvées.
Peut être qu'un jour, accidentellement, on parlera de sentiments
C'est quoi ce lien dont j'ai tellement besoin ?
S'il est si fort c'est qu'il n'est pas anodin.
Pour toi, juste par dévotion, je serais capable d'aller jusqu'à la destruction.
Invisible aux yeux des autres, ce lien c'est juste le notre.
Il dépasse parfois la raison, frôle même souvent la passion.
C'est quoi ce lien sans lequel je ne suis plus rien ?
C'est quoi ce lien auquel toi aussi tu tiens ? »

Plus le temps passe et plus je me dis que je ne t'ai pas rencontrée par hasard. Tu m'as fait confiance sans réfléchir, sans aucune méfiance dès le premier jour. Tout ce que j'ai fait avec toi, je l'ai fait sans réfléchir. Comme si c'était logique, normal, sans me poser de question. J'ai l'impression que l'on se connaît depuis toujours. C'est inexplicable. Mais je vais arrêter d'y penser. Il n'y a peut être aucune explication à trouver.

Bon, on compare nos emplois du temps ? Tu ne travailles pas le vendredi ? Jusque là rien de changer. T'as cours mercredi et samedi matin ? Moi aussi. Je vais devoir me lever le samedi matin pour 2h d'histoire -géographie...super ma matière préférée. On va manger avec les 3 mousquetaires ce midi ? Ils sont impatients de te revoir eux aussi. Ok. je les préviens. Oui, ils nous retrouverons directement sur place. Je te récupère à midi dans ta salle comme d'habitude. C'est les secondes que tu as toute la matinée ? Ah.. les petits nouveaux…et 28 personnes de plus qui ne vont rien comprendre. On va se marrer.

C'est bien ce que je disais. Ben quoi ? Ils sont surpris ?Une élève qui vient chercher le prof dans sa salle de cours pour aller manger…  J'adore leurs regards ébahis. Attendez d'avoir suivis ses cours et vous allez comprendre.

12H10 sur le parking
Moi : «  Pourquoi tu me donnes les clés ? Tu ne te sent pas bien ? Tu ne veux pas rouler ?

- Je vais très bien. Pour l'instant.

- Alors pourquoi tu veux que je roule ? On est au lycée là. Et juste en face de toi c'est ma prof de Français. Tu sais à quoi tu t'exposes si on voit que je prends le volant de ta voiture ?

- Je le sais. Mais si je recommence le traitement je ne suis pas sure de pouvoir conduire. Donc à un moment ou à un autre c'est toi qui le fera. Les questions ? Les interrogatoires ? Les réflexions des autres, des collègues, des élèves … je vais y' avoir droit c'est inévitable. Mais je suis prête et je n'ai pas à me justifier. Je n'ai rien à me reprocher et toi non plus. Demain tu seras majeure donc… tu fais ce que tu veux avec qui tu veux. Prends le volant s'il te plaît  »

Bien évidemment, ce n'est pas passé inaperçu. A commencer par ma prof de Français qui nous a vue sortir du parking. Mais pas seulement...la cinquantaine d'élèves qui marchait vers la cantine nous a repéré aussi… Et je prends les paris que dans moins de 2H tout le lycée est au courant.
Les 3 mousquetaires, eux je leur ai expliqué que j'étais assurée sur ta voiture au cas ou. Ils ont compris. Mais les autres ?

« C'est vrai que tu roules sa voiture ? », « Mais t'as le permis ? » ,« Pourquoi tu conduis sa voiture ? », « Mais tu sais que t'as pas le droit ? », « T'as pas peur ? »….
J'imagine que tu as eu droit aux mêmes questions. Personnellement je leur ai répondu que ça ne les regardait pas et que je savais très bien ce que je faisais. Te connaissant j'imagine que tu as du en faire autant, moins diplomatiquement peut être…
Tu m'as dit : « Dans 3 semaines ils s'y seront habitués et on en entendra plus parler » et il s'avère que tu avais raison.
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Sam 23 Juin - 19:41
T'es prête ?

Finalement tu t'es décidée à recommencer le traitement ? Bizarrement je ne sais pas si je dois sauter de joie ou avoir très peur. Et on commence quand ? Après demain ? Comment ça après demain ? Et tu t'es décidé sur un coup de tête ? Je te suis pas. Qu'est ce qui t'as fait changé d'avis ? Tu ne voulais pas et aujourd'hui, tu m'annonces que tu recommences de la même manière que tu m'aurais annoncé que tu voulais changer de voiture.

Moi : « - Tu m'expliques ? Qu'est ce qui t'as fait changé d'avis ?

- Toi

- Quoi moi ? On en a pas parlé depuis des semaines.

- Ne pas en parler ne m'a pas empêcher d'y penser.

- Oui je me doute. J'y ai pensé aussi mais…

- Mais oui je suis prête. Notre séjour à la mer m'a aidé à comprendre que je ne veux pas que ça s'arrête. Et si ça doit s'arrêter alors je veux être sure d'avoir tout fait pour que ça dure le plus longtemps possible. Le traitement va être horrible je le sais. Je sais que je vais souffrir. Je sais que je vais pleurer mais je n'ai plus peur. Je n'ai pas peur de souffrir parce que je sais que tu seras là. Je n'ai même plus peur de mourir. Je veux juste que ce soit le plus tard possible. Je veux du temps. Du temps pour vivre. Je veux pouvoir jouer au basket, revoir la mer, le château… avec toi. Je ne veux pas te laisser. Depuis le début, tu as toujours été là. A chacun de mes pas, et même de mes faux pas... tu étais là. Tu ne m'abandonneras pas. Maintenant je le sais. Alors, en retour je n'ai pas le droit d'abandonner. Je ne te laisserai pas… où alors c'est qu 'il n'y aura plus rien à faire. Et si ce jour arrive promets moi de ne pas me retenir. Si il n'y a rien à faire… laisse moi partir. Je ne veux pas rester brancher à une machine comme un légume. Promets le moi. »

Je suis restée sans voix. J'ai entendue ce que tu as dit. Mais là tout de suite je suis incapable de te répondre. Au moins t'as enfin compris que je tenais à toi. Mais … te laisser partir ? Comment je serais capable de faire ça ? Tu te rends compte de ce que tu me demandes ? Mais je suis sure que oui. Et ce n'est pas le genre de chose que tu peux demander à ton frère. Déontologiquement il y aurait un problème. Si un jour il y a une décision à prendre il n'y a que moi qui pourrait le faire. Je n'y avais jamais réfléchie. Mais honnêtement je ne suis pas certaine d'en être capable.
Et puis pour l'instant on en est pas là.

Tu vas recommencer le traitement et on va se battre. Si je dois prendre des coups, subir tes colères, tes pleurs, tes délires, les vomissements, les sueurs, les tremblements, la fièvre et je ne sais quoi d'autre encore… Si tout cela nous permet de repartir au château ou à la mer… si je peux encore te voir rire, chanter et t'écouter parler. Alors je dit oui. Cent fois oui. Et je n'échangerai ma place pour rien au monde. T'avoir comme amie c'est juste un énorme cadeau. Empoisonné peut être mais je le considère comme un privilège.

Voltaire disait :
« L'optimisme c'est la rage de soutenir que tout va bien quand tout est au plus mal. »

Je vais essayer de m'en souvenir. Je ferais tout ce qu'il m'est possible de faire pour soulager tes souffrances, pour apaiser tes peurs, tes colères et tes nuits sans sommeil. Comment ? Je n'en ai aucune idée. Mais depuis presque deux ans je répète que je ne sais pas comment et jusqu'ici j'ai toujours trouvé. Et je trouverai encore. C'est peut être toi qui m'inspire. Si je devais faire la liste de toutes les choses que j'ai faite pour toi ou avec toi, dont je ne me croyais pas du tout capable, et bien je pense que la liste serait longue.
Un jour tu m'as dit : « C'est dans les moments les plus difficiles que l'on sait vraiment qui l'on est ». Avant de te connaître je ne savais pas qui j'étais, je ne savais pas grand-chose tout court. Mais aujourd'hui, grâce à toi, je sais essentiellement qui je ne veux pas être. Oui aujourd'hui j'ai 18 ans, je suis majeure, je suis adulte mais rien a voir avec ma date de naissance. Ce qui a fait de moi une adulte, c'est toi. Avoir 18 ans va me simplifier la vie, d'un point de vue purement administratif, mais c'est tout. Je vais avoir une carte de paiement, un chéquier et après quoi ? Rien de plus. Ce n'est pas une carte bleue qui va m'aider à signer un ordre de ne pas réanimer.

….

Donc si j'ai bien compris dans deux jours on retourne à l’hôpital. En gros j'ai deux jours pour me faire à l'idée. Est ce qu'on fini par s'habituer à voir quelqu'un vomir, souffrir et pleurer de douleurs ?   Je ne suis même pas sure de vouloir m'y habituer. Je crois que j'aurais l'impression de me transformer en monstre insensible et égoïste. Même si ça fait mal, je préfère souffrir avec toi.
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Sam 23 Juin - 19:42
Et on recommence…

Mercredi
C'est repartie pour 6 semaines de traitement. Mais cette fois ils font 4 semaines de traitement, deux semaines de coupure et deux semaines de traitement. D'ailleurs il faut que je vérifie quelque chose. Pendant les deux semaines de coupure je voudrais faire quelque chose mais je dois vérifier que les dates correspondent. Ensuite m'organiser avec  les 3 mousquetaires et surtout… acheter les places. Mais… surprise !!!

On vient de se garer à l’hôpital et je te sent très anxieuse. Rassures toi tu n'es pas la seule. Allez, donne moi la main ça va aller. Regarde moi ! T'es prête ? On y va ? Alors viens…

Arrivée dans le service, la secrétaire me demande si je reste avec toi. Bien sur que je reste, évidemment que je reste. Mais... comme d'habitude. Pourquoi elle me pose la question ? Elle le sait depuis le temps.
On attends que la seringue de cheval arrive. C'est toujours aussi long… Ah ! Tiens voilà le professeur. Comme quoi il ne faut pas désespérer, il lui arrive de venir voir ses patients pendant leur traitement. Il est capable de sortir de son bureau.

Le professeur : « - Bonjour .

Nous : - Bonjour .

- Je suis content que vous ayez décidé de reprendre le traitement. On a de bonnes chances . Je peux vous parlez deux minutes ?

- A qui ? Moi ? Oui, bien sur. Toi tu ne bouges pas je reviens.

Toi : - Et tu voudrais que j'aille ou ? Oui je t'attends »

Je sors de la pièce en suivant le professeur dans le couloir.

Lui : «  - C'est très bien qu'elle reprenne le traitement. Je pense que c'est sa meilleure chance. Mais je voulais vous prévenir. Le dosage est beaucoup plus élevé que la première fois. Cette fois ci il faut frapper fort. Mais nous n'avons aucun retour sur les effets secondaires. Elle ne doit surtout pas rester seule après le traitement. Si personne ne peut la surveiller alors je la garde hospitalisée.

- Non, non. C'est bon elle reste chez moi après le traitement.

- Je me doute que vous souhaitez bien faire, mais la présence d'un adulte serait préférable.

- Depuis deux ans je m'occupe d'elle quand elle est malade ; Je la connais bien et elle me fait confiance donc je pense que je vais m'en sortir. Et puis… je suis majeure donc où est le problème ? (je vais lui péter les dents à celui là…). Jusqu'ici personne ne s'est inquiété de savoir ce qu'elle faisait en sortant d'ici alors pourquoi maintenant ?

- Très bien. Mais au moindre problème n'hésitez pas à contacter mon service ils savent toujours où me joindre. Voici le numéro.

- Merci…. Bonne journée »

Il me fait quoi lui ? Super rassurant son discours. Au moindre problème ? Dans quel genre ? On doit s'attendre à quoi ? La présence d'un adulte ? Parce que à 18 ans on ne peut pas tenir une cuvette ? Je ne vois pas ce qui le choque.
En attendant je vais déjà aller voir comment toi tu vas, le reste on verra après.

Toi : «  Il te voulais quoi ?

- Ah ! Rien de spécial. Juste savoir ce qui t'avais fait changé d'avis.

- Et tu lui a dis quoi ?

- Que j'avais réussi à te convaincre.

- C'est un peu raccourci, mais c'est pas faux »

Le produit est dans tes veines depuis déjà 30 minutes mais tu es toujours branchée au moniteur. Ils surveillent quoi ? Ils attendent quoi ? Tu dois rester une heure sous surveillance avant qu'ils te laisse partir . C'est nouveau ? A priori oui. On attends alors…
Une heure plus tard, tu vas bien. Ou disons plutôt, pas pire que ce à quoi je m'attendais.
On peut partir ? Merci. Allez on rentre.
Oui je sais… donne moi les clés.

Pourquoi tu trembles ? T'as froid ? A en voir tes yeux t'as surtout de la température. On est bientôt arrivées. Voilà on y est.
Hop !! Viens ! Accroche toi je te tiens. Juste un petit effort, il y a 14 marches à monter. Voilà c'est ça. Et t'es trempée, c'est plus un tee shirt, c'est une serviette éponge. Enlève moi ce truc et couche toi je reviens.
Il est où le thermomètre ? Je suis sure de l'avoir rangé ici...ah le voilà. D'accord, je comprends mieux : 39,6°. Opération serviettes fraîches. Je sais ce qui se passe quand tu dépasses les 40° donc on va éviter. Essaye de dormir ça va passer. 10 minutes plus tard… je change de serviette parce que la première est tout droit sortie d'un micro onde…

Tu t'es enfin endormie dans mes bras, mais je repense au discours du professeur. Et là, je ne suis pas très rassurée. Je sent ton cœur battre et frapper ma poitrine tellement fort… il ne bat pas un peu vite ? Je regarde ma montre et je commence à compter… 145/min, je confirme c'est beaucoup plus que la normale. Calme toi, je suis là. 145 en dormant c'est de trop. Je sais qu'au test d'effort tu peux monter à plus de 180 mais là c'est de trop quand même. Pose ta tête sur ma poitrine, t'entends ? Calme….calme toi...voilà c'est bien, c'est mieux. Je recompte...82 c'est beaucoup mieux. Repose toi…

Une heure et demie plus tard tu ouvres les yeux….
Quoi ? Qu'est ce qui se passe ? Le volet ? Il est fermé. T'as mal ? Oui c'est bon j'ai compris. La cuvette est devant toi. Une fois, deux fois, trois fois….sept fois.. et tu n'as plus rien à vomir.
« Je sais que t'as mal, alors vas y sert ma main, sert aussi fort que ça fait mal. T'as plus de force que ça alors sert... »
Et c'est reparti.. Huit fois… laisse moi t'éponger le front, tu dégoulines…
T'es épuisée… je le voit. Je te ramène au lit.

Maintenant tu sembles aller mieux. La fièvre est descendue. Je sais que ce n'est qu'un effet secondaire qui ne dure pas mais depuis que tu t'es retrouvée en réanimation, j'ai la trouille à chaque fois que tu as de le fièvre.

Et une injection de faite. Je pense que l'on ne s'en ai pas trop mal sorties. C'est dur de te voir souffrir et vomir de cette façon. Mais moi je n'ai pas mal. Le plus difficile c'est de te sentir aussi faible quand on a l'habitude de te voir tellement dynamique. Juste un mauvais moment à passer ? Je veux bien mais ces moments vont se répéter chaque semaine. Tu seras de plus en plus fatiguée et tu vas le supporter de moins en moins bien. J'espère que tu trouveras le courage d'aller jusqu'au bout.
Je suis là, a tes cotés mais je me sent tellement impuissante. J'ai l'impression de ne servir à rien.

T'encourager ? Je voudrais bien, mais comment ? C'est pas un match de basket. Il ne suffit pas de dire : « allez fonce ! »
Et ce que je n'arrive pas à te dire ressemble à peu près à ça :
Copie du texte original :

« S'il y a le moindre espoir, je te demande d'y croire.
Oublie un peu tes doutes et va jusqu'au bout de ta route.
Oublie toutes ces peurs qui te plonge dans l'horreur.
Essaye d'effacer tes angoisses qui nous porte la poisse.
Et quand ca sera trop dur, je briserais les murs
J'enfoncerais toutes les portes et je trouverais la force
d'aller crier partout que c'est ta mort qui est morte.
Je veux pouvoir écrire nos rires et nos délires
Je veux oublier le pire et te donner envie de vivre.
Pour que ce Carpe Diem jusqu'au bout nous emmène. »

Il est 18h45 et tu dois partir . On ne parlera pas de cette après midi, pas maintenant. Tu m'appelles en arrivant et surtout tu n'oublies pas tes médicaments.
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Dim 24 Juin - 20:36
Suite du traitement

C'est la quatrième aujourd'hui. Après tu auras deux semaines de tranquillité. Et je te promets que l'on va en profiter. Te faire oublier ce que tu viens d'endurer est impossible.  Mais si je peux au moins t'apporter un peu d'apaisement, un peu de joie, un peu de bonheur, un peu…
Et j 'ai ma petite idée. Je sais que tu vas aimer mais il faut que tu tiennes le coup. Et rien qu'a voir ce que tu écoutes en ce moment je sais que tu n'en peux plus .
Dans la voiture tu m'as fait écouter une chanson écrite à la mémoire de James Dean, cet acteur mort très jeune, tragiquement, dans un accident de voiture. Cette chanson elle disait :

« Seul dans ma peau De desperado
Je suis comme lui Mais sans son génie
Un être humain Ce n'est pas rien
Qu'un tas de boue Qui se tient debout

Un être humain C'est aussi quelqu'un
Qui tend les mains Qui a besoin
D'un peu d'amour

Mourir comme lui Je voudrais 
Mourir comme lui Avant d'avoir gâché ma vie
A trop vouloir Vivre comme lui

Mourir comme lui Pour ne pas manquer la sortie
Quitter la terre Dans un éclair
Rendre mon ombre A la lumière

He is the winner And I'm the looser
Pourquoi son destin Et pourquoi le mien
Lui il vivait Pour quelque chose
Moi je ne suis Qu'un rebell' sans cause

Il avait tout Et il voulait tout
Moi je n'ai rien Mais j'ai besoin
D'un peu d'amour...

...Mourir comme lui Pour ne pas manquer la sortie
Quitter la terre Dans un éclair
Pour me mêler A la poussière

Mourir comme lui Pour ne pas manquer la sortie
Quitter la terre Dans un éclair
Pour me mêler A la lumière
De l'univers »

La légende de Jimmy, Luc Plamondon

Elle est magnifique cette chanson mais… « quitter la terre dans un éclair, pour me mêler à la poussière , rendre mon ombre à la lumière». Tu veux mourir ? Ou c'est juste une manière de m'expliquer que tu n'as plus peur de la mort ? Quoi qu'il en soit cela prouve que tu y penses et je n'aime pas ça. Il faut que tu penses à vivre. Je sais que c'est difficile en ce moment mais ne baisse pas les bras.



Heu… Ça ne te déranges pas que je roule pendant que tu dors ? C'est de la confiance ou de l'inconscience ? Heureusement que je connais la route parce que, entre les feux rouges et les stop il ne faut pas que je freine trop brusquement. Je ne veux pas te réveiller. Mais freiner, rétrograder et mettre le clignotant en même temps...quand je te regarde c'est extrêmement simple mais moi il faut que je réfléchisse. Je vais essayer de ne pas caler non plus, sinon tu vas te manger le pare brise.
Voilà, on est garé. Ah oui mais… je ne peux pas laisser la voiture sur le trottoir. Cet après midi ils barrent la route. Je dois la rentrer dans la descente de garage. Le portail est en plein virage, le mur est de travers et en plus ça descend. Et bien évidemment le seul moyen de rentrer c'est en marche arrière sinon il est impossible de ressortir. Je suppose que tu ne m'aides pas là ? Ben non, tu dors.
Huit manœuvres plus tard, la voiture est dans la descente. Maintenant toi ! C'est direction la sieste.

Oh !!! Reste avec moi. T'arrives pas à marcher ? Ok. Donne moi ton bras, accroche toi à mon épaule..Les marches ? Je sais pas. Attends je réfléchie . Grimpe sur mon dos, je te porte. Quoi non ? Tait toi et grimpe. Voilà. C'était pas plus compliqué que ça.
La fièvre, les tremblements, la tachycardie, les vomissements… tous les mercredis c'est pareil. Je veux juste que tu dormes. Repose toi je m'occupe du reste. Mon TP de physique ? Ben je le ferais ce  soir.

Je te regarde vomir, te tordre de douleur, tu plisses les yeux parce que l'étau imaginaire est en train de t'écraser le crane. Je n'ose même pas imaginer ce que tu ressens en ce moment. Je n'ose pas parce que personne ne le peux. Je le voit mais je ne sais pas. T'entendre gémir c'est à la limite du supportable mais crie, hurle, pleure… j'encaisse. Ne te retiens pas pour moi. Surtout pas. Souffrir à ce point c'est injuste, c'est intolérable, pas logique et tout simplement dégueulasse.  C'est la vérité. Alors vas y dit le… Pourquoi toi ? Dit le ! Venges toi, cogne...c'est ça…
Maintenant c'est ma main gauche que tu écrases ; oui parce que la première fois je t'ai donnée la droite. Le seul problème c'est que le lendemain je ne pouvais pas écrire. Ma main ? Elle va bien. J'ai mal mais rien de comparable avec tes douleurs. Et si c'est le seul moyen de te soulager… un peu. Alors vas y . Défonce les murs si tu veux ça m'est bien égal.

Où sont tes clés ? Dans ma poche. Et non je ne te les donne pas. Il est hors de question que tu prennes le volant. Tu tiens à peine debout c'est non. Tu dois rentrer ? Tu ne peux pas dormir ici ? Effectivement c'est pas possible. Je préférerais mais c'est impossible. T'as deux solutions. Soit je t 'emmènes chez ton frère, soit je te dépose à la gare . Tu choisis quoi ? La gare ? Ok . On laisse la voiture là bas et je reviens te chercher demain matin à la gare. Comment je rentre de la gare à ici ? T'en fais pas pour ça . Un des 3 mousquetaires viendra me chercher. Je laisse juste un mot pour mes parents et on y va.
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Dim 24 Juin - 20:37
La surprise

Mi Octobre
Je crois qu'il était temps de faire une pause. Une injection de plus et je ne sais pas ce qui se serait passé. Maintenant on a deux semaines de libre. Deux semaines sans hôpitaux . Ce qu'on fait mercredi ? Je ne sais pas encore. Mais mardi prochain je sais. J'ai enfin les places. D'ailleurs ils savent ce qu'ils demandent. Mais je m'en moque j'avais mis mon salaire de coté exprès. les deux places, le gazole, le parking, le restaurant du soir et l’hôtel. Mais cette fois ci c'est moi qui paye. Et je ne vais pas te demander ton avis.

J'ai même appelé ton frère pour être sur que cela ne pose pas de problème. Comme je m' en doutais là où je veux t'emmener n'est pas très compatible avec tes migraines. Mais il était fou quand je lui ai expliqué ce que je voulais faire. Il voulait même payer mais j'ai refusé. Et comme il l'a si bien dit : « Tu ne verras ça qu'une seule fois dans ta vie. » Donc j'ai l'autorisation. Tu dois juste doubler la dose de ton anti douleur, exceptionnellement. Et j'ai réservé l'hôtel. Ah oui ! L’hôtel parce que je ne peux pas te laisser toute seule la nuit après cette soirée. Trop risqué. Même si c'est peu probable tu peux faire une crise d'épilepsie ou encore vomir, donc je reste avec toi.
J'ai vraiment hâte d'être a la semaine prochaine. Je veux juste voir la tête que tu feras lorsque tu verras la pelouse en pyramide. Tu voulais savoir si il y' en avait d'autres… humm...plus ou moins. Je dois surtout réussir à me taire jusqu'à mardi.

Et demain ? Tu veux faire quoi ? Vas y ...choisie.
Quoi ? Tu plaisantes ? En fait j'ai bien peur que non. Oui ça fait un mois que le mercredi je m'occupe de toi et alors ? Les cours ? Ben pour l'instant je m'en sort. Tu ne veux pas que je prenne du retard a cause de toi je le sais. Mais je t'assure je suis, tout va bien. Ma réponse ne te satisfait pas et tu veux vérifier par toi même. Je ne sais pas pourquoi mais je ne suis pas vraiment surprise. Donc tu veux vraiment que je fasse le contrôle que t'as préparé pour ta classe ? Super !!! Je n'avais pas envisager la journée de cette manière mais si tu y tiens…
Et j'imagine que je vais devoir le refaire jusqu’à ce que la note te conviennes ? Bien sur que oui. Ben voyons !

Cela dit entre les exercices ou te regarder vomir, je choisie les exercices sans hésiter. Et puis je sais pourquoi tu y tiens tant que ça. Tu t'en aie voulue quand j'ai redoublée ma seconde, alors qu'il n'y avait aucun rapport avec toi. C'est juste qu'avec 11 en français, 8 en histoire géographie, et 2 en anglais … ben je ne passais pas. Malgré le 18 en maths, le 16 en biologie et le 14 en physique. Donc tu vois tu n'y est pour rien. Bientôt tu vas me demander mes bulletins je le sens gros comme une maison. Tu es même capable de ne plus venir si mon bulletin ne te plaît pas. En clair j'ai plutôt intérêt à assurer.

Alors ? Je peux avoir l'énoncé ? En 2H je suppose ? Met un film tu ne vas pas me regarder pendant deux heures . Le son va me déconcentrer ? Ben prend le casque…

Deux heures plus tard…

Toi :  «  Donne moi ta copie.

- Tu ne vas pas la corriger maintenant ?

- Bien sur que si

- Génial…. Tu veux un café ? Ah non c'est vrai pour toi c'est chocolat chaud, t'as plus le droit au café...Donc chocolat pour les enfants et café pour les grands.

- Fait la maligne. On en reparlera quand j'aurais fini de corriger. »

Vue ton regard, j'espère que je n'ai pas écrit de bêtises. Parce que là je vais carrément en prendre une. Le prof à repris possession de ton corps. J'adorais tes cours mais entre le coté pile et le coté face je ne sais pas lequel des deux je préfère. Les deux en fait. Parce que l'un ne va pas sans l'autre.
Le coté pile c'est le coté sure de toi, autoritaire, déstabilisant, inaccessible, c'est celui que tout le monde voit. Le coté face c'est celui que tu caches : sensible, sincère, touchant, troublant, imprévisible… celui que j'ai parfois l'impression d'être la seule à connaître. Et le tout ? Le tout fait de toi une personne entière et  exceptionnelle. Quand je te regarde, j'ai l'impression de regarder dans un miroir. Un miroir où l'image que j’aperçois est celle de la personne à laquelle je souhaiterais ressembler dans 10 ans. Pas physiquement. Non ! Mais qui tu es, qui tu es vraiment.

Toi : «  C'est pas mal.

- Pas mal ? C'est à dire ?

- 16/20 et….

- Aiie !!! Non… il est lourd le bouquin de première. J'ai fait quoi ?

- Si tu ne m'avais pas écrit un 6 sur la troisième ligne et recopier un 8 sur la ligne d'en dessous ça ferais 18 /20»

J'avais raison. Je savais bien que j'allais en prendre une. Je vais finir par croire que tu te venges pour les fois où je te piques les clés ou les jours où je t'engueule.
Mais objectivement je sais que les deux n'ont aucun rapport. Tu veux juste que je réussisse mon année scolaire. Et surtout...que ce l'on partage ensemble n'influence pas ma scolarité. (je suis désolée pour ça mais je n'ai aucun regret)
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Dim 24 Juin - 20:38
Cours Forrest

Vivement la fin des cours. Moi je termine à 10h mais toi c'est midi. Je vais faire mon devoir de français pendant les deux heures de permanences, au moins il sera fait. Et puis ce week-end je n'aurais pas le temps. Dimanche peut-être ? Ah non dimanche je dois faire mon devoir de maths. Et il vaudrait mieux qu'il soit juste.

Il est bientôt midi. Je vais ranger mes affaires parce qu'il faut que je monte te récupérer en cours.
Allez...allez tout le monde dehors ! Je sais que vous n'êtes pas pressés de sortir de son cours mais c'est fini...alors dehors ! Ne reste plus que les 3 mousquetaires. Tu te demandes pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils viennent manger avec nous…
Qui vient en face de moi ? Ma prof de Français...Pourquoi elle me regarde de travers ? Ce que je fais devant ta salle de cours ? Et bien si on lui demande….elle dira qu'elle ne sait pas.

Moi :  «  - Bonjour ;

- Bonjour. Vous attendez quelque chose ?

- Juste mes amis. »

Curieuse ! Je lui en pose des questions moi ? Elle voudrait bien savoir ce que je fou tous les jours avec toi. Mais je ne lui répondrai pas. Ce n'est pas son problème. Et puis après tout, si elle veut savoir elle n'a qu'à te le demander. Mais c'est vrai, il n'y a pas que tes élèves qui n'osent pas t'aborder.

«  Vous êtes prêt ? On y va ? »

Toi : « - On va ou ?

- Pour l'instant manger. Je t'invites…

- Pour l'instant ? Et après ?

- Et bien après tu verras bien. Je te gardes avec moi aujourd'hui…

- Oh là… je le sent mal. Qu'est ce que tu as encore trouvé ?

- Rassure toi. Rien d'extraordinaire : Pizzeria et cinéma. Ça te va ? !!!!

- Ah !! Oui Oui ! Tu veux aller voir quoi ?

- Je te laisse choisir»


Vous prenez quoi ? Toi je sais « savoyarde » donc deux savoyardes et vous ? Je vous laisse choisir…
Quelles notes en cours ? Oh c'est pas vrai ! Tu ne va pas recommencer ? C'est une obsession chez toi. On s'en sort très bien. Mais là on est samedi, les cours sont terminés alors lâche ton bouquin.
C'est perturbant, les 3 mousquetaires te dises « vous » mais pas moi. C'est l'avantage de ne plus t'avoir en cours. Moi je peux…
C'est « Forrest Gump » que tu voulais voir ? Et bien allons y…

Super film. J'ai adoré. Et visiblement toi aussi. « La vie c'est comme une boite de chocolats. On ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Elle te plaît cette phrase. Je sent que tu vas me la ressortir.
Il va être 18h. Je me dépose chez moi et toi tu rentres te reposer. Si tu veux aller au basket demain tu dois te reposer.

Oui ! Je sais. Demain je dois faire mon devoir de maths.
Vas y doucement demain. A lundi….
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Dim 24 Juin - 20:39
La rencontre de l'histoire

Mardi 18h, fin des cours.
Oui je prends les clés de la voiture. Et non, ce soir je ne prends pas le car. Ce soir je te kidnappes. Depuis le temps que j'attends cette soirée. Et accélère le mouvement parce qu'on a 50 kilomètres à faire et je voudrais bien que l'on mange quelque chose avant. Je pense m'arrêter à la cafeteria du centre commercial sur la route. C'est rapide, on ne devrait pas perdre trop de temps.

Une surprise ? Ce n'est pas la première. Et je me doute que là tout de suite tu cherches à savoir ce que j'ai bien pu trouver. Arrête de chercher tu ne trouveras jamais. D'autant plus que lorsque j'ai dit « ce soir je te kidnappes », ce que tu n'as pas compris c'est que je te gardes avec moi jusqu'à demain. On a cours demain ? Oui je sais. Mais le sac de l’hôpital est toujours dans ton coffre donc ce n'est pas un problème. Et puis l’hôtel est à 5 minutes du lycée...j'ai tout prévu.

Ah Non ! Tu ranges ta carte bleue. Le repas c'est moi qui paye et en repartant je te fais le plein. Maintenant que j'ai une carte bleue il faut bien qu'elle serve à quelque chose… Et tu ne discutes pas. Tu n'es pas la seule à en profiter. Je le fais parce que ça me fait plaisir donc laisse moi payer. On ne va pas se battre pour 50 francs. Au fait ! Tu as pris tes médicaments ? Oui, ben celui là tu en prends deux s'il te plaît. Ordre de ton frère. T’exécutes sans poser de questions ? Là, je suis surprise.

Direction A4… c'est de quel coté ? C'est bon je vois le panneau. L'avantage d'avoir le volant c'est que c'est moi qui choisie la route. Tu regardes les panneaux en te demandant ou je t'emmène. Ça me fait rire...Tu ne me demandes pas où l'on va? C'est étrange. Surtout que l'on ne va jamais dans cette direction. Mais visiblement tu ne t'inquiètes pas. Tu me fais vraiment confiance ? A priori oui. On vient de passer devant Eurodisney. Là en revanche je dois faire très attention, il y a quatre files, les voitures déboulent dans tous les sens… je vais rester à droite je suis bien là.
A notre gauche ? C'est la Seine. Tu n'as toujours pas compris ? Tant mieux.

Toi : « Hey.. mais on va passer devant le POPB  (Palais Omnisports de Paris Bercy)?

- C'est exact. Il est juste devant toi. Là à droite.

- Mais… mais qu'est ce que tu fais ?

- Je cherche l'entrée du parking.

- Quel parking ? Bercy ? »

A ce moment là tu as levé les yeux et tu as vu l'affiche du jour :

« State Warriors VS Charlotte Hornet », le premier match NBA disputé en France.
Ton regard s'est illuminé comme un enfant de 3 ans, voyant le Père Noël pour la première fois. (Je n'oublierais jamais ce regard.) Une fois dans les couloirs immenses, on entendait la salle hurlante. Des cris, des chants...une ambiance de folie. 16000 personnes dans la salle prêtes à assister au match de l'histoire. Le championnat NBA pour la première fois en France. Pour les fans de Basket c'était tout simplement un rêve qui se réalisait.

En entrant dans cette salle immense, l 'émotion t'as totalement submergée et tu t'es mise à pleurer. J'avoue que c'est très impressionnant. On se sent minuscule au milieu de cette foule énorme. Une fois assises à nos places, tu m'as prise dans tes bras. Et j'ai eu droit à un énorme baiser sur la joue.   « De rien, ça me fait plaisir de te voir heureuse ». Je suis cinglée ? Oui je sais, tu me le répètes toutes les semaines. Cinglée ou pas, j'avais réussie mon coup.

Un jour tu m'as dit :

«  - Je voudrais….manger une glace en terrasse en plein mois de février.  Visiter le château de Versailles. Voir un match de Basket au POPB. Aller en boite de nuit. Voir un levé du soleil au bord de la mer. Connaître l'ivresse, l'amour et l'envie. Visiter Florence. Appliquer Carpe Diem. Je veux pleurer par amour et vivre pour voir vieillir ceux que j'aime. Ce n'est qu'un rêve, mais je veux rêver. Rêver plus haut que les chants des oiseaux, rêver plus fort que tous les mauvais sorts.»

Cf Chap 1, p 47

Depuis ce jour, cette phrase ne m'a jamais quittée. Je ne pourrais certainement pas réaliser tout tes rêves mais je peux au moins essayer. Et te voir là ce soir, vivante, heureuse, émerveillée…. Ça vaut tout l'or du monde… Merci.
Merci de m'avoir fait confiance. Merci de m'avoir donné la chance de réaliser ce rêve pour toi.

Les Warriors ont gagnés 132 à 116, mais le score t'es bien égal. Tout comme moi tu garderas un magnifique souvenir de cette soirée. Et maintenant tu pourras dire : « J'ai vu un match de NBA en vrai ». Une fois la salle presque vide, on se dirige vers la voiture. Maintenant il faut ressortir du parking. Et là, c'est comme la salle d'attente des consultations, il ne faut pas être pressé.
Pas la peine de klaxonner on avancera pas plus vite. Il commence à m’énerver celui là derrière. C'est maladif le klaxon ? En plus dans les sous sols ça résonne et à chaque coup de klaxon tu sers les dents.
Stop ! Ca suffit ! Je sert le frein à main, je descends, je vais me le faire.

« Oh !! Vous avez un problème ? Le klaxon c'est un jouet ?

- Mais ils avancent pas, ils font ch***

- On est 16000 à vouloir sortir. Ce n'est pas votre klaxon qui vous fera passer par dessus.

- Je m'en fou, je fais ce que je veux

-Ok. Alors écouter moi bien. Ma copine à une tumeur au cerveau. Chaque coup de klaxon lui donne envie de vomir. Si elle dégueule par votre faute, je vous jure que je vous fait lécher le sol »

Sa femme : « - C'est vrai Chéri arrête. Tu vois bien que ça ne sert à rien. Et puis moi aussi ça me donne à la tête »

Avec un grand sourire je me suis remise au volant… et plus de klaxon.

Toi :  « - Mais qu'est ce que tu lui as dit ?

- Que si son klaxon te faisais vomir, je lui faisait lécher le sol.

- Quoi ? Je confirme ! T'es complètement cinglée... »

Et on a éclatée de rire…
J'étais à peine sortie du parking que tu dormais. Ce n'est pas plus mal. Je dois juste retrouvée la route pour rentrer. Comment on fait demi tour ici ? C'est de l'autre coté que je veux aller.
Une heure plus tard je me garais devant l’hôtel. C'est bon j'ai le code.

« - Réveille toi. On est arrivées.

- Ou ça ?

- A l’hôtel

- Heinnnn ? Quel hôtel ? On a cours demain.

- Je le sais. Ne panique pas. C'est simplement que les flashs et les décibels peuvent provoquer des crises d'épilepsies, en plus du mal de tête et des vomissements. Donc cette nuit je ne te laisse pas seule.

- D'accord ! J'imagine que mon frère était au courant ?

- Bien sur que oui. Avant de t'emmener je lui ai demandé l'autorisation. Allez Hop ! Au lit... »

Pensée intérieure:
Si je comprends bien, ce qui te préoccupes le plus n'est pas le fait que je t’emmène a l’hôtel, mais juste le fait que l'on ais cours demain. Tu n'es vraiment pas comme tout le monde toi.

Mercredi 6h du matin.
Le réveil vient de sonner. Tu ne t'es même pas réveillée une seule fois cette nuit. Tu t'es endormie dans mes bras et réveillée dans la même position. Pas de cauchemar ? Cool. Maintenant c'est une douche, petit déjeuner à l' hôtel et direction le lycée.
Bon attends. Je vais juste prendre mon classeur à la main parce que je n'ai aucune envie que la prof de français me voit sortir le gros sac de ta voiture et débarquer dans son cours avec mes fringues.  Je te récupère à 10H… a toute à l'heure...



« - Tu veux manger quoi ? Laisse moi deviner… carbo parce que ça fait un mois que tu ne peux pas en manger. C'est bon je m'en occupe »
Cet après midi tu te repose. VHS ? Ok. Tu veux regarder quoi ? «  l'étudiante » ? Oui je l'ai. Regarde dans les « E ».
A la fin du film j'ai compris que tu aurais bien voulue passer l'agrégation. Mais c'est 3 ans d'études.
Maintenant je sais aussi d’où tu as sortie la phrase de Baudelaire : « il ne faut pas tuer les instants de bonheur ».
J'ai compris. Je ne les tuerais jamais, je te le promets. Ils resteront dans ma mémoire, comme des pierres échouées au fond de l'océan.
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Si je pouvais - Page 2 Empty Re: Si je pouvais

Lun 25 Juin - 21:00
Le Parc d'attraction

Je suis hyper fière de toi. Même si les deux dernières semaines ont été très très difficiles, tu as terminé ton traitement. La seule chose que j'espère c'est que tout tes efforts n'auront pas été vains. Je souhaite vraiment que tes douleurs et tes sacrifices t'auront permis d'obtenir du temps. Le temps de vivre… de vivre encore. Tu disais : «  vouloir connaître l'ivresse, l'amour et l'envie ». Si tu pouvais trouver l'envie de vivre ce serait déjà un bon début.

Alors écoute ça :

« Qu'on me donne l'obscurité puis la lumière
Qu'on me donne la faim la soif puis un festin
Qu'on m'enlève ce qui est vain et secondaire
Que je retrouve le prix de la vie, enfin !

Qu'on me donne la peine pour que j'aime dormir
Qu'on me donne le froid pour que j'aime la flamme
Pour que j'aime ma terre qu'on me donne l'exil
Et qu'on m'enferme un an pour rêver à des femmes !

On m'a trop donné bien avant l'envie
J'ai oublié les rêves et les "merci"
Toutes ces choses qui avaient un prix
Qui font l'envie de vivre et le désir
Et le plaisir aussi
Qu'on me donne l'envie !
L'envie d'avoir envie !
Qu'on allume ma vie !

Qu'on me donne la haine pour que j'aime l'amour
La solitude aussi pour que j'aime les gens
Pour que j'aime le silence qu'on me fasse des discours
Et toucher la misère pour respecter l'argent !

Pour que j'aime être sain, vaincre la maladie
Qu'on me donne la nuit pour que j'aime le jour
Qu'on me donne le jour pour que j'aime la nuit
Pour que j'aime aujourd'hui oublier les "toujours" !

On m'a trop donné bien avant l'envie
J'ai oublié les rêves et les "merci"
Toutes ces choses qui avaient un prix
Qui font l'envie de vivre et le désir
Et le plaisir aussi
Qu'on me donne l'envie !
L'envie d'avoir envie !
Qu'on rallume ma vie ! »

Johnny Hallyday



Maintenant c'est partie pour le Parc d'attraction. Ah oui ! C'est vrai que toi que tu appelles ça de cette façon. Pourtant, rien à voir avec Eurodisney. Pour toi le Parc d'attraction c'est : scanner, IRM, analyses, scintigraphie, labo…
Pourquoi ? Tout simplement parce que comme à Eurodisney il y a deux heures d'attente pour 5 minutes de manège. La première fois que tu m'as parlé d'attraction alors que tu avais rendez vous pour l'IRM j'avoue que j'ai beugué. Mais en y réfléchissant... j'aime ta manière de voir les choses. Ta façon de dédramatiser. Encore une fois tu m'as prouvée que tu étais dotée d'une force extraordinaire. Ton esprit terre à terre et très cartésien y est forcément pour quelque chose. Mais il faut quand même un sacré courage pour réussir à visualiser les choses de cette manière. Et toi tu l'as.

Si seulement les résultats pouvaient « rallumer ta vie », c'est tout ce que je souhaite. Et oui j'y crois. Bien sur que j'y crois. Je n'ai pas d'autres choix. Parce que si les résultats ne sont pas à la hauteur de ce que l'on espère… Je n'aurais plus les moyens de t'obliger à te battre. Il n'y aura plus d'ennemi à combattre parce que la partie sera finie. Et là … sincèrement, je ne donne pas cher de ton avenir. Tu seras brisée définitivement, et rien de ce que je pourrais dire ou faire ne changera quoi que ce soit. Je le sais. Je déteste cette idée, mais je le sais.

Mais je ne veux pas y penser. On va rester optimiste. Je vais rester optimiste pour toi.

« Je veux voir dans tes sourires, cette rage de vivre,
Je veux lire dans tes regards, cette rage de vaincre
Je veux lire dans tes mots, ce feu qui brûle en toi…
j'aimerai le voir.. encore..toujours. »
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Lun 25 Juin - 21:01
Verdict

Novembre
Nous voilà de nouveau dans cette salle d'attente que je déteste. Rendez vous à 14h30… avec un peu de chance on sera sorties d'ici pour 18h.
Tu veux un verre d'eau ? Autre chose ? Non je vais bien je t'assure. Stressée ? Heu.. oui un peu. Tu voudrais que je m'assoies avant de faire une tranchée dans le sol… Ah ! C'est à ce point là ? Ok. Je vais m 'asseoir. C'est tes résultats ou les miens qu'on attend ? Heu.. il faut vraiment que je réponde ? Toi et moi c'est pareil non ? Depuis deux ans tu sais tout ce que je fais, tout ce que je pense, tout ce que je vie et tout ce que je ressens. La réciproque ? Elle est identique. Aujourd'hui ta vie c'est la mienne, et ma vie… c'est ta vie aussi. Alors oui je stress. J'ai la trouille. J'ai peur de ce qu'il va nous dire ou de ce qu'il pourrait ne pas dire. Parce que je tiens à toi. Peut être même plus qu'à moi même. Ce sentiment m'effraie parfois mais c'est lui aussi qui me fait exister. Les chants, les pleurs, les blessures, la joie, la peur, la colère, la haine…et la tendresse aussi. Tout ces sentiments c'est la vie. Et c'est à tes cotés que je les aient appris. Alors oui ! Je ne me suis jamais sentie aussi vivante que depuis que je t'ai rencontrée.

C'est à nous ? Allons y !
Je rêve ou il sourie ? Prendre place ? Heu ...oui. Ne me regarde pas comme ça. T'en fais pas je ne bouge pas. Quoi ? Non c'est pas ça ? Dit moi.. Ok j'ai compris. Donne moi ta main. Tu te sens mieux ? On dirait que oui. Maintenant il peut parler.

Le professeur : « Détendez vous, c'est plutôt une bonne nouvelle. On observe une réduction de la masse sur les derniers clichés. Et vos analyses sont bonnes, en tout cas bien meilleures qu'il y a 6 mois. Il faut bien sur recontrôler dans un mois. Mais si le traitement à réellement fonctionner alors on devrait observer une réduction encore plus importante d'ici là. Et sans vouloir vous donner de faux espoirs, nous pouvons espérer observer une réduction suffisamment importante pour nous permettre d'envisager une intervention. »

Je commence à bien l'aimer lui. Alors le traitement fonctionne ? Tu n'as pas souffert pour rien. Je peux sourire maintenant.. et toi aussi.

Le professeur : « Ne vous méprenez pas. Rien est encore joué. On est sur de rien. Il y a de nombreuses complications possibles du aux effets secondaires que l'on ne connaît pas. Mais vous venez de gagner du temps, un temps certain. Profitez en . On se revoit dans un mois. ».

Dans un mois ? On sera à Noël. Ton 3 ème Noël depuis que je te connais. Quand je pense que le premier je me suis dit que c'était peut être le dernier. J'avais tort. Et j'espère qu'il y en aura encore d'autres. Je sais que Noël tu le passes chez ton frère. En revanche, cette année pour le nouvel an j'ai une idée. J'en ai déjà parlé avec les 3 mousquetaires ils sont plus que partants. Mais on aura le temps d'en reparler.

Une fois à la voiture…

Moi : « - A quoi tu penses ?

- Je sais pas… je…

- Mais non...mais pourquoi tu pleures ?

- Je sais pas…

- Je sais pas si t'as entendu ce qu'il vient de dire, l'autre là haut, mais c'était une bonne nouvelle. Je répète : une bonne nouvelle. Alors s'il te plaît… arrête de pleurer. Tu voulais du temps pour vivre ? Tu t'es battue pour en avoir et t'as gagné. Tu m'entends ? T'as gagné.  Alors sourie. Tout va bien se passer maintenant. Allez monte.. on rentre »

Plus tard dans la voiture…

Toi : « - C'est quand les bacs blancs de français ?

- Pardon ?  Après ce que tu viens d'entendre, la première chose à laquelle tu penses c'est mon bac blanc ? T'es sure que tu vas bien ?

- Oui, très bien. Et réponds à ma question.

- Début janvier. Après les vacances de Noël. Mais pourquoi ?

- Parfait. Je sais ce que l'on va faire pendant les vacances de Noël.

- Tu commences à me faire peur là… explique…

- C'est très simple. Je vais te faire travailler.

- Pffff… tu plaisantes j'espère ? Ne le prends pas mal mais t'as bien fait de choisir les maths.

- Rien à voir. C'est beaucoup plus facile d'expliquer les textes des autres que de s'exprimer soi-même. Et puis n' essaye pas de te défiler. Si on ne va pas à l’hôpital, tu bosses.
Et si tu bosses.. je t’emmène 3 jours en vacances entre Noël et Nouvel An. Si tes parents sont d'accord bien sur. Alors ??

- C'est du chantage ça… mais oui c'est d'accord. Tu veux partir où ?… Comme d'habitude je n'ai pas le droit de savoir… normal. »

Tu veux vraiment me faire réviser mon français ? Je ne sais pas si tu le sais mais il y a une vingtaine d'explications de textes pour l'oral et les sujets de dissertation pour l 'écrit. On va se marrer. Surtout que la plupart de ceux que l'on a étudié jusqu'à présent je n'accroche pas vraiment. Mais si tu tiens vraiment à te farcir Maupassant, Rimbaud, Verlaine, Stendhal et Victor Hugo alors allons y.

De toute façon mon petit doigt me dit que tu ne vas pas me lâcher. Je suis même surprise que tu ne m''ai encore demandé ma moyenne. Et là.. je vais entendre les cloches. Mais c'est pas entièrement de ma faute. Ma dernière dissertation ne lui a pas plus. Tout simplement parce que le sujet était sur la liberté. Et j'ai écrit : «  La liberté est une utopie. Les hommes ne seront vraiment libres que lorsqu'ils pourront choisir de leur propre mort » Je crois que la prof est contre l'euthanasie. En plus elle ne m'apprécie pas beaucoup.  Résultat ? Je me suis fait saquée. Mais ce n'est pas grave je pensais ce que j'ai écrit. Pour moi ce n'était pas une erreur.

J'ai parfois l'impression qu'elle est jalouse de toi. Parce tout tes élèves sont accrocs à tes cours alors qu'avec elle on y va tous à reculons. Elle voit que tu parles aux élèves dans les couloirs alors  que elle on la fuit. Si elle était moins co*** on lui parlerait peut être. Et moi ? Ben moi c'est pire parce que je ne suis plus ton élève et pourtant on est tout le temps ensemble. Je crois que c'est de trop. C'est incompréhensible pour elle et visiblement ça la dérange. Mais tu veux que je te dises ? Elle peut bien me coller un zéro de moyenne pour le plaisir. Je m'en moque. Je ne changerai rien, strictement rien te concernant.
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Lun 25 Juin - 21:02
Les révisions

On commence par quoi ? Baudelaire ou Victor Hugo ? Par la dissertation que je dois rendre à la rentrée...heu...oui .. mais comment tu sais que… ? Je ne vais même pas te poser la question. Oui je m'y met t'énerves pas. Et pendant ce temps là… tu veux lire mon bulletin… Ben voyons !! qu'est ce que je disais ? Elle est trop petite cette chambre, je ne peux même pas m'échapper. Aie !!!! Ils étaient nombreux les philosophes de XVII ème, il est épais le bouquin.
Comment ça qu'est ce que j'ai foutu ? Rien elle n'aime pas ce que j’écris. Tu veux mes dissertations ? Tu veux les lire ? Toutes ? Si ça t'amuses...tiens…

Deux heures plus tard…

Toi : « - C'est normal que tes notes ne dépassent pas la moyenne. Il en manque la moitié.

- Comment ça ?

- Tout ce que tu dis est juste et pour moi c'est plutôt bien écrit mais t'es trop catégorique. Une dissertation c'est introduction, thèse, antithèse, synthèse et là il n'y a aucune antithèse. Tu exposes ta thèse très bien mais le reste il est où ?

- Mais je vais pas écrire le contraire de ce que je pense.

- Mais si. Bien sur que si. Commence par là d'ailleurs c'est beaucoup plus simple après pour la conclusion.

C'est simple :

Notre mémoire à besoin d'images pour se souvenir.
Les photos, les lettres et les cartes postales sont les activateurs dont notre mémoire a besoin.
Sont ils si importants ? Non.
Les décors, les odeurs et les sons sont de bien meilleurs activateurs. Une photo on la déplace, on la perd, mais les images et les voix enregistrées dans notre mémoire n'en bougeront jamais. Tu ne vas pas les perdre, ni les oublier. C'est ce que l'on appelle les souvenirs. La seule chose qui puisse arrivée c'est d'en perdre l'accès en cas d'Alzheimer. Mais dans ce cas tu ne te souviendras pas non plus de l'endroit ou tu as rangé la photo.
Pour se souvenir on a besoin de rien.

Tu comprends le principe ?

- Je retire ce que j'ai dit. Prof de français t'aurais pu. En fait ce n'est pas une question de matière. On est pédagogue ou l'on ne l'est pas. C'est tout. Tu fais prof de physique aussi ? Non parce que les lois de conservation de l'énergie je ne comprends absolument rien.

- Ben on regardera plus tard si tu veux

- Non mais je plaisantais. J'aurais mieux fait de me taire. Donc ma dissertation… je suppose que je recommence ?

- Tout à fait. »

A 16h j'avais enfin terminé cette fichue dissertation. On peut mettre de la musique maintenant ? Merci…. Et demain ? « les liaisons dangereuses »… super !!!

En 3 jours on a refait les explications de texte de tout ceux que j' avais étudié en cours. Là tout de suite ? Je te déteste. Ras le bol. Heureusement que l'on part demain parce que le prochain qui me parle  de poésie je l'étrangle. Et tu veux rentrer samedi matin ? Oui... par contre samedi soir c'est le nouvel an et on est pas là. Ah ! J'ai peut être oublié de te dire que pour le nouvel an je t'emmène avec moi. Par conséquent moi je ne rentrerais que dimanche. D'ailleurs il ne faut pas que j'oublie ton cadeau de Noël, qui traîne sur mon bureau depuis 15 jours, parce que je ne repasserais pas ici.

Moi : « Demain matin 8h ? Et tu m'emmène où ? Non, toujours pas ? Au moins j'aurais essayé.
A demain…. »
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Mer 27 Juin - 10:00
/ A en croire le nombre de vues, vous êtes nombreuses à lire cette histoire. Je me doute que certaines parties sont difficiles, moi même je n'arrive pas à le relire. Au dire de mes proches, il faut avoir les mouchoirs à proximité. Il est sans doute difficile de faire des commentaires sur cette histoire, mais n'ayant aucune idée de la manière dont est perçue cette histoire de l’extérieure, n’hésitez pas. Ça m’intéresse. Tous les jours on me réclame la suite et j'imagine que vous la voulez aussi. Alors la voilà.../
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Mer 27 Juin - 10:07
L'aiguille creuse

Pour le voyage on fait moitié -moitié . Je veux bien mais je vais dans quelle direction ? Nord ouest ? Avec ça je suis drôlement aidée. La manche ? C'est déjà un peu plus clair. Mais j'ai beau être nulle en Géographie, Le Havre ou Calais c'est toujours la manche donc à un moment va falloir choisir.

Toi : « Roule je reprendrais le volant avant . »

Comme d'habitude tu choisis le CD. Finalement t'es contente de ne pas avoir le volant.  Comme tu es incapable d'écouter un disque en entier et dans l'ordre, tu peux changer de pistes à ta guise…
N° 3 ? Ben vas y...

« Et si tu m'aimes Si c'est un problème 
Je reste quand même  Pour te câliner 
Et si j'ai de la fièvre Je m'endors sur tes lèvres 
Et je vide mes peines En baisers salés 
Et si mes larmes te gênent Me laisse pas m'y noyer 
Et toutes mes souffrances Salissent ta présence 
Tu te lèves en silence Pour mieux me protéger 
Me laisse pas m'en aller Me laisse pas m'en aller 
Et devant tes souffrances Je rêve de puissance ...

...Et Si je t'aime Si c'est un problème 
Tu restes quand même Pour tout pardonner 
Comme un chien de faïence Ma pauvre défaillance 
Se perd et se balance Pour finir à tes pieds 
Et si tes larmes me gênent Je viendrai m'y noyer 
Et toutes mes souffrances Salissent ta présence 
Tu te lèves en silence Pour mieux me protéger 
Me laisse pas m'en aller Me laisse pas m'en aller 

...Et ta seule insolence  C'est de me faire confiance 
Un peu de ton absence Est une infirmité 
Je te laisserai pas t'en aller Si tu m'laisses pas m'en aller 
Je te laisserai pas t'en aller Si tu m'laisses pas m'en aller... »

Daniel Balavoine

Moi : « Si t'en passe une par Cd, je comprends mieux comment tu arrives à mettre 15 disques par terre en 1h. Et les disques ils ont des boîtiers... »

« Partir effacer sur le Gange...La douleur 
Pouvoir parler à un ange...En douceur 
Lui montrer la blessure étrange...La douleur 
D'un homme qui voudrait trouver...En douceur 
Au fond de lui un reste de lueur…
L'espoir de voir enfin un jour...Un monde meilleur
Qu'est-ce qui pourrait sauver l'amour 
Qu'est-ce qui pourrait sauver l'amour 
Et comment retrouver le goût de la vie 
Qui pourra remplacer le besoin par l'envie... 
...Et chaque nuit le peuple danse...En douceur 
Croit qu'il peut exorciser...La douleur 
Puis lentement quitte les transes...En douceur 
Alors revient dans sa conscience...Sa douleur 
Au fond de lui sent cette peur immense 
De voir mourir ce sentiment d' amour intense... »

Daniel Balavoine

On a parcouru 300 kilomètres en chantant Daniel Balavoine. Visiblement t'es en forme aujourd'hui. Ca fait plaisir. Même si je ne sais toujours pas où tu m'emmènes. Je m'arrête ? Tu reprends le volant. Il reste 50 kilomètres ? On est presque arrivées.
Attends … tout droit c'est Dieppe, et géographiquement t'as bifurqué à gauche. Je crois que je sais.

Moi :  «-  Je sais où tu vas. C'est magnifique.  La vue sur la manche d'en haut c'est sublime.

- Tu connais ? Parce que moi pas.

- Ah ben tu vas voir. L'arche sur la mer… dans le coucher du soleil. Le trou à l'homme à marée basse…
                                                                                                                                                                                                                                                                         
- Le quoi ? Je ne suis pas sure que l'on parle de la même chose.

- Je te le dirais à l'arrivée. Mais je pense que si. »

J'avais raison. On s'est garées près du belvédère. T'es descendue de la voiture comme une furie et t'as commencée à courir vers la mer….

« Descend pas les marches si vite …c' 'est pas du sable. Et la voiture c'est moi qui la ferme ? A priori oui. T'es déjà en bas ? Ben oui ça glisse...c'est des galets… Si je te dis de ne pas courir.                                  Pire qu'un gosse… »

Regarde…

Si je pouvais - Page 2 Etreta10

Moi : « -On va manger et tu verras à marée basse on peut passer en dessous. Et je te montrerais le trou à l'homme. Là on ne le vois pas la mer est trop haute…

- Moules, frites ?

- Avec plaisir. Mais tu vas remettre ta veste. Il y a du vent et c'est pas le moment d'attraper un rhume.

- Oh ! Ça va.. Tu ne vas pas jouer les infirmières.

- Oh que si ! Ton frère m'a donné ce qu'il faut au cas ou. Et désolée mais c'est contrôle de température matin et soir.

- C'est une blague ?

- Pas du tout. Et à 38° c'est direct les urgences. Donc remet moi cette veste, s'il te plaît.»

Tu veux faire un mini golf ? Oui si tu veux j'ai peut être une chance de gagner pour une fois (et bien oui j'ai gagné). On a bien rigolé. C'est sure que entre un ballon de Basket et une balle de golf c'est pas la même taille. Mais le principe est le même il faut la mettre dans le trou. Et pour ça il faut commencer par la laisser sur la piste. Tu en as perdue combien ?

Ce soir on mange au restaurant. T'as réservé ? C'est bien ce qui m'inquiète. La dernière fois que tu as réservé un restaurant … je me rappelle encore du montant de la facture. Donc ???

Si je pouvais - Page 2 Resto_10

C'est bien ce que je pensais… J'imagine que t'as commandé le plateau de fruits de mer ? Je me disais aussi… C'est mon cadeau de Noël ? Je te rassures, je l'avais bien compris de cette façon. Je sais très bien que tu préfères remplir les esprits avec des souvenirs que remplir des étagères avec des objets. Merci pour tout ça.
Et moi aussi j'ai quelque chose pour toi. Même si grâce à toi, j'ai appris que les mots et les émotions avaient bien plus de valeur que les objets, ouvre le paquet.

Moi : « - Je sais que entre l’hôpital et la Réa ta gourmette en argent à disparue. Et je sais aussi qu'elle venait de ton frère et que tu y tenais beaucoup. Voilà pourquoi je l'ai remplacée. Oui il y a ton prénom dessus. Mais non ne pleure pas. Pas tout de suite… retourne là… »

Au dos de la plaque j'ai fait gravé : « Semper Fi » et tu as éclaté en sanglots. Tu as même fait peur au serveur. J'ai du lui expliqué pourquoi tu pleurais parce qu'il a cru que je t'avais annoncé un décès. Quand il a compris que c'était des larmes de joie il nous a offert une coupe de champagne.
Là encore je n'aurais pas voulue payer la facture…  incorrigible !!!

Direction l’hôtel. Formule 1 tu connais pas toi ? C'est bien ce que je pensais. Oui je sais, tu prends le coté gauche.
Une douche et au lit…

Moi : « -  Attends. Viens voir ici. Montre moi ton bras. C'est quoi ces plaques rouges ? »

- Aucune idée… le soleil…

- Le soleil ? Avec une veste sur le dos ? Enlève ton tee shirt.
D'accord ! Bon! Je descends, je vais appeler ton frère parce que c'est pas normal. »

10 minutes plus tard…

Moi : «  On est pas couchées. Remets tes chaussures je dois t'emmener aux urgences.

- Ah Non ! Pas l’hôpital ! Je ne vais pas aller aux urgences pour deux plaques rouges.

- Deux plaques rouges ? Regardes ton dos dans le miroir s'il te plaît. Ton frère pense à une réaction à l'iode des fruits de mer. Tu sais ce que tu risques ?

- Ah oui c'est vrai qu'il y a de l'iode dans les fruits de mer. Avec le traitement il y a peut être une surdose. Mais demain ça ira mieux.

- Tu plaisantes j' espère ? On va aux urgences tout de suite.

- Non ! Je ne t'ai pas emmenée ici pour que, de nouveau tu m'accompagnes à l’hôpital.

- Je le sais. Mais écoute moi. On va aux urgences, tu vois un médecin et on rentre.

- Tu crois ça toi ? Rien qu'en voyant mon dossier ils vont vouloir me garder, faire des analyses… je connais la chanson. Je ne veux pas. On est pas ici pour ça.

- Ok. Il n'y a aucune raison pour qu'ils te gardent. Et je te promets de ne pas te laisser là bas. Maintenant tu arrêtes de discuter on y va. Parce que là on perd du temps. »

Moi non plus je n 'avais pas imaginé finir la soirée de cette manière, mais je ne vais pas non plus attendre que tu t'étouffes sans rien faire . Cela dit je comprends ton appréhension étant donné ton dossier médical il va falloir leur expliquer ton traitement, je crois qu'on en a pour un moment. Et moi aussi j'ai peur qu'ils décident de t 'hospitaliser sous prétexte de ne vouloir prendre aucun risque. Mais on avisera en temps voulu. Je ne te laisserai pas là bas je te le promets.
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Mer 27 Juin - 10:09
Les urgences du bord de mer

Oui je sais on est pas toute seules, la salle d'attente est pleine. Et non on ne repars pas, tu restes ici. L'inscription est faite, quelqu'un va nous appeler. Ben tu vois on a attendu que 10 minutes.
C'est pour quoi ? Il est aveugle celui là ? Le teint rouge pompier ce n'est pas du maquillage.

Moi : «  A priori une réaction à l'iode. Mais elle vient de terminer un traitement expérimental pour une tumeur cérébrale donc son frère, qui est Médecin au SMUR, nous a conseillé de venir aux Urgences »

Pensée intérieure :
Qu'est ce que j'ai dit d'extraordinaire ? Toi tu es de plus en plus rouge, mais lui, il devient tout blanc. C'est quoi qui lui a fait peur ? Tumeur cérébrale ou traitement expérimental ? Remet toi coco, dit quelque chose…

Le médecin : «  D'accord ! Vous avez mal quelque part ? Des problèmes pour respirer, des démangeaisons ? »

Toi : «  Non je vais très bien. C'est juste des plaques rouges. »

Le médecin : « Très bien. Laissez moi regardez de plus près »

Heu… il fait quoi là ? Il veut que tu te déshabilles ? Jusqu'à quel point ?…
Au moins tu n'auras pas froid aux pieds. Il est gentil il t'as laissé tes chaussettes.
C'est bon là ? Il voulait voir, c'est fait. C'est moi qui vais faire une allergie à l'iode dans deux secondes.

« Vous pouvez remettre vos vêtements. On va déjà faire une prise de sang. Et je dois vous faire une injection. En fonction des résultats on verra si vous devez rester hospitalisé ou pas »

Toi : «  C'est tout vu. Faite votre boulot mais je ne resterais pas. Je suis venue juste pour la rassurer »

Le médecin : «  Elle a eu raison. Je reviens vous voir dès que j'ai les résultats »


Ne dit rien, je sais très bien ce que tu penses. A cet instant tu me déteste et ta plus grande peur c'est qu'ils te garde. Mais tu sais aussi que si je t'ai tiré jusqu'ici, ce n'est ni pour te punir, ni pour me fâcher avec toi. C'est uniquement parce que je tiens à toi. Même si là de suite tu me fusilles du regard … tu le sais. Seule, tu ne serais jamais venue aux urgences, mais ce soir tu vas faire gentiment ce que l'on te dit. Et tu vas le faire pour moi. Ça aussi je le sais.
Ah revoilà le médecin.

Le médecin : « C'est effectivement une réaction à l'iode. Vous devez avoir un traitement pendant quelques jours mais pour le moment vous allez rester en observation »

Si tes yeux étaient des revolvers, je ne serai plus de ce monde. Panique pas je m'en occupe.

Moi : « Ce n'est pas possible. Nous ne sommes pas de la région et nous repartons demain matin. Donnez lui le traitement et je m'assurerais qu'elle le prenne. »

Le médecin : «  C'est un peu plus compliqué que cela. Ce sont des doses régressives jour après jour. Et il y aura également des injections à faire. »

Moi : «  Très bien donnez nous la marche à suivre et les injections. Son frère est médecin il saura quoi faire. Si elle doit partir contre avis médical elle le fera donc expliquez nous on gagnera du temps. »

Le médecin : «  D'accord . Je vais tout vous inscrire et je vous montre comment faire les injections sous cutanées ; Juste au cas où »

Merci… Tu vois, on va pouvoir rentrer à l’hôtel. Ce n'était pas la peine d'en faire toute une montagne. Et puis si ils te donne un traitement c'est que tu en as besoin. Donc il fallait venir.
Je lui ai menti en disant que l'on rentrait demain mais au moins on peut partir.
Maintenant c'est au lit parce qu'il va être 3H du matin et tu dors debout.

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Mer 27 Juin - 10:15
Vue sur mer

Il est 11h du matin et il faudrait peut être songer à se lever. Je suis réveillée depuis 9h  mais tu dors tellement bien que je n'ose pas te réveiller. A vrai dire je n'ose même pas bouger. Même pas pour…

Toi : « - T'es réveillée depuis longtemps ?

- Non Non (juste 2h)

- Il est quelle heure ?

- 11h30

- Hein ?? Ben il faudrait peut être qu'on se bouge si on veut faire le littoral. Mais je n'ai même pas entendue le réveil.

- Normal, je l'ai coupé quand on est rentrées cette nuit. Allez debout ! Mais tu prends tes médicaments, et t'oublies pas le thermomètre et l'injection.

- Oui maman….

- C'est pas drôle… allez ...exécution !

- 36,6°. On peut y aller maintenant ?

- Et l'injection ?

- Ah Non ! L'injection je ne peux pas.

- Pardon ? T'as entendu ce que le médecin a dit ?

- Je sais mais je peux pas.

- Tu ne peux pas quoi ? C'est juste une aiguille sous la peau.

- Je ne supporte pas la vue des aiguilles, alors me piquer moi-même ce n'est même pas la peine d'y penser .

- Tu déconnes ? Ça fait deux ans que tu vois des aiguilles..

- Je ne regarde jamais. Je ne peux pas.

- Ok. J'ai compris. Donne moi ce truc et viens ici. Regarde là- bas…. Et voilà c'est fini. Maintenant on peut y aller. »

Si on allait prendre un petit déjeuner en ville ? A emporter ? Oui si tu veux, mais il doit faire 10° dehors. Je me trompes ou tu as une idée derrière la tête ? T'as l'intention d'aller à pied jusque là bas ? Et bien ...allons y…

Si je pouvais - Page 2 Etreta12

C'est vrai que c'est beau. On dirait un aileron de requin qui sort de l'eau. Il suffit de regarder les sillons dans la roche pour comprendre que cette falaise à fait face à bien des tempêtes, et depuis de très longues années. Au milieu de ce décor on se sent tout petit. ..
A l'échelle de la planète, nous sommes bien peu de chose...

Toi : «  On doit être bien dans un endroit comme celui ci. Les grands espaces, la nature, loin du bruit des routes. Pourquoi les cimetières sont toujours en ville  et non pas en bord de mer, en forêt ou près des lacs ?

- Aucune idée. Peut être pour que les familles puisse y aller plus facilement. Mais je n'en sais rien...tu sais moi et les cimetières… ça fait deux.

- Je sais et justement j'ai réfléchie.

- Réfléchie à quoi ? Aux cimetières ? T'as pas plus gai comme conversation ?

- Sérieusement... je ne veux pas qu'on m'enterre. Bien alignée avec comme nouvelle adresse l'allée B12. Adresse ou personne ne vient prendre un verre parce que c'est froid, silencieux, austère et morbide. Personne n'aime aller dans un cimetière. Tout le monde le fait par obligation. Et pour quelle raison ? Il n'y a personne à voir ni à qui parler. C'est juste une plaque de béton avec un nom gravé. Du béton qui renferme de la chair qui servira de nourriture à la nature. J'ai déjà une saloperie qui me bouffe le cerveau je n'ai aucune envie de servir de repas aux vers de terre.

- Je comprends le raisonnement. Mais certaines personnes ont besoin de pouvoir aller se recueillir sur une tombe. C'est leur façon à eux de partager encore quelque chose avec la personne décédée.

- Personne n'a besoin d'une tombe pour penser aux gens qu'on aime. C'est comme pleurer seul dans son salon devant un album photo. Et ce n'est pas ce que je veux. Je ne sais pas ce que mon frère choisirai, on en a jamais parlé. Mais je veux être incinérée.

- Tu n'en a a jamais parlé avec ton frère ? Pourquoi ? Et pourquoi tu me le dis à moi ? Et puis pourquoi maintenant ? Tu vas bien. Tu ne vas pas mourir demain.

- C'est justement parce que en ce moment je vais bien que je veux en parler maintenant. Je refuse d'aborder ce sujet en pleurant. En parler avec mon frère m'obligerait à lui parler de notre père. Et je ne veux pas le faire. Je ne veux pas que mon frère paye pendant 20 ans pour une plaque de béton. Et puis…  tu feras comment pour venir à mon enterrement ? Rien que de passer devant un cimetière t'es déjà blanche…
Je ne t'imposerai pas un truc pareil, tu en as déjà fait assez comme ça.

- Aucun rapport avec moi. C'est à toi de décider, pas à ton frère ni à moi. Moi personnellement je veux être incinérée mais chacun ses choix et ses convictions.

- Alors disons que j'ai choisie : je veux être incinérée. C'est au moins une question que tu n'auras pas besoin de te poser. Maintenant tu connais la réponse.

- Oui, certes. Mais ce n'était pas vraiment urgent. Tu voulais vraiment me parler de ça maintenant ?

- Oui.

- Mais tu sais, l'urne en principe elle va dans un espèce de mausolée.

- Ah non ! J'ai dit pas de tombe ce n'est pas pour poser une urne sur le rebord d'une cheminée.  Les cendres tu les jettes et tu brises l'urne. Pour qu'il ne reste rien. »

Je crois que tu viens de m'anéantir le moral. Je ne m'attendais pas du tout à t'entendre me dire ces choses là. Et encore moins aujourd'hui. Imprévisible pour ne pas changer. Je te soupçonnes même d'avoir volontairement choisie le lieu et le moment pour me dire tout ça. Je suis très touchée parce que je me doute que c'est loin d'être facile pour toi, mais je t'avoues que je suis un peu chamboulée. Cela dit, un autre jour ou un autre endroit n'y changerai rien.
Avec ton frère vous êtes comme deux jumeaux, il sait tout de toi depuis des années. Mais aujourd'hui tu as préféré me parler à moi plutôt qu'à lui. Tu crois qu'il ne respecterait pas ton choix ? Je ne comprends pas. Il t'adores, il ferait n'importe quoi pour toi, même si il n'était pas d'accord.
Et si je comprends bien, si il devait t'arriver quelque chose demain, je serais la seule à savoir ce que tu veux vraiment. Sympa...le cadeau… Je préfère le restaurant.

En parlant de restaurant. ..si on allait manger ? Il faut qu'on bouge parce que là je vais déprimer.
La brume au loin… oui je la voit et ???

«  Terre brûlée au vent
Des landes de pierres
Autour des lacs, c'est pour les vivants
Un peu d'enfer, le Connemara... »

Ah oui… c'est vrai que le décor s'accorde parfaitement avec le texte. Mais c'est surtout la seule chose que tu as trouvée pour détendre l'atmosphère.
…..

Rythmé par tes médicaments et tes injections, on a passé trois jours de rêves. Les promenades sur le littoral, la traversée du trou à l'homme, les ballades en ville, les restaurants et… cet hôtel sublime. Malgré la pluie, le froid et le vent, rien n'a réussi à t'enlever ton sourire. Tu as l'air tellement heureuse ici, que j'appréhende un peu notre retour. Je voudrais juste que notre séjour ne se termine jamais.
Il faut rentrer ? Je le sais...mais dommage...

Je roule ? Question bête, bien sur que je prends le volant. Et remets moi ces disques dans leurs boîtiers s'il te plaît...

« Petite foule danse 
Autour d'un corps s'endormant 
Douceur immense 
Pour le départ d'un parent 
Calmement 
Peint aux couleurs de l'artifice 
Des bleus lisses et roses et blancs 
Et lentement 
Visages tendres sur l'herbe glissent 
Se sourient en chuchotant 
Et sans le moindre tourment 
Ils fêtent mon enterrement
Cendres folles et s'envolent 
Sous les yeux pâles et contents 
Et s'unissent aux lucioles 
Pour vivre un dernier instant 
Et à jamais 
Restent en suspens
Et j'ai souvent souhaité
Partir avant les miens 
Pour ne pas hériter 
De leur flamme qui s'éteint 
Et m'en aller 
En gardant le sentiment 
Qu'ils vivront éternellement 
Et simplement 
Qu'ils fassent que la nuit soit claire 
Comme aux feux de la Saint-Jean 
Que leurs yeux soient grands ouverts 
Pour fêter mon enterrement
Père et mère, sœurs et frères 
Je vous aime puissamment 
N'adresser aucune prière 
Où que j'aille je vous attends 
La poussière 
Vit hors du temps
Il faut rester à la lumière 
Dansez, buvez en me berçant 
Que je vous aime en m'endormant »

Daniel Balavoine.

Celle là c'était pour être sure que je n'oublie pas ? Je n'oublierais pas….
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Si je pouvais - Page 2 Empty Re: Si je pouvais

Sam 30 Juin - 11:41
Nouvelle année bonjour

Il reste 200 km à faire, on devrait arriver vers 13h. Après on retrouve les trois mousquetaires et ce soir on doit être à 19H30 au resto'. Quel resto' ? Ah….oui c'est vrai. J'ai peut être oublié de te dire que pour le nouvel an je te gardes avec moi. Donc restaurant. Et non tu ne payes pas c'est déjà fait.

Toi : « - D'accord. Mais je ne repars pas trop tard »

- Pas trop tard ? Et pas du tout c'est pas mieux ?

- Pourquoi pas du tout ? Va bien falloir que je rentre. Même si je n'ai pas spécialement envie de me retrouver seule dans mon appart'.

- Parce qu'on ne va pas rentrer tard mais plutôt très tôt...demain matin. Donc je ne te laisse pas rentrer.  En revanche il faut que tu me déposes demain midi chez mes parents.

- C'est pas un problème. Mais vous avez prévu quoi ce soir ?

- Ah … ben tu verras

- Ben voyons ! Pourquoi je pose la question ? Chacune son tour c'est ça ?

- Exactement »

Quand je pense que lorsque je t'ai rencontrée tu disais avoir horreur des surprises. Aujourd'hui, tu me suis sans poser aucune question. Je trouve ça plutôt marrant. C'est presque devenu un jeu. Le plus drôle c'est d'observer tes réactions. A chaque fois j'ai l'impression de voir un gamin, à qui on vient d'offrir le plus beau des cadeaux. Pourquoi je fais tout ça ? Parce que le fait de savoir que tu pourrais mourir avant d'avoir 30 ans, je refuse de l'accepter. Et je crois que ma façon à moi de conjurer le sort c'est de remplir ta vie avec un maximum de choses. C'est peut être idiot… je ne sais pas. Mais au moins ça te fait plaisir et c'est déjà pas mal. Te voir heureuse une seconde, une heure ou une journée je crois que c'est autant de temps de gagner en plus. Un peu comme les prolongations d'un match. Stupide ? Oui, sans doute. Mais j'ai envie d'y croire.
Et ce soir...ce soir je sais que je verrais encore ce sourire que j'adore, ce regard émerveillé et je vais te voir heureuse. C'est quelque chose qui n'a pas de prix. Pour la simple et bonne raison qu'il y a des choses qui ne s'achètent pas. Et celle là en est une.

Pendant le repas je me rend compte que tu es dans la retenue. Je sais ce que tu penses mais pourtant tu n'oses pas le dire. Et je pense savoir pourquoi. Parce que eux restent tes élèves avant tout. C'est bien cela ? Je comprends mais ce soir on est en vacances, on est pas au lycée. Et eux sont venus manger avec une amie et non avec leur professeur. J'espère que tu vas le comprendre avant la fin de la soirée. Tu n'as pas la même relation avec eux qu'avec moi, je le sais bien. Mais pour une fois, laisse le discours moralisateur de coté. Lâche toi, glisse… laisse couler.

Ah ben voilà ! Tu te détends. Sauf que là on est que toutes les deux dans la voiture. Oui je roule. Moi je sais où l'on va… toi pas. Et oui, ça m'amuse. Ta main sur le levier de vitesse ? Ben non ça me gène pas. D'habitude c'est dans l'autre sens mais laisse là.
Tu te demandes ce que l'on voit bouger au loin ,dans le ciel ?.  Non, ce n'est pas un OVNI. Mais je te rassures, ce n'est pas une hallucination non plus. Ce sont bien des faisceaux de lumière. Une idée ?
….
Oui on est arrivées. Et non tu ne rêves pas. C'est la plus grosse boite de nuit de la région. Soirée spéciale Nouvel An…
J’adore ta manière de regarder les choses. C'est comme si tu photographiais les décors. Presque comme si tu les voyais pour la première et la dernière fois. Mais c'est exactement ce que tu fais, t'enregistres les images au cas où tu ne les reverrais jamais. Vie chaque jour comme si c'était le dernier. Tu ne le dis pas mais tu le fais. C'est très émouvant. Mais fait moi plaisir, démerdes toi pour que ce ne soit pas le dernier.

Allez… ce soir on va danser. Hop Hop Hop, pas si vite.. tu vas où ? Au milieu de la piste.. ah d'accord ! Ben vas y … éclate toi. On arrive. Faudra quand même que tu m'explique d'où tu puises autant d'énergie. A te voir t'agiter et sauter dans tous les sens, je me dis qu'au basket… je ne voudrais pas être ton adversaire. On va finir par se casser la voix sur les tubes des années 80 mais cela n'a aucune importante. Le plus important c'est de te voir heureuse. Vas y joue les stars si tu veux, danse au milieu… on est 50 à te regarder. Mais tu t'en fou ? Et bien t'as raison. Même les deux gars en face sont totalement subjugués. D'ailleurs y' en a un des deux qui s'approche. Profites en pour t'amuser. C'est vrai, à part ton frère, les trois mousquetaires et moi, tu vois qui en dehors du boulot ? Personne. D'ailleurs maintenant que j' y pense, tu ne m'a jamais parlé de ton ex. Tu l'as rayé de ta vie à ce point là ? On a parlé de plein de choses… mais lui...néant.
Ah… monsieur tente une approche. Je veux voir.. Pourquoi tu me regardes ? Tu veux l'autorisation ou quoi ? T'es majeure il me semble. Amuse toi ! On ne vie qu'une fois.
Ouuuu… elle a du faire mal celle là. Mon gars je te plaint. J'ai goutté la gifle personnellement… je compatis. Mais il s'est passé quoi ? Soyez sympas, dites moi, parce que j'ai du louper quelque chose.
(J'ai appris plus tard que ce jeune homme avait posé une main indélicate, d'où le réflexe). Toi tu veux juste danser et t'amuser. L'éventualité d'un flirt ne t'as visiblement même pas effleuré l'esprit. Il y a une raison ? Parce que tu sais qu'il n'existe aucun avenir possible ? Tu refuses l'idée pour ne pas faire souffrir ? Peut être…
En tout cas il fait soif. Non Non, hors de question ! Te faire plaisir d 'accord mais tu ne touches pas à la vodka. Pour toi c'est jus d'orange. Tu voulais faire quoi là ? Vodka, médicaments, injections… super le mélange. Je rêve !!

Il est 5h du matin. Oui déjà. T'es épuisée alors on va rentrer. Il y a une heure de route pour rentrer alors vas y dors. Oui je fais attention dans la forêt. L'accident ou le cerf n'est pas envisageable alors les animaux de la forêt vont restés bien gentiment à leur place. Merci.

On est dimanche, il est 10h et on doit libérer la chambre. Mais attends ! Tu vas ou ? T'étais pas obligé de claquer la porte. Mais t'es partie où ?…
Je peux savoir ce qui t'as pris ?

Toi : « - Tu peux te recoucher, je rendrais la chambre demain matin.

- Heu… demain on est lundi et on a cours.

- Oui et ? Ma sacoche est dans le coffre et mes affaires aussi donc…

- Ok. Mais tu ne veux pas rentrer chez toi ?

- Pour quoi faire ? Personne ne m'attends. Pour l'instant je veux juste dormir. Réveille moi à 13h, il faut que je te ramène... »

Alors celle là je ne l'ai pas vue venir. T'es fatiguée je le sais mais de là à préférer dormir à l’hôtel plutôt que chez toi...Bon si tu veux…
Moi je dois rentrer chez mes parents. Je ne les ais pas vus depuis plusieurs jours, et puis je dois préparer mon sac de cours pour demain.
Ce qui veut dire que je vais devoir te laisser seule. Ce qui ne m'enchante pas des masses. Cela dit que tu sois chez toi ou à l’hôtel il n'y a pas vraiment de différence.

14h Devant chez mes parents :

Moi :  «  A demain. Dors bien.

- A demain. Parking et croissant... »

Le clin d’œil ? C'est nouveau ? Je dois l'interpréter comment ? Tu t'amuses on dirait….c'est bien. Tant mieux.

Oui je sais, trier mon linge et faire tourner la machine. Passer l'aspirateur ? Mais j'étais pas là c'est pas sale… C'est bon je le fais. Mon sac de cours ? Prêt. Devoirs pour demain ? Je suis à jour.
Maman ? Je peux dormir chez une copine ce soir ? Oui j'ai tout fait. Bien sur que j'ai cours demain mais de chez elle on peut aller au lycée à pied. Il faudrait juste que l'un de vous deux me dépose là bas ce soir. S'il te plaît….
Merci maman.

Pensée intérieure :
C'est vraiment cool. Ils auraient pu dire non. Surtout que demain j'ai cours. Mais en toute honnêteté je n'avais aucune envie de te laisser dormir seule à l’hôtel. Je suis curieuse de voir la tête que tu vas faire . Je pense que je vais me faire engueuler mais c'est pas grave. Je vais avoir droit au discours : « Et tes parents ? Tu les quasiment pas vus. T'aurais pas du...etc » Je le sent gros comme une maison.
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Sam 30 Juin - 11:42
Un soir de pluie

Il est 19h30, mon père vient de me déposer. Doit y' avoir à un peu près 1 km jusqu'à l’hôtel.. 10 minutes maximum.
Le code ? Ah c'est bon je m'en rappelle.

Moi «-  c'est moi...Mais qu'est ce que tu fais dans le noir ? L'ampoule à grillée ? Ah ben non, ça fonctionne…

... Ah, m**** ! Non. Pourquoi t'es assise par terre ? Hey… regarde moi..
Stop !!! Ne pleure pas. Viens là… T'as mal à la tête ? Dit moi ce qui se passe.
Arrête de pleurer… Ça va aller, je suis là. Tu m'entends ? Je suis là et je ne bouges pas. Je reste avec  toi, alors calme toi. Allez...relève toi… viens, debout ! Viens avec moi et explique moi. S'il te plaît… dit quelque chose… parle moi. »

Toi : « -  Qu'est ce que tu fais là ? T'es venue comment ? 

- Ce que je fais là ? Je ne voulais pas te laisser seule. Et visiblement j'avais raison. Dit moi ce qui se passe. Pourquoi tu pleures ?

- Je sais pas. Je t'ai déposé chez tes parents, je suis revenue et… en rentrant dans la chambre… j'ai fondue en larmes.

- Tu veux dire que tu pleures assise par terre depuis… quoi ??? 15h ??

- A peu près. Mais ça va. Je vais bien.

- Oh ben oui je vois ça. Mais dit moi ce qui ne va pas.

- Sincèrement, je n'en ai aucune idée. J'ai adoré partager ces derniers jours avec toi. C'était vraiment génial. Merci beaucoup de m'avoir accompagnée. Merci pour tout. Je n'oublierais jamais ces vacances, jamais. On a quasiment passée la semaine ensemble et je crois que je me suis habituée à t'avoir à mes cotés. Et rien qu'à l'idée de me retrouver seule, je crois que j'ai paniquée. C'est totalement stupide. Je suis désolée.

- Non c'est pas stupide, c'est juste humain. C'est moi qui suis désolée. J'aurais du deviner. »

Je n'aurais pas du te laisser seule comme ça. J'aurais du le savoir parce que si il y avait une chose de prévisible c'est bien celle là. Après tout ce que l'on s'est dit ces derniers jours il est clair que je n'avait aucune envie de te quitter. C'est pour cette raison que je suis revenue d'ailleurs.
Mais ce qui est vrai pour moi l'est sans doute aussi pour toi. Et maintenant je suis là.
Je n'avais pas réalisé à quel point tu avais besoin de moi. Et pas uniquement pour t'accompagner à l’hôpital ou t'aider à te faire une piqûre.
C'est ce lien unique, effrayant, incompréhensible et indéfinissable.

(« ...Et ta seule insolence  C'est de me faire confiance 
Un peu de ton absence Est une infirmité 
Je te laisserai pas t'en aller Si tu m'laisses pas m'en aller » )

Daniel Balavoine

Toi : « - Je suis contente que tu sois là.

- Moi aussi je suis contente d'être là. Allez viens. On sort d'ici et on va manger…

- D'accord, mais…

- Non ! C'est moi qui paye. »

Deux savoyardes s'il vous plaît.
Arrête de me regarder de cette façon. A chaque fois j'ai l'impression d'avoir de la chantilly sur le nez. /'Et moi je suis tombée en esclavage de ce sourire, de ton regard'/ .
Tu veux que je te dises ? Un jour… ton regard me tueras.
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Sam 30 Juin - 11:43
Le Bac Blanc de Français

Introduction, thèse, antithèse, synthèse… c'est bon. T'énerves pas J'ai compris. Oui...je prends mon temps pour faire le plan. Et je soigne la rédaction. Et je fais attention à l'orthographe… Heu… c'est toi ou moi qui passe le bac ?
La sonnerie que tu viens d'entendre, ça veut dire que tu dois faire cours aux terminales dans 2 minutes. Ça va aller je t'assures… alors hop...en cours.
C'est excellent. C'est moi qui passe le bac et c'est toi qui stresse. Elle n'est pas mal celle là. Et puis ce n'est qu'un bac blanc. Je ne risque pas ma vie.
Cela dit, il vaudrait mieux que j'assure. Parce que si je me plante, j'ai comme dans l'idée que je vais avoir chaud aux oreilles. Tu serais encore capable de me dire que c'est de ta faute parce que le temps que l'on passe ensemble je ne le passe pas à travailler. Et je refuse d'entendre une bêtise pareille. Mes notes n'ont aucun rapport avec toi mais bizarrement c'est une chose qui à du mal à rentrer dans ta petite tête.

L' écrit ? Je dirais.. bien. Mais étant donné que la prof de Français ne peut pas me voir, je suis curieuse de voir ma note.
Plus qu'à assurer l'oral maintenant. J'espère juste ne pas tomber sur un texte que je n'aime pas.
Maupassant… ouai...bof. Bon ben allons y.
…..

Alors là… je ne sais pas. Elle ne m'a pas posée beaucoup de questions. J'avais juste l'impression de parler dans le vide. Là tout de suite j'ai juste mal au crane. J'ai l'impression d'avoir un Schtroumpf dans la tête, qui détruit le mur de son champignon à coup de masse. Et toi.. tu vies avec ce mal de tête en permanence ? Comment tu fais ?
Si je veux un cachet ? Non merci. Si t'es capable de vivre avec cette douleur en permanence je devrais pouvoir la supporter quelques heures.

Les notes ? En principe la semaine prochaine. Oui dans 8 jours. Tous les profs ne passent pas l'intégralité de leurs soirées à corriger des copies, pour pouvoir les rendre le lendemain. Tu es l'exception. En fait tu es une exception tout court, mais je ne vais pas te le dire.


8 jours plus tard… la remise des copies.

La prof de Français : «  C'est nettement mieux que tes devoirs précédents. Je vois que tu as profité des vacances de Noël pour mettre à profit mes conseils. C'est bien. »

Pensée intérieure :
Ces conseils ? Quels conseils ? Ces cours c'est juste du blabla. On s'endort en cours. Profité de mes vacances ? La bonne blague… ah oui j'en ai profité c'était génial. Mais rien à voir avec les cours de Français. Et nettement mieux ? En clair ? Mes notes ? Parce que le baratin je m'en moque.

14 à l'écrit et 13 à l'oral.

Moi : «  Merci. Mais c'est pas grâce à vous.

- Pardon ?

- J'ai dit que mes notes n'avait rien à voir avec vous. »

Quoi ? C'est la vérité. Je sais très bien à qui je dois mes notes. Et ce n'est pas grâce à ces cours. Non. C'est à toi que je les dois.  Je l'avoue je t'ai détesté, mais maintenant je peux te le dire : Merci pour les cours particuliers.

14 Ce n'est pas assez ? Je peux faire mieux ? Oui.. possible mais c'est bien 14, moi ça me suffit.
Oups ! Je n'aurais peut être pas du le dire de cette façon. Rien qu'à ton regard je sais que tu n'as pas aimé du tout ce que je viens de dire.

Toi : « - Non, non 14 ? Tu peux au moins avoir 16. Je suis d'accord que l'appréciation du correcteur joue un peu sur les notes mais quand même. Tu te moques de moi ? Le Français c'est super important dans la vie. Tu te vois envoyer une lettre de motivation bourrée de fautes d'orthographes à un employeur ? C'est le meilleur moyen pour finir chômeur. D'ailleurs… tu veux faire quoi plus tard ? 

« Je suis nulle en histoire, qu'est ce que je vais faire plus tard ?
Zéro en géographie, mal barrée dans la vie.
Je serais pas docteur, pas dentiste, ni architecte, ni ingénieur, ça c'est sur… »

Abbacadabra

- C'est une excellente question. Mais au fond je ne sais pas vraiment. C'est vrai que je préfère les maths et la biologie au Français et l'histoire Géo mais au-delà ??? Quand j'étais petite je voulais devenir infirmière. Te marre pas, c'est vrai.

- Je suis peut être ta première patiente alors…

- Très drôle... T'as mangé un clown ?»
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Sam 30 Juin - 11:44
Visite de contrôle

Cette fois les vacances sont vraiment terminées. On a rendez vous à l’hôpital : petit tour de manège et consultation. On est pas rentrées. C'est pas grave j 'ai prévenue que je risquais de rentrer tard.
Allez… c'est ton tour. Un petit tour dans la machine. Mais là je te laisse y' aller toute seule. Moi je n'ai pas le droit de rentrer. C'est bruyant cette machine, c'est impressionnant. Et à priori il ne faut pas être claustrophobe. Ce n'est pas ton cas heureusement. A voir les photos sur les murs ça me rappelle les tunnels de spéléologie.

Ah ben te voilà. C'est fini. Maintenant on attend… les résultats. Les images et le compte rendu devraient être prêt dans 15 minutes.
Voilà c'est prêt. Maintenant direction ma salle d'attente préférée… et pour changer un peu… on attend. Patient est synonyme de patience. Je sais. Tu me le répète depuis deux ans.
Comment tu fais pour ne pas péter les plombs ? T'as pas le choix ? Oui, remarque ce n'est pas complètement faux.
On a les résultats dans les mains et on est là a attendre, comme deux imbéciles, que ce cher professeur veuille bien nous dire ce qu'il y a dedans.

« Donne moi ça, je veux lire »

Ah !!! D'accord ! On va attendre qu'il nous explique. Parce que ...je sais lire mais là c'est carrément du chinois. J'avais oublié qu'ici il faut un dictionnaire. Il doit y' avoir un mot sur deux que je ne comprends pas. Pas le choix donc… on attend….pfff

Le professeur :  « - Vos derniers résultats sont très encourageants. Ils montrent une régression de 50 % par rapport à la taille de départ.  Je pense qu'avec un nouveau protocole de chimiothérapie classique on pourrait stabiliser la situation et… envisager une intervention. Si tout se passe bien il est fort probable que l'on puisse intervenir courant avril. »

Ben… ne fait pas cette tête. C'est une super nouvelle. Je ne comprends pas, on dirait qu'il vient de te condamner à mort alors qu'il vient de t'annoncer exactement le contraire. Attends… je crois savoir ce qui ne te plaît pas.

Moi :  « - Et concernant l'intervention, comment ça  se passe ? Elle devra rester hospitalisée combien de temps ? 

- Pour l'intervention il faut compter 8 à 10 jours d'hospitalisation et ensuite 4 à 6 semaines de convalescence »

Je comprends mieux pourquoi tu viens de te décomposer. Etre absente presque deux mois... pour toi c'est juste inenvisageable. Ce qui veut dire que je vais devoir te convaincre. Honnêtement je ne suis pas sure de réussir. Te priver de tes cours et du lycée… humm pas simple . Tu n'accepteras jamais... je le sais. Les deux classes de Terminales S ont le bac a passer. Tu ne les laissera pas tombés. Pour toi ça serait comme de la trahison. Et comment je vais l' expliquer au professeur moi ? Je vois le discours d'ici :  «  Monsieur, comprenez la. Depuis deux ans elle rêve d'être opérée mais pas pendant les cours. Avril ça ne va pas être possible. Vous n'auriez pas une autre date à nous proposer ? »

La blague…
Bon on a encore un peu de temps devant nous. On va déjà programmer la nouvelle chimio. Voir quels sont les résultats et ensuite.. on parlera d'opération.

«  Merci Docteur. A bientôt...au revoir ».

Moi : «  Arrête de faire la gueule s'il te plaît. On va trouver une solution.

- Quelle solution ? Il n'y a pas de solution. Une solution à quoi ? De quoi tu parles ?

- Tu crois que je n'ai pas compris ? Et qu'est ce tu fouilles, qu'est ce que tu cherches dans ton sac ?

- Ben les clés, on ne va pas rentrer à pied.

- Oh ! D'abord tu vas te calmer. A l'aller c'est moi qui ai roulé, donc les clés elles sont dans ma poche. Maintenant tu vas vraiment te calmer ou je ne démarre pas.



- Je sais t'as raison. Mais je ne peux pas être opéré en Avril. C'est pas possible, les terminales ont le bac, je n'aurais pas fini le programme. .. C'est impossible de trouver un remplaçant si vite et puis ils ne les connaît pas, ils n'y arriveront pas… je ne peux pas les…

- les abandonner… je sais. T'as finie ? Soulagée ? Calmée ? On va peut être faire les choses dans l'ordre, tu ne crois pas ? Alors avant de parler de date, tu vas recommencer un traitement et ensuite… on en parlera. Mais pas avant. Une chose après l'autre. C'est bien ce que tu m'as appris non ? Alors applique le.

- T'es vraiment une emmer….

- Oui je sais. Mais je suis encore loin de ton niveau…. »
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Mar 3 Juil - 0:26
Un soir pas comme les autres

Elle était longue cette journée, j'en ai ras le bol. Tu fermes ta salle de cours et on y va ? Et puis il faut qu'on se dépêche parce que mon car est déjà là. Pourquoi tu t'arrêtes ? Qu'est ce qui se passe ? T'as peur de quoi ? De qui ? Oh !! Me sert pas la main comme ça, j'aimerai encore avoir 5 doigts demain matin. On croirait que t'as vu un fantôme. Oh… avance… Oui, il y a une dame qui se dirige vers nous mais … aucune idée.
Ce n'est pas de la peur. Je sent juste ta rage monter à travers tes doigts. Je ne vais pas te lâcher mais calme toi.

Toi : «  Qu'est ce que tu fais ici ? Tu viens de te souvenir que t'avais une fille ? »

D'un seul coup tout s'éclaire. C'est ta mère. Je comprends mieux ta colère. En fait non, je ne sais pas. Je sais que tu lui en veut énormément mais pour quelle raison exactement ?

Ta mère : «  Bonjour ma fille... 

- C'était un très bon jour jusqu'à ce que je te vois.

- Je comprends ta colère et je ne peux pas t'en vouloir. Mais... c'était il y a si longtemps… Est ce que l'on ne pourrait pas … je sais pas … apprendre à se connaître ?

- Maintenant que tu sais que je vais mourir tu veux me connaître ? C'est pour soulager ta conscience ? Désolée, mais je ne te ferais pas ce plaisir.

- Depuis que ton père n'est plus là, je me rends compte qu'il y a énormément de choses que j'aurais voulu lui dire. Tellement de choses a coté desquelles nous sommes passées. Je ne veux pas faire la même erreur avec toi... (Là , elle avait marqué un point).
Je ne t'ai pas appris grand-chose c'est vrai, mais tu pourrais me présenter quand même ».

Et donc ? En dehors de mon prénom je suis : « celle sans qui tu ne serais sans doute pas là, debout aujourd'hui ».  Originale comme présentation. Mon prénom aurait peut être été suffisant non ? Si c'était ta manière de faire comprendre à ta mère qu'elle n'a jamais été là pour toi, je pense que c'est réussi. Maintenant elle me dévisage, j'avoue que je me sent pas trop à l'aise. Mais même si je voulais me sauver, je ne pourrais pas… à moins de me couper une main. C'est exactement ce que ta mère regarde d'ailleurs. Mais on dirait que ça t'amuses… Laisse moi deviner… tu tentes la provocation pour la faire fuir ? Sauf que visiblement elle n'a pas l'intention de bouger. Elle veut juste que tu lui répondes. Mais tu n'as pas l'intention de dire quoi que ce soit et te connaissant tu peux tenir très longtemps. Je vais prendre les choses en main sinon dans 2h on est encore là.

Moi : «- Bonsoir. Ne lui en voulez pas, je pense qu'elle ne s'attendait pas à vous voir. Ce soir on est un peu pressées mais que diriez de manger avec nous samedi midi ?

- Avec plaisir. On peut se retrouver ici ?

- Oui 12H30.

- Parfait je serais là. »

Toi : « - Pour mes 10 ans aussi tu devais être là. »

Moi : « - Donne moi les clés et monte dans la voiture. Je sais que t'as envie de m'étrangler ou de me gifler mais tu ne vas pas le faire. Tu vas commencer par m'expliquer ce qui s'est vraiment passé avec ta mère. Et samedi midi, on mangera avec elle. Je te demandes juste un effort et si tu décides de ne jamais la revoir tu lui dira. Mais quoi qu'elle aie fait c'est ta mère. Elle est venue ce soir pour toi, sans aucune obligation. Elle a fait un pas vers toi alors essaye d'en faire un aussi. S'il te plaît... »

Malgré ton regard noir, qui est entrain de me fusiller, je n'ai pas peur. Ce regard ne me fait plus peur parce que je sais que tu vas céder. Tu vas ronchonner par principe, mais tu finiras par dire oui. Personne n' est éternel, t'es bien placée pour le savoir. Il faut que tu lui parles, ne serait ce que pour lui dire ce que tu lui reproches. Et je pense qu'il est préférable de le faire face à face plutôt que devant une croix dans un cimetière. «  il vaut mieux vivre avec des remords qu'avec de regrets ». Aujourd'hui tu as l'occasion de le faire , alors ne passe pas à coté, au risque de le regretter plus tard.
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Mar 3 Juil - 0:31
Repas glacial

Samedi 12H
T'as l'intention de mettre combien de temps pour ranger tes affaires ? On dirait un gosse de 6 ans qui traîne pour ne pas aller à l'école. Je sais que tu m'en veux d'avoir invité ta mère mais c'est pas grave, je m'en remettrais.

Moi : « - Alors ? Tu veux que l'on aille manger ou ? Pizzeria comme d'habitude ?

- Ah Non ! Pas notre pizzeria. Et si elle croit que je vais payer sa part..

- Et ben , c'est pas grave je vais payer

- Encore moins, c'est hors de question ! La brasserie en bas ça sera très bien, on est servis rapidement. »

Il faudra quand même que tu m'expliques ce que tu lui reproche. Je sais que tes parents n'étaient pas du tout présent. Vous avez grandit tous les deux à l'internat et tu l'as vécue comme un abandon. Mais pour lui en vouloir à ce point doit y' avoir autre chose. Et dans ce cas profites en c'est le moment ou jamais.

Une fois assises toutes les trois à table, c'est le moment ou tout le monde se dévisage sans prononcer un seul mot. Mais comme les chiens ne font pas des chats, je devine ce que pense ta mère en ce moment. Qu'est ce que moi je fou là ? Mais elle n'ose rien dire parce que sans moi elle ne serait pas ici non plus.

Et puis en claquant ta fourchette sur la table tu lui à dit quelque chose comme ça :

« Pourquoi t'es là ? Qu'est ce que tu veux savoir ? Comment je vais ? Je vais très bien mais tu n'as aucun rapport avec mon état de santé. D'ailleurs tu n'as jamais eu aucun rapport avec rien me concernant. Vos missions, l'étranger… ça c'était important… mais nous… c'était secondaire. Le spectacle de l'école quand j'avais 10 ans,  t'avais promis d'être là mais tu n'es jamais venue. Chaque noël, chaque anniversaire, on espérait que cette fois ce serait différent. Mais ça n'a jamais été différent, on recevait toujours un cadeau avec une misérable carte qui disait : joyeux anniversaire ma chérie, ta maman qui t'aime. Et plus j'y pense et plus je me dis qu'en plus du cadeau misérable tu  n'es qu'une menteuse. Tu disais nous aimer… foutaise ! Le verbe aimer tu ne sais même pas comment il se conjugue. Aimer quelqu'un c'est être là pour lui… et toi tu n'as jamais été là. D'aussi loin que je me souvienne.. tu n'as jamais été là… pas une seule fois. Pas plus que Papa d'ailleurs.

Tu veux qu'on apprenne à se connaître ? Mais moi pas. Ce que je connais de toi me suffit et ne m’intéresse pas. Au cas tu ne l'aurai pas compris, mon temps est limité alors t'es gentille, tu évites de m'en faire perdre. »

Ok ; Je comprends mieux certaines choses. Pourquoi tu attaches plus d'importance aux mots et aux sentiments qu'aux objets. Pourquoi tu détestes les cartes postales aussi. Et visiblement ton enfance tu l'as bien en travers de la gorge. Et quand ton frère disait : « elle les à virés sans ménagement » subitement je visualise très bien ce qu'il voulait dire.
Ta mère t'écoute mais elle ne répond pas. C'est probablement qu 'elle n'a aucune excuse. Mais elle pourrait… je ne sais pas… s'expliquer.
Ah… pardon t'avais pas fini ? Je m'attends au pire…


«  -  Tu arrives trop tard. Ce qu'elle a fait pour moi tu n'en seras jamais capable (là tu parlais de moi), et à la grande différence avec toi, j'ai confiance en elle parce que je sais qu'elle ne m'abandonnera pas. En ce qui te concerne je suis loin de pouvoir en dire autant. Petite, j'avais besoin de toi mais aujourd'hui ce n'est plus le cas. Tu m'as gâchée mon enfance, je ne te laisserai pas gâcher les dernières années de ma vie. En deux ans, elle( là aussi tu parlais de moi) à remplie ma vie de tout ce que tu n'as pas été capable de me donner en 24 ans. Alors merci maman, et au revoir »

Tu t'es levée, tu m'as prise par le bras et tu m'as tirée vers la sortie. T'as payée l'addition. Si Si !! Et on est sorties.

Wahou !!! Là je suis abasourdie. C'est dur ce que tu viens de lui dire. Mais je ne suis pas mécontente. Si ça fait 20 ans que tu trimballes ce discours dans ta tête, il était peut être temps de le mettre sur une table.

Moi : «  - Ça va aller ?

- Oui, je crois.

- T'es sure ?

- Oui. T'avais raison en fait. Ça fait des années que j'attends de pouvoir lui dire tout ça. Mais je pensais que je n'en aurai jamais le courage. Au moins maintenant elle sait ce que je pense. J'ai souffert de son absence pendant des années, elle peut bien souffrir de ce que je pense pendant quelques temps non ? »

Et bien voilà. Maintenant t'es soulagée. Tu ne dis rien mais je le vois. Le poids de 100 kg que tu traînes sur tes épaules depuis si longtemps… il est enfin déposé quelque part. Maintenant tu as le droit de respirer. Allez vient on va faire un tour au Parc...
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Mar 3 Juil - 0:33
Tu as réfléchie

Ce matin tu baisses les yeux je n'aime pas du tout. Tu fuis mon regard comme si tu avais quelque chose à me dire et que tu ne savais pas comment t'y prendre. Parle.. je  ne mords pas. Tu recommences un nouveau traitement la semaine prochaine ? Jusque là j'étais au courant...et ? T'en a ras le bol de te taper 45 minutes de route matin et soir à cause des bouchons. Je peux comprendre mais il est ou le rapport entre les deux ? Tu as peur de ne plus être capable de rouler tous les jours à cause de traitement. Jusque là le raisonnement se tient mais tu veux en venir ou ? Qu'est ce que t'as trouvée comme idée de génie ? Je dois commencer à m'inquiéter ? Non ? Rien de grave… Ah ben tu me rassures. Et donc ? Je t'écoute

Toi : «  Je viendrais au lycée en voiture le lundi matin mais je ne rentrerais que le jeudi soir après les cours. Et je ferais juste l'aller retour le samedi. »

- Heu… et tu comptes dormir ou du lundi soir au jeudi matin ? Chez ton frère ? Mais d'ici il y a aussi 35 Km. Sans bouchons certes, mais des kilomètres.

- Non, non je laisserais la voiture ici. Je vais dormir à l’hôtel.

- Pardon ? 3 nuits par semaine à l’hôtel, t'as une idée du montant de la facture ?

- C'est pas un problème.

- Attends là, un prof ça gagne combien ? T'as joué au loto ?

- Non. La seule chose que nos parents ont fait pour nous c'est de nous verser de l'argent sur un compte de la naissance jusqu'à notre majorité. Mon frère les a utilisé pour acheté sa maison, moi je n'y ai jamais touché. Ou du moins pas encore. T'en penses quoi ?

- Ben je sais pas trop. C'est sure que d'être à 5 minutes à pied du lycée ce sera moins fatiguant mais la dernière fois que t'es restée seule à l’hôtel… j'ai un mauvais souvenir, alors j'avoue que j'ai un peu peur. Chez toi c'est tes meubles, tes disques… une chambre d' hôtel c'est impersonnel… t'es vraiment seule. T'es certaine que c'est la meilleure solution ?

- Oui. C'est surtout beaucoup plus simple. A part le basket il n'y a rien qui me retient près de chez moi. Le basket c'est le vendredi soir et le dimanche matin..J'irais ...mais le reste de la semaine je serais plus près du lycée, de chez mon frère et de chez tes parents. »


Le traitement te fais si peur que ça pour que tu préfères dormir à l’hôtel et éviter de conduire ? Dans l’absolu le traitement devrait être beaucoup plus facile à supporter que ce que tu as déjà endurer.  Ou il y a quelque chose que tu ne m'as pas dit…
Cela dit c'est peut être pas plus mal, je n'aurais pas à m' inquiéter le matin. Je pourrais même venir te chercher à l’hôtel et on peut faire le chemin ensemble.

En attendant on doit aller en cours. Mais…. T'as oublié ta veste ce matin ? Il fait 12° et tu te balade en tee shirt. Tu cherches à tomber malade ? T'as trop chaud ? Ah… T'as de la fièvre ? A priori non…Étrange…



12h
Ça à sonné depuis 5 minutes mais monsieur n'a pas terminé son cours. Attends moi j'arrive. Je suis là. On va manger ? T'es vraiment pas comme tout le monde toi. Dehors il fait 12°tu te promènes en tee shirt. Il fait 28° dans les salles de cours tu mets un pull. Tu n'avais pas le choix ? Pourquoi ? Tu dois te changer ? D'accord. T'as renversé la tasse de chocolat ? Non. C'est un peu plus compliqué et tu m'expliqueras plus tard. Si tu le dis…
Les 3 mousquetaires nous attendent à la brasserie et on est déjà en retard…
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Mar 3 Juil - 0:36
Effets secondaires ou symptômes ?

Mercredi
Mais dit moi.. je rêve où tu as de nouveau changé de haut depuis ce matin ? T'avais la chemise bleue à 8h, il est 12h t'as la blanche. Tu le lances dans les défilés de mode ? J'ai un doute.
On verra plus tard. Pour le moment on doit aller à l’hôpital. Ne fait pas cette tête. Je sais que tu appréhendes mais dit toi que ça ne peut pas être pire que le dernier traitement.
Les clés ? Ben arrête de chercher, je les aies. Oui je roule, je sais que t'as pas envie de conduire.


« Si c'est vrai qu'il y a des gens qui s'aiment 
Si les enfants sont tous les mêmes 
Alors il faudra leur dire 
C'est comme des parfums qu'on respire 
Juste un regard 
Facile à  faire 
Un peu plus d'amour que d'ordinaire 
Puisqu'on vit dans la même lumière 
Même s'il y a des couleurs qu'ils préfèrent 
Nous on voudrait leur dire 
C'est comme des parfums qu'on respire 
Juste un regard 
Facile à  faire 
Un peu plus d'amour que d'ordinaire 

Juste un peu plus d'amour encore 
Pour moins de larmes 
Pour moins de vide 
Pour moins d'hiver »

Francis Cabrel



C'est partie pour 3h. Oui je sais que tu vas être malade. T'en fais pas je suis là, je sais quoi faire. Ça va aller, essaye de te reposer. Quoi ? Exercice 8 page 62, tu plaisantes j'espère ? Je crois que non. Oui c'est bon je prends une feuille.

Heu… c'est quoi ça ? Il se passe quoi là ? Infirmier s'il vous plaît ! Comment ça c'est rien ce n'est pas la première fois ? Tu te fou de moi ? C'est pour cette raison que tu changes de haut 3 fois par jour ? T'as oublié de me dire quelque chose ? Étant donné la gifle que le gars à pris en boite de nuit, le coup de la grossesse je n'y crois pas une seconde. Donc je peux savoir comment il est possible de produire du lait sans être enceinte ? On va faire des analyses… les prélèvements partent en laboratoire spécialisés et il faut 10 jours pour avoir les résultats. Super !!
D'autres symptômes ? Dans quel genre ? Des sensations de froid ou de chaud, des crises de tachycardie, des troubles de la vue, des essoufflements inexpliqués… ?
Tu dis oui à quoi toi ? Tachycardie, oui ça je le sais c'est pas nouveau. Chaud ou froid ? Remarque maintenant que j'y pense...se balader en tee shirt par 12° dehors ce n'est peut être pas tout à fait normal. Mais troubles de la vue ? Tu m'explique ? Il t' arrives de voir flou quelque secondes. Et bien nous y voilà. Je comprends mieux pourquoi tu veux éviter de conduire. Au moins t'as compris qu'il était inutile de prendre des risques. Mais depuis quand tu deviens raisonnable ? Là, je suis agréablement surprise.
Mais il y a quand même une chose que je ne comprends pas. Tu joues avec le feu depuis plus de 2 ans. Et là, sans même que je dises quoi que ce soit tu prends la décision d'éviter de conduire alors que tu adores rouler. T'enlever le volant c'est presque une punition. Si il le fallait tu prendrais le volant avec les 2 bras dans le plâtre mais là…
En fait si tu as pris la décision de dormir à l’hôtel ce n'est pas parce que c'est mieux pour toi. Non, c'est parce que tu sais que je m’inquiète. Au fond… te prendre un arbre sur la route ce serait une manière d'abréger tes souffrances et je sais que cela ne te fais pas peur . Alors si aujourd'hui tu refuses de prendre le risque, je n'y vois qu'une seule raison. Et la raison.. c'est moi. C'est pour moi…

….
Pourquoi je te regardes de cette façon ? Parce que je viens de comprendre que si tu continues de te battre c'est pour moi. Merci
Allez viens… c'est terminé. On rentre. Et tu vas te coucher.
Viens dans mes bras.. et dors avant que les nausées te réveille...

«.. C'est écrit... 
Elle n'en sort plus de ta mémoire 
Ni la nuit, ni le jour, 
Elle danse derrière les brouillards 
Et toi, tu cherches et tu cours. 
Tu prieras jusqu'aux heures ou personne n'écoute, 
Tu videras tous les bars qu'elle mettra sur ta route, 
T'en passeras des nuits à  regarder dehors. ..»

Francis Cabrel.

Je me disais aussi.. tu dormais tellement bien c'était trop beau. Accroche toi on va y' arriver. Je sais que tu as mal. Si tu savais à quel point je voudrais pouvoir faire plus. Mais c'est impossible. Attends je vais chercher un gant de toilette. Voilà… c'est mieux. Respire… calme toi… respire. Ça va aller.
Relève toi, allez aide moi. Non, tu ne restes pas couchée par terre dans la salle de bain. Je sais que t'es fatiguée. Je sais que tu ne le supportes plus mais tu vas te relever. Regarde moi ! Je sais que tu peux y' arriver. Tu n'abandonnes pas. Pas maintenant. Je ne te laisserais pas abandonner. Alors hop ! Debout. C'est bien… on y est presque. Un dernier effort ? Voilà c'est ça. Tu vois ? Tu peux.

« ...Dors, dors, mais ne ferme pas les yeux. 
C' qui nous éclaire vient d' l'intérieur. 
Personne peut arrêter c' compteur. 
Dors, dors, mais ne ferme pas les yeux... »

Patrick Bruel.

Il est l'heure et tu dois partir. Mais te laisser rentrer à l’hôtel seule… je n'ai pas confiance. Donne moi deux minutes. Je prépare mes affaires et mon sac de cours pour demain. Je ne laisse pas seule cette nuit. C'est hors de question. Je laisse un mot pour mes parents et on y va. Je me prends juste un truc à manger pour ce soir. Je ne te demandes pas... je supposes que tu veux rien… C'est bien ce que je pensais.

Donne moi le code et tiens toi à moi. Toi c'est direct au lit. Quoi ? Tu as des copies à corriger pour demain… oui ben je crois que ça va attendre. Pour l'instant tu dors , tes copies on verra après. Ou tu me donnes le corriger, je te barres les fautes et t'auras plus qu'à mettre les notes. On fait comme ça ? Ben vas y donne. Mais toi tu dors.

Pensée intérieure :
Je suis entrain de corriger des copies de première S. Et tu me laisses faire en plus. A la base, en te demandant le corriger je plaisantais. Mais non, tu m'as prise au sérieux. Je n'écris rien, je t'entoure juste les fautes. Certains font fort quand même, c'est n'importe quoi… Je n'en reviens pas que tu me laisses toucher à tes copies.

Tu t'es endormie ? Ah… c'est bien. J'ai presque fini. Pfff, c'est long de corriger. Tu y passes tes soirées ? Maintenant je comprends pourquoi.
Je vais manger et après ? Après je sais pas. Je ne vais pas allumer la télé, je ne veux pas te réveiller. Je mettrais le casque pour écouter de la musique.


1h du matin
Ah…tu émerges ? Comment tu te sent ?... « les toilettes ?...au fond à droite »...je crois que j'ai la réponse. Tes copies ? Ben elles sont là… tu n'as quand même pas l'intention de les corriger maintenant ? A priori si. Tu as vue l'heure ? T'es blanche, tu viens de vomir, t'as les yeux explosés mais tu veux corriger tes copies ? Je crois que je rêve ! C'est important. Ah oui bien sur, tout autant que ton sommeil... mais ce que j'en dit…
Tu n'en fera qu'à ta tête de toute façon alors vas y. Je ne vais même pas discuter.
Non je ne dors pas, j'attends que tu termines. Oui il est 2h30. Tu vas te coucher maintenant ? Enfin !  Oui bien sur que tu peux venir dans mes bras, ne soit pas bête. Et non je ne fais pas la gueule. C'est juste que j'hallucine. T'es incroyable… Dors...

« ...Elle a de ces lumières au fond des yeux 
Qui rendent aveugles ou amoureux 
Elle a des gestes de parfum 
Qui rendent bête ou rendent chien 
Et si lointaine dans son coeur 
Pour moi c'est sûr 
Elle est d'ailleurs ... »
Pierre Bachelet


3h du matin
Non je ne dors toujours pas. Je te regarde. Tu as l'air épuisée. La journée a été difficile aujourd'hui.  Ce qui me fait peur c'est que ce n'est que la première séance. Et je doute qu 'au fil des semaines cela se passe mieux. J'aurais même plutôt tendance à croire le contraire. Je ne vais pas pouvoir te laisser seule les mercredi soir. Plus maintenant. Si t'es malade toute la nuit d'après je ne vais pas te laisser toute seule. Dorénavant le mercredi soir je dormirais ici. Je resterais avec toi.
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Mar 3 Juil - 0:37
Et de 2...


Le lendemain j'expliquais à mes parents qu'à partir de maintenant le mercredi soir je ne mangerais plus à la maison et je ne dormirais plus ici non plus. Du moment que je ne sèche pas les cours, je suis majeure, c'est mon problème. Ça me convient très bien comme réponse. Ils ont imaginé que j'avais un petit ami mais que par pudeur ou timidité je préférais le garder secret. J'avais l'age, j'avais 18 ans passés donc ils n'ont pas posé de question. C'était ma vie privée et ils la respectait.

Ah ! Les 3 mousquetaires…
Ben vous en faites une tête ! Qu'est ce qui ne va pas ? Vos notes ? Le dernier contrôle ? Non, alors quoi ? Vous voulez savoir si  elle va bien ? Heu… comment dire ? Etant donné le problème je dirais qu 'elle s'en sort plutôt bien. Elle vous a fait peur en cours ? Pourquoi ? Blanche, au bord du malaise… Je sais elle est épuisée. C'est difficile en ce moment. Faire quelque chose ? Non. Malheureusement vous ne pouvez rien faire. Ni vous ni moi d'ailleurs. A part peut être écrire au tableau à sa place et faire en sorte qu'elle reste tranquille vous ne pourrez rien faire de plus. Ce n'est pas juste des migraines ? Non effectivement. Mais je ne peux rien vous dire. Elle me fait confiance et je n'ai pas le droit d'en parler alors ne me posez pas de questions.

Si tu n'arrives plus à assumer tes cours on va avoir un sérieux problème. Si tu ne peux plus enseigner ce n'est même pas la peine que j'essaye de te convaincre de continuer le traitement. Je connais la réponse. Si on t'enlève tes élèves… c'est fini. Et je ne pourrais rien faire. Tu refuseras de m'écouter je le sais. Même si j'essaye de t'expliquer qu'un arrêt maladie de quelques semaines serait le mieux. Je ne vais même pas essayer, j'ai perdu d'avance. Et en prime on va s'engueuler. Donc non.

Il ne me reste plus qu'à attendre que tu tombes en plein cours. Et ça arrivera… un jour ou l'autre. Mais ce qui se passera ce jour là et comment ça va se terminer… je n'en ai aucune idée. Bien sur que j'ai peur mais il n'y a rien que je puisse faire pour l'éviter. J'espère juste pouvoir être là au bon moment et limiter la casse.

Qu'est ce que voulait dire Victor Hugo dans son texte ? Mais qu'est ce que j'en sais moi… Il est mort alors il va être difficile de lui poser la question. Non je n'écoute pas ce que vous dites et alors ?  Je ne fais pas de bruit je dérange personne, je réfléchie. Victor Hugo je ne peux rien faire pour lui, mais elle peut être que si. Alors désolée mais chacun ses priorités. Je vais me garder de dire à voix haute ce que je pense parce que je pourrais avoir des problèmes mais foutez moi la paix… avec vos conneries.

Une semaine plus tard… cours de Français (à croire que c'était fait exprès)
Le conseiller d'éducation fait irruption dans notre classe en plein milieu du cours et s'adresse à moi :

«-  Prends tes affaires et suis moi.

- Qu'est ce qui se passe ?

- On a appelé le SAMU mais dans son dossier c'est ton nom qui est dans la case de la personne à prévenir alors viens. »

Mon nom ? T'as pas fait ça ? Et ton frère ? Il n'est pas sur place. Oui d'accord mais je suis censée faire quoi moi ?

« - Elle s'est écroulée en plein cours.  L’infirmière est avec elle mais tu sais ce qui se passe ?

- Oui. Mais je ne peux pas vous répondre »

Je crois que je n'ai jamais monté un escalier aussi vite. Pourquoi ils sont tous là ? Dégagez d'ici ! Tout le monde dehors .
Oh ! Tu m'entends ? Sert ma main… C'est vous l'infirmière ? Et vous attendez quoi là ? Qu'elle s'étouffe ou qu'elle vous gerbe dessus ? Pfff…. Petit indien, je fais une montagne et je renverse la montagne… voilà ce n'est pas compliqué. Oui je sais ce que je fais. Ne me regardez pas comme ça.

Ah les voilà ! Oui je vous laisse la place. La PLS ? C'est moi. Si ça lui arrive souvent ? Disons que c'est pas la première fois. Oxygène… oui normal . Alors ? Ça donne quoi ? Rien de changer. Hypoglycémie à 0,50 … perfusion de sucre. D'accord mais depuis quand tu fais des hypoglycémies ? C'est nouveau ? Si elle est diabétique ? Ben non. C'est peut être ce qui a provoqué le malaise… pourquoi je n'y crois pas ? Tachycardie à 140, tension à 18, sat à 99….. oh oh oh pas si vite… ça veut dire quoi tout ça ? Des problèmes de santé connus ? Heu… comment dire ? Vous avez un peu de temps devant vous ? Pas vraiment ? D'accord. Alors oui mais si vous voulez que je vous explique...lui (le conseiller) il sort.

Je vous fait un résumé ? Tumeur cérébrale au niveau de l'hypophyse, inopérable car trop volumineuse. Espérance de vie de 18 mois, il y a un peu plus de 2 ans. Oui vous m'avez bien entendue. Chimiothérapie, traitement expérimental… nouveau protocole de chimio en cours.. les médicaments ? Une seconde… je peux vous trouver les ordonnances.
Oui tout ça… Vous l'emmenez à l’hôpital où elle est traitée ? Oui. Parfait. Je peux venir ? Pourquoi non ? C'est une blague ? Et je fais comment ?
Qu'est ce qu'il dit lui ? Des consignes particulières si son état se dégrade ? Des consignes de quoi ? Il me parle de quoi ? Mais attendez moi… oh ! Mais je fais comment moi ?

Que je retourne en cours ? Il plaisante celui là ! Même pas en rêve. Ils sont en train de t'embarquer et moi je reste sur le parking ? Non je veux être à tes cotés quand tu te réveilleras. Je sais ce qu'il me reste à faire. Tes clés de voiture ? Dans mon sac. Je sais que je n'ai pas le droit. Mais je prends le risque. Tu vas me tuer mais ça m'est égal. Je t'ai promis de ne pas t'abandonner, je ne te laisserais pas.
Partez devant je vous rejoint… je ne vais pas jouer les kamikazes. C'est vraiment pas le moment d'avoir un accident.

Bon… la voiture est garée. Il n'y a pas une rayure . T' inquiète pas tout va bien. Maintenant il faut que je trouve ton frère. J'espère juste qu'il n'est pas sorti sur une intervention.
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Jeu 5 Juil - 15:03
Votre histoire est magnifique. Elle est coupe le souffle et savoir que cette personne et toute votre histoire a bel et bien existé rend la lecture encore plus forte. Merci de partager tout cela, je suppose que ça ne doit pas être facile pour toi de nous en faire part.
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Jeu 5 Juil - 19:41
L'inconscient...

On est lundi donc qu'est ce que je fais là ? Ta sœur vient d'être emmenée ici avec le SAMU. Comment je suis venue ? Heu.. on peut en parler plus tard ? Va voir ce qui se passe, moi je ne peux pas. Ce qui s'est passé ? Je vais faire court : malaise en plein cours. Tu peux aller voir comment elle va s'il te plaît ?
Oui je t'attends. Comme d'habitude… j'attends.

1h plus tard…
Ah… ton frère à l'air en colère. Vous avez exactement le même regard dans ces cas là. Il a quoi dans les mains ? Ton bilan d'admission aux urgences. « Tachycardie, troubles de la vue, production de lait, hypoglycémie » … oui moi je le savais. Sauf pour l'hypoglycémie mais visiblement ton frère vient de le découvrir. Et ça n'a pas l'air de lui plaire. Pourquoi tu ne lui a rien dit ? Tu lui dit toujours tout, je ne comprends pas. C'est moi qui vais devoir lui expliquer ? Ben t'es sympa toi… tu verrais la tête qu'il fait.
Et il se passe quoi exactement ? Parce que je veux bien répondre à ces questions mais je voudrais bien savoir ce qu'il se passe.
Ils viennent de te monter en service de réanimation. Ah Non ! Pas la réa… Pourquoi ? Tu es toujours inconsciente, toujours sous oxygène… Ok mais pourquoi ? Non je n'ai pas peur. Je veux juste comprendre ce qui se passe. Pardon ? Personne ne le sait ? Et on est où là ? Au supermarché ou dans un hôpital ? Que le boucher du coin ne comprenne pas je veux bien, mais les médecins ? C'est leur boulot non ? «  il y a des choses que la médecine ne sait pas expliquer » … je n'aime pas du tout cette réponse. Et elle va se réveiller quand ? Personne ne le sait...super !! Et ils savent quoi alors exactement ? Que ton état de conscience nous permet de dire que tu es dans le Coma stade 1/4. C'est quoi ce délire ? On ne plonge pas dans le coma comme ça. Un accident, un choc … je veux bien mais pas tout seul. Là, il ne s'est rien passé, tu ne t'es même pas cogné la tête. C'est juste incompréhensible. Et on doit attendre que tu fasses quelques tours de manège pour en savoir plus. Génial !! On attends les bras croisés. Bien sur… Et on nous dit ça de la même façon que l'on nous demanderais d'attendre notre tour à la caisse du supermarché. Je ne suis même pas sure qu'ils se rendent compte de ce qu'ils nous demande. Pour eux c'est logique, normal… mais c'est faux. Il n'y a rien de normal et rien de logique dans le fait que tu sois dans le coma. C'est juste un cauchemar.

Et on peut te voir ? Ou là encore il faut attendre ? On peut ? Merci, trop aimable. Je vais faire un meurtre dans ce service. A croire qu'ils ont tous un balai dans le postérieur.

Oui je sais, le petit chapeau, la blouse, les chaussons… merci je suis au courant. Ce n'est pas la première fois. Ouai, ouai c'est bon, l'infirmier épargne ta salive. Je sais pour les machines et les tuyaux.

Pfff… mais qu'est ce qui s'est passé ? Je savais que ça allais mal finir. Ces derniers jours tu étais épuisée et tu aurais du t'arrêter. J'aurais du t'arrêter. On se serait engueulées c'est certain. Mais au moins tu ne serais pas couchée ici. Tu savais que aller travailler ce n'était pas une bonne idée, mais comme d'habitude t'en a fait qu'à ta tête. Regarde le résultat ! On fait quoi maintenant ? Je fais quoi ? Et dit donc t'aurais peut être pu me prévenir que tu as inscrit mon nom sur ton dossier au lycée. Tu avais prévue ton coup on dirait. Mais est ce que je peux vraiment t'en vouloir pour ça ? Je ne suis pas sure. Au contraire tu as probablement bien fait.
Par contre il y a une chose que je n'ai pas comprise. Le médecin du SAMU m'a demandé si il y avait des consignes particulières si ton état devait s’aggraver. C'est quoi ces consignes ? Il parlait de quoi ?


Ton frère : « - Il voulait savoir si il devait la brancher au respirateur ou pas, si son état l'avait nécessité.

- Ben si c'est nécessaire il le fait non ?

- Ce n'est pas aussi simple. Si le patient laisse des instructions pour ne pas être réanimer en cas de problème alors on se contente de soulager la douleur et on le laisse partir.

- La laisser partir ? Tu veux dire la laisser mourir ? Tu plaisantes ? Non. Si il faut mettre la machine alors tu le fais.

- Ce n'est pas aussi simple, mais on en reparlera. Pour l'instant on en est pas là. Elle n'en pas besoin. Elle respire très bien toute seule. Regarde… 99 % ils vont même enlever l'oxygène. »

On va passer au lycée avec ton frère récupérer tes papiers dans ton casier. Moi je sais ou c'est mais je ne peux pas aller les chercher alors on y va tous les deux. On demandera au proviseur qu'il nous ouvre.
Ton frère veut aussi passer chez toi, te chercher quelques affaires mais ce n'est pas utile je peux les récupérer à l’hôtel. D'ailleurs, pourquoi ton frère n'est pas au courant de ça non plus ? Je crois que lui et moi il faut qu'on parle. Il y a encore d'autres choses que tu as oublié de lui dire ? Remarque j'en vois bien encore une ou deux. Il va peut être falloir que quelqu'un le fasse. Et à part moi… je ne vois pas qui.

Je dois partir. Mais je vais revenir. Je ne t'abandonnes pas alors n'abandonnes pas. Je ne le supporterais pas.
Le soir même… une feuille blanche, un stylo…
Copie du texte original :

« Tu es devenue ma raison de vivre alors tu n'as pas le droit de partir.
Je tiens a toi plus qu'à ma vie et je te jure que c'est pas fini.
Le soir dans la pénombre, j'arrive à voir ton ombre
Ton regard est devenu mon miroir.
Quand je regarde le ciel, j'y voit des arc en ciel
Les nuages prennent la forme de ton visage
Quand la nuit tombe, c'est les étoiles que j'aperçois
plus brillante l'une que l'autre, comme des morceaux de toi.
Mais contrairement à toi, les étoiles elles seront toujours là
Même quand une étoile s'éteint, sa lumière nous parvient.
Alors que toi, si tu pars c'est le trou noir.
Plus rien ne pourra éclairer mes nuits
Plus rien ne pourra éclairer ma vie »


3 jours plus tard…

Je te regarde endormie sur ce lit depuis 3 longues journées. Attendre. Attendre quoi ? La pluie ? Le réveil d'une plante verte ? Je les entend parler dans la salle d' a coté. Et quand j’entends des mots comme séquelles, dégâts cérébraux, amnésie… je dois t'avouer que ce n'est pas très rassurant. Plus les jours passent et plus les risques augmentent. Mais quels risques ?  Tu vas tenir combien de temps dans cet état ? Le simple fait de rester couchée sans bouger entraîne une dégradation. Tes reins risquent de se bloquer, les muscles se ramollissent, tu pourrais perdre la mémoire, ne plus savoir parler, manger ou marcher. Rien que d'y penser j'en ai la chair de poule. Tu peux te réveiller, je le sais alors fait le vite. Très vite. Peu importe les conséquences, je serais là. Mais tu dois te réveiller. Pour mettre au point un plan d'attaque on doit connaître l'adversaire alors secoue toi. Le match n'est jamais fini tant que le coup de sifflet n'a pas retentit. C'est bien ce que tu dis ? Alors bat toi jusqu'au bout. A l'autre bout du terrain c'est ta vie qui t'attends. Alors vas y cours. Traverse moi ce terrain. Va me rentrer ce panier, je sais que tu peux y' arriver.

« ...Résiste
Prouve que tu existes
Cherche ton bonheur partout, va
Refuse ce monde égoïste
Yeah, yeah, yeah, résiste
Suis ton cœur qui insiste
Ce monde n'est pas le tien, viens
Bats-toi, signe et persiste
Yeah, yeah, yeah, résiste ... »

France Gall


Ton frère : « - Qu'est ce tu fais ?

- Je n'arrive plus à lui parler, c'est trop dur. Alors j' écrit... je lui lirai ensuite…

- Va boire un café je prends le relais»

Copie du texte original :
« Je ne sais plus quoi dire, je ne trouve plus les mots
Je n'arrive plus à écrire, je voudrais guérir tes maux
Je veux bien traverser le pire, si c'est ce que tu désires
Mais au fond de mon cœur, ce que je veux c'est ton bonheur
Ne pars pas maintenant j'ai encore besoin de temps.
Aide moi, donne moi une chance
une chance de réaliser tes rêves
Réveille toi, fait moi confiance
parce que là, moi j'en crève. »

« Accroche toi à la vie que tu as bien remplie
Accroche toi à ton âme, car la mort est infâme
Résiste à cet appel, soit l'éternel rebelle »

2 jours plus tard…
Maintenant ça suffit ! Il faut que t'arrêtes tes conneries. Dans 3 jours je pars au ski alors ne me fais ce coup là, je t'en prie.Il est hors de question que je parte au ski en te laissant ici. Alors bouges toi.
On sait ce qui s'est passé et ça va s'arranger alors hop !! Réveil. En se réduisant la masse à laissée une cavité vide autour. Et concrètement, c'est un peu comme mettre une balle de tennis dans le tambour d'une machine à laver. Résultat il y a un fusible qui à sauter. Et comme notre cerveau est bien conçu, pour protéger le reste des circuits le disjoncteur général s'est enclenché. Et celui là il n'y a que toi qui peut le réarmer. Alors fait le. Personne ne peut le faire à ta place. Il n'y a aucun médicament pour ça, cela dépend de ta seule volonté. Je sais que t'en peux plus, que t'es fatiguée... Mais la partie n'est pas finie. Ton frère ne dit rien mais il souffre, il ne supporte même pas de rester plus de 5 minutes dans ta chambre. Aide le, aide nous. Réveille toi ! Je vais te saouler mais je te lâcherais pas. Donc tu n'as pas le choix. Réveille toi !
…..

Comment ça elle n'est plus dans votre service ? Mais elle est ou ? La petite dame vient de prendre son service et elle n'est pas au courant. Très mauvaise réponse. Elle a deux secondes pour en trouver une meilleure. Pas ici ça veut dire quoi ? Un autre service ou la morgue ? Je vais lui refaire le portrait. Ils vivent vraiment dans un autre monde ici. Elle se rend compte de ce qu'elle vient de me dire celle là ? Je ne crois pas. Elle me trouve la réponse ou il faut vraiment que je m'énerve ? Elle va se renseigner, je veux bien mais il faut pas deux heures.

Ah ! Et donc ? Médecine….oui c'est bon je sais y aller…. Ascenseur….C'est quand tu veux…Donc t'es réveillée... Allez dépêche toi. Laisse tomber j'irais plus vite à pied… Heureusement qu'il n'y a pas 12 étages. J'y suis.. droite ou gauche ?

« Bonjour… je viens voir… madame...excusez moi..je suis montée à pied…

- Ah .. je crois qu'elle vous attend avec impatience.. mais une seconde s'il vous plaît. Elle a été admise dans notre service ce matin. Ne vous effrayez pas si son discours n'est pas très cohérent. Cela se produit parfois cela ira mieux dans quelques jours. Chambre 29…

- Merci…. »

Pas très cohérent ? C'est à dire ? Même quand tout va bien des fois on a du mal à te suivre alors pas cohérent...pour elle peut être...on va voir ça…

Ahhhhh… je retrouve enfin ce regard. Une seconde… je me noie d'abord, je te parle ensuite. Tu m'as fait tellement peur…

Toi : «  Qu'est ce que je fais là ? Je suis ici depuis quand ? On a gagné dimanche ?

- Quoi ? Tu n'as pas joué dimanche.

- Ben si, on était à la fin du match, on perdait mais après je ne me rappelle plus de rien.

- D'accord ! Tu me laisses t'expliquer ce qui s'est réellement passé ? »

Comment je vais faire pour t'expliquer que ton malaise c'était lundi au milieu d'un cours et non dimanche à la fin d'un match. C'est une obsession le basket chez toi...Oui tu as passé 5 jours dans le coma. Et oui je suis venue te voir tous les jours. Mais n'en prends pas l'habitude s'il te plaît. Ce n'est pas ce que je préfère. Tu veux quoi ? Tu veux lire… Tu veux lire quoi ? Ce que  j'écris… mais comment tu sais ?

Moi : « - Ton frère m'a balancé on dirait..

- Mon frère ? Je ne l'ai pas encore vu.

- D'accord. Tu veux lire ce que j’écris ? Si tu veux... mais tu les liras quand je ne serais pas là. Je suis au ski la semaine prochaine… ça t'occupera. »

Je vais te les recopier et je les donnerai à ton frère. Mais je ne m'explique pas comment tu sais que j'écris si ce n'est pas ton frère qui t'en a parlé. C'est comme le jour où sur l'autoroute tu m'as donné les clés de la voiture. Je n'ai pas insisté mais je suis certaine que je ne t'ai jamais parlé de l'auto école. Le seul moment où j'ai évoqué le sujet devant toi tu étais en réa et inconsciente.
Et si j'ai raison alors ça signifie que dans le coma tu entends certaines choses. Lesquelles ? Pourquoi ? Est ce que tu t'en souviens ? Personne ne peut répondre. Visiblement ça fait encore partie des choses que les sciences et la médecine sont encore incapables d'expliquer. Le pouvoir de l'inconscient et du subconscient. Un grand mystère….
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Jeu 5 Juil - 19:47
Sport d'hiver

Quand je t'ai dit au revoir hier soir, j'étais triste. Tu vas passer la semaine à l’hôpital et moi aux sports d'hiver. C'est injuste. Mais « la vie est injuste », je sais. Pour le voyage c'est moi qui conduit et je vais te faire rire, mais je vient de mettre le cd je Jean Jacques Goldman. D'une certaine manière je t'emmène avec moi. Ma mère trouve que je me débrouille de mieux en mieux au volant, que ma conduite est plus douce… ben avec toi à coté c'est mieux. Alors je m'applique.
Je n'ai pas oublié le numéro de téléphone pour pouvoir t'appeler de là bas. J’appellerais tous les soirs je te l'ai promis.  J'espère trouver une cabine téléphonique pas trop loin de la location.
J' étais en train de penser aux infirmières...les pauvres… là tu es encore à moitié dans le cirage, tu passes la moitié de la journée à dormir alors ça devrait aller. Mais dans quelques jours tu devrais aller mieux et quand ils vont t'annoncer que tu ne dois pas te lever pour l'instant… j'imagine ta réaction d'ici. Ton frère m'a expliqué pourquoi. C'est tout simplement pour que l’intérieur de ton cerveau retrouve sa place. Enfin là je résume mais en gros c'est ça. En se déplaçant la masse provoque des dysfonctionnements hormonaux. Et tu vas devoir voir un endo...je sais plus quoi pour régler le problème.
J'entends ta question d'ici. Tu veux la réponse ? Oui probablement encore des médicaments et certainement des injections. Oui je sais tu n'aimes pas les aiguilles. En pratique on avisera plus tard. On trouvera bien une solution.

Il va aussi falloir que je te dises que j'ai parlé à ton frère la semaine dernière. Nous avons eu une longue conversation. Ne m'en veut pas, il fallait bien que quelqu'un lui dise. Et je sais pertinemment que c'était au dessus de tes forces. Peur de sa réaction ? Peur de le faire souffrir ? Peur de raviver des souvenirs douloureux ? Un mélange de tout cela peut être. Toujours est il que tu ne lui aurai jamais dit, alors je l'ai fait à ta place.

On est arrivés et je viens de repérer une cabine. On s'installe et je redescends.
J'appelle d'où ? Ben d'une cabine avec ma carte. Le numéro de la cabine ? Heu...oui… mais pourquoi ? Pour ne pas user les unités. Logique. Tu parles un peu au ralenti mais tu as l'air d'aller bien. Moi ? Je vais bien. C'est magnifique ici… tu devrais voir ce blanc à perte de vue. Je suis certaine que le décor te plairais. Tu dois te reposer… je t'appelle demain.

Jour 2
Le domaine skiable est immense. C'est génial. Il ne manque qu'une seule chose pour que ce séjour soit parfait. Mais je n'ai pas besoin de te le dire tu le devines toute seule.
Quand je regarde le paysage en haut des remontées mécaniques je me surprends à faire la même chose que toi. Mon cerveau prend tes photos. Le vent glacial sur mon visage me rappelle le jour ou je t'ai emmenée manger une glace en terrasse par 10° dehors…

Jour 3
Alors, comment tu vas aujourd'hui ? T'en a marre tu ne peux rien faire. Voilà on y est. Ils t'ont dit que tu avais l'interdiction de te lever pour l'instant ? T'as l'impression d'être une handicapée et tu ne vas pas le supporter longtemps. Si tu décides de te lever tu le feras peu importe les conséquences. Ton frère n'est pas d'accord mais tu t'en moque..

Moi :  « - Je vois. Je commence a comprendre pourquoi ton frère m'a expliqué le problème avant que je parte. Ecoute moi bien ! Si j'apprends que tu t'es levée sans autorisation je ne te rappellerai pas. C'est tu chantage ? Peut être appelle ça comme tu veux. Mais moi non plus je ne suis pas d'accord. Tu vas apprendre à faire ce que l'on te dit. Tu peux te tenir tranquille quelques jours non ? Ce n'est pas une punition. C'est pour ton bien. On est presque au bout. Si tu fais ce qu'on te dit ils pourront opérer dans les mois à venir. Si tu te lèves on fait marche arrière. Tu veux jouer avec ta vie ? Je ne te laisserais pas faire. Je suis loin et je ne peux pas faire grand chose c'est vrai. Mais si j'apprends que tu as essayé de prendre un raccourci je peux te jurer que tu va t'en rappeler.

- C'est bon. J'ai compris. Ne t'énerve pas.

- Ah… mais pour le moment je suis très calme. En revanche si tu déconnes.. je te promets que la gifle n'est rien à coté de ce qui t'attends. »

Jour 4
Je n'aime pas le son ta voix. Qu'est ce qui se passe ? Pourquoi tu pleures ? T'as vue l'endocrino ? Oui et ? Il y a un problème ? Non juste deux médicaments en plus tous les jours, une injection par jour et tu dois faire attention au sucre mais pour le moment pas de traitement pour. Ben alors ? Ce n'est rien tout ça, il n'y a pas de quoi en faire un drame. C'est parce que tu n'as toujours pas le droit de te le lever ? Non ils pensent que tu pourras te lever après demain si tu fais doucement. Alors c'est une bonne nouvelle. Dit moi pourquoi tu pleures. Parce que tu as lu mes textes… D'accord. Je peux comprendre que ça te touche mais le but n'était pas de te faire pleurer. D'autant plus qu'à la base tu n'étais pas censée les lires.

Toi : «  Je sais mais ce que tu as écrie m'a bouleversée. Je ne pensais pas que tu tenais à moi à ce point là.

- Et tu t'attendais à quoi ? Bien sur que je tiens à toi. Oui je veux te voir heureuse, oui j'ai mal quand tu souffres et oui je suis heureuse quand tu l'es aussi. Au moins si un jour tu l'oublies, tu pourras relire les textes…

- Je ne pourrais jamais l'oublier. »

Jour 5
Tu as l'air d'aller bien aujourd'hui, ca fait plaisir à entendre. Il s'est passé quelque chose ? Ah… demain tu peux te lever. La bonne nouvelle ! Les journées sont longues ? Je m'en doute. Rester allongée toute la journée, je me doute de l'effort surhumain que l'on te demande. Mais tu vois, tu t'en sort très bien.
Il faut quand même que je te dises une chose. La semaine dernière j'ai parlé à ton frère. Il ne comprenais pas pourquoi tu lui a caché autant de choses ces derniers temps. Et j'avoue que je n'ai pas la réponse. Mais j'ai surtout du lui dire que votre père était mort et que l'on avait vu votre mère.

Toi : « Quoi ? Tu n'as pas fait ça ? Il va m'en vouloir à mort.

- Pas du tout. Le décès de ton père ne l'a pas vraiment touché mais au moins il le sait. Quand à ta mère je lui ai raconté ce qui s'était passé et ce que tu lui avais dit. Et… il t'a donné raison. Il trouve même que le fait que tu lui ais parlé est une très bonne chose. Donc il serait peut être bien que vous en parliez ensemble. Tu ne crois pas ?

- Je vais essayer... »

Jour 6
Tu as des vertiges quand tu te lèves ? Et bien si on te dit d'y aller doucement, il y a peut être une raison. Le sol se dédouble ? Ah… effectivement c'est problématique. Mais ils t'ont dit quoi ? Que c'est juste temporaire et normal. Donc dans quelques jours tout reviendra à la normale.
Moi je rentre demain et je viens te voir dimanche avec les trois mousquetaires. Tout est arrangé, t'inquiètes pas je viens.
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Jeu 5 Juil - 19:51
Je suis de retour

Dimanche 14h
On trouve une place de parking et on arrive. Non je ne suis pas venue seule, mais je te l'avais dit. N'ai pas peur, je leur ai juste dit qu'ils devaient adapter ton traitement pour t'éviter de faire des malaises. C'est tout. Cela dit méfie toi parce qu'ils ne sont pas complètement idiots. Un jour ils poseront des questions.

Si je connais les couloirs par cœur ? Disons plutôt que je sais ou je vais. Sa chambre est là.
Qu'est ce qui vous choque ? Pourquoi vous nous regardez de cette façon ? Parce qu'elle vient de se jeter dans mes bras comme si on ne s'était pas vues depuis 2 ans ? Ne cherchez pas à comprendre, c'est juste normal. Enfin… normal je ne sais pas, mais habituel en tout cas. Et normalement dans moins de deux minutes elle pleure. Voilà… exactement ce que je disais. Et comme d'habitude je sèche tes larmes, j'essaye de lire dans ton regard et c'est moi que j'y voit. Un véritable miroir, pour une seconde, un instant, les yeux dans les yeux… il n'y a que toi et moi. Tu vas beaucoup mieux, je le voit, je le sent et je l'entend à ta voix. Ce qui te gène c'est ta tenue et le fait que tu ne sois pas coiffée… je confirme tu vas beaucoup mieux. Hey… on est à l’hôpital pas à un défilé de mode.  Ça te dérange à ce point là ? Bon j'ai compris. Elle est ou ta brosse ? Je vais le faire parce que sinon on va en entendre parler pendant une heure. C'est mieux comme ça ? Que je t'aide à t'habiller ? Ben au point où j'en suis allons y. Je vais juste te faire remarquer que les trois mousquetaires nous regardent bizarrement. Soit ils sont choqués par le fait que tu n'as pas l'énergie de le faire seule, soit ils sont choqués par le fait que ce soit moi qui le fasse. Aucune idée. Demande leur… ah ah.. tu ne demanderas rien du tout.

Pardon ? Tu veux aller dehors ? Je comprends mieux pourquoi tu voulais t'habiller. Mais tu as le droit au moins ? Oui oui… Oui Oui et la gomme magique, tu m'en diras tant. Je vais m'en assurer auprès de l'infirmière. Je ne te fais pas confiance ? Pour tout le reste j'ai en toi une confiance aveugle mais là… je vais demander.

Fauteuil ! Tu peux marcher ? Je le sais. Fauteuil ! Et n'insiste pas. Merci. Oui je pousse…
Voilà on est dehors. Tu te sent mieux ? Tu respires ? On dirait que oui. Mais tu trouves qu'il y a trop de béton, trop de bâtiments et que ça manque de verdure… T'es comique toi.. c'est un hôpital et non le littoral de la manche. Mais j'ai très bien compris le message. On y retournera, je te le promets.

Quoi ? Si ils ont révisés pendant les vacances ? Tu n'as pas l'impression qu'il y a une contradiction dans ta question? Vacances donc repos et non révisions. Parce que tu leur a préparé un gros contrôle au retour des vacances. Mais tu ne décroches donc jamais ? Tu n'as rien trouvé de mieux à faire cette semaine ? Ben non.  Commence déjà par sortir d'ici on parlera de contrôle après. T'es incroyable. Tes cours ? C'est pas juste un boulot c'est une véritable maladie…

Tu veux qu'on aille boire quelque chose à la cafétéria ? Oui si tu veux. C'est vrai que c'est plus sympa que la chambre. Oui il faut tout traverser la cafétéria se trouve dans le bâtiment
d'en face mais t'inquiète je pousse. En revanche, que l'on soit bien d'accord : pour toi le jus d'orange c'est nature.
Il est déjà 18h. C'est vrai que le temps passe vite. Surtout en bonne compagnie. On aura bien rigolé. T'as retrouver ton humour c'est bien. On remonte ? Ben il faut bien. Je voudrais bien te ramener avec nous mais malheureusement pas aujourd'hui.
Hey… non ne pleure pas. Ça va aller, je vais revenir. Tu devrais pouvoir sortir bientôt. Tu dois tenir le coup il n'y en a plus pour longtemps. C'est le moment de se dire au revoir, fait leur les bises. Et ...oui, je sais ce que tu veux. Allez viens… Tout va bien se passer. Je reviens demain...
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Jeu 5 Juil - 19:54
Sortie

Alors comme ça tu as le droit de sortir demain? Tu leur à casser les pieds combien de temps pour qu'ils acceptent ? Les 3 mousquetaires peuvent me déposer demain et je peux te ramener puisque ta voiture est toujours sur le parking. Ah ! Oui…. À propos de ta voiture… Non, non rassure toi elle n'a rien. Ouiiii ...c'est effectivement le SAMU qui t'as emmenée ici. Et tu veux savoir comment ta voiture est arrivée jusqu'au parking….Heu… comment dire ? Le regard noir qui vient de me transpercer me fait dire que tu as déjà compris. Ils ne voulaient pas que je vienne avec eux, alors j'ai pris ta voiture. Il n'y a pas de bouquin de maths à porter de ta main, j'ai peut être une chance de m'en sortir. La gifle ? Non s'il te plaît. Comprends moi je n'avais pas vraiment d'autres solutions.

Mais attends là ! Tu ne dis rien ? Tu réfléchie à quoi ? Tu m’inquiètes plus qu'autre chose. Tu ne m'engueule pas ? J'ai loupé quelque chose, ce n'est pas normal.

Toi : «  - Je te dirais bien de ne jamais recommencer mais je sais très bien que si 'c'était à refaire tu ferais exactement la même chose. Mais évite, c'est beaucoup trop risqué .

- Je le sais mais...je ne pouvais pas…

- Stop ! Tu n'as rien à m'expliquer. Je sais pourquoi tu l'as fait. Fin de la discussion»

Le lendemain…
Voilà on y est, t'es libre. Comme quoi avec un peu de patience… Le courrier pour le médecin, les ordonnances , le sac c'est bon on a tout ? Alors dégageons d'ici.. .
Journée VHS chez mes parents ? Alors allons y…
On est quand même bien mieux ici qu'à l’hôpital.  Mais si tu veux que je te ramène chez toi je peux.   Non ? D'accord c'est comme tu veux. Je propose juste. Bien sure que non je ne veux pas me débarrasser de toi. N'importe quoi… Choisie le film au lieu de dire des bêtises.
La trilogie de Star Wars ? Oui .. dans les « S ». C'est parce qu'un jour je t'ai dit que tu étais comme les chevaliers Jedi, et que la force elle était en toi. C'est pour ça ? Tu connais l'histoire mais tu ne les a jamais vu ? Tu plaisantes ? Tu n'as jamais vu Star Wars ? Ah ben regarde tu vas comprendre… donne moi l'épisode IV.

…..
A la fin de l'épisode VI tu t'es lancée dans une théorie que certains définiraient comme abracadabrante. Ta théorie elle disait à peu près ça :

«  Le film propose un concept selon lequel il existe un fluide qui relie tous les êtres vivants. Un fluide qui nous entoure et nous pénètre.  Par maîtrise de soi et concentration il serait possible d'utiliser des fonctions cérébrales comme la télépathie et la télékinésie. Or, on sait que le cerveau humain en est capable, mais de nos jours seuls quelques rares personnes sont capables d'utiliser ce don et elles le maîtrise rarement. Mais finalement est ce que le lien reliant l'humanité il y a 5000 ans ne ressemblerait pas à 'la force' ? Dans le film 'la force' est également un pouvoir de l'esprit utilisé pour communiquer avec des êtres chers après leurs morts et ce phénomène c'est tout simplement le passage. »

La théorie est intéressante mais ce n'est qu'un film. Juste un concept inventé par un scénariste de génie mais cela reste de la fiction. Cela dit si tu as envie d'y croire… pourquoi pas . Ce n'est pas complètement idiot mais surtout impossible à démontrer. C'est là où, te connaissant je suis surprise que tu adhères à cette théorie.

A posteriori :
Tu ne verras jamais la prélogie Star Wars et tu ne connaîtras pas le personnage d' Anakin. C'est bien dommage car lui et toi avez beaucoup de points communs : Il est courageux, intelligent, déterminé, déraisonnable et imprévisible.Tu l' aurais adoré j'en suis certaine.

En revanche, la semaine prochaine on regardera Mickey. Il y aura moins de risque que tu partes dans ce genre de théorie.
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Jeu 5 Juil - 20:00
Cours de Français

Lors du dernier cours, avant les vacances le conseiller m'a fait sortir de la classe. Depuis je n'ai même pas rattrapée le cours. Je sent que je vais en prendre pour mon grade. Déjà que la prof ne peut pas me voir. Maintenant elle a une bonne raison pour me donner une punition. Je veux bien accepter une punition parce que je n'ai pas recopié le cours mais il ne va pas falloir qu'elle aille trop loin. Je n'ai pas l'intention de me laisser faire.

A peine assise en classe :
La prof de Français : « - Je peux voir vos notes concernant mon dernier cours ?

- Je n'en ai pas.

- Que vous sortiez de mon cours à la demande du conseiller, ne vous dispense pas de rattraper le cours.

- Je le ferais

- Il vaudrait mieux pour vous. Vos pseudos liens privilégiés ne vous dispense pas de mes cours et ne vous aiderons pas non plus à obtenir des notes correct au bac. Vous viendrez me voir à la fin du cours. »

Mais bien sur que je vais lui parler à la fin du cours. Des liens privilégiés ? J'ai peur de ne pas bien comprendre. En dehors du fait que visiblement madame est jalouse de ce prétendu lien, en clair, elle voulait dire quoi ? Il est où le problème ? Oui il me manque un cours, et alors ? Il n'y a pas de quoi en faire une montagne.
Il vaudrait mieux pour elle qu'elle se méfie de ce qu'elle va dire parce que je ne vais pas m'écraser. Le rôle de bouc émissaire je commence à en avoir marre. Si elle a un problème avec moi et bien qu'elle me l'explique clairement. Vivement la fin du cours…

2h plus tard…

La prof de Français : « Je pense que vous devriez vous concentrer sur vos études plutôt que de traîner avec votre ancien professeur. D'ailleurs je ne comprends même pas comment un membre du personnel enseignant peut détourner une élève de ces études. C'est contraire à tous les règlements. Je suis dure avec vous parce que vous perdez votre temps en futilité au lieu de travailler. Un bon conseil : gardez vos distances et préoccupez vous de votre avenir. »

Pensée intérieure :
Je lui arrache la tête de suite ou j'attends un peu? De quoi elle se mêle ? Je suis majeure et assez grande pour savoir ce que je veux faire et avec qui. Pour qui elle se prend ? Me détourner de mes études ? C'est juste une énorme blague. J'ai appris bien plus avec toi en 2 ans qu'en 10 ans de cours. Elle est juste jalouse… c'est pathétique. Elle ne comprends pas ? Mais personne ne lui demande de comprendre ceci ne la regarde pas. Et il va falloir que je lui réponde ? D'accord, allons y…

Moi : « Cela fait bien longtemps que le rapport prof- élève entre elle et moi n'existe plus. Aujourd'hui c'est mon amie. Qui je vois et ce que je fais en dehors des cours ne vous regarde absolument pas. Avant les vacances, elle a fait un malaise en cours et ils ont du faire venir le SAMU. Si à ce moment là le conseiller est venu me chercher moi, dans votre classe, c'est qu'il y a une bonne raison. Raison que je ne vous expliquerai pas, parce que cela ne vous regarde pas. Quand à mes études je sais très bien ce que je fais. Et contrairement à ce que vous pensez elle y veille également. Et si il y a une chose qu'elle m'a très bien enseignée c'est de ne pas se fier aux apparences. Vous devriez y réfléchir… bonne journée... »

Bon ! Maintenant c'est à toi qu'il va falloir que j'explique tout ça. Ce qui risque d' être plus compliqué. Tu serais bien capable de la coller au mur, ce qui je pense, serait une très mauvaise idée. Même si j'avoue y avoir pensée… ce n'est pas une bonne idée.
Je pourrais aussi ne rien te dire mais… c'est impossible. Te cacher quelque chose je n'y arrive pas et de toute manière tu vas comprendre que je me suis énervée juste en croisant mon regard. Te mentir ? Pas possible non plus. Il ne me reste plus qu'à t'expliquer tout cela calmement. Et tu vas me promettre de ne pas t énerver et de ne pas essayer de régler le problème par toi même. Et je pense que ce n'est pas gagné.


Une heure plus tard je t'ai tout expliqué. Et comme j'en étais persuadée tu ne l'a pas bien pris. Pas bien du tout. Pour être honnête je ne t'ai jamais vu dans une colère pareille. Ce qu'elle venait de me dire t'a mise hors de toi. Et il m'a fallu un moment avant de comprendre que ce qu'elle pensait de toi ou de nous… tu t'en fichais éperdument. Ce n'étais pas le problème. Mais qu'elle m'attaque moi … là pour toi c'était inacceptable. Tu vas lui parler ? C'est elle qui mélange tout. Tu ne peux pas laisser passer. Pourquoi n'est elle pas venue te voir toi ? Je te répondrais bien par lâcheté.  Mais calme toi, laisse tomber, on a mieux à faire que de perdre notre temps avec elle.

Toi : «  - Tu as raison.

- Pardon ? Tu peux répéter ? J'aime bien t'entendre me dire que j'ai raison. Sérieusement laisse tomber. Elle peut penser et me dire ce qu'elle veut, rien ne changera. Alors oublie…

- Non. Je vais faire mieux que ça.

- Je ne suis pas sure que ça me plaise mais explique. C'est quoi ton idée ?

- Elle est jalouse. Elle veut que tu gardes tes distances ? Et bien elle ne va pas être déçue. Je suis curieuse de voir la tête qu'elle fera quand elle apprendra que je t'emmène en vacances en Avril. Je ne lui parlerais pas, mais je vais m'arranger pour qu'elle le sache. Ben quoi ? On peut rigoler un peu non ?

- Ça sent la provocation. Elle t'a énervée à ce point ? Je ne suis pas persuadée que cela soit la meilleure chose à faire, mais si ça t'amuses...Et comme ça tu m'emmènes en vacances ? Ah ouai ?En Avril ? Donc après avoir terminé ta dernière chimio… Avec plaisir... »
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Jeu 5 Juil - 20:04
A quand la fin ?

Encore un mercredi… une séance de plus… encore une. Tu t'es endormie dans mes bras et je réfléchie. J'ai parfois la sensation prétentieuse qu'il n'y a que dans mes bras que tu arrives à dormir correctement. Tu es calme, pas de cauchemar, pas d'agitation… en gros je te sert de doudou. Tu as peut être passée l'age non ? Malheureusement je sais que tu vas te réveiller dans peu de temps. Le calme va laisser place à tes douleurs, tes cris et tes larmes. Comme d'habitude je serais là. Je vais te regarder souffrir, pleurer et vomir. Est ce qu'un jour ça s’arrêtera ? Est ce qu'il est possible qu'un jour tu n' ais plus à subir tout cela ? Je sais que tu peux te battre. Je sais que tu en a la force. Mais combien de temps ?
Déjà plus de deux ans… Deux ans à vivre aux rythme des protocoles, des seringues et des ordonnances. Est ce vraiment une vie ? Tout le temps que tu passes à l’hôpital ou chez les médecins, c'est du temps que la vie te vole. J'oserais presque dire qu'elle nous vole. Pourquoi je dis nous ? Parce que je pense que toi et moi on pourrait faire plein de choses ensemble. Personne ne connaît son avenir mais je me surprends à rêver d'un avenir dont tu fais partie. Plus exactement, je n'imagines plus mon avenir sans toi dans ma vie.

Dans le meilleur des cas, le dernier traitement va permettre de stabiliser la situation et l'on va pouvoir envisager une intervention. Quand je repense au pronostic de départ et bien ce serait une sacrée victoire. Et si c'est possible alors tout est possible. Je ne parle pas de guérison car ce ne sera jamais le cas mais plus de date, plus d'ultimatum et plus de point de non retour. Après ? Et bien après tu pourras peut être enfin faire des projets pour l'année suivante au lieu de te contenter de la semaine prochaine.
Mais avant cela il faut que tu tiennes le coup. La partie n'est pas terminée.

Et dans le pire des cas… tu ne souffriras plus. C'est bien la seule certitude.

Mais pour l'heure tu dois continuer à te battre. C'est repartie pour un tour… Tu trembles, t'approches des 40° de température, tu commences à me parler de Noël alors que nous sommes début Avril… Et ce qui devait arriver… maintenant tu convulses. Je le sais on m'avait prévenu, il faut absolument faire descendre la température rapidement sinon c'est retour à l’hôpital. Pas de panique ! Viens avec moi… allez direction la douche. Fait moi confiance et  accroche toi . Je te tiens. Regarde moi. Je te tiens et je ne lâcherai pas. Ça va aller beaucoup mieux dans quelques minutes. Tiens le coup… concentre toi, regarde moi. C'est ça…

Tu veux savoir ce qu'on fait toutes les deux toute habillées et trempées dans ma baignoire ? D'un coté c'est rassurant, si tu me poses la question c'est que t'es lucide. Ça va mieux ? On est quel jour aujourd'hui ? Mercredi, le jour où tu disjonctes c'est toujours le mercredi. Oui remarque c'est pas faux . Allez sort de là, déshabille toi et sèche toi. Je peux en faire autant ? Oui je sais mais j'avais pas vraiment le temps d'enfiler un maillot de bain.
Comment j'ai fais pour te porter jusque dans la baignoire ? C'est vraiment important ? Non parce que pour être honnête j'en ai aucune idée et je ne me suis pas vraiment posée la question.
Heureuse que ça te fasses rire… c'est nerveux ? Si tu le dis…

Tu plaisantes et tu trouves même la force de sourire. Mais je sais qu'au fond de toi tu voudrais tout lâcher, laisser tomber. Tu voudrais que tout s'arrête et il t'arrive même de penser que tu ferais mieux de mourir. Mourir pour ne plus souffrir. Je sais qu'il t'arrive d'y penser parce que parfois je le pense aussi. Mais même si de temps en temps espoir et désespoir se confondent je refuse l'idée. Un match n'est jamais terminé tant que l'on entend pas le coup de sifflet.  Je l'ai compris, je l'ai appris et ce n'est pas moi qui sifflerait la première. Alors bats toi. Bats toi plus fort. Bats toi encore, encore…

Le lendemain…
Faudrait peut être accélérer parce que l'on va être en retard au lycée. Non pas 3 minutes, à pied il en faut 10. C'est toi qui m'a demandé hier soir de laisser la voiture au lycée, parce que tu voulais prendre l'air et marcher jusqu'à l'hôtel. Et non, c'est pas moi qui ai mis une plombe sous la douche ce matin… allez dépêche..

Quoi ? Je marche trop vite, tu fatigues ? Pourquoi tu t'accroches à mon épaule ? Ah ! Je vois… provocation bonjour. Mais ça te faire rire en plus… Cela dit vue la tête de la prof de français en face de nous… en effet ça vaut le détour. On dirait qu'elle a vu un fantôme. Mais si tu veux vraiment jouer autant le faire correctement. Si je pose ma main sur ta hanche, on devrait rire deux minutes… Pourquoi elle se sauve ? Je comprends pas. On est partie dans un fou rire ... Au moins maintenant t'es réveillée.
Heureusement que je ne l'ai pas en cours aujourd'hui.
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Dim 8 Juil - 23:31
Il était temps

Il était temps que les vacances arrivent. Le dernier traitement t'a totalement épuisée. J'espère sincèrement qu'il n'y en aura pas d'autre avant très longtemps. Dans le cas contraire je doute que tu l'acceptes. Et même si j'ai du mal à m'y résigner, je peux le comprendre. Ton corps n'en supportera pas d'avantage.
Tu veux qu'on parte quelques jours en vacances et rien ne me ferait plus plaisir, mais, d'abord tu dois te reposer. Vraiment te reposer. J'ai l'impression que tu dors de plus en plus mal, sauf le mercredi. Mais le reste de la semaine tu dors quoi ? 3h par nuit ? Fatigue, cauchemar ou douleurs ? Je ne sais pas. Il faut vraiment que tu dormes alors tu vas venir à la maison mais pas de VHS, tu vas te reposer.
Faut il encore que tu l'acceptes. Mais je vais réussir à te convaincre. Je vais réussir parce que je n'ai pas le choix. Si l' on veut avoir une chance de pouvoir t’opérer tu dois reprendre des forces.

J'ai un deal à te proposer : tu te repose pendant que je bosses mes cours. Et si, et seulement si, tu reprends des forces alors on partira quelques jours.
Bien sure que je voudrais partir avec toi mais certainement pas au dépend de ta santé.

…..
C'était plus facile que je ne l'aurais pensé. Je n'ai même pas eu besoin d'insister. Quand je t'ai dit que tu devais reposer et qu'il fallait que tu dormes la seule chose que tu m' a demandé c'est ce que moi j'allais faire. Je t'ai répondu que j'allais travailler mes cours, j'ai sortie mon bouquin et 3 minutes plus tard tu dormais.
Pour être honnête j'ai un peu de mal à travailler. J'appréhende tes peurs, tes douleurs et tes cauchemars. Ce qui est étrange c'est que ma seule présence à tes cotés semble te reposer. Pourquoi ? Parce que tu sais qu'au moindre problème je serais là ? C'est la vérité je serais là. Tu l' aurais enfin compris ? Peut être…

Sans bruit je suis descendue préparer à manger . C'est prêt, le plateau t'attends sur mon bureau, avec tes médicaments et ton injection. Et je vais devoir te réveiller à cause de l'injection ce qui ne me plaît pas du tout.

Moi : « - Hey… il faut que tu te réveilles, il est 12h30 et c'est l'heure de prendre tes médicaments. Le repas t'attends. Regarde j'ai tout préparé. T'as bien dormi ?

- Je vais bien. T'inquiète pas. C'est pour moi le plateau ?

- Ben oui, qui d'autre ? Allez mange, il faut que tu reprennes des forces.

- Merci. Je me demande ce que je ferais sans toi…

- Tu n'as pas besoin de te poser cette question puisque je suis là. Et je ne vais pas me sauver. Allez mange... »

Je descends faire la vaisselle. Et non je ne veux pas que tu m'aides. Prends un bouquin si tu veux mais tu restes tranquille. Ah ! D'accord ! Cela dit c'est de ma faute, j'aurais du préciser. Qu'est ce que tu fais avec le bouquin de maths et mon devoir dans les mains ? Tu le corriges ? Ben voyons ! C'est vraiment plus fort que toi. Ok tu corriges mon devoir mais après tu te recouches. T'es déjà couchée ? Ah oui effectivement t'es couchée dans mon lit… mon devoir dans les mains. Tu te fou de moi ? Corrige ce devoir si tu veux mais ensuite tu dors. Et non tu ne discutes pas.

Pour une fois tu n'as pas insisté. Ce qui me fait dire que j'ai raison. Tu es vraiment à bout de forces. Si tu n'essayes même pas de me contredire c'est parce que tu n'y arrives même plus. Tu me ferais presque peur. Mais dans quelques jours tu iras mieux. J'ai confiance. Maintenant que ton traitement est terminé tu vas aller bien. Il faudra un peu de temps mais tout va s'arranger.

Je te regarde dormir dans mon lit… et j'adore ça. J'ai l'impression de surveiller un grand bébé. Sans les biberons, mais à la place c'est médicaments et injections. Finalement ce n'est pas si différent. Quand je te regarde là, devant moi, endormie… j'ai juste envie de te serrer dans mes bras. Je voudrais pouvoir te dire que je ferais attention à toi . Que quoi qu'il arrive je te protégerais. Que pour toi je serais capable de tout. J'irais même jusqu'à dire que si donner ma propre vie pouvait sauver la tienne alors je le ferais. Je sais que tu ne serais pas d'accord avec ça. Je sais aussi que beaucoup sont capables de le dire mais peu de gens sont capables de le faire. Mais moi je ne vais pas te le dire. De toute façon… je crois que tu le sais.

Depuis une semaine, je passe mes journées à m'occuper de toi. Je te met au lit , je te regarde dormir, je te prépare à manger, je te donne des médicaments et je fais même tes injections. C'est pas grand-chose mais au moins pour une fois j'ai la sensation de servir à quelque chose. Lundi je t'ai même donné à manger à la cuillère parce que tu n'avais plus la force de tenir une fourchette. Aujourd'hui tu vas mieux, je suis contente. Tu as meilleure mine et tu as même repris des couleurs. J'avais raison tu avais vraiment besoin de repos.

Ce week-end c'est ton frère qui va s'occuper de toi.  J'ai tout arrangé. Je te déposes chez lui ce soir, et il me ramènera. Moi je te revoie lundi matin. Et si tu vas mieux on pourra partir mercredi pour quelques jours, je te le promets.
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Dim 8 Juil - 23:36
Val de Loire

Lundi 9h
Ton chocolat t'attends. J'ai hâte de voir comment tu vas ce matin. Ah ben vu la manière dont tu viens de te garer je dirais que tu vas mieux. Tu te prends pour un pilote de Formule 1 ? Hey… doucement… je vais pas m'envoler. Ça va ? Visiblement oui. Tu voulais me dire merci ? Mais merci pour quoi ? Pour tout ce que j'ai fait pour toi. Pour m'être occupée de toi la semaine dernière au lieu d'aller à Eurodisney ou au cinéma avec les 3 Mousquetaires. Stop ! C'est stupide. Je sais ce que je fais. Je le fais parce que je le veux. C'est mon choix et tu n'as pas à me dire merci. Compris ?

Au fait ! Tu ne m'a pas dit.. tu veux partir où ? Pourquoi tu rigoles ? Dit moi… Non ? Je n'ai pas le droit de savoir ? Il faut que je devine ? Oui je me marre. Parce que tu recommences à jouer ce qui signifie que tu vas beaucoup mieux. Et oui ça me fait plaisir.

….
Mercredi
Les sacs sont dans le coffre, la glacière de tes injections aussi, on à les médicaments et tes ordonnances, donc on peut y aller.
Oui je prends le volant. La question ne se posait même pas. Même si je ne sais toujours pas où l'on va. Quoique… j'ai ma petite idée. Depuis le temps que tu me dis que tu veux y retourner. C'est moi qui t'ai fait découvrir cet endroit et je crois que t'en est littéralement tombée amoureuse. Alors allons y…
Musique !

« ...Pas de question ni rébellion
Règles du jeu fixées mais les dés sont pipés
L'hiver est glace, l'été est feu
Ici, y'a jamais de saison pour être mieux
J'ai pas choisi de vivre ici
Entre la soumission, la peur ou l'abandon
J'm'en sortirai, je te le jure
A coup de livres, je franchirai tous ces murs
Envole-moi, envole-moi, envole-moi
Loin de cette fatalité qui colle à ma peau
Envole-moi, envole-moi
Remplis ma tête d'autres horizons, d'autres mots
Envole-moi... »
Jean Jacques Goldman


On est presque arrivées. En voyant le panneau de la ville ton regard s'illumine. J'adore. C'est génial. Il fait beau et le soleil éclaire le Parc du Château juste derrière nous. En descendant de la voiture tu regardes le château comme si c'était la première fois. On y va ? Je vais chercher les billets… j'arrive. Une fois les billets en main je te retrouve assise sur un muret, le regard dans le vague… je m'interroge. Qu'est ce que tu regardes ? Le ciel ? Il est bleu sans trop de nuages. Mais ce n'est pas le ciel que tu regardes. A quoi tu penses ? Tu m'expliques ? Tu me ferais presque peur…
En réalité il n'y avait pas de quoi avoir peur. Tu m'as juste dit :

«  Regarde la façade du château, elle change de couleur avec les rayons du soleil. Les ombres bougent sur les pierres, on pourrait croire qu'elle est vivante »

Je viens ici tous les ans depuis des années mais je n'avais jamais regardé la façade de cette façon.  Tu as une manière bien particulière de regarder les choses. Tu vois ce que personne ne voit. Peut être parce que l'on ne regarde pas correctement. Tu dois avoir un don.
On a visité le château, pour la deuxième fois. Rien avait bougé, chaque salle, les costumes, le mobilier… en écoutant la visite guidée on s'est imprégnées du passé. L'histoire du Prince de Talleyrand, infirme de naissance qui s'est battu contre son handicap et qui est devenu un grand homme de l'histoire… Cette histoire t'as fascinée.
A la fin de la visite nous sommes allées dans le parc. On s'est assises près des bassins. L'eau fraîche provenant des jets d'eau nous éclaboussait mais nous n'avons pas bougé. En silence on a admiré le décor pendant plusieurs heures.

Moi : « Le parc va bientôt fermé. On va déposer nos affaires à l’hôtel et puis on va aller manger. Je connais un petit restaurant très sympathique dans une petite rue vers le centre ville. On pourra revenir dans le parc demain, il y a encore plein de choses à voir. Il faudrait plusieurs jours pour arpenter les 53 hectares du parc. »


Au dîner, tu étais transformée. Tu venais de recharger les batteries . Tu as retrouvée ton enthousiasme, ton énergie, ton goût de la vie… l'envie de vivre.
Tu souries, tu chantes… tu as l'air heureuse et ca me manquait.
Moi aussi j'aime beaucoup cet endroit mais la première fois que je t'ai emmenée ici jamais je n'aurais imaginée qu'il puisse avoir un tel effet sur toi. C'est quoi qui te fascine à ce point ? La taille du bâtiment, l'immensité du parc, les bassins, les animaux… ? Le fait que ces pierres ont traversées l'histoire, les guerres et les tempêtes ? Ou le coté paisible, serein et solennel de l'endroit ? Je n'en ai aucune idée. Un mélange de tout ça peut être.

Le lendemain on est retournées passer la journée dans le parc du château. A l'entrée, les Paons faisaient la roue comme pour nous souhaiter la bienvenue. On a parcourus plusieurs kilomètres au milieu des biches et des daims. Et puis tu m'as dit :

«  Ce parc est immense. On est bien ici, c'est calme et reposant. On dirait une toile de maître vivante. Les animaux donnent vie au décor tout en préservant le silence, ils sont les gardiens du parc »

J'ai retenue cette phrase parce que je trouvais cette description on ne peut plus juste mais la première fois que l'on est venues ici je t'ai cité la devise de Talleyrand : « La parole que tu gardes est ton esclave, celle que tu as lâchée est ton maître. »

Alors ma question c'est : n'est ce vraiment qu'une simple description ou dois je y comprendre quelque chose?


Jour du retour

Moi : «  - Qu'est ce qui ne va pas ? T'en fais une tête…

- Rien de grave, c'est juste que… que je n'ai aucune envie de rentrer.

- Ben je ne vais pas te dire que ça me réjouie étant donnée que c'est faux, mais on a pas vraiment le choix. On a cours lundi donc il faut rentrer.

- Je sais mais c'est pas à cause des cours que je ne veux pas rentrer.

- Tu m'expliques ?

- Je vais essayer. Ces derniers jours j'ai oublié l’hôpital, les médecins, les douleurs et tout le reste. On a même pas parlé de cours ou du lycée. On s'est amusées, on a rie, chantées et profité de la vie. Ici je me sent vivante et si je suis ici c'est grâce à toi. Ici c'est juste toi et moi. C'est pour cette raison que je n'ai aucune envie de rentrer.

- Ce n'est pas si loin que cela. Si tu le veux on pourra revenir.

- Oui. On reviendra. En attendant le rêve est terminé et mercredi c'est retour à la réalité. On a rendez vous avec notre cher professeur. Je n'ai pas voulu te le dire avant, je ne voulais pas te gâcher le séjour.

- Ne t'en fais pas pour moi. Si il faut y aller on y va. Il n'y a rien a gâcher. »


« ...Petite foule danse 
Autour d'un corps s'endormant 
Douceur immense 
Pour le départ d'un parent 
Calmement 
Peint aux couleurs de l'artifice 
Des bleus lisses et roses et blancs 
Et lentement 
Visages tendres sur l'herbe glissent 
Se sourient en chuchotant 
Et sans le moindre tourment 
Ils fêtent mon enterrement
Cendres folles et s'envolent 
Sous les yeux pâles et contents 
Et s'unissent aux lucioles 
Pour vivre un dernier instant 
Et à jamais 
Restent en suspens... »
Daniel Balavoine.

C'est bien ce que je pensais. Ta phrase n'était pas juste une description. Ne dis rien… j'ai très bien compris le message...
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Dim 8 Juil - 23:44
[b]On opère ?[/b

Encore un rendez vous avec le professeur, encore un. Je n'ose pas te le dire mais j'ai la trouille . C'est aujourd'hui que l'on va savoir si il est possible de t’opérer ou pas. Et c'est étrange parce que d'un coté j'espère que oui mais en même temps cette opération me fait peur. Et je pense que je ne suis pas la seule à qui cette intervention fait peur. Sur ce coup là c'est toi qui va me dire de ne pas brûler les étapes. Que l'on doit déjà attendre d'écouter ce que le professeur va nous dire, ensuite on pourra poser nos questions. Et seulement après on décidera. D'ailleurs, tu m'as dit : « on » décidera. Mais en réalité c'est toi et toi seule qui doit décider. Peu importe ton choix, je serais là.

Après 2h30 passées en salle d'attente, on a enfin réussi a voir notre cher professeur. Bonne nouvelle ? Oui. L'opération est possible. La difficulté d'accès rend l'intervention complexe et l'ablation totale de la masse sera impossible mais cette intervention permettra d'en supprimer 80 % ce qui était totalement inenvisageable il y a deux ans.  Aujourd'hui c'est possible. Tes peurs et tes souffrances n'auront pas été vaines. Cette intervention va te permettre de vivre.  De gagner du temps. Te guérir est impossible mais c'est gagner une espérance de vie non négligeable. Alors oui c'est une excellente nouvelle.
Les risques de l'intervention ? Et bien comme toute intervention, il y a tous les risques liés à l'anesthésie. Ajouté à cela, il y a une éventualité que l'extraction soit impossible par les voies naturelles ce qui obligerait le chirurgien à ouvrir la boite crânienne en frontal. Et si jamais c'est le cas alors effectivement cela va durement compliquer la situation, ainsi que la convalescence.
Tu ne dis rien mais je devine ce que tu penses. Ouvrir en frontal c'est jouer sur un terrain dangereux. Pour quels bénéfices ? Quelles séquelles ?

Et il y a autre chose. L'intervention ne pourra pas se pratiquer ici. Elle doit être effectuée dans un centre spécialisé en Neuro-chirurgie. Etant donné la distance il me sera impossible de venir te voir. Il propose de pratiquer l'intervention fin juin. La durée d'hospitalisation additionnée à la convalescence te permettra de reprendre le travail à la rentrée en septembre.

Ta main scelée dans la mienne, tu t'accroches à mes doigts comme pour ne pas tomber. Tu viens de comprendre que je ne pourrais pas venir te voir tant que tu seras hospitalisée. Et bien évidemment… de manière logique...tu as fondue en larmes.

Le professeur : « Les risques sont grands c'est vrai. Mais cette intervention est une chance inespérée. Saisissez là. »

Toi : « Non ! C'est hors de question ! Je n'y arriverais pas. »

Tu t'es levée d'un bond, et tu es sortie du bureau en claquant la porte. Le professeur n'a absolument pas compris ta réaction mais moi oui. Je me suis retrouvée seule en face de lui et il m'a dit :

«  C'est sa seule chance. Trouvez un moyen de la convaincre. Si vous n'y arrivez pas tout ce qu'elle aura enduré jusqu' ici n'aura servie à rien. »

Moi : «-  Je le sais. Je vais parler à son frère. Donnez nous un peu de temps. Ensemble on va trouver une solution.

- Je compte sur vous

- Vous pouvez. Merci et à bientôt. »

Punaise ! Mais t'es passé où ? J'espère que tu m'attends à la voiture. C'est effectivement le cas. Mais qu'est ce que tu fais assise par terre, adossée contre la roue avant ? Dans tes yeux j'ai vu des larmes. Mais la colère aussi, et pour la première fois je voyais de la rage et même de la haine.

Toi : «  Laisse moi ! Ne m'approche pas. Fou moi la paix ! Je ne me ferais pas opéré »

Etant donné ce que je lit dans tes yeux, n'ai pas peur je ne vais pas m'approcher.  Parce que là… tu me fais peur et je n'ai aucune idée de ce dont tu es capable.
Sans un mot je me suis assise en face de toi. A bonne distance quand même. Oui je ne suis pas kamikaze et je sais que face à toi je ne fais pas le poids. Donc non, on ne va pas se battre. Pourtant c'est ce que tu cherches, mais non, je refuse. Je sais que ta colère n'est pas réellement contre moi mais pas de bol, c'est bien moi qui suis en face.
Alors vas y, crie, hurle, énerve toi après moi, c'est pas grave j'ai tout mon temps. Je reste assise ici et je ne bougerais pas. C'est toi qui m'a appris la patience.. et crois moi je peux tenir très longtemps.

Toi :  « T'aurais mieux fait de me laisser mourir. Si je n'avais pas accepté le traitement on en serait pas là. Oui j'étais condamnée et alors ? C'est peut être pas ce dont je rêvais à 16 ans mais je m'étais faite à l'idée. Je n'avais que mon frère. Mon décès lui aurait fait mal je le sais mais il est médecin il aurait fini par l'accepter. Mais non, il a fallu que tu débarques un soir dans ma classe. Et depuis…. »

Je n'ai pas répliqué. J'attendais que tu continus. La gorge bloquée par les sanglots tu n'arrivais même plus à parler. J'aurais voulu te prendre dans mes bras mais il fallait que je te laisse aller au bout de ton discours. Il fallait que ça sorte. Alors je n'ai pas bougé.

Toi : « Je ne veux pas être opérée. Je ne peux pas. Aujourd'hui je vais bien, je ne vais pas tout foutre en l'air avec une opération. En ne faisant rien j'ai peut être deux ans devant moi à vivre presque normalement. Si je passe sur le billard je peux y rester. C'est non ! Je ne veux pas mourir, plus maintenant. Pas après ça… C'est au dessus de mes forces. Si je suis toujours en vie c'est grâce à toi. Mais si on en est là c'est à cause de toi. Je ne peux pas faire ça. Je suis désolée… mais je ne peux pas. »

A cause de moi ? De quoi tu parles ? C'est quoi ton délire ? Je n'y comprends rien. Depuis quoi ? Pas après ça… Mais après quoi ?  Tu pourrais finir tes phrases s'il te plaît, ça m'aiderai. Tu ne peux pas faire ça, mais faire quoi ? Te faire opérer ? C'est pas l'opération en elle même le problème, je le sais. Mais alors quoi ? Qu'est ce qui te met dans un état pareil ? Je ne t'ai jamais vue comme ça. Là je suis larguée. Qu'est ce que tu attends de moi ?

Moi : « Tu m'en veux ? T'aurais préférée que je te laisse par terre sans rien dire ?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit.

- Ah bon ? C'était bien imité alors.. mais écoute moi bien. Si tu veux m'en coller une vas y te gène pas. Mais sache que si je devais revenir en arrière et tout recommencer, je ne changerais pas une seule ligne. Que ça te plaise ou non. On en est là par ma faute ? Et bien tant mieux. Je ne regrette rien. Je ne comprends pas quel est ton problème. Tu ne peux pas faire quoi ? Te faire opérer ? Bien sur que si tu peux, mais on parlera plus tard. Tu peux t'en prendre à moi si tu veux. Tu peux me balancer toutes les vacheries que tu veux. Si ton but c'est de me faire fuir, tu te plantes. Je ne partirais pas, je ne te lâcherais pas. Je ne t'abandonnerais pas. Et si je dois te le répéter tous les jours je le ferais.


- Je le sais. Mais si toi tu n'as aucune idée de ce que ça signifie, moi oui. Mais je ne peux pas te l'expliquer. ….et c'est bien là le problème.

- Je ne vois pas en quoi c'est un problème.

- Je sais… allez viens on rentre. »

Sur la route du retour j'essaye de comprendre. Le fait que je ne t'abandonnerais pas est un problème ? Heu… j'ai beau chercher, je ne comprends pas. Aujourd'hui ta vie c'est la mienne. Je tiens à toi plus qu'à moi même. Te laisser tomber c'est foutre ma vie en l'air donc c'est logique que je  ne veuille pas te perdre. En quoi c'est un problème ? J'adore passer du temps avec toi et j'aime tout ce que l'on partage ensemble. Et je sais que c'est réciproque, alors il est ou le problème ? Un jour peut être que tu ne seras plus là. Je le sais, mais je ferais tout pour que ce jour soit le plus lointain possible. En attendant, si au lieu de me débiter des bêtises on pouvait juste en profiter...

A la radio ils passaient une chanson. Et pour une fois, au lieu de mettre un cd tu as laissé la radio et tu t'es mise à chanter :

« J'ai compris tous les mots, j'ai bien compris, merci
Raisonnable et nouveau, c'est ainsi par ici
Que les choses ont changé, que les fleurs ont fané
Que le temps d'avant, c'était le temps d'avant
Que si tout zappe et lasse, les amours aussi passent
Il faut que tu saches
J'irai chercher ton cœur si tu l'emportes ailleurs
Même si dans tes danses d'autres dansent tes heures
J'irai chercher ton âme dans les froids, dans les flammes
Je te jetterai des sorts, pour que tu m'aimes encore
Pour que tu m'aimes encore
Fallait pas commencer, m'attirer, me toucher
Fallait pas tant donner, moi, je sais pas jouer
On me dit qu'aujourd'hui, on me dit que les autres font ainsi
Je ne suis pas les autres, non, non, non
Avant que l'on s'attache, avant que l'on se gâche
Je veux que tu saches
J'irai chercher ton cœur si tu l'emportes ailleurs
Même si dans tes danses d'autres dansent tes heures
J'irai chercher ton âme dans les froids, dans les flammes
Je te jetterai des sorts pour que tu m'aimes encore
Je trouverai des langages pour chanter tes louanges
Je ferai nos bagages pour d'infinies vendanges
Les formules magiques des marabouts d'Afrique
Je les dirai sans remords pour que tu m'aimes encore
Je m'inventerai reine pour que tu me retiennes
Je me ferai nouvelle pour que le feu reprenne
Je deviendrai ces autres qui te donnent du plaisir
Vos jeux seront les nôtres si tel est ton désir
Plus brillante, plus belle pour une autre étincelle
Je me changerai en or pour que tu m'aimes encore
Pour que tu m'aimes encore... »

Céline Dion

C'est vrai qu'elle est belle cette chanson mais normal c'est Jean Jacques Goldman qui l'a écrite. Si tu chantes c'est que t'es calmée. Moi pas, mais t'en fais pas ça va passer. Je suis incapable de t'en vouloir plus de 10 minutes.

A posteriori :
Si au lieu de m' énerver toute seule dans mon coin j'avais écouté correctement ce que tu venais de chanter, il y a peut être une question que je ne me serais pas posée pendant la vingtaine d'années qui à suivie.

On a fait quelques courses. On a mangé et puis tu t'es couchée sans me dire un seul mot. M'en vouloir ? Non, je ne crois pas. Tu agissais comme si quelque chose te rongeais mais que tu ne pouvais pas en parler. Je me suis couchée et toujours sans un mot tu es venue dans mes bras. Je sentais tes larmes coulées sur mon épaule mais tu ne m'a pas dit un mot.
Un jour peut être…
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Dim 8 Juil - 23:50
Le Bac de Français

L'écrit est dans une semaine et à l'heure qu'il est je devrais me concentrer sur mes révisions. J'essaye, mais à chaque fois que je m'installe à mon bureau pour travailler voilà ce qui se passe :
Copie du texte original :

« Ne perds pas une seconde, redessine ton propre monde.
Je t'ai dit  d'entrer dans la ronde et pas de te fabriquer une tombe.
Ne fais pas sauter la bombe qui te mettras dans ta tombe.
Fabrique ta vie à chaque seconde, part combattre ce monde.
La terre est toujours aussi ronde, elle est toujours aussi féconde,
alors vas y construit ton monde.
Effaces y les ombres, colorie la pénombre
Efface les nuages et arrêtes les orages.
Et puis part en voyage, là bas.. tout au bout du rivage.
Construit toi des remparts et place s'y un phare.
J'en serais le gardien et crois moi c'est pour demain.
Supprime ce qu'il y a dans ta tête et je te jure qu'on fera la fête.
Ce jour crois moi il est tout près, j'ai déjà mis le champagne au frais. »

Pourquoi j'ai écrit ce texte ? Parce qu'il faut que j'arrive à te convaincre de te faire opérer. Alors oui le Bac c'est important mais le plus important c'est qu'on t'opère. Le Bac ce n'est que des points. Avec ou sans je peux vivre. Mais toi sans cette opération tu ne vivras pas longtemps.

«  Si vraiment tu ne veux plus vivre, alors vas y : prends une balle et tire.
Tu veux jouer avec le feu ? T'as juste oublié qu'on était deux.
Tu veux jouer avec la mort ? Moi je dit que tu as tort.
Même si le destin s'acharne, un combat ça se gagne.
Tu dois passer sur le billard, il n'est pas encore trop tard.
Alors arrête de déconner, ou ta mort va nous séparer. »

Qu'est ce que j’écris ? Heu… rien… Oui je sais on est en cours…

La prof de Français : « Donnez moi ça !

- Non !

- Donnez moi ça et venez me voir à la fin du cours. »

Oups ! Cela dit… allez y lisez, vous n'allez pas être déçue. Mais mes textes ne vous sont pas destinés.
Le cours vient de finir, je vais me faire souffler dans les bronches. Mais en même temps je m'en moque totalement. Pourquoi elle me sourie ? Elle sait sourire ? C'est bien une première. Oui, lisez mes textes je vous en prie, c'est juste très personnel mais ne vous gênez pas. Pourquoi vous me regardez comme ça ? Je peux les récupérer ?

La prof de Français : « Impressionant ! Si vous mettiez autant de passion dans vos dissertations vous auriez 20/20. Qu'est ce qui se passe ? A qui sont destinés ces textes ?

- A personne. Je les écrie pour moi.

- Non ! Dans vos textes vous parlez à quelqu'un. A qui ?

- Désolée mais je ne peux pas vous répondre.

- Permettez moi de les garder quelques jours. Je vous les rendrait. »

Elle veut faire quoi avec mes textes ? Les encadrer ou les donner à un psy ? Je vais très bien. Peu importe, du moment qu'elle me les rend.

….

Le lendemain…
Tu veux savoir si j'ai eu un problème en cours de Français hier. Heu… non pas spécialement. Mais pourquoi cette question ? Tu m'explique, si j'arrête de te mentir. Ah ! Super !! Elle est venue de parler ?

Toi : «  Elle m'a donné quelque chose qui t'appartiens.

- Je vois. Elle était censée me les rendre pas te les donner. Je ne lui ai jamais dit de qui je parlais.

- Tu ne l'aime pas c'est un fait. Mais elle n'est pas totalement stupide. Et ne lui en veut pas, elle a bien fait. Mais on en parlera plus tard. En attendant, range moi ça avant que quelqu'un d'autre tombe dessus. Et tu passes le Bac dans moins d'une semaine, alors au lieu d'écrire tu ferais mieux de travailler. »

Travailler ? T'es comique toi. Accepte de te faire opérer et peut être que je songerais à travailler. On a plus beaucoup de temps, il faut que tu acceptes. Et je ne sais plus quoi faire ni quoi dire pour te convaincre.

….

L'écrit s'est bien passé, enfin je crois. Après tout dépend du correcteur. On verra bien. Reste encore l'oral a passer et c'est le pire. Au tirage au sort j'ai rarement de la chance alors je m'attends au pire mais je ne m'en fait pas pour ça. Peu importe ma note ce n'est pas très grave. Je vais juste essayer de faire de mon mieux parce que si je me plante c'est toi qui va t'en vouloir et je ne le veux pas. Tu m'accompagnes aux oraux ? Ben voilà qu'est ce que je disais ? Tu veux être là pour moi comme je l'ai toujours été pour toi. Je ne suis pas surprise. Jusqu'ici je ne stressais pas, maintenant si. Mais je ne vais pas te le dire.

…..

Le jour J :
Et voilà on y est. Je dois me présenter avec ma carte d'identité et ma convocation. Tu m'attends ici ? Non, tu connais du monde et tu vas en profiter pour aller les saluer. Heu… je veux bien mais t'as pas  peur que l'on te demande ce que tu fais là ? C'est les épreuves de Français au cas où tu l'aurais oublié. Et alors ? heu… rien c'est normal. Fait comme tu veux mais c'est par ici. Bien évidemment on avait pas fait 50m qu'un type t'avais déjà repéré. On s'arrête, tu le salut, et il te demande :

«-  Mais qu'est ce que tu fais ici ? Je ne m'attendais à te voir.

- Je m'en doute. J'accompagne mon amie.

- Et bien tu as le temps de prendre un café avec moi alors ?
- Pour moi c'est chocolat… et juste un chocolat. »

Moi : «  Désolée de vous interrompre mais je dois y' aller. On se retrouve ici après ?

- Bien sur que oui. Hey… viens ici ! »

L’accolade et le baiser sur la joue c'était pour ? Me souhaiter bonne chance ou rendre jaloux le type en face de toi ? En y repensant… juste un chocolat ? Parce que éventuellement il aurait pu espérer autre chose ? D'où la précision : juste un chocolat. Désolée pour toi mon gars. Mais estime toi heureux tu n'as pas pris une gifle…

2h plus tard…
Je ressort du bâtiment. En principe tu ne devrais pas être très loin… doit y' avoir 200 personnes dans la cour… ah c'est bon je te vois.

Toi : « - Alors ?

- Ben on verra. J'ai trouvé pas mal de choses à dire mais est ce que ça leur à convenu ? Au moins c'est fini on en parle plus.

- Exact. Et maintenant je peux te le dire.

- Oh oh oh.. qu'est ce qui te prends ? Arrête doit y' avoir 200 personnes autour.

- Je m'en fou. J'en profite.

- Tu peux me reposer par terre s'il te plaît ? Me dire quoi ? Profiter de quoi ?

- Je pars la semaine prochaine avec mon frère. Ils m'opèrent dans 10 jours. »

Là c'est moi qui me suis jetée à ton cou. 200 personnes et alors ? Personne ne me gâchera cet instant. Oui cette intervention me fait complètement flipper, mais c'est la meilleure chose que tu pouvais m'annoncer. Le baiser de ce matin ? Je vais te le rendre en triple. Parce que je t'adore, c'est génial. Et si j'ai bien compris tu veux profiter de ta dernière semaine avant de partir. On va en profiter je le promets. Mais il y a encore cours. Oui et ? Je te dis ce que j'en pense ou tu devines toute seule ?
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Mer 11 Juil - 18:06
Profitons en!

On est lundi et vendredi soir je dois te déposer chez ton frère. Après… on ne se verra pas avant un bon moment. Pourquoi pas vendredi mais samedi ? Parce que vendredi c'est la fête du lycée. Oui je le sais moi j'y vais avec les 3 mousquetaires, mais tu ne veux jamais y' aller. L'année dernière je voulais que tu viennes tu as refusé.

Toi : «  C'est vrai. Mais vendredi c'est le dernier jour ou je peux te voir alors je viens avec vous.

- Génial ! Mais tu veux y aller avec nous ? Tu sais qu'il aura le proviseur, tout tes collègues et tes élèves ?

- Je le sais. Mais c'est la fête du lycée. C'est bien le seul jour de l'année où l'on peut faire tomber la barrière profs- élèves. Et puis je fais ce que je veux. A 20H on est plus en cours alors j'y vais avec qui je veux. Et en l’occurrence j'y vais avec toi. Et rien ni personne ne m'en empêchera.

- Génial ! Avec plaisir. Je sent qu'on va se marrer. »

Je ne sais pas ce que t'as dans la tête mais tu m'as l'air bien déterminée. Tu me ferais presque peur. On s'est déjà fait remarqué le jour de l'oral de Français. Du coup je m'attend au pire. T'es capable de tout je le sais.

Tu veux faire quoi cette semaine ? On est censées être en cours dans 3 minutes donc… décide toi vite. Bowling, cinéma, balades dans le parc, restaurant, Parc Asterix et dormir… T'avais préparé une liste ou quoi ? Si je comprends bien tu n'as jamais eu l'intention de faire cours cette semaine ? Non. Je suis surprise mais ravie. En revanche le Parc Asterix je veux bien mais dans ce cas on y va avec les 3 mousquetaires et je demande l'autorisation à ton frère. C'est bien ce que je pensais le grand huit et le tonnerre de Zeus pour toi c'est non. N'insiste pas c'est non.
On a passée une semaine géniale. J'ai encore perdue au bowling comme d'habitude. Mais au final, on a passée la semaine ensemble.

Je repense juste à cette conversation, l'autre soir..
Je sais que c'était important pour toi de me dire tout ça mais je dois t'avouer que c'est difficile à entendre.
Si l'intervention se passe mal, tu ne veux pas vivre à l'état de légume. Si le cerveau est mort tu veux que l'on débranche. Tu voulais même signer un ordre de ne pas réanimer. Mais ça heureusement j'ai réussi à te convaincre de ne pas le faire. Je ne serais pas là quand tu te réveilleras c'est vrai, mais ton frère sera tout près de toi. Lui, il saura quoi faire. Alors laisse le décider. Fait lui confiance. Et puis il n y' a aucune raison pour que l'intervention se passe mal. Si le chirurgien n'avait pas confiance il ne le ferait pas. Les échecs font désordre dans les statistiques. Tout le monde le sait.

Mais au travers de cette conversation ce que tu voulais que je comprenne c'est qu'il y a un risque que tu reviennes jamais. Que l'on ne se revoit jamais. Je le sais et moi aussi j'ai peur. Peur de ce qui va se passer, peur de ce qui pourrait se passer ou de ce qui ne se passera pas. Mais avoir peur prouve que l'on est lucide. Le jour où l'on a plus peur c'est que l'on a plus rien à perdre. Ce qui est loin d'être le cas. J'ai peur parce que je risque de perdre ce qui compte le plus pour moi, ce qui a le plus de valeur : notre amitié, nos délires, nos musiques, nos souvenirs, tes regards, tes sourires… en d'autres termes … toi.


Le soir même, pendant que tu dormais sur mon épaule voilà ce que j'ai écrie :
Copie du texte original :

« Quand tu fermeras les yeux, tu les fermeras pour deux
Tu emportera avec toi, la plus grande partie de moi.
Tu as fixé les règles du jeu, je les aies appliquées pour deux
Je ne penserais qu'à toi, je ne penserais pas à moi
On doit arrêter le jeu, on le stoppera à deux.
Quand tu rouvriras les yeux, tu le feras pour deux
Il n'y aura plus de jeu parce que tu iras mieux
Ce jour là c'est à deux que l'on exaucera tes vœux.
Et je vais te dire moi ce que je veux
ce que je veux c'est juste nous deux. »
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Mer 11 Juil - 18:28
La fête du lycée

Vendredi soir à l’hôtel
Les 3 mousquetaires ne vont pas tarder. Ben justement les voilà. Si on est prêtes ? Ben moi oui mais miss monde est encore dans la salle de bain. Non je ne me moque pas. Ah.. elle est prête, la porte vient de claquer. Ben vous en faites une tête tous les 4. Qu'est ce qui vous arrive ? Personnellement la dernière fois que j'ai fait cette tête là c'est le soir où tu m'as emmenée au restaurant du château. Attends… t'as pas fait ça ? Si tu l'as fait… je comprends mieux leur tête. J'avoue la première fois ça surprend.

Les 3 mousquetaires : « Wahou !!! Oh la vache… ça change. Vous allez faire des ravages »

Moi : « - J'en ai bien peur. Je suppose que c'est volontaire ? T'as décidé de jouer la provocation ? Je m'attends au pire… qu'est ce que t'as dans la tête ? »

Toi :  « - Rien de spécial. Je sais que tu aimes bien cette robe et j'ai rarement l'occasion de la porter. Ce que pense les autres m'est bien égal »

Moi : «  - Je pense que je vais pas être la seule à bien l'aimer. La moitié de tes élèves bave déjà en temps normal alors là... »

Les 3 mousquetaires : « - Pas de problème on jouera les gardes du corps »

En rentrant dans la salle t'as mis ton bras autour de ma taille. Tu l'as fait exprès je le sais. On a rie tous les 6 en voyant la façon dont tout le monde te regardais. Mais le plus drôle c'est que tu t'en fichais royalement. Te voyant collée à moi, aucun mec n'a osé t'approcher. C'est original comme technique mais ça fonctionne. Les garçons, en vrais gentlemans sont allés cherché les boissons et les toast. Ils ont pris leurs rôle de garde du corps très au sérieux. Même lorsque le Proviseur est venu te saluer j'ai voulu m'éclipser mais c'était impossible. Quand j'ai voulu me lever tu as attrapé la ceinture de mon jean dans mon dos… et tu m'as rassise. T'es au courant qu'il y a du monde derrière nous ? Ah oui c'est vrai tu t'en fou… excuse moi.

Après le spectacle ? Ben ils transforment le gymnase en boite de nuit. Je n'imaginais pas qu'en disant cela je venais d'appuyer sur un interrupteur. Tu adores danser et pour ne rien gâcher tu sais très bien danser ; D'ailleurs .. a  part le mini golf est ce qu'il y a un truc ou tu n'es pas douée ? Je ne suis pas sure. Toujours est il que je vais avoir besoin des garçons parce que une fois lâchée au milieu de la piste je ne réponds plus de rien. On a tous en mémoire la gifle au nouvel an. Evite de faire la même chose à l'un de tes élèves s'il te plaît.

Le spectacle est un peu long. Certains passages sont vraiment bien mais d'autres… plutôt passable. Heureusement c'est presque terminé parce que ça fait déjà presque 30 minutes que tu as la tête posée sur mon épaule et je pense que dans moins de 10 minutes tu dors.

Afin de débarrasser les décors on a droit à une pause. On en profite pour descendre des gradins et prendre à boire. Je sais que l'on ne va pas se voir pendant un moment mais pour l'instant je suis là. N'aie pas peur je ne vais pas me sauver. Pendant qu'on faisait la queue pour récupérer nos verres tu m'as enlacée par derrière et je suis convaincue que l'on ne passait pas une feuille de papier entre toi et moi. Rassure toi je ne vais pas m 'envoler. Les 3 mousquetaires sont juste à coté de nous, ils éclatent de rire mais je ne sais pas pourquoi. Ah je crois que je viens de comprendre. Regarde en face, ma chère prof de Français. Quoi ? Non je ne peux plus l'avoir en cours puisque je passe en Terminale. Mais pourquoi tu me poses cette question ?  «  Pour faire ça. » … Ohhhh p***** ! Mais t'es cinglée. Ben ne vous marrez pas vous, c'est pas drôle. Je dois être rouge écarlate. T'es complètement folle. Ça te faire rire en plus. Je suppose que t'es fière de toi là ? Oui. Je m'en doutais. T'es cinglée... mais c'est pour ça que je t'adore.
D'un seul coup toute la salle s'est éteinte. On a cru à une panne de courant. Et là tout de suite le bisous sur la joue ? C'est pour te faire pardonner ? Laisse tomber je ne t'en veux pas. Mais la prochaine fois que tu fais un truc pareil préviens moi j'aurais l'air moins stupide.
Et puis la salle s'est rallumée projecteur après projecteur au rythme de « Europe : Final Countown ».  Ta réaction ? Comment l'expliquer ? Lancer une balle devant un chiot en laisse. Et en moins de deux secondes c'est le chiot qui tire le maître. Et bien c'est exactement ce qui s'est passé.
Et les verres j'en fait quoi ? Je les bois ? Oui sauf que tu peux m'expliquer pourquoi j'ai 2 verres de punch dans les mains ? C'est une erreur ? Mais bien sur… moque toi de moi.

Si je n'étais pas certaine d'être encore vivante dans 5 jours j'aurais sans doute fait la même chose. Mais il faut que je fasse attention à toi. Il faut que je parle aux 3 mousquetaires je n'ai plus le choix. Si il se passe quoi que ce soit ici c'est le drame. Tout le lycée est là. Je pourrais t'obliger à sortir d' ici et te dire « on s'en va » mais je ne veux pas faire ça. Tu as le droit de t'amuser, tu as le droit de déconner, tu as le droit de vivre et je ne vais pas t'en empêcher. Mais on va faire les choses à ma façon.
Venez ici tous les 4 il faut que je vous parle.

«  Je sais que vous n'avez pas l'habitude de la voir agir de cette façon et il y a une raison que je vais vous expliquer. Elle doit subir une grosse intervention la semaine prochaine et elle n'est pas sure de s'en sortir. Oui je sais mais vous réfléchirez plus tard pour l'instant j'ai besoin de vous. Elle est capable de faire n'importe quoi et elle peut tomber au milieu de la salle n'importe quand. Alors écoutez moi bien. On ne la laisse jamais seule ou qu'elle aille elle n'y va pas seule. Toi tu surveilles ce qu'elle boit. Elle ne prend pas le verre d'un autre. Tu la laisse prendre ce qu'elle veut mais tu me comptes les verres. Vous deux vous me surveillez les mecs qui tournent autour et vous vous débrouillez pour qu'ils ne s'approchent pas.  Et toi tu me file un coup de main pour qu'elle ne nous échappe pas. Je n'y arriverais pas seule Rappelle toi au nouvel an. En moins d'une seconde on l'a retrouvée a faire le show au milieu de la piste. Mais là on a tout le lycée autour alors on va éviter. C'est ok pour tout le monde ? »

Heureusement qu'ils sont là parce que tu m'épuises. Tu ne voudrais pas faire une pause ? Non. C'est pas possible t'es pire que le lapin Duracell. Bon surveillez là je vais chercher à boire, moi je peux plus.
Il est 5h30 la salle se vide, et nous aussi on va y aller…

Toi : «  Elle était géniale cette soirée. Quand je pense que je ne suis jamais allée à une fête du lycée.

- Jamais ?


- Ben non, à l'époque je jouais en Nationale et je n'avais pas le temps. Et vous aviez peur que certains essayent de s'approcher d' un peu trop près mais pour une fois je n'ai pas été embêté. »

On a éclaté de rire….
Combien de verres ? Quoi ? Elle a bu 18 verres de punch ? Je vais te tuer. Si avec 18 verres t'es pas malade cette nuit, là il faudra qu'on m'explique. Mais tu as intérêt d'être claire demain matin parce que je te rappelle que je dois te déposer chez ton frère et il doit me ramener chez mes parents pour 13h. Non non on ne prend pas la voiture, on redescend à pied. L'air frais ne te fera pas de mal.
Quoi ? Tu nous aimes ? Oui c'est ça, la dernière fois tu voyais des éléphants roses. En attendant si tu pouvais essayer de marcher droit… Elle est à l'ouest ? Ah oui je confirme. Non ça ne m’inquiète pas mais je veux bien un coup de main. Merci, c'est sympa.
La coucher ? Oui mais on sera pas arrivés à l’hôtel qu'elle va vomir. C'est bien ce que je disais. C'est bon je te tiens. T'es malade mais ça te fais rire. Moi je sais pourquoi mais eux ils ne comprennent pas. Je ne sais pas si tu as remarqué mais on est au milieu des champs, va falloir bouger. On ne va pas passer la nuit ici. T'es bien là ? Oui peut être mais non. On va se marrer…
Tapez le code je m'occupe d'elle. Aidez moi à enlever mes chaussures je la tient.
Ouvre l'eau de la douche s'il te plaît et sort moi un tee shirt et un short, étagère du haut, amène le moi dans la salle de bain, merci. Tu m'aides ? Oui je la met sous la douche et oui j'y vais avec. Je me changerai après. T'inquiète pas ça va aller, j'ai l'habitude.
Dans la boite sur la table il y a des sachets blancs, diluez en un dans 1/2 verre d'eau.

A nous deux maintenant. Oh ! Regarde moi. Ça va ? T'as déconné ? Oui merci j'avais remarquée. Aide moi au lieu de me dire que t'es désolée. Mais non je ne t'en veux pas. J'aurais pu t'en empêcher  et je ne l'ai pas fait. Je t'ai laisser faire et il y a une raison. Alors maintenant aide moi à réparer tes conneries. Reprends tes esprits et enlève tes fringues. Mouillée ça colle et je n'y arrive pas alors aide moi. Tu te sent mieux ? Viens là que je te sèche et enfile le peignoir. Il faut que je me change mais il faudrait déjà que j'arrive à enlever mon jean.
Allez viens… avale ça et va te coucher.

Je t'ai couché et on est allé éponger la salle de bain avec les 3 mousquetaires.
Elle vous a fait peur ? Elle a juste pris une cuite ce n'est rien. Si elle fait ça souvent ? De boire non pas vraiment. Alors pourquoi je sais quoi faire ? Pourquoi j'ai dit que j'avais l'habitude ? Effectivement il va falloir que je vous explique deux ou trois choses. Il est 6h30 vous avez encore un peu le temps ? Oui. Alors je vais voir si elle dort, je vais chercher le jus d'orange et les cacahuètes et je reviens.

Et je leur ai tout raconté. Les grandes lignes en tout cas. Parce que résumer 3 ans en quelques heures ce n'est pas si simple. Mais après la soirée qu'ils venaient de passer je crois qu'ils avaient le droit de savoir. Pour eux le lycée c'est terminé tu n'es plus leur prof alors qu'ils sachent ou pas quelle importance ? Leur première réflexion à été de me dire qu'ils n'auraient jamais imaginé un truc pareil. Ils savaient que quelque chose n'était pas normal mais ils étaient loin de penser à ça.  Mais je crois que personne ne peut l'imaginer si on ne lui dit pas.
j'ai programmé le réveil pour 11h, je me suis couchée à tes cotés et inconsciemment t'es venue te blottir dans mes bras. Malheureusement tout à l'heure il faudra ranger nos affaires et je dois te ramener chez ton frère.
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Mer 11 Juil - 18:33
Partir

Ça va la tête ? Pas trop mal aux cheveux ce matin ? Ah non je ne me moque pas mais je te laisse expliquer tout ça à ton frère. Tu ne veux pas qu'il le sache ? Alors là tu rêves. Il va très vite le comprendre. Dit lui la vérité c'est beaucoup plus simple.
On est arrivées. Oui déjà. Je mets la voiture au fond de la cours ?

Toi : «  - Attends ! Je voulais juste te dire que…

- Non ! Ne dit rien. Je ne veux pas t'entendre me dire adieu. « On se retrouvera » t'as pas oublié ? On va se revoir, moi j'en suis sure. »

Je crois en ce que je dis c'est vrai, mais de là à en être sure… je suis sure de rien du tout. Et je suis complètement paniquée à la simple idée de ne pas te revoir. Mais te l'avouer ne changerais rien. Alors puisque « l'optimisme c'est la rage de soutenir que tout va bien quand tout est au plus mal » et bien soyons optimiste.

C'est là qu'on se dit au revoir ? Je ne veux pas. Ah non ! Par pitié ne pleure pas.. trop tard. Je n'y arriverai pas. Ton frère à la main posée sur mon épaule et je ne sais pas encore si c'est pour me retenir ou pour me dire qu'il faut qu'on y aille.
Et tu viens de faire exactement ce que je voulais éviter. Tu t'es jetée dans mes bras. Maintenant je suis coincée. Jamais je n'aurais le courage de te repousser. Il est ou ton frère ? Il faut qu'il m'arrache de toi parce que je n'y arriverai pas. C'est bon il a compris… oui je sais, je monte dans la voiture. On avait pas passé le portail que la boite à gants a pris un coup de poing. Désolée.

Ton frère : «  -Aucune importance. Je serais avec elle. Tu n'as pas a avoir peur je ne la quitterais pas des yeux. J'ai pris 4 semaines de vacances exprès. Je resterais avec elle aussi longtemps qu'il le faudra. Fait moi confiance. Je t’appellerais tous les jours tu as ma parole. Et des qu'elle sera en état de le faire tu pourras lui parler. De toute façon elle va m'arracher le téléphone des mains pour te parler.
Mais dit moi...il s'est passé quelque chose cette semaine ?

- Rien de spécial pourquoi ? Sauf hier soir. On est allée à la fête du lycée. Elle a pris une cuite mais je l'ai laissée faire. Je me suis dit qu' étant donné les circonstances ce n'est pas une cuite qui va la tuer. Mais je pense que tu peux lui préparer un bon anti douleur.

- Je ne parlais pas de ça. La cuite j'avais compris. Mais elle n'a jamais fait confiance a quelqu'un autant qu'à toi. Elle est très attachée à toi et c'est réciproque je le sais. Mais c'est plus que ça.

- Qu'est ce que tu veux dire ?

- Que je ne l'ai jamais vue comme ça.  Toute à l'heure j'ai du t'arracher de ses bras. Alors oui les circonstances sont un peu particulières mais c'est pas son genre. Les démonstrations d'affection en principe elle les fuit.

- Ah ! Ben je sais pas. Pose lui la question.»

Tu fuis les démonstrations d'affection ? On parle bien de toi ? Si ton frère dit vrai, et je pense que c'est le cas, il va falloir que tu m'expliques deux ou trois choses. Parce que ton comportement d'hier soir à la soirée, on est loin de la fuite, très loin même. C'était juste un jeu, juste de la provocation ? Jusqu'à il y a 10 minutes c'est ce que je pensais. Mais quelqu'un qui fuit les démonstrations affectives n'agit pas de cette manière, même par provocation. Au contraire je dirais. Si c'était juste un jeu… tu n'aurais jamais osée. Et si j'explique à ton frère ce que tu as fait je pense qu'il va arriver à la même conclusion. Non.. je ne vais pas lui dire. Mais j'espère que tu auras l'occasion de m'expliquer parce que je voudrais bien comprendre.

Maintenant je dois rentrer chez moi. Je vais essayer de ne pas trop faire la tête parce que mes parents ne vont rien comprendre. Et je me voit mal leur expliquer. Si je veux éviter l'interrogatoire j'ai plutôt intérêt de faire semblant que tout va bien.
Il est 13h10, je suis presque à l'heure. C'est ce qui s'appelle sauver les meubles.

Moi : « Prends bien soin d'elle.

- T'en fais pas je te la ramènerais. De toute façon je t'appelle demain soir vers 18h

- Ok. A demain »
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