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Si je pouvais

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Si je pouvais - Page 3 Empty Re: Si je pouvais

Mer 11 Juil - 18:48
L'intervention

Dimanche soir
Je viens de raccrocher. C'était ton frère. Drôle de conversation quand j'y repense. Il a remplie ton dossier d'admission. Jusque là rien de plus normal. Mais ce que je comprends moins c'est ce qu'il m'a dit après. Tu as dit à ton frère : « si le pire devait arriver, elle saura quoi faire ». C'est de moi dont tu parlais et il l'a très bien compris. C'est vrai, je sais ce que tu veux et ce que tu ne veux pas mais pourquoi je suis la seule à le savoir ? Tu ne veux pas lui dire ? Tu as peur de lui dire ? C'est si difficile que cela ? Quoi qu'il en pense il respectera tes choix et tu le sais, alors pourquoi refuser de lui parler ? Pas le courage de répéter ? Peut être…

Tu me manques. Et la seule chose que j'ai trouvée pour continuer de te parler c'est d'écrire…
Copie du texte original :

« Je voudrais tellement pouvoir te dire, que je te hais, que je te t'admires
Que je t'adores, que tu me fais peur
Il faut que tu t'en sorte, je ne veux pas que tu meurs
Je voudrais guérir les blessures qui te font tant souffrir.
T'as remplie mes souvenirs avec tes éclats de rire
En toi j'ai vu le meilleur et j'ai trouvé le pire.
Je voudrais pouvoir te ressembler, comme toi devenir quelqu'un
Que l'on écoute, que l'on protège, que l'on attend
Comme toi, partir de rien
Créer mes propres lois
J'ai envie de croire, en ces valeurs que tu défends
Je n'ai jamais eu la foi
Mais la seule chose en laquelle je crois : c'est toi
Je voudrais pouvoir y croire
Quand je dis que l'on va se revoir »

Lundi soir
Je t'entends, je t'écoute, tu me parles, tu ries… mais tu fais semblant. Je te connais. Je sais pourquoi et je te comprends mais je ne marche pas. Avec des rires tu combles les silences. Tu cherches tes mots et tu ne sais pas quoi me dire. Ou peut être qu'au contraire il y a des choses que tu n'oses pas me dire. Je ferais sans doute pareil si la situation était à l'envers. Je ne peux pas t'en vouloir. Mais si vraiment tu veux me dire quelque chose… c'est peut être le moment.

Papier, stylo et c'est reparti…
Copie du texte original :

« Je sais que as peur de vivre, tu me l'as souvent fait sentir
Je sais ce qu'il faut traduire, au travers de tes éclats de rire
Je sais que tu as peur de mourir, t'as réussie à me le dire
Je sais ce qu'il faut traduire à travers tes sourires
Ce qu'il faut lire dans ta rage c'est que tu as peur de ce voyage
Tu ne veux pas me faire de peine, tu la transforme en haine.
Tu portes en toi, la peur d'en haut
Je porte en moi la peur de tes mots.
Je partagerais tes larmes, même si elles me désarme
Je partagerais tes peurs mais je ne veux pas que tu meurs. »

Demain à 8h, ils t’emmèneront au bloc. Durée de l'intervention ? Personne ne le sait. Je vais passer une très mauvaise journée. L'attente va être insupportable… c'est écrit d'avance. Par peur que tes paroles soient tes derniers mots j'enregistre dans ma tête tout ce que tu me dis :

Toi : «  N'oublie pas, si tu penses à moi aussi fort que je pense à toi, alors c'est sure…

- Je sais. On se retrouvera…

- Exactement. Donc je ne vais pas te dire au revoir mais juste… à très bientôt. Et….

- Et quoi ???

- Rien… à bientôt... »

Et quoi ? Qu'est ce que tu voulais me dire ? Ça semblait important alors pourquoi tu n'as pas finie ta phrase ? Tu préfères me le dire plus tard ? Ou pas du tout ? L'avenir nous le dira…
J'ai raccrochée le téléphone. A partir de maintenant c'est l'inconnu. Il ne me reste que du papier et mon stylo pour m'accrocher à toi.
Copie du texte original :                                                                            

« Il y a tellement de choses que je voudrais te dire
Tellement de choses qui nous font tant souffrir.
Je ne vais pas te dire au revoir, je ne vais pas te dire adieu
Je sais que l'on va se revoir, ailleurs que dans les cieux
Il y a tellement de choses que j'aurais voulu faire
tellement de choses qui sont restées 'en l'air'
Je ne vais pas te dire tant pi, je ne pleurerais pas maintenant
Je sais que tu le penses aussi, alors dit le maintenant.
Même si tu es loin de moi sache que je suis là pour toi
Mon esprit est avec toi, toutes mes pensées sont pour toi.
Aussi loin que tu sois, je te sent près de moi
Va puiser ton énergie dans ce lien qui nous unies
Il est indestructible alors je t'en prie, vas y ! »

Je voudrais pouvoir décrocher le téléphone juste pour entendre le son de ta voix. Mais c'est impossible. Je tourne en rond dans ma chambre. Cette chambre ou je te regarde dormir dans mon lit, tous les mercredi depuis plus de deux ans. Je refuse de me dire que c'est fini. Je refuse de croire que je ne te regarderai plus dormir. Me coucher sur mon lit ? Je n'y arrive pas. Et au risque que tu me prennes pour une folle je vais te l'avouer : depuis que je suis rentrée, je dors par terre avec ton oreiller. C'est stupide ? Oui je le sais. Mais ne cherche pas d'explication c'est comme ça.

« Tant que brûlera ta flamme, tant que tu auras une âme
je serais avec toi, je serais là pour toi.
Quand on s'est rencontrées, c'était un jour banal
puis les jours ont passés et c'est devenu génial.
Les jours, les mois puis les années…se sont mises à tourner.
Tous les jours j'ai appris, et j'ai appris beaucoup.
Beaucoup et trop peut être, beaucoup et trop sans doute.
Mais sache que rien je ne regrette, ça je n'en ai aucun doute.
Tu es ma meilleure amie, celle que jamais on ne trahie
celle avec qui je rie, celle à travers qui je vie. »

En prenant place à mon bureau je repense à tous les exercices que tu m'as fait faire ici. Les révisions pour le bac de Français, le livre que j'ai pris sur le crane, nos fous rires, tous les films… J'ai l'impression de vivre un cauchemar. C'est impossible que tu ne reviennes pas. Il y a encore plein de films dans les étagères...

« C'est à toi que je pense dans le noir, quand j’éteins la lumière le soir
A toi que je pense tous les matins, quand je me réveille… enfin…
Tu hantes mon sommeil, t’éclaircis mon réveil.
Si un jour tu veux qu'on soit libres alors fait en sorte de survivre.
Avec toi j'ai joué à cache-cache dans les couloirs
Avec toi c'est toujours 'cache' dans ton regard
Avec toi je fais des rêves où je t'enlèves
Alors viens, relèves toi et suis moi, je sais que tu le peux.
Bats toi, viens avec moi et sort du jeu.
Donnes moi la main et regarde vers demain. »

Je suis là, planquée dans ma chambre à me demander comment toi tu vas. A l'heure qu'il est tu es couchée sur la table du bloc opératoire. Mais je ne sais rien. Ou ils s'en sont, comment se passe l'intervention ? Je n'ai aucun moyen de le savoir. J'ai confiance et je sais que c'était la meilleure chose à faire. Ça devrait me rassurer ? Sans doute mais c'est loin d'être le cas. Et si on s'était plantées ? Si tu ne t'en sortais pas ? Je deviendrais quoi ? Je ne suis plus rien sans toi...

« Je  n'ai pas assez de mots pour te citer mes défauts.
Tu as trouvé les adjectifs et même les arguments
pour ne me faire que des compliments.
Pour te dire ce que je crains, je rangerais mon chagrin
Pour te dire ce que tu fuis, je changerai de vie
Pour te dire qui tu es, j'attendrais le moi de mai
Je n'aurais peut être pas le temps de te dire ce que je ressens
je n'aurai peut-être pas le courage, parce qu'on a pas le même age
Je te dirais peut-être un jour…
Que toi et moi c'est pour toujours. »
….

Moi : « Oui. Quoi ? Oui je suis dans ma chambre. Pourquoi ? »

Comment ça il y a du courrier pour moi ? De qui ? Question idiote je connais la réponse. Je n'aime pas tes lettres, je me rappelle encore de la dernière. Oui je vais l'ouvrir mais je ne te cache pas que j'ai peur de ce qu'il y a dedans.

Copie de la lettre originale :

« Je redoute l' écriture de cette lettre depuis très longtemps mais aujourd'hui je n'ai plus le choix. La plupart des gens laissent un testament chez un notaire mais tu sais très bien que l'administration et moi ...on est pas très copain. Je ne possède rien, donc je n'ai pas besoin de ce genre de procédure. La seule chose dont vous aurez besoin est à la banque et la procuration est au nom de mon frère. Pour le reste… je te fais confiance, tu sauras quoi faire. Tu es même la seule à le  savoir. Je suis parfaitement consciente que ce que je te demande est horrible, mais tu me connais mieux que personne. Mon frère t'aidera. Parlez vous, soutenez vous et vous y arriverez.
J'essaye de faire attention à ce que j’écris parce que même si je m'en sort je sais que tu ne jetteras jamais cette lettre. Même si je te le demande.

Ce n'est certainement pas très agréable à lire. J'en suis bien consciente et je m'en excuse, mais je ne peux pas partir sans te dire certaines choses.
Je te parle de mon décès, d’inhumation… il y a plus drôle comme sujet. Mais tout a une fin et elle n'est peut être pas très loin.

Je pourrais remplir des pages entières juste pour te dire merci. Mais plus simplement, merci d'avoir été là, merci d'avoir partagé ma vie.

Je devine la question que tu te poses. Tu veux savoir ce que tu vas faire après ? T'es persuadée que seule tu n'y arrivera pas, que tu ne t'en remettras pas. Mais c'est faux. Tout d'abord tu vas me promettre de ne pas faire de connerie. Même si c'est difficile, ne fais pas de connerie. La vie est trop courte.. tu le sais bien.
Il te faudra du temps c'est certain. Du temps pour apprendre à vivre autrement. Mais tu verras qu' en mettant un pied devant l'autre, jour après jour tu trouveras ta voie.
D'autre part, ne laisse jamais personne te dire qui tu es. Choisie ta vie et ne laisse jamais la vie décider pour toi. Moi je sais qui tu es alors ne change jamais.
Souviens toi, n'oublie pas, mais ne vie pas dans le passé et continue d'avancer. Je sais que tu en es capable alors fait le.
N'oublie jamais que ta vie peut basculer en moins d'une seconde alors regarde autour de toi, apprend et profite de chaque instant. Continue de chanter, continue de rire, pleure de temps en temps mais vie.

Quand à moi… je serais là. Je serais toujours là. Je vivrais à travers toi, d'une manière ou d'une autre. Je trouverais le lien entre ta vie et ma mort. Le passage, je trouverais un moyen de le faire exister, je te le promets. »

Toi.


Je confirme. Je n'aime pas tes lettres. D'un autre coté c'est peut être l'une des seules choses qui me restera de toi. Alors oui tu as raison je ne la jetterai jamais. Tu ne veux pas laisser un testament chez un notaire ? Je ne suis pas surprise mais ta lettre c'est pire. J'espère vraiment que dans quelques jours cette lettre ne sera qu'un mauvais souvenir. Et non un programme a suivre.
Comment je suis censée réagir à ce que je viens de lire ?
Je reprends mon stylo.
Copie du texte original :

« Ton silence sera le mien, même au-delà des étoiles.
Au delà de la terre, du ciel et des airs.
Tu es ma bonne étoile, pour toi je fais un vœux.
Je commanderais une étoile
Une petite, une timide…Petite pour pas trop faire de vide
Ou une plus grande, en hommage...pour qu'elle traverse les ages.
Une immense, une géante...pour qu'elle soit toujours apparente.
Une belle constellation.. juste pour toute mon admiration »

« Mon amie, mon ombre, ma lumière
Pour moi tu restes un mystère
Aujourd'hui tu es très loin d'ici
le sort en a décidé ainsi.
Le plus dur c'est cette barrière
ces kilomètres qui nous séparent
Les prières je n'y crois pas
mais s'il le faut j'en ferais pour toi.
Impossible de revenir en arrière
c'est le silence qui nous séparent.
Mais le silence c'est quoi ?
Ce silence c'est pour quoi ?
Le silence c'est un geste juste pour que je reste
Le silence c'est un regard, croisé au détour d'un couloir
un hasard posé comme un message d'espoir.
Le silence c'est la peur, de ne plus entendre les battements de ton cœur
Le silence c'est tout toi
pour toi le silence c'est presque une loi
Loi que toi tu appliques
Loi, devant laquelle moi je panique ;
Le silence ça te connais
Le tient, moi je le hais »

Il est 15h et je suis toujours sans nouvelles. C'est long… très long. On dit toujours : « pas de nouvelle, bonne nouvelle » c'est faux. Moi je veux savoir. Oui je sais, c'était une intervention complexe, l'anesthésie pouvait être longue, tu dois rester en salle de réveil… je sais tout ça. Mais en attendant je vais finir par creuser une tranchée dans le sol de ma chambre. Il n'y a rien de pire que d'attendre sans savoir. Attendre sans te voir. C'est juste une sensation horrible. Que l'on me casse un bras à la place, au moins je saurais pourquoi j'ai mal. Si quelqu'un pouvait retirer l'haltère de 20 kg qui m'oppresse le thorax et m'empêche de respirer je lui en serait reconnaissante.  Je veux juste entendre que tu es vivante. C'est pourtant pas très compliqué. Cela dit, l'entendre ne fera que confirmer ce que je crois déjà. Tu es vivante. Si ce n'était pas le cas je le saurais. Ne me demande pas comment mais je le saurais, je le sentirais. Mais là ce que je sent c'est la douleur… la tienne. A force de réfléchir j'ai un mal de tête a se fracasser le crane dans un mur. Enfin ...j'imagine que c'est à force de réfléchir parce que sinon je ne vois pas. Je n'ai absolument rien fait depuis ce matin donc aucune raison d'avoir mal à la tête. Si c'est ce que tu vies tous les jours il faut que tu m'expliques comment tu fais parce que c'est une horreur. Tu as des médicaments ? Oui d'accord mais j'en suis au deuxième cachet et ça ne change strictement rien. Ce qui n'est pas logique d'ailleurs. Je ne prends jamais de médicaments donc ils devraient être efficaces. Mais non.

17h le téléphone sonne. C'est enfin ton frère.

Moi : « Alors ?

- Ça va. Elle va bien. J'ai parlé au chirurgien. Il n'a pu enlever que 60 % et non 80 comme il l'espérait, mais il a estimé que le bénéfice des 20 % manquants ne valaient pas le risque d'ouvrir en frontal. Et je suis d'accord avec lui. Ils viennent de la remonter dans sa chambre, elle est encore sous le coup de l'anesthésie mais je l'aie trouvée très agitée. Je vais rester avec elle. Je vais la surveiller.

- Si l'anesthésie fait encore effet elle ne devrait pas s'agiter… si ?

- Justement. Si elle supporte mal le réveil je veux être là. En se réveillant elle risque d'avoir mal je veux être là pour qu'ils lui donne des antalgiques au plus vite.

- L'anesthésie est censée faire effet encore combien de temps ?

- En principe elle ne devrait déjà plus faire effet. Mais à priori si parce qu 'elle est encore dans le cirage. Je veux juste la surveiller parce que tu la connais, à s'agiter de cette façon elle est capable de tout arracher.

- Attends ! C'est pas l'anesthésie. Elle a mal. C'est pour ça qu'elle est agité. Donne lui les antalgiques et tu verras qu 'elle va se calmer.

- C'est possible mais comment tu sais qu'elle souffre ?

- Je le sais c'est tout. Vérifie et tu verras.

- Ok. Je te laisse, je vais m'en occuper. Je te rappelle demain matin. Tchao !! »


19h
Bonjour maman. Bonjour papa. Ma journée ? Pour être honnête je n'ai pas fait grand-chose aujourd'hui. J'ai regardé la télé. Oui demain je ferais mon ménage. Manger ? Heu… oui je vais mettre la table. Mais j'avais tellement mal à la tête que je n'ai rien préparé. Ah ben d'ailleurs c'est passé. Je me sent beaucoup mieux. Trop de télé ? Oui sans doute… si vous le dites.
Au fait demain midi les 3 mousquetaires viennent manger à la maison. Je pense qu'on va jouer au Trivial Pursuit sur la terrasse. Oui… je ferais la vaisselle et je rangerais.
Je sais qu'à partir de lundi je vais me lever à 5h. Je vais travailler au même endroit que l'année dernière pendant 3 semaines. C'est chouette ça me fera un peu d'argent de poche.
Oui je sais je ne t'ai rien dit. Mais je me voyais mal tourner en rond pendant que tu serais à l’hôpital. Dans le meilleur des cas tu seras transférée fin de semaine prochaine mais tu ne pourras pas quitter l’hôpital avant mi juillet. Je t’appellerais et je viendrais te voir le week-end. Si tout s'est bien passé on a suffisamment de temps devant nous.
Pour moi le lycée c'est terminé pour cette année. De toute manière je n'y retournerai pas sans toi. Mais les 3 mousquetaires ont encore quelques épreuves du Bac à passer. Demain je leur dirait que ton intervention s'est bien déroulée. Ils sont inquiets pour toi. Ils t'apprécie vraiment tu sais ?  Le soir de la fête du lycée tu leurs a vraiment fait peur, mais ne t'en fait pas je leur ais expliqué ...tout va bien.

Tout va bien ! C'est étrange de le dire mais c'est la vérité : tout va bien. Tu vas bien et c'est le plus important. Ta lettre ? Au placard… je ne veux même pas en entendre parler. Je veux juste t'entendre toi. Oui je sais pour l'instant tu ne peux pas parler. Je peux attendre quelques jours… attendre je sais faire. Et puis ton frère va me donner de tes nouvelles. Il est génial avec toi tu le sais ? Tu as de la chance de l'avoir. Il a quand même renoncer à des vacances avec sa femme pour t'accompagner. Si un jour ta belle sœur t'en veux, tu sauras pourquoi. En même temps je ne la connaît pas je ne l'ai vu qu'une fois. Le samedi quand je t'ai déposée. Mais mon petit doigt me dit que face à toi, pour ton frère, aucune femme ne fera jamais le poids. Personne ne touche à sa sœur.
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Si je pouvais - Page 3 Empty Re: Si je pouvais

Ven 13 Juil - 19:42
Convalescence



Mercredi 10h ton frère au téléphone :

Moi : «  - Alors ? Comment elle va ?

- Elle dort à cause des antalgiques. Tu avais raison. Comment tu le savais ?

- Je n'en sais rien. Je crois que je le sentais mais ne me demande pas comment. Je ne peux pas l'expliquer.

- Et j'imagine que tu ne peux pas m'expliquer non plus pourquoi elle ouvre les yeux a chaque fois que je prononce ton prénom ?

- Heu… non en effet je ne peux pas. Mais comment ça elle ouvre les yeux ?

- Ben il suffit que je dise que je sort pour t'appeler et hop !! Elle ouvre les yeux. Même l'infirmier hallucine.

- Ben demande lui quand elle sera vraiment réveillée.

- Oh… ce n'est pas la seule chose que je vais lui demander. Et au moins là, couchée sur un lit d’hôpital elle ne pourra pas se défiler. »

Oups ! Ton frère à l'air bien décidé. Je ne connais pas la question mais je te déconseille de lui mentir. A mon avis il va falloir que tu t'expliques. Et ne me demande pas … je ne sais pas. C'est entre ton frère et toi et jamais je ne me mettrais entre vous deux.
…...

On est jeudi. J'ai parlé avec ton frère ce matin. Il m'a dit que tu étais réveillée et que tu allais bien. Mais entre le tuyau de l'anesthésie et les mèches dans les narines tu parles comme un canard à qui on a tordu le cou. C'est lui qui l'a dit c'est pas moi. Toujours est il que pour le téléphone c'est compliqué. Ce soir ça ira peut être un peu mieux. Au pire… demain…
Il m'a dit aussi que tu allais faire un petit tour de manège demain. Pour vérifier que tout va bien. Ensuite ils vont réadapter tout ton traitement. Toi qui ne supporte pas les aiguilles je pense que tu vas en voir passer quelques unes.

Plus tard dans l'après midi…

Ton frère :  « -C'est moi. Ça fait deux heures qu'elle me casse les pieds pour que je t'appelle. Elle ne peut pas te parler mais elle t'entends. Je mets juste le haut parleur…

- Hey… soit sympa avec ton frère. Il s'est très bien occupé de toi alors vas y doucement. Et pour une fois écoute ce qu'il te dit. Ce n'est pas parce que je ne suis pas à coté de toi que je ne sais pas ce qui se passe.

- Oh oui ! Et frangine méfie toi parce que tu n'imagines pas à quel point ce qu'elle vient de dire est vrai. Même moi je ne sais pas comment elle fait.

- Maintenant tout va bien se passer. On a le temps. Alors tu prends le temps qu'il faut pour te rétablir correctement. On se parlera plus tard. Quand tu seras vraiment en état de parler. En attendant tu te reposes. Tu me manques… je t'embrasses… a demain »


Tu peux enfin me parler. Ahhhh… oui je t'écoute. Rien qu'au son de ta voix, si je ferme les yeux j'imagine ton visage. Je visualise tes sourires, tes expressions et même tes regards. Soulagée, rassurée… maintenant je sais que tu vas bien. Et si tu vas bien alors je vais bien. Ils te saoulent avec tout leurs examens ? T'as l'impression d'être un cobaye ? Je suis rassurée. Si tu commences à râler c'est que tu vas très bien. Tu as le droit de te lever ? Depuis ce matin seulement. Ben voilà pourquoi tu vas mieux. La douleur commence à s'estomper et c'est plus gênant que douloureux. Ça me semble être une bonne chose, mais tu es encore sous antalgiques alors ton évaluation de la douleur je ne m'y fie pas de trop. On verra dans 8 jours.
Moi je fais quoi ? Ben cette semaine pas grand-chose. Après je vais travailler 3 semaines et après ? Je ne sais pas encore.  Normalement je part les 15 premiers jours d' Août chez mon oncle comme tous les ans. Et on se voit quand ? Excellente question. Commence par sortir de l’hôpital et revenir par ici. Parce que tant que tu seras hospitalisée je ne pourrais pas venir te voir.

Une fois sortie de l’hôpital, ton frère te garde chez lui. Mais moi je travaille ce qui veut dire que dans le meilleur des cas je ne pourrais venir te voir que dans 15 jours. Je sais que tu voudrais que je sois là. Moi aussi je préférerais être avec toi mais on le savait dès le départ. On avait pas vraiment le choix. Mais si je calcul bien, et en partant du principe que je trouve une solution on va se voir un week-end en un mois et après je repars pendant 15 jours. Oui je sais… on a un problème ça ne va pas le faire. Tu vas péter les plombs et moi aussi. Laisse moi réfléchir.

Voilà c'est réglé. Je descends demain en Tgv avec l'un des mousquetaires, on rentrera dimanche après midi. 4H de train c'est pas la mort. Mais je ne vais pas te le dire je vais juste prévenir ton frère pour qu'il vienne nous chercher à la gare.
Ton frère est devenu fou quand je lui ai expliqué. A cause du prix des billets. Mais si tu savais ce que je m'en moque du prix des billets. Et j'ai pas tout suivi, mais si j'ai bien compris après nous avoir récupérer à la gare ton frère me dépose moi à l’hôpital mais il emmène d'Artagnan visiter la ville.
Mais on verra demain.

Comme prévu ton frère nous attendait à la gare

Ton frère : Salut ! T'es complètement cinglée...

- Ah ben merci. Tel frère telle sœur. C'est ta sœur qui me le dit en général. Tu ne lui a rien dit j'espère ?

- Non non. Je lui ai juste dit que je devais faire des courses. Je te dépose, nous on va se promener.
Couloir de gauche 4 ème étage chambre 446

- Mais vous ne venez pas ?

- Plus tard… vers 18h. Je suis sure que vous avez plein de choses à vous dire. Alors parlez vous.

- Au fait ! Ta sœur à répondu à tes questions ?

- Pas complètement. Mais j'ai mes réponses quand même. C'est la raison pour laquelle vous devriez vous parlez. »

On devrait se parler ? Mais on fait que ça. Je le suit pas là. Parler de quoi ? Je ne t'ai jamais rien caché, je ne t'ai jamais mentis non plus et je pense sincèrement que c'est réciproque. Alors il attend qu'on parle de quoi ? On verra plus tard… Il a dit quoi ? Chambre 446, c'est là…

« Toc , toc ( je pousse la porte) »

« Hey… non stop ! Arrête (placage sur le lit) te lèves pas, t'es attachée au drain, tu vas tout arrachée…. Imbécile... »

Et voilà comment je me suis retrouvée couchée dans tes bras, sur ton lit. Ce qui nous a valus un énorme fou rire.
Moi : «-  Ca va ? Je t'ai fait mal ? Pourquoi tu pleures ?

- Non. Je vais très bien. Mais… qu'est ce que tu fais là ? Comment t'es venue ?

- Comment je suis venue ? En train avec d'Artagnan. Qui à l'heure actuelle est parti visiter la ville avec ton frère.

- Je vois ! Monsieur avait une course à faire. Il va me le payer celui là.

- Vas y doucement avec ton frère parce que si il n'était pas là, je n'y serai pas non plus. Maintenant tu me dis pourquoi tu pleures ?

- Pour rien juste parce que je suis heureuse de te voir.

- Ok, donc tu pleures quand je pars et tu pleures quand je reviens. Rassure moi, c'est hormonal ?

- Sûrement. Mais vous avez mis combien de temps ? Et les billets ? T'as payé combien ?

- 4h et laisse tomber le prix des billets ça m'est égal.

- T'es vraiment cinglée !

- Je sais et tu es la deuxième à le dire depuis ce matin. Ton frère est passé avant toi. (Deuxième fou rire)

- Arrête ! Me fait pas rire ça fait mal.

- Je m'en vais alors ? (je plaisantais) Non ? Tu veux pas ? D'accord je reste mais je vais peut être sortir de ton lit avant d'atterrir par terre….
Quoi ? Arrête ! Oui c'est bon j'ai compris je ne bouge pas.

- Je peux ?

- Bien sure que oui. Allez viens... »

C'est hallucinant comme le temps passe vite. Déjà deux heures que je suis là. Deux heures que t'es dans mes bras sur ton lit. Tu veux que je te dises ? Je refuse d'échanger ma place. Tu vas bien, je le voit. Si tu n'avais pas les tuyaux qui t’empêchent de bouger, tu sauterais au plafond. D'ailleurs il va falloir que tu te calmes parce que je ne vais jamais réussir à te suivre.

Moi : «  Heu.. le courant d'air en bleu qui vient de sortir de la chambre c'était qui ?

- L'infirmière. Mais jusqu'à présent elle n'a vue que mon frère. Et il ne se couche pas sur mon lit ;

- Je rêve ou ça te fait rire ?

- Je ne vais pas pleurer. Il est ou le problème ? Et puis son thermomètre c'est pas urgent elle peut revenir dans 2h ça ira très bien.

- Oui, remarque tu n'as pas tort. Au fait ! T'as parlé à ton frère ? Il voulait te poser une question et il avait l'air bien déterminé à avoir une réponse. Rien de grave ?

- Grave ? Ah non pas du tout. Tu as eu tes notes du bac de Français ?

- Ce matin il m'a dit que tu n'avais pas complètement répondu mais qu' il avait quand même la réponse. Je t'avoues que je n'ai pas tout compris. Tu m'expliques ?

- Ah ! Donc effectivement il a compris. Alors tes notes ?

- 13 à l'écrit, 11 à l'oral. Mais c'est pas le plus important. Tu m'expliques ? Parce que ce matin il m' a aussi dit que l'on devait se parler. Parler de quoi ? Tu as quelque chose à me dire ?

- Ah c'est pas vrai !! Je vais le tuer ! Mais non je ne peux pas t'expliquer. Pas maintenant. Plus tard quand j'en aurai le courage peut être, mais pour le moment je ne peux pas. Pas tant que je ne sais pas ce qui m'attends vraiment.

- D'accord. Je n'insiste pas mais n'attend pas 10 ans quand même. »

Quand ton frère et d'Artagnan sont arrivés on avait toujours pas bougées. En entrant dans la chambre ton frère à dit : « Ah ben quand même ». Phrase pour laquelle il s'est fait fusillé du regard. Tu as enchaîné sur le fait qu'il t'avait caché notre arrivée. A cet instant précis j'en ai conclue que sa phrase et ton regard n'avaient aucun rapport entre eux. Mais… à posteriori… je pense que si.
Il est 20h et les visites sont terminées. On revient demain matin. Les visites c'est à partir de 10h ? Pas avant ?

Ton frère : «  Je m 'en occupe »

Il est revenu 10 minutes plus tard en disant que je pouvais venir pour 9h. Cela me convenait très bien donc, je n'ai pas cherché à comprendre.
Et le lendemain matin à 9h j'étais là. Tu n'imagines pas le bien que ça fait de lire du bonheur dans ton regard. Je me voit dans tes yeux c'est juste...magique. Je pourrais rester des heures à te regarder dans les yeux sans dire un seul mot. Je ressent ce que tu ressens juste à travers ton regard. Et ce que je vois là maintenant, c'est que tu ne souffres plus. C'est tout simplement inespéré. C'est carrément génial.

Il va être midi et on a un train à prendre. Tu sais ce que ça signifie ? Que l'on doit se dire au revoir. Tu ne veux pas ? Moi non plus mais il le faut. On se revoit bientôt. Dans deux semaines. Je vais me débrouiller avec ton frère pour passer le week-end avec toi mais tu le sauras en temps et en heure. Et oui on s'appelle tous les jours. Je ne t'oublies pas. Même si je le voulais je ne pourrais pas t'oublier. Depuis trois ans tu fais partie de ma vie. Ce que l'on a partagées, je crois que jamais on ne l'oublie. Alors ne crains rien , je suis là et je serais toujours là.
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Si je pouvais - Page 3 Empty Re: Si je pouvais

Ven 13 Juil - 20:15
Le repos du combattant

Fin juillet
Depuis une semaine tu es chez ton frère. Tous les soirs on s'appelle et tu vas de mieux en mieux. Pourtant je sent que quelque chose t'ennuie. C'est quoi le problème ? Ton frère est en permanence sur ton dos, tu ne peux rien faire sans autorisation même pas aller chercher le pain. Tu en as ras le bol, je le sais. Mais c'est pour ton bien et dit toi que ça ne va pas durer. Pas le droit de conduire, privée de sortie, lire c'est pas plus de 2h, la télé c'est deux heures aussi… en effet je veux bien croire que tes journées soient longues. Mais ne le prend pas comme une punition c'est pour ta guérison. Pas de stress, pas de fatigue. Tu vas me dire que tu ne risques pas d'être fatiguée, la seule chose autorisée c'est dormir. Et bien profite s'en.
Depuis deux ans tu ne dors pas correctement, rattrape le retard. « Le sommeil perdu ne se rattrape jamais »… Ah oui bien sure. J'aurais été surprise que tu ne trouves pas une réplique de ce genre. Et puis maintenant que tu vas bien, on te mets en prison. Tu n’exagères pas un tout petit peu là ? Non ? Tu perds ton temps. Pourquoi passer son temps à dormir ? « on aura tout le temps de dormir quand on sera morts »… oui… mais encore ?

On se voit quand ? Ah… ben enfin une question intelligente. Je me moque de toi ? Non… si peu…
Je voudrais surtout que tu te calme. Je sais que d'être chez ton frère c'est pas le plus drôle. J'imagine que c'est un peu comme retourner vivre chez papa et maman. Sauf que toi tu n'as jamais connu. Finalement tu as toujours vécue seule et là tu te retrouve entre ton frère et ta belle sœur. Je veux bien croire que c'est difficile. Mais c'était ton frère ou l’hôpital. Tu préfères quoi ? Alors maintenant tu vas m'écouter deux minutes et arrêter d'en vouloir à ton frère. Bientôt tu vas le faire passer pour un dictateur. Parce que, le tyran qui t'empêche de sortir.. il passe me chercher samedi matin, je te récupère et je t'emmène. On passe le week-end ensemble, je te ramène dimanche soir et ton frère me ramène chez mes parents après. Tu te sens mieux ? T'es calmée ?

Toi : «  Il avait tout prévu ?

- Oui c'est prévu depuis 15 jours. Et tu imagines bien que c'est aussi ton frère qui a réservé et payé l’hôtel.

- Malgré ce que je lui ai balancé depuis 8 jours ?

- Oh .. ben je crois qu'il te connais. Il savait à quoi s'attendre.

- Il doit m'en vouloir à mort.

- Je ne pense pas. Mais au lieu de t'énerver pour rien, explique toi avec lui et profite s'en pour lui dire merci.

- Et on va où ?

- Je ne sais pas, je te dis que c'est ton frère qui s'est occupé de tout. »

Je pense que pour ton frère ça va aussi lui faire un week-end de vacances. Parce que pour te supporter dans cet état là, franchement il a du mérite. Personnellement, il y a longtemps que je t'en aurais collée une. On voit qu'il a de la pratique… des années d'expériences.


Je ne sais pas ce que ton frère t'a préparé comme surprise. Il m'a juste dit de prévoir une tenue correcte et une tenue décontractée. J'imagine qu'il nous a réservé le restaurant pour le samedi soir. Il m'a aussi dit qu'il me laisserais des consignes te concernant et qu'il s'occupait de tes médicaments. Le reste ? Aucune idée. Je suis comme toi je n'en sais pas plus. Mais l'important, c'est que l'on soit ensemble non ?

Comme prévu ton frère était devant chez mes parents samedi à 8h du matin. Je n'ai pas fait de bruit en partant parce que j'étais la seule à être debout. Dans la voiture il me donne une enveloppe mais je ne dois pas l'ouvrir sans toi. Vous vous êtes donné le mot ou quoi ?

Ton frère : «  Tout est dedans. Les consignes, les billets, la réservation de l’hôtel, la carte du restaurant et le liquide pour payer  ».

Les billets ? Les billets de quoi ? Si j'ai bien compris ton frère à décidé de nous payer l’hôtel, le restaurant et des entrées pour je ne sais quoi….mais il doit y' en a avoir pour une fortune. Et on dit que moi je suis cinglée ?

…..

Moi : «-  Je suis là… Oh ! Doucement...moi aussi je suis contente de te voir. Comment tu vas ?

- Nettement mieux depuis trois minutes. Alors ? Tu m’emmènes ou ?

- Alors là… je n'en sais pas plus que toi. J'ai l'enveloppe mais je n'ai pas eu le droit de l'ouvrir sans toi. »

Ton frère : « Allez sauvez vous. L'ouverture c'est 10h mais le temps de garer la voiture, déposer vos affaires et de passer l 'entrée. Allez oust !! Foutez moi le camp ! »

1er feu rouge :
Moi : « Ben vas y ouvre l'enveloppe parce que là je ne sais pas ou je vais »

- Oui oui… ah ben oui mais non ! Arrête toi. Regarde...il y a une enveloppe dans l'enveloppe. Tu dois lire cette page avant que l'on puisse ouvrir l'autre. Mon frère adorait les chasses au trésor quand on était petit.

- Attends. Fait voir…
/ Consignes à respecter : Pas trop près des hauts parleur, pas la boite de nuit, attractions interdites…./
Donne moi l'autre s'il te plaît. Si c'est ce que je crois ton frère est un grand malade. Moi à coté je suis au niveau maternelle.

- Tu commences à me faire peur là.

- Ouvre et je pense que tu vas comprendre

- ….Oh la vache !!!!

- Oui ! C'est ce que je voulais dire. Il y a deux entrées pour Eurodisney c'est bien cela ?

- Oui… et la carte d'un restaurant avec l'argent. Et…. La carte de la réservation… de l’hôtel...regarde…

Si je pouvais - Page 3 Hotel_11

- Je rêve là ? Tu connais le prix des chambres dans cet hôtel ?

- Non, mais vu l'emplacement… j'imagine.

- Ben imagine seulement. Parce que je pense que de toute ma vie je n'aurais jamais les moyens.

- Tu plaisantes ?

- Pas du tout, mais tu verras par toi même. Par contre ton frère m'a laissé une jolie liste de ce que tu n'as pas le droit. Donc pas d'exception. Vu ce qu'il vient de faire pour nous tu vas gentiment respecter les consignes. On est d'accord ?

- Oui oui, c'est bon j'ai compris. Pas de Space Mountain... »

…..

A chaque fois que je viens ici je passe devant cet hôtel, mais en principe je ne fais que passer. Ne t'étouffes pas en regardant les tarifs. Ça me rappelle « Pretty Woman ». C'est vraiment splendide on dirait le château de la belle au bois dormant. D'ailleurs j'ai l'impression d'être le crapaud.
Au lieu de regarder le plafond on devrait peut être se présenter à la réception.

«  - Bonjour, nous avons une réservation…


- Un instant… Oui voilà. Je vois que tout à été réglé d'avance. Une nuit et un petit déjeuner. Voici votre badge d'accès. Le jeune homme va vous accompagner à votre chambre »


Si je pouvais - Page 3 Hotel_12

Pourquoi il nous regarde de travers ? On a pas le standing ? Wahou !!! Toutes les chambres ressemblent à ça ou ton frère est encore passé par là. ? C'est pas un lit c'est un terrain de foot. Du lit à la douche il faut hurler pour se parler. Et regarde la vue… c'est magnifique. De nuit ça doit être génial mais on verra ce soir…

Direction le parc…

Si je pouvais - Page 3 Disney10

On fait le tour d'abord ? On a deux jours donc on a le temps.. Et met moi ta casquette et tes lunettes de soleil s'il te plaît. Merci…
Ralentie, on a pas besoin de courir on a tout notre temps. Le parc est grand et à ce rythme là tu ne vas pas tenir longtemps. Alors doucement. Oui je sais, c'est un mot que tu ne comprends pas. Mais maintenant tu vas apprendre à l'écrire. Je n'ai pas l'intention de finir le week-end à l'hôpital et je te rappelle que tu es encore en convalescence alors lève le pied.

Avoue que ça change de tes attractions habituelles. C'est quand même beaucoup plus sympathique. En plus il fait beau, ce qui ne gâche rien. D'ailleurs, je crois que t'as pris un coup de soleil sur les bras. Moi aussi ? Oui mais moi c'est pas grave. Toi en revanche… viens ici j'ai la crème dans le sac à dos.
Mais c'est pas possible ! T'es pire qu'un gosse ! Oui je te suis, mais arrête de courir d'une attraction à l'autre on croirait que tu découvres Disneyland pour la première fois. Comment ça c'est la vérité ? Ne me dit pas que tu n'es jamais venue ? C'est une blague ? Non ? Mais tu faisais quoi le week-end pendant tes années de lycée ? Ah… tu jouais au basket… Je comprends mieux. Dommage que tu n'aimes pas les photos parce que j'aurais bien gardé une photo avec Mickey en souvenir. Étant donné, qu'aujourd'hui tu dois avoisiner les 6 ans d'age mental, pour toi Mickey c'était parfait. Je me moque de toi ? Ah non non pas du tout. Ça me fait rire, j'adore te voir comme ça. C'est quand même beaucoup plus agréable que de te voir couchée sur un lit d'hôpital. Mais ralentie, on a deux jours pour tout faire ce n'est pas si grand que cela. On va aller manger une glace dans un premier temps, de cette manière je vais peut être réussir à t'arrêter deux minutes. Oui je sais… tu veux chocolat.

Maintenant je t’emmène au 'Star Tour' mais je ne vais pas t'expliquer ce que c'est. Je suis curieuse de voir la tête que tu vas faire rien qu'en faisant la queue. Moi je connais le décor mais pas toi. « Suis moi ».

Toi : «  Mais c'est quoi ?

- Tu vas voir. Avances…

- On se croirait dans Star Wars…

- Tu ne crois pas si bien dire. Regarde là haut.

- Hey ! Mais c'est C6-PO ! Génial… Il est où R2 ?

- Plus loin… tu vas le voir R2. »

Pourquoi tu me sautes au cou ? Ce n'est pas moi qui ai construit le décor. Mais te connaissant je ne m'attendais pas vraiment à une autre réaction de ta part. On dirait un gamin de 6 ans qui vient d'ouvrir son cadeau de Noël. Mais c'est vrai. Aujourd'hui,  tu as 6 ans.  Maintenant attache ta ceinture.  Ça va secouer ! Et... « Que la force soit avec nous »...

C'est extrêmement bien fait, on s'y croirait. Chouette hein ?

Toi : «  Ce qui est génial ici c'est que l'on a l'impression d'être dans une dimension parallèle. N'importe qui retomberait en enfance. La musique, les décors… c'est vraiment magique .

- C'est vrai. Et tu vas voir ce soir… de nuit c'est magnifique.

- Au fait. Il est ou le restaurant ? Parce que le parc ... il ferme.

- Oui le parc d'attraction ferme. Mais le restaurant il est dans Disney village juste à coté.

- Dans quoi ? Disney village, c'est quoi ?

- Ben tu verras ce soir... »

Le voyage de Peter pan, la maison fantôme, le labyrinthe, le château de la belle au bois dormant… on aura fait pas mal de chose aujourd'hui. Mais le parc va fermer. On va passer à l’hôtel se changer et on va aller manger.

Une heure plus tard, on était là...

Si je pouvais - Page 3 Disney11

Voilà on est à l'entrée de Disney village. Des boutiques, des restaurants, un cinéma, des concerts en plein air… Les rues illuminées, une ambiance de fête, je suis certaine que ça va te plaire. Mais on va aller directement au restaurant parce que pour avoir une table il faut y être de bonne heure. Ce soir on mange en Amazonie.

Toi : «  En Amazonie ? C'est à dire ?

- Tu comprendras quand tu verras le décor… regarde... »

Si je pouvais - Page 3 Rainfo10

Toi : « Ah d'accord ! Carrément ? Il est gigantesque cet aquarium, c'est magnifique. Cet après midi tu m'emmènes dans les étoiles. Ce soir on mange dans une forêt tropicale. Et demain matin je me réveille sur une banquise ? 

- Peut être pas quand même. Mais si tu es sage je t’emmène dans les mines du Colorado.»

Cocktail maison, burger, ribbs, frites, sauce barbecue : le vrai plat américain… un délice. Et ce n'est pas du surgelé. Bon tu vas me dire quand on voit les tarifs heureusement que l'on mange des produits frais. Dessert ? Oui je sais « deux Dame Blanche s'il vous plaît »… Ah oui quand même. En fait une pour deux aurait largement suffit.

En sortant du restaurant tu t'es mise à chanter :

« C’est moi Simba, c’est moi le roi 
Au royaume animal 
C’est la première fois qu’on voit un roi 
Avec si peu de poils 
Je vais faire dans la cour des grands 
Une entrée triomphale 
En poussant, très royalement 
Un rugissement bestial... »

Je confirme : 6 ans d'age mental.

« Majesté, tu ne te mouches pas du coude ! 
Je voudrais déjà être roi ! 
Tu as encore un long chemin à faire 
Votre altesse, tu peux me croire 
Au roi, on ne dit pas... 
D’ailleurs quand je dis ça... 
Tiens ta langue et tais-toi 
Ce que j’essaie de dire c’est... 
Surtout ne fais pas ça ! 
Il faut que tu comprennes que... Reste ici ! 
Reste ici, assieds-toi 
Ce lion a une tête de mule... 
Sans jamais dire où je vais 
Je veux faire ce qu’il me plait 
Il est grand temps votre grandeur 
Qu’on parle de coeur à coeur 
Le roi n’a que faire 
Des conseils d’une vieille corneille 
Si tu confonds la monarchie avec la tyrannie 
Vive la république 
Adieu l’Afrique ! 
Je ferme la boutique 
Oh prend garde, lion, ne te trompe pas de voie 
Je voudrais déjà être roi ! 
Regardez bien à l’ouest (Ah pitié, au secours !) 
Regardez bien à l’est (Non ! Non !) 
Mon pouvoir, sans conteste 
Est sans frontière 
Pas encore ! 
C’est une rumeur qui monte jusqu’au ciel 
Les animaux répandent la nouvelle 
Simba sera le nouveau roi soleil 
Je voudrais déjà être roi ! »

Le roi lion

Je rêve ou tu la connais par cœur ? Tu as du public. Regarde le petit gamin en face… il chante avec toi. Chanter le roi lion au milieu de la rue c'est le genre de truc qui t'éclate. Je crois que tu m' étonneras toujours. Viens … on va un peu plus loin il y a un concert en plein air. Hop hop hop… tu restes ici ; tu ne t'approches pas du mur d'enceintes.
Tu veux faire les boutiques ? Il y a des choses très sympathiques. Mais c'est plus pour regarder que pour acheter. A moins de casser sa tirelire. Mais je vais quand même me ramener un souvenir de ce week-end. Je ne peux pas avoir de photos alors je vais trouver autre chose. Un verre dont le pied est sculpté en forme de Mickey, il est très joli… j'achète. (Je l'ai toujours. Bien rangé dans une étagère)
….
Il est une heure du matin et les rues commencent à se vider. On va se diriger vers l’hôtel et aller se coucher. Pourquoi tu t'arrêtes ? Ah ! J'ai compris. Je te l'avais dit que de nuit c'était magnifique. Oui on peut faire le tour du bassin si tu veux. Je sais, le décor est tout simplement magique. Et tu restes plantée là parce que ?

« Parce qu'ici on oublie tout mais moi je veux me souvenir. »

Pourquoi je pose la question ? Venant de toi c'est logique.

« Pour découvrir de nouveaux paysages, il suffit de changer de  regard »
Marcel Proust

Arrivées dans la chambre d’hôtel, une demie bouteille de champagne nous attendait dans un sceau à glace, posé sur le bar.
Toi : « - T'es folle, t'as vu le prix ?
- Mais je n'y suis pour rien.
- Je ne pense pas que la bouteille soit comprise dans le prix de la chambre
- Je ne pense pas non plus. En revanche, je pense que tu pourras remercier ton frère.
- Je crois aussi. Mais il est fou. Tu te rends comptes ? Les places, le restaurant, l’hôtel de luxe..et maintenant le champagne. Certains n'en ont même pas autant le jour de leur mariage.
- Ton frère a peut être peur que tu ne te maries jamais. Prends le comme une suggestion….(rires)
- Tu ne crois pas si bien dire. Je te sert ? »

Je n'avais pas vu les choses de cette manière mais d'un coté tu n'as pas tort. L’hôtel de luxe, la vue magnifique, le bassin, les lumières … et maintenant le champagne. Ambiance lune de miel ? Oui ce n'est pas faux. Il a bon goût ton frère. Et tout ça, il le fait pour toi. C'est peut être effectivement ce dont il rêvait de t'offrir pour ton mariage. Mais par peur de ne pas en avoir le temps ou pas l'occasion il te l'offre aujourd'hui. Dans l'histoire j'en profite… merci le frangin.
Quand je suis sortie de ma douche je t'ai trouvée adossée sur le lit, endormie. Je pense que tu m'attendais mais l'ange du sommeil est arrivé plus vite que moi. Cette journée t'as probablement épuisée mais si je te le demandais tu me répondrais que c'est faux.
…..
Ce matin tu t'es levée avant moi. Et quand j'ai ouvert les yeux tu étais debout devant la fenêtre, tu admirais la vue.
Moi :  «- Bonjour. Tu as bien dormie ?
- Oh que oui ! Depuis le réveil j'ai cette chanson dans la tête... »
Et tu t'es mise à chanter :
« Au matin de ta vie sur la planète
Ébloui par le dieu soleil
À l'infini, tu t'éveilles aux merveilles
De la terre, qui t'attend et t'appelle
Tu auras tant de choses à voir
Pour franchir la frontière du savoir
Recueillir l'héritage
Qui vient du fond des âges
Dans l'harmonie d'une chaîne d'amour
C'est l'histoire de la vie
Le cycle éternel
Qu'un enfant béni
Rend immortel
La ronde infinie
De ce cycle éternel
C'est l'histoire
L'histoire de la vie ...»

Le roi lion

C'est l'effet du champagne ? J'adore t'écouter chanter. Tu commences à réaliser que tu es en vie et que tu vas bien. Oui tu as plein de choses à voir, plein de choses à faire. Et tu le feras. Plus de nausée, plus de mal de tête, tu te sent bien et je le voit. Peut être même que dans quelques temps tu n'auras plus besoin de moi. Tu vas pouvoir reprendre ta vie en main et pourquoi pas envisager de construire une famille. Maintenant les choses vont devenir différentes.. Pour le moment on va profiter de ce week-end. Ce que tu veux faire de ta vie… je te poserais la question plus tard parce que je ne suis pas certaine que tu sois prête à y réfléchir tout de suite.

Le week-end touche à sa fin. Après le 'Molly Brown' tu voulais retourner dans 'Star Tour'. Bien sur j'ai dit oui. Tu m'as cassé les pieds pour faire le train de la mine mais là j'ai dit non. Et puis j'ai eu droit au regard du chien de '30 millions d'amis' donc bien évidemment j'ai fini par céder. Je suis incapable de te dire non. Oui tu vas bien mais ce n'est pas une raison suffisante pour prendre des risques. Heureusement tout s'est bien passé. Mais ne le dit pas à ton frère, il va me tuer.
Maintenant il faut rentrer. Je vais te déposer chez ton frère et moi je pars demain. Je vais passer deux semaines chez mon oncle comme tous les ans. Ben ne fais pas cette tête ce n'est pas si grave. Je t’appellerais et puis on se revoit dans 15 jours. Dans l'intervalle profite s'en pour te reposer et reprendre des forces. Non ? Tu vas préparer tes cours pour la rentrée. Bon remarque au moins ça t'occupera. Et fin Août on fait quoi ? De quoi tu parles ? Les 3 mousquetaires partent en vacances au bord de la mer pour fêter leurs Bac. Je le sais mais quel est le rapport avec nous ? Tu m'expliques ? Non je le saurais dans 15 jours. Je me disais aussi…
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Ven 13 Juil - 20:20
15 jours de séparation

Pendant que moi je fais les brocantes et je vais me baigner, toi tu prépares tes cours. Tu t'es excusée auprès de ton frère, tu lui a même dit merci. Je pense que c'était la moindre des choses. Tu as une chance énorme de l'avoir et il serait temps que tu t'en rendes compte. Il est ta seule famille et tu comptes énormément pour lui alors fait un effort. Parle lui. Je suis sure qu'il a beaucoup de choses à te dire… écoute le et répond lui. Tu lui dois bien ça.
Deux jours plus tard au téléphone tu m'expliques que tu parles tous les soirs avec ton frère. Vous avez même parlé de vos parents. Je suis contente. Peu importe ce que vous ressentez tous les deux il était temps de le partager. Mais vous ne vouliez pas aborder le sujet par peur de vous faire souffrir mutuellement. Et maintenant ? Il comprend ce que tu ressens et tu comprends son point de vue. Ben voilà c'est plus simple. Il te fait peur ? Pourquoi ? Parce qu'il veut te parler de ton avenir. Moi je pense qu'il a raison. Il serait temps que tu y réfléchisses. Tu voulais passer l'agrégation, pourquoi ne pas y réfléchir ? Mais ce n'est pas de ton avenir professionnel qu'il veut parler. D'accord. Ben tu me raconteras….

Un soir au téléphone
Moi : «  Tu as une drôle de voix. Quelque chose ne va pas ?

- Non, je vais bien. Rien de grave. C'est juste la conversation avec mon frère qui m'a un peu chamboulée..

- Vous vous êtes engueulés ?

- Non, non pas du tout.

- Alors pourquoi ? Qu'est ce qu'il t'as dit ?

- Il m'a demandé si je voulais me marier et avoir un enfant.

- Oui et ? Qu'est ce qui te perturbe dans sa question ? Aujourd'hui rien ne t’en empêches. Même si dans ton cas avoir un enfant c'est compliqué à cause des traitements, mais ce n'est pas impossible. Aujourd'hui rien ne t'empêche de refaire ta vie donc je trouve sa question logique.

- Ah non ! Tu ne va pas t'y mettre toi aussi. Pas toi ! C'est un complot ou quoi ? Ma vie est très bien comme elle est et je ne veux rien y changer. Vous voulez essayer de me caser ou quoi ? Les mecs qui ne sont jamais là quand tu en as besoin, non merci j'ai eu ma dose. Quand à avoir un enfant… j'aime les enfants tu le sais, mais c'est impossible. Il y a longtemps que je me suis faite à l'idée de ne jamais en avoir alors je ne vois pas pourquoi je changerais d'avis maintenant.

- D'accord. Ne t'énerves pas. Tu as le droit de choisir. Je pense que ton frère ne souhaite que ton bonheur. Il respectera tes choix quels qu'ils soient.

- Il vaudrait mieux parce qu'il ne va pas être déçu. Ce qui m'énerve c'est qu'il me pose ce genre de questions alors qu'il connaît les réponses.  Il a compris depuis longtemps, c'est la raison pour laquelle ça m'énerve encore plus.

- Compris quoi ? Que tu n'aurais jamais d'enfant ?

- Oui. Enfin oui et non. Surtout la raison pour laquelle je n'en aurai pas. »


A posteriori :
A ce moment là, pour moi la raison pour laquelle tu n'aurais pas d'enfant elle était simple. Tu me l'avais dit 3 ans auparavant : Tu ne ne voulais pas en faire un orphelin. Mais était ce toujours la même raison 3 ans plus tard ?
Ta vie était très bien comme elle était et tu ne voulais rien y changer. J'ai très bien entendue cette phrase mais ce que je n'ai pas compris sur l'instant c'est qu'à ce moment là ta vie c'était moi. Si j'avais pris un minimum de recul ne serait que pour réfléchir sur notre week-end à Eurodisney je me serais sans doute dit quelque chose comme ça :

Le week-end était génial. On a arpenté tout le parc bras dessus, bras dessous. Toutes les files d'attente tu me prenais dans tes bras. Pour me dire merci tu m'a sauté au cou un nombre de fois incalculable. La foule autour ? On y a même pas fait attention. Tu t'en fichais parce que t'étais tout simplement heureuse. Je te rassure c'était réciproque. La tête du gars à l’hôtel quand il nous a accompagné à la chambre… lui, quelque chose l'avait choqué. Mais pour toi et moi c'était juste normal. T'as dormi dans mes bras, comme très souvent depuis 3 ans. Normal ou pas je n'ai jamais pris le temps de me poser la question. Pas un seul geste venant de toi ou de moi n'a provoqué une hésitation ou la moindre question. Pour toi et moi c'était instinctif. Mais vu de l’extérieur ? L’hôtel de luxe, le champagne… tu l'as même dit ça ressemble à une lune de miel.
Ton frère disait que tu fuyais les démonstrations d'affection. Et tu as passé le week-end dans mes bras au milieu d'une foule énorme. Il n'y a pas quelque chose qui cloche ?
En prenant deux minutes de réflexion je serais probablement arrivée à la conclusion que ce week-end ressemblait plus à un séjour en couple qu'entres amies. Et ce n'était pas le premier.
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Ven 13 Juil - 20:26
L'idée suivante ?

Oui je rentre dimanche. Si on peut se voir lundi ? Bien sure que oui, viens à la maison mes parents travaillent. Tu as quelque chose à me dire ? Je dois avoir peur ? Non c'est une bonne nouvelle. Je préfère. Comment tu vas ? Mal de tête légers de temps en temps, mais largement supportable. Tu te sent en pleine forme. Tu as hâte de reprendre le basket. D'autant plus que tu as un gros tournoi de programmer fin novembre et tu veux être au top. J'ai bien entendu là ? On est au mois d’août et tu fais des projets pour fin Novembre ? Mais c'est que ça commence à rentrer dans ta petite tête… oui tu peux vivre. Tu as le droit de vivre. Tu as le temps de vivre. Tu commences à comprendre ?

Lundi 9H
Je t'attends. Je t'ai ouvert le portail comme ça tu peux rentrer la voiture directement. Ton chocolat ? Il est prêt. Pourquoi tu rigoles ? Nos petites habitudes te font rire ? Ça fait vieux couple ? Très drôle… Bois ton chocolat au lieu de dire des bêtises.
Tu n'avais pas quelques chose à me dire ? Tu veux qu'on aille rejoindre les 3 mousquetaires au bord de la mer. Heu… oui pourquoi pas mais ton frère est d'accord ? Si je viens avec toi t'as le droit de partir. D'accord. Mais tu sais qu'on est au mois d’août, le camping doit être plein. Réserver maintenant ça va être compliqué. Le téléphone ? Ben derrière toi.  Et pendant que tu batailles avec le camping moi je vais faire à manger.

20 minutes plus tard...
Moi : «  - C'est prêt !

- C'est bon..

- Ben je pense oui. Mais dit tout de suite que d'habitude t'aimes pas ma cuisine…

- Mais non ! C'est bon pour le camping. J'ai réservé un bungalow pour 10 jours. On part Vendredi.

- Mais comment t'as fais ?

- Simple. Quand t'es prête à mettre le prix tu trouves toujours…

- Ok. Je vois. Je ne vais même pas poser la question.

- En effet vaut mieux pas. On pourra tester le jacuzzi…

- Quoi ?

- Rien. Ça sent bon..t'as préparé quoi ? »

Rien qu'a voir ton sourire, je suis contente. On dirait un gamin qui vient de faire une connerie et qui en est fière. Je commence à comprendre pourquoi tu voulais préparer tes cours les deux dernières semaines. Tu avais déjà cette idée dans la tête. Mais ça ne te dérange pas de partir en vacances avec des gamins de 19, 20 ans ? Visiblement non puisque c'est toi qui me l'a proposé mais t'aurais pu rejoindre ton équipe de basket. Ils sont dans le sud. Sauf que ton frère ne t'aurais pas laissé partir c'est vrai. Et cette semaine ? VHS, karaoké ? Oui mais quoi ? Ah non ! Tu plaisantes ? C'est une blague, tu ne vas pas me faire ça ? La semaine dernière tu m'as préparé un énoncé de révision pour la rentrée. Super… A faire en 3 fois 2H… c'est une plaisanterie ? En gros je me tape un contrôle de maths tous les matins c'est ça ? Le programme de Terminale S est chargé et je ne dois pas prendre de retard dès le début. Heu oui sauf que entre ne pas prendre de retard et prendre de l'avance il y a une différence. Mais je présume que discuter ne sert à rien… je prends une copie blanche. Oui c'est bon j'ai compris. Pourquoi t'as pas choisi prof de sport ? C'est bon j'ai rien dit..  oui je m'y met.

Si mes parents sont d'accord pour les vacances? Je vais avoir 19 ans, ils comprennent très bien que je parte en vacances avec des amis du lycée. Je ne vais pas visiter une prison mexicaine. Ils ont les coordonnées, je dois les appeler pour leur dire que l'on bien arrivées et les prévenir de l'heure de notre retour. C'est pas plus compliqué que cela. Si ils savent que tu viens ? Heu .. non. Je me vois mal leur dire maintenant que je pars en vacances avec mon ancienne prof de maths qui a 8 ans de plus que moi, avec qui je passe tout mon temps libre depuis 3 ans et qui est devenue ma meilleure amie.
Je ne vais peut être pas leur balancer tout d'un coup de cette façon. A la rentrée je leur dirait que l'on est devenue amie et qu'ils nous arrive de se faire un restaurant ou un bowling. Mais on va y aller doucement parce que je ne suis pas sure qu'ils comprennent. Mais rien ne presse et je suis majeure, ce que je fais de ma vie privée ne regarde que moi.

Mais c'est quoi le problème ? Tu as l'impression de leur voler leur fille ? C'est quoi ton délire ? N'importe quoi ! A cause de toi je ne les voit presque plus. Oui mais je vais avoir 19 ans je ne vivrais pas éternellement chez mes parents. Un jour ou l'autre il faudra bien qu'ils s'y habitue. Une fois mon Bac en poche, soit je continue mes études et je vais à la fac soit je vais travailler. Dans un cas comme dans l'autre je ne vivrais plus ici. Je serais soit dans une cité étudiante, soit je prendrais un appartement. Donc dans un an je ne serais plus là. Autant les habituer tout de suite.
Et puis, que je travaille ou que j'aille à la fac, toi la semaine tu seras au lycée, donc le week-end je ne serais pas chez mes parents. Puisque c'est les seuls jours où l'on pourra se voir. Oui je sais tu n'as pas encore réfléchie à ça mais moi oui.  Je vais même te dire que la fac ne me branche pas vraiment, je n'ai pas spécialement envie de passer tous mes week-end à bosser à coté de toi. Mais en fait non je ne vais pas te le dire parce que je sens que je vais t'énerver. On en parlera plus tard.. on a le temps.
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Ven 13 Juil - 20:41
Les vacances coté ouest

Vendredi
On a tout ? Tu as bien tes médicaments, les ordonnances et tes injections ? Ton frère à vérifié deux fois ? Parfait. Donne moi les clés s'il te plaît. T'as laissé les clés sur le contact parce que tu savais que je ne te laisserais pas rouler. C'est bien… on progresse, tu deviens raisonnable. Je n'ai plus besoin de me battre. Ta main sur la mienne… première, deuxième , troisième… madame la plage attendez nous.. on arrive.
Sur la route… on chante…

« ...Nous ne nous parlerons pas 
Nous oublierons nos voix 
Nous nous dirons en silence 
L'essentiel et l'importance 
Utilisons nos regards 
Pour comprendre et savoir 
Et le goût de notre peau 
Plus loquace que des mots 
Nos bras ne tricheront pas 
Nos mains ne mentiront pas 
Mais surtout, ne parlons pas ... »

« ...J'ai laissé des bouts de moi au creux de chaque endroit 
Un peu de chair à  chaque empreinte de mes pas 
Des visages et des voix qui ne me quittent pas 
Autant de coups au cœur et qui tuent chaque fois
Une ville que la nuit rend imaginaire 
Une route qu'on prend comme on reprend de l'air 
Et les papillons retournent brûler leurs ailes 
Pour toucher la lumière 
pour énerver l'hiver 
Pour un peu d'éphémère 

L'hôtel ,La même chambre, hier 
Gestes ,Compte à  rebours, horaire 
Tests ,Rassurants, quotidiens 
Les choses aussi retiennent leur souffle 
Et puis le moment vient 
Brûlent les lights et vos regards  ... »

Jean Jacques Goldman

On prend les clés du bungalow, on s'installe et on va retrouver les 3 mousquetaires. Mais on va demander à la réception ou se trouve leur emplacement parce que sinon on peut chercher longtemps.

Toi :«-  Surprise !! 

- Mais qu'est ce vous faites ici ?

- J'avais besoin de vacances. Alors puisque vous partez tous en fac à la rentrée et que l'on ne va pas vous revoir avant un bon moment, on s'est dit que l'on pourrait venir vous rejoindre ici et passer la semaine avec vous. 

- Génial ! Ce soir on va manger sur l'esplanade, vous venez ?

- Avec plaisir. Et maintenant vous allez me tutoyer, je ne suis plus votre prof, juste votre amie.  Et ça vous dit un plateau de fruits de mer ce soir ? je vous invite. »

Moi : « - Je sais elle est cinglée. Mais je vous déconseille de lui dire non ou d'essayer de la dissuader de payer. Croyez moi c'est perdu d'avance. »


Pendant le repas l'un des 3 mousquetaires à osé te poser la question que moi je n'osais pas te poser. A savoir :

« - Mais tu n'as pas peur de t'ennuyer, en vacances avec nous ? On a que 20 ans, on ne connaît rien de la vie.

- Ben rien que ta phrase prouve le contraire. Mes amis du basket ont mon age c'est vrai. Et ils rentrent bourrés tous les week-end chez leur parents. J'ai eu le temps de vous observer. Vous réfléchissez, vous savez ce que vous voulez. Je vous ai entendu tout à l'heure prévoir votre budget pour la semaine. Programmer des visites, des sorties. Toi, tu bois de l'eau parce que c'est toi qui conduit. Vous parlez de revenir passer les fêtes de fin d'année en famille pour faire plaisir à vos parents. Vous savez prendre des décisions. Pour moi c'est ça la maturité, c'est ça être responsable. Et il n' y a aucun rapport avec un chiffre sur une carte d'identité. Alors non je n'ai aucune envie d'être ailleurs. Je suis parfaitement à ma place ici.
Mais racontez moi, c'est quoi votre histoire à tous les 4 ?»

Dartagnan : «  A l'age de 8 ans mes parents m'ont dit que je ne pourrais jamais faire de sport parce que j'étais née avec une malformation cardiaque. A l'age de 12 ans on m'a dit que je devais être opérée parce que je risquais de mourir. J'ai passée presque 1 an à l’hôpital et on m'a posé un pacemaker. Mes parents étaient très inquiets. J'ai tout fait pour leur faire croire que je n'avais pas peur même si c'était faux. Les hôpitaux je connais et ça n'a pas été facile. Aujourd'hui je vais bien. Je vais devoir changer le pacemaker dans deux ans mais je vais bien. Mais j'avoue que c'est sans doute à cause de ça que je ne voit pas la vie de la même manière que beaucoup d'autres au même age. »

Aramis : «  Mes parents ont divorcés quand j'avais 6 ans. Je me suis retrouvée seul avec ma mère dans un studio. Ma mère a fait une dépression et je serais bien incapable de compter le nombre de fois ou je l'ai ramassée bourrée dans le salon en rentrant de l'école. Je me suis mis en tête d'être le meilleur à l'école parce que je ne voulais pas qu'on m'enlève. C'est moi qui la faisait manger et je la couchait tous les soirs. Petit à petit la situation s'est arrangée, elle va bien aujourd'hui j'ai même un demi frère. Mais le primaire et le collège n'ont pas été facile. »

Athos : «  Moi j'ai grandie dans une grande maison avec plein d'argent. Tous les week-end mon père recevait du monde pour ses affaires. Et j'avais droit à un cadeau tous les vendredi soirs pour que je me fasse oubliée durant le week-end. Il ne fallait pas le déranger. Je n'ai jamais rien fait avec mes parents, jardin des plantes, visiter un château, aller au cinéma… c'est maintenant que je le fais, avec mes amis, parce que jusqu'ici… oui j'avais tout mais seule dans ma chambre. »

Portos : « Moi j'ai une sœur qui a deux ans de moins que moi. Et avec qui je ne m'entend pas du tout. Depuis tout petits on a fait que de se battre et bien sure aux yeux de mes parents j'avais toujours tort. Elle était la meilleur en tout et moi le vilain petit canard. Je ne pouvais pas ouvrir la bouche sans en prendre une. Ma sœur a toujours raison. Alors dès que j'ai pu sortir avec des amis je l'ai fait et moins je passe de temps chez mes parents mieux c'est. »

Toi : « - Je comprends mieux comment vous avez grandit. Grandit trop vite en fait. Dans votre tête vous n'avez pas 20 ans, mais bien plus que cela. Voilà pourquoi je me sens bien avec vous. »

Moi : « Oui enfin moi j'ai grandit normalement. Mais parents vont très bien, moi aussi. Rien a voir avec leurs drames familiaux. Et pourtant depuis 3 ans tu passes tout ton temps avec moi. »

Toi : «  C'est vrai mais toi t'es un cas particulier. Ta maturité je pense qu'elle est due à ton éducation. T'as appris très jeune à être autonome et responsable. Mais c'est pas la seule raison. Dans les situations ou tout le monde partirait en courant sans se retourner, toi tu restes pour les affronter. C'est ce que tu as fait depuis le premier jour et depuis tu n'as jamais fuit. Au contraire même. Aujourd'hui c'est pire, c'est en toute conscience que tu fonces dans le problème pour le résoudre. C'est peut être un don je ne sais pas... »

Moi : « Un don ? Ça m'étonnerais. En revanche, moi j'ai compris de quoi tu parlais mais les 4 autres tu les a perdus depuis un petit moment. Et après ce qu'ils viennent de t'expliquer sur leurs propres vies je pense que tu leurs doit une petite explication. »

Et effectivement, tu leur à tout expliqué. De ce jour de novembre ou tu es tombée devant moi dans ta salle de cours jusqu'à l'intervention en juin dernier. Leurs visages s'éclairent. D'un seul coup beaucoup de questions trouvent des réponses. Et oui, ça fait 3 ans que ça dure. Je m'en suis occupée toute seule ? Non, pas tout à fait. Merci le frangin. Mais pour tout le reste oui. Sauf le soir de la fête du lycée, merci pour votre aide. Maintenant vous comprenez mieux ?
L'année prochaine au lycée ? Ben je serais la seule a savoir. Mais j'ai confiance tout va bien se passer. En cas de problème je vous appelle ? Oui je le ferais.

On rentre au camping ? Demain on va voir les moulins ? Ok.
Merci à toi pour le plateau de fruits de mer. Mais … à quoi tu penses ? Les étoiles dans le ciel ne vont pas te répondre. Le ciel est clair et très joli mais... pose ta question, je verrais bien si je peux y répondre ou pas ?

Toi : «  C'est pas une question. Enfin pas vraiment. Je pensais ce que j'ai dit tout à l'heure à ton sujet. Le jour ou je suis tombée devant toi tu ne savais rien donc en quelque sorte tu t'es fait piégée par les circonstances. Mais depuis… pourquoi tu continues ? Pourquoi t'es toujours là pour moi ? Pourquoi tu fais tout ça pour moi ? Vous vouliez savoir ce que je faisais avec vous parce que vous avez à peine 20 ans. Mais je peux te retourner la question. Qu'est ce que tu fous avec moi ? Tu ne serais pas plus heureuse à profiter de la vie avec tes amis plutôt qu'à jouer les gardes malades avec moi ? J'ai 27 ans, c'est moi qui devrait prendre soin de toi et te protéger mais c'est l'inverse qui se produit. Je te vole ton adolescence et je n'ai pas le droit de faire ça. 

- C'est quoi cette théorie stupide ? Tu me fais quoi là ? C'est l'iode des fruits de mer qui te sale le cerveau? Tout ce que j'ai fait jusqu'à présent je l'ai fait parce que t'avais besoin d'aide. Pourquoi moi ? Tout simplement parce que je suis la seule que tu as laissé faire. Non c'est pas un reproche, loin de là, je le prends comme un privilège. Même ton frère tu l'as repoussé. Tu t'es braqué contre lui alors qu'il ne pensait qu'à ton bien. La seule qui arrive à te raisonner quand ça va pas c'est moi. La seule qui à le droit de t'approcher quand tu délires c'est moi. Pourquoi ? Comment veux tu que je le saches ? T'es la seule à pouvoir répondre à cette question. Mais je ne comprends pas … il est ou ton problème ? Et puis tu vas bien. Avec de la chance tous les traitements, la cuvette, les douches et tout le reste ne sont peut être que de mauvais souvenirs….

- Justement !

- Justement quoi ? Explique moi parce que je ne comprends rien et ça m'énerve.

- Justement tu n'auras plus besoin de faire tout ça. Tu peux reprendre ta vie.

- Reprendre ma vie ? Mais de quoi tu parles ? Quelle vie ? Elle est ici ma vie. Tu veux que je m'en aille ? T'es pas bien ici ?

- Si, bien sure que si. C'est pas le problème.

- Alors c'est quoi le problème ? Parle... je ne vais pas te manger.

- D'accord. Mais laisse moi parler jusqu'au bout sans t'énerver.

- Explique… on verra après (je ne vais pas aimer je le sent)

- Depuis 3 ans tu passes tout ton temps avec moi. A surveiller mon rythme cardiaque, mon sommeil, t'es là quand je suis malade, t'es là quand je fais des cauchemars, t'es là tout simplement. Je ne sais pas... c'est peut être une mission pour toi, comme si tu ne voulais pas faillir à la promesse que tu m'a faite.  Tu sais quasiment tout de moi parce que tu m'as écouté, et j'ai une confiance aveugle en toi. Mais je pense que tout est faussé. Le fait de savoir que j'étais condamnée, à plus ou moins brève échéance t'as obligée a accorder du crédit à tout ce que je disais. Vivre en accéléré parce qu'on a pas le temps décuple beaucoup de choses y compris les réactions et les sentiments. Je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu as fait pour moi mais aujourd'hui plus rien ne t'obliges à faire quoi que ce soit. Tu es libre. »

Pensée intérieure :
Pause ! Temps mort. J'espère que j'ai compris de travers. Tu penses que je suis restée à tes cotés depuis 3 ans juste parce que je t'ai dit un jour que je ne t'abandonnerai pas. J'aurai fait ça par orgueil ? Juste pour me donner bonne conscience. Tout est faussé ? Le fait que je tiens à toi tu penses que c'est faux ? A chaque fois que je t'ai prise dans mes bras ou que j'ai essuyée tes larmes tu penses que c'était parce que je me sentais obligée de le faire ? Mais c'est juste une énorme connerie. Maintenant je suis libre... mais libre de quoi ? De t'abandonner ? C'est ça que je suis censée comprendre ? C'est pas possible, je n'arrive pas à croire que tu puisses penser un truc pareil ne serait ce qu'une seule seconde. Je vais t'en coller une, ça va te remettre les idées en place.

Effectivement, la gifle est partie. Et tu ne l'a pas vue arrivée celle là. Maintenant j'ai mal à la main et toi tu pleures mais au moins maintenant je penses que tu vas ouvrir grand tes oreilles et tu vas m'écouter.

Moi : «  je suis désolée, mais celle là tu l'as vraiment méritée. Je peux concevoir que tu te poses la question mais tu vas t'enlever ce genre de réponse de la tête tout de suite parce que c'est juste une énorme connerie. Je ne me suis jamais sentie obligée de quoi que se soit. Honnêtement je ne me suis jamais posée aucune question sur ce que je devais faire ou pas. Tout ce que je fais avec toi, tout ce que j 'ai pu te dire n'a rien a voir avec la conscience ou l'orgueil. C'est tout simplement sincère. Ne cherche pas de sentiments cachés derrières il n'y en a pas. Je ne t'ai jamais menti ni dans mes actes ni en paroles, tout est vrai. Rien ne m'oblige à faire quoi que soit ? Là je suis d'accord avec toi. Je suis libre de faire ce que je veux ? Merci, mais il y a longtemps que je fais exactement ce que je veux. Tu as peur de quoi ? Parce que la vraie question c'est celle là. Tu penses que maintenant que tu vas bien je vais m'éloigner ? Que plus d’hôpital signifie plus de mercredi ensemble ? Peur d'être seule le jour ou le médecin t'annoncera qu'il faut de nouveau recommencer la chimiothérapie ? T'as peur de te retrouver seule dans ton appartement ? Peur de te réveiller en pleine nuit avec la sensation de tomber dans le vide et personne pour te rattraper ? T'as peur de ne plus pouvoir dormir dans mes bras parce que maintenant que tu vas bien et tu n'as plus d'excuse pour le faire… c'est ça ton problème ? … Répond moi s'il te plaît... »

Toi (entre deux sanglots) : « Comment tu le sais ? Comment tu peux savoir de quoi j'ai peur ? Je regardais juste les étoiles… Mais oui...oui , c'est ça le problème»

Moi : «  Viens là… allez.. viens dans mes bras. Saches que tu n'a pas besoin d'une excuse. Tu pourras venir dans mes bras autant de fois que tu veux et aussi longtemps que tu le voudras. Comment je sais de quoi tu as peur ? Je le devine. Tout comme je devines que tu as mal même a 800 km. Je n'ai pas explication. C'est comme ça c'est tout. Tu disais que vivre en accéléré décuple les choses et les sentiments. C'est sans doute vrai. Mais pour décupler ou multiplier quelque chose il faut qu'il existe ce quelque chose au départ. Tu pourras multiplier zéro par le nombre que tu veux tu obtiendras toujours zéro. Et c'est pas toi qui va me contredire. Après tout ce que l'on s'est dit tu crois vraiment que je n'ai plus envie de passer du temps avec toi ? C'est juste tout le contraire. Au lieu de croire ou d'imaginer n'importe quoi, pose moi la question. Ne pas supposer mais s'en assurer, c'est bien toi qui m'a appris cette phrase ? Ce que je veux ? Je vais te le dire. Mais arrête de pleurer. Je veux que rien ne change. Rien a une exception près. Je veux remplacer chacune de tes larmes par un sourire. Et puis… qui va me mettre une raclée au bowling ? Avec qui je vais aller au cinéma ? Avec qui je mange une pizza ? Avec qui je regarde un film tous les mercredi ? Avec qui si ce n'est pas avec toi ? Depuis 3 ans ma vie c'est avec toi que je la partage. Tu crois vraiment que je veux que ça s'arrête ?…. Pour rien au monde je voudrais que ça s'arrête... »

Tu ne dis plus rien ? Au moins tu t'es arrêtée de pleurer c'est déjà pas mal. Quand je pense que j'ai du te mettre une gifle pour te faire comprendre que je n'ai aucune intention de te laisser tomber. T'es incroyable. Parfois j'ai du mal à te suivre. C'est si improbable que cela que l'on puisse tenir à toi ? Regarde toi dans un miroir. Personne ne voudrait fuir en face de toi. A moins d'être totalement stupide. Certains ont fuis, oui d'accord, mais sans doute parce qu'ils avaient peur. Et je ne crois pas qu 'ils avaient peur de toi, plutôt peur d'eux même. Peur de ne pas être à la hauteur. Tu ne t'en rends pas compte mais tu places la barre très haut quand même. Ce qui est étrange c'est que je n'ai jamais eu peur, en fait je ne me suis jamais posée la question de savoir si j'en serais capable ou pas. Ma réflexion a toujours été que je trouverai et que je ferais de mon mieux.
Et visiblement ça fonctionne plutôt bien parce que, une fois de plus… tu t'es endormie dans mes bras.
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Ven 13 Juil - 20:46
Nuit agitée

2h du matin
Je dors à moitié mais il se passe quoi là ? Je ne me souviens pas avoir parler de croisière. Pourquoi j'ai l'impression d'être sur un bateau pris dans une tempête ? Pourquoi on bouge ? Laisse quoi ? Partir ? Partir ou ? C'est quoi ce cirque ? On est pas sur un bateau, c'est toi qui bouge dans tous les sens. C'est bon ! Je suis réveillée. Qu'est ce qui se passe ? « Oh ! Calme toi. Arrête tu vas finir par tomber » j'y crois pas ! En fait tu dors. Tu parles en dormant et je ne comprends strictement rien mais tu dors. «  je suis là calme toi, je ne vais nulle part » Stop ! Arrête de gigoter comme ça tu vas te faire mal. Bon j'allume la lumière. Et la lumière ne te réveille pas… génial.. je vais devoir te réveiller j'ai horreur de ça. Je vais surtout essayer d'éviter les coups... genre dommages collatéraux.. Des fois que tu ais l'idée de te venger pour la gifle… Et je ne comprends rien à ce que tu racontes. Laisser… partir ? Tu parles de quoi ? En douceur je n'arriverai pas à te réveiller. Si la lumière ne fait rien… il n'y a qu'un seul moyen. Te bloquer à plat dos, verrouiller les avants bras et t’empêcher de bouger. Par contre je ne vais pas tenir longtemps ; a ce jeu là t'as beaucoup plus de force que moi. Stop !! Réveille toi !

«-  Calme toi. Oui c'est moi… Tu te calme ?

- T'es toujours là ?

- Et ou veux tu que je sois ?

- Je sais pas. C'était bizarre… je me réveillai et t'avais disparue..

- Oh ! T'arrêtes la parano là ? Je ne vais aller nulle part. Tu m'entends ? Je n'ai pas l'intention de partir. Tu ne vas pas me faire une crise de panique ? Je suis là, je ne bouge pas. Alors calme toi et dors. Ça va mieux ? Allez viens ici et rendors toi... »

Mais qu'est ce qui t' arrives ? C'est bien la première fois que je te vois paniquer comme ça. Je ne vais pas partir. C'est stupide. En plus tu paniques pour rien. Et le pire c'est que je n'arrives pas à te rassurer. Tu t'es rendormie on dirait. Par contre je ne te lâches pas, tu restes contre moi. Au moins je suis sure que si tu recommences ça me réveillera. Parce que l'effet traversée de l'Atlantique … non merci. C'est comme se réveiller en pleine nuit après avoir pris une cuite.

4h30
« Restes là ».. « arrête de bouger… tout va bien ».. là je crois que c'est moi qui parle en dormant. Je rêve ou tu recommences ? Et m**** ! Non je ne rêve pas. « Hey… réveille toi. Tout va bien. » Pourquoi je t'ai réveillé ? Parce que tu recommences. Tu ne te rappelles de rien ? Ben c'est peut être pas plus mal. Mais un truc que je n'aime pas c'est que ton rythme cardiaque monte aussi haut en dormant. C'est dangereux je n'aime pas du tout. Je ne vais quand même pas te chanter une berceuse ? Quand les enfants font des cauchemars on fait quoi ? Mais c'est pire que des cauchemars, on dirait des délires. Je sais pas si t' hallucines ou si tu vois des trucs. C'est bizarre, tu frappes dans le vide. Je vais essayer de ne pas prendre un coup. On en parlera demain mais pour l'instant j'aimerai bien que tu dormes. Ce qui me permettrais d'en faire autant…
Voilà… c'est bien… je ne bouge plus et tu dors.

6h
Et c'est repartie… c'est une blague ? C'est pas normal. D'accord on s'est à moitié engueulées hier soir mais c'est pas notre conversation qui te met dans cet état là. Et puis on s'est expliquées. Tu n'as aucune raison d'avoir peur alors pourquoi tu réagis comme ça ? Il va falloir que tu m'expliques ce qui se passe, ce que tu vois dans tes délires parce que si je ne comprends pas je ne peux pas t'aider.
Ou tu vas ? Prendre une douche à 6h30 du matin. Tu veux déjà te lever ? Tu préfères te lever que de m’empêcher de dormir ? En même temps le raisonnement se tient. Je ne vais pas insister. Réveille moi dans 2h.

A 8h30 j'ai eu le droit à un gentil réveil, avec un magnifique plateau pour le petit déjeuner qui m'attendait sur la terrasse.

Moi : « - C'est pour te faire pardonner la nuit pourrie que l'on vient de passer ?

- T'as tout compris. Je suis désolée… je sais pas...je ne me rappelle pas. Je me rappelle juste que tu m'as réveillée plusieurs fois. Et vue l'état du lit j'ai du me battre avec pas mal de monde.

- Oui je confirme. Mais tu te rappelle vraiment de rien ?

- Non. J'ai juste mal partout comme après l’entraînement de reprise de la saison

- Super ! Ça va nous aider. »

Bon il serait temps d'émerger. Les 3 mousquetaires nous attendent. Je vais prendre ma douche. Je te laisse réfléchir à ce que tu vas leur dire pour leur expliquer qu'on a des têtes de déterrées et qu'on a pas dormi de la nuit.

Dartagnan : « Oula ! Vous avez finies la soirée en boite hier soir ou quoi ?

Moi : « Non ! Pas vraiment »

Portos : «  Y'a un problème ? »

Toi : «  On a commencé par s'engueuler, ensuite j'ai pris une gifle. Après on s'est expliquées et pour finir on a pas dormis de la nuit…. Quoi ? Qu'est ce qui vous faire rire ? On y va ? »

Moi non plus je ne comprends pas pourquoi ils rigolent. Mais je suis trop fatiguée pour chercher à comprendre. On a dit qu'on allait voir les moulins alors on y va.
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Lun 16 Juil - 21:28
Ça ne peut plus durer

Déjà 3 nuits d'affilées que l'on ne dort quasiment pas. Heureusement qu'il y a la plage pour faire la sieste. Mais il y a quand même un problème. Je ne vais pas continuer à te réveiller 4 fois par nuit. T'es crevée, tu n'en peut plus. T'étais censée te reposer pendant les vacances. Là c'est pas du repos c'est un marathon. Et à mon avis ta tension artérielle, la nuit c'est un grand n'importe quoi.  Si ça provoque un saignement de nez on est bonnes pour les urgences. Je vais appeler ton frère et lui expliquer parce que là il faut qu'on trouve une solution.

Je vais m'arranger avec les 3 mousquetaires pour m'éclipser et en profiter pour appeler ton frère ce soir. Si je t'en parle tu vas réussir à me convaincre de ne pas l'appeler par peur qu'il te dises de rentrer. Donc je ne vais rien te dire.

Je viens de raccrocher. Et j'ai bien fait de l'appeler. J'ai peut être l'explication mais je dois vérifier. On regardera ce soir en rentrant. Je t'expliquerai. On était où ? A la supérette... on est allé acheter des glaces. Vanille, chocolat, noisette.. qui veut quoi ?


C'est lequel le dernier médicament qu'on t'as prescrit ? Oui, celui qu'ils ont changé. Donne moi la boite, je dois vérifier quelque chose. Ce que je cherche ? Les effets indésirables. Regarde… Sueurs nocturnes, hallucinations…. Ton frère avait raison. Ah oui j'ai oublié de te dire j'ai appelé ton frère pour lui expliqué. Non ne t'énerves pas tout va bien. Il m'a juste dit de vérifier et il avait raison. Tu arrêtes de le prendre pour l'instant et on verra le médecin mercredi prochain. Il ne m'a pas demandé de rentrer alors détends toi, tout va bien. Si ce soir on va enfin pouvoir dormir ? Heu… c'est pas sure. Le médicament va mettre plusieurs jours a disparaître de ton organisme. Oui je sais que la semaine prochaine c'est la rentrée. Je sais aussi qu'il faudrait que tu dormes parce que faire cours là tout de suite… ça va être compliqué. Tu refuses de louper la rentrée… ça aussi je le sais. Une chose après l'autre. On va voir comment se passe cette nuit et la prochaine, ensuite on avisera.

…..

Pourquoi j'ai appelé ton frère ? Ben je ne vais pas te regarder t' épuiser sans rien faire. Et ne sachant plus quoi faire je me suis dit que le seul qui pouvait m'aider c'était ton frère. Mais pourquoi tu me poses cette question ?

Toi :  « - Je sais qu'à cause de moi tu ne dors pas depuis 3 jours mais rien ne t'obligeais à chercher une solution. C'était à moi de le faire. Mais j'ai tellement l'habitude que tu sois là que je n'ai même pas penser à appeler mon frère. Je crois qu'il serait temps que je me reprenne en main. Tu ne seras pas toujours là.

- C'est pas vrai ! Tu ne vas pas recommencer ?  Je ne vais pas t'abandonner. Je ne vais pas me sauver.

- Non, c'est pas ce que je voulais dire. Mais l'année prochaine après le Bac, la semaine tu ne seras pas là, au lycée tu ne seras plus là non plus. Donc il faudra bien que je me débrouille.

- Tu t'écoutes là ? L'année prochaine ? Enfin ! Tu commences à comprendre que tu as le temps de vivre… Et je rêve ou tu as enfin compris que quoi qu'il arrive je ferais partie de ta vie aussi longtemps que tu le voudras ?

- Disons que je progresse. Mais oui, c'est vrai, je n'imagine pas mon avenir sans que tu en fasses partie.

- Et bien c'est déjà un bon début. Tu veux que je laisse la lumière allumée ? Allez viens...on va essayer de dormir. »


Alors comme ça tu n'imagines pas ton avenir sans moi ? Et bien ravie de te l'entendre dire. Crois moi c'est sincère quand je dis que c'est réciproque.  Après tout ce que l'on a partagées ensemble je n'ai aucune idée de ce que serais ma vie si tu n'en faisais plus partie. Je n'ose même pas l'imaginer. Je n'ai jamais été aussi proche de quelqu'un, ce qui est normal quand on y réfléchie. Je t'ai rencontrée j'avais 16 ans et avant j'étais trop jeune pour envisager une relation exclusive. Dans quelques jours j'aurais 19 ans, c'est encore jeune 19 ans mais pourtant aujourd'hui je crois que je sais ce que je veux. Ou plutôt ce que je ne veux pas. Professionnellement je ne sais pas trop. Le domaine médical m' intéresse mais faire Médecine… 10 ans d'études franchement ça ne me dit rien. Je veux faire comme toi, trouver un boulot que j'aime, trouver un logement et être autonome. Ne plus dépendre de mes parents, ils ont assez payé pour moi depuis ma naissance. A titre personnel je sais pas trop. Tout le monde rêve d'un beau mariage, des enfants, une maison … un chien...mais franchement est ce que c'est vraiment ça la clé du bonheur ? Un chien pourquoi pas.. ou peut être un chat c'est moins contraignant si on veut partir en vacances. Une maison ? Oui… enfin peu importe, l'essentiel c'est d'avoir un toit sur la tête. Quand au reste… enfants ? Mariage ? Je ne sais pas. Pour l'instant ça ne fait partie ni de mes rêves, ni de mes projets. Pour l'instant tout ce que je veux c'est te voir vivre, te voir sourire et te voir heureuse. Ma vie d'aujourd'hui me convient très bien et je ne veux rien y changer.
Je serais même folle de vouloir changer quoi que ce soit. On est au bord de la mer dans un lieu splendide et tu dors dans mes bras… qu'est ce que je pourrais vouloir de plus ?
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Si je pouvais - Page 3 Empty Re: Si je pouvais

Lun 16 Juil - 21:40
Fin des vacances

C'était bien le médicament le problème. Depuis que tu as arrêté de le prendre tu dors de mieux en mieux. Cette nuit je n'ai même pas eu besoin de te réveiller. Tu vas enfin pouvoir dormir correctement et te reposer. Il nous reste 3 jours de vacances alors on va en profiter. On a prévu de visiter un château avec les 3 mousquetaires aujourd'hui et puis après on ira à la plage.
Mais pour ça il faudrait déjà que l'on se lève. Je te sent pas très motivée ce matin tu es fatiguée ?

Toi : «- Je vais bien mais je n 'ai pas envie de me lever 

- On doit retrouver les 3 mousquetaires dans une heure alors il faudrait que l'on se prépare.

- Je sais, mais tu crois que demain…

- Demain quoi ?

- Je voudrais que l'on reste ici demain, pas de réveil, pas de programme..

- Ben si tu veux, mais là tout de suite il faut qu'on se lève. On va être en retard»

….

Il t'as plut le château de ce matin ? Bon pas autant que le notre mais c'était très sympathique comme visite. On va aller manger quelque chose et puis cet après midi on va se baigner. Tu veux faire quoi ? Un Beach Volley. Heu… oui on peut, on est 6. A une condition, je joue dans ton équipe parce que j'en ai marre de perdre.
Alors toi... du moment que l'on te met un ballon dans les mains, c'est comme la tétine pour les bébés, on ne t'entend plus. C'est juste un jeu, tu joues pas la finale olympique. Je t'ai rarement vue aussi concentrée. Si, en cours … et encore… Oui je viens de mettre la balle dans le filet mais ce n'est pas si grave que cela. Ah ! Visiblement pour toi si, parce que l'on vient de perdre un point. C'est vrai que t'as pas l'habitude de perdre... toi. Bon, on va essayer autre chose. Je te fais la passe.. tu smash. Et bien voilà c'est beaucoup mieux. Vas y doucement quand même parce que là en face ils n' avaient aucune chance. Bien sure on a gagné… et on a fini dans l'eau pour se rafraîchir.
C'était une très belle journée, on s'est vraiment bien amusés. Ce soir c'est barbecue au camping.
Et demain ? Ah par contre demain c'est sans nous, on a quelque chose de prévu.

Au fait tu ne m'as pas dit... tu veux faire quoi demain ? A part ne pas mettre de réveil ? Tu ne sais pas encore… original comme réponse.

…..

Le lendemain…
J'ouvre les yeux, il est 9h30. Si j'ai bien dormi ? Oh que oui ! Toi aussi visiblement. J'avoue.. ça fait du bien. Mais...pourquoi c'est moi qui suis dans tes bras et pas l'inverse ? Si je veux me lever ? Heu… pas spécialement, je suis très bien là.

Moi : «  - T'es réveillée depuis longtemps ?

- Depuis 8h mais je t'ai laissée dormir. Je me suis levée et je me suis recouchée. Le petit déjeuner t'attends sur la terrasse.

- Tu m'as préparé le petit dej' ?

- Je te rappelle le nombre de fois ou tu m'as préparé à manger sur un plateau ?

- il y avait une raison.

- Et il m'en faut une pour te préparer le petit déjeuner ? Je ne pourrais jamais te remercier pour tout ce que tu fais pour moi alors je peux au moins faire ça. Allez viens .. je vais faire couler ton café.

- Wahou !!! C'est un petit déjeuner quatre étoiles. Mais il n'y avait rien dans le frigo, tu as fait comment ?

- Ben la supérette ouvre à 8h…

- D'accord je vois. En fait tu avais tout prévu…

- On peut dire ça. Allez mange…

- Merci…. »

C'est adorable. Café, croissant, œuf bacon, pamplemousse, c'est excellent...j'adore. Oh… le mini bouquet de fleurs, dans un verre pour décorer... c'est trop mignon. Tu les a piquer dans le camping ? C'est génial… merci beaucoup…. Pourquoi tu me regardes de cette manière ? Oui ça me fait plaisir, oui je suis heureuse… C'est ce que tu essayes de lire dans mon regard ? Tu peux. C'est la vérité.

On est bien ici. Le petit déjeuner en terrasse avec un magnifique ciel bleu… tu es sure que l'on doit rentrées ?
On a pas le choix les cours reprennent dans quelques jours. Ouai… je sais. Tu viens de casser l'ambiance…

On doit refaire les bagages ce soir. Il faut reprendre la route demain matin. Et une fois que je serais chez moi, tu vas rentrer chez toi. La prochaine fois que l'on se verra on sera au lycée. Le temps passe vite, trop vite…

En attendant on a le reste de la journée pour nous. Ce que je fais ? Ben je vais faire la vaisselle. Comment ça non ? Tu t'en occupes, moi je touche à rien. Bon… tu as l'air d'y tenir alors je ne vais pas insister.

Tu veux faire quoi ? Tester le jacuzzi ? Heu.. oui si tu veux. Non je n'ai jamais mis les pieds dans un jacuzzi. Avant de te connaître je n'étais pas vraiment habituée au luxe. Les hôtels et restaurants 4 étoiles je n'y vais qu'avec toi.

Moi : «  - Mais dit moi… le petit déjeuner sur un plateau, le jacuzzi et t'as prévu quoi après ? J'ai le droit au massage aussi ?

- Oui si tu veux.

- Non.. mais je plaisantais…

- Pas moi. »

C'est sympa le jacuzzi. C'est super agréable, ça détend. Je vais finir par m'habituer au luxe avec toi. Que je bouge ? Heu oui...attend. Que je me tourne ? Mais tu veux faire quoi ? Ah ouai d'accord…. Non j'ai rien dit. Me faire mal ? Ah non… c'est pas le mot que j'emploierai… Ne m'habitue pas à ce genre de choses parce que t'as pas finie. Si je m'endors.. tu m'en veut pas. T'as décidé de jouer à « Jacques à dit »  aujourd'hui ? Tout ce que je te demandes, tu le fais ? Non je dit ça parce que je te parle de massage tu le fais. Donc si je te demandes un plateau de fruits de mer pour ce soir, je l'ai aussi ? Pourquoi tu rigoles ? Me dis pas que tu l'as commandé ? J'y crois pas….

Toi : «  -Que tu y crois ou pas, ce soir on mangera un plateau de fruits de mer.

- Si tout ce que je veux tu le fais, tout ce que je te demandes tu me réponds ?

- Pourquoi pas….

- Ah ouai ??? Quand tu étais à l’hôpital, après ton opération tu voulais me dire quelque chose. Mais tu m'as dit que tu me le dirais plus tard. Maintenant je peux savoir ? …..
Pourquoi tu t'arrêtes ? J'ai dit une connerie ?

- Non. Pas du tout. C'est juste que je ne peux pas t'expliquer. Pas maintenant. Il n'y a rien de grave, rien d'urgent. Je te le dirait… mais pas tant … tant que je ne serais pas sure que tout va bien. Ne m'en veut pas, c'est juste que je refuse de te faire souffrir encore plus.

- De quoi tu parles ? Me faire souffrir pour quoi ? Tu veux être sure que tout va bien ? Mais tu vas bien. L'intervention est un succès, maintenant tout va bien se passer. Tu veux attendre quoi ?

- Aujourd'hui je vais bien mais tu sais aussi bien que moi que tant qu'on aura pas les résultats des examens de contrôle dans deux mois, on ne peut être sure de rien. Alors on en reparlera dans deux mois.

- Comme tu veux. J'imagine que tu sais ce que tu fais.

- Je l'espère... »

(Si seulement tu avais parlé à ce moment là….)

L'eau commence à être froide. Mais je n'ai aucune envie de bouger. C'est aux entraînements de Basket que t'as appris à faire des massages ? Tu sais que t'es douée ? C'est étrange comme sensation. Fermer les yeux, ne plus penser à rien et juste sentir tes doigts sur mes épaules. C'est comme si tout disparaissait, l'impression de flotter, de s'abandonner… Sentir la pression de tes doigts le long de ma colonne vertébrale et… cette impression de ne plus contrôler son propre corps… ça ferait presque peur et en même temps c'est envoûtant pour ne pas dire addictif.

Que je m'habille pendant que tu mets les affaires dans le coffre ? Qu'est ce que tu as encore derrière la tête ? Un pique nique sur la plage… excellent.. j'adore l'idée. Mais tu as tout préparé ce matin ? Visiblement oui. Ça faisait partie de la liste des choses que tu voulais faire ? Probablement… alors allons-y ! J'adore la manière dont tu regardes l'océan. C 'est comme quand tu regardes le ciel. C'est un peu comme si tu lui parlait. Tu ne voudrais pas traduire ? Parce que personnellement moi je ne comprends pas son langage mais on dirait que toi oui. Même si c'est impossible, c'est clairement l'impression que j'ai.
Je ne sais pas ce que tu penses quand tu regardes la nature de cette façon, et je ne le saurais sans doute jamais… dommage…

On va se baigner ? Ok,je te suis… Mais t'es passée ou ? Ah j'y crois pas ! Tu t'es jetée dans l'océan sans même te déshabiller. C'est pour ce genre de réactions imprévisible que je t'adores… t'es complètement cinglée. Mais le jour ou tu agiras comme tout le monde je commencerais à m’inquiéter. Tes vêtements ? Oui je sais tu t'en moques, ils sécheront au soleil. Les vêtements c'est pas le plus important. En revanche tu viens ici, maintenant c'est opération crème solaire parce que je te rappelle que tu n'as pas le droit de t'exposer au soleil. Tu te couches sans discuter ? Alors là je suis épatée. Allez tourne toi faut que je fasse l'autre face… voilà c'est bon. Si tu prends un coup de soleil ton frère me tue alors oui je fais ça bien.

Regarde... le soleil commence à se coucher. On rentre manger ? Tu veux regarder le coucher de soleil ? Si tu veux mais on devra manger à l’intérieur parce que sur la terrasse on va se retrouver dans le noir. C'est ce que tu avais prévue ? C'est à dire ? Qu'est ce que tu as encore préparé ? Je pense que ne vais pas tarder à le savoir. Au fait ! Tu sais où est la deuxième clé ? Je ne l'ai pas trouvée ce matin ? C'est normal ? Si tu le dis…

…..
Pourquoi tu rigoles ? Hummm… ça sent la surprise ! Qu'est ce que tu as encore fait ? C'est moi qui ouvre la porte ? Ah….Carrément ?  Là, tu viens de me couper de souffle. Pourtant je devrais savoir que tu ne fais jamais les choses à moitié. Mais là…. Je viens de comprendre ou était la deuxième clé. Les 3 mousquetaires ? C'est magnifique… Cette table est splendide, le plateau de fruits de mer, la bouteille de champagne dans le sceau à glace… et…. On mange à la bougie ? La lumière du salon est trop forte elle te fait mal aux yeux. Alors éteint là et allume les bougies. Merci, c'est sublime… mais….

Toi : «  - Ne dis rien et profite. C'est pour toi, alors tais toi et mange ! »
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Sam 21 Juil - 4:04
// C'est sur repas que se termine le 3ème chapitre. Le 4ème est aussi le dernier et il sera sans doute le plus difficile à écrire. Réécrire chaque morceau c'est revivre chaque instant. Des moments magiques, heureux ou parfois tristes et douloureux. Je sais d'avance que plus la fin va se rapprocher plus il sera difficile pour moi d’écrire, mais j'y arriverai. Je me doute que si vous avez pris la peine de lire tout ceci (étant donné la longueur du texte) il est logique que vous vouliez la fin. Vous l'aurez. Cependant on en est encore loin alors en attendant voici le début du chapitre 4.//
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Sam 21 Juil - 4:12
La terminale

Demain c'est la rentrée. Enfin ...pour moi. Parce que à l'heure qu'il est, toi tu es déjà au lycée. Ton opération j'ai l'impression que c'était hier. C'est passé tellement vite. Tu aurais pu ne jamais revenir mais… tu es là. Là, et en pleine forme. L'été était génial : Eurodisney, les vacances à la mer… comme tous les moments que l'on passe ensemble, j'en garderai de magnifiques souvenirs. Imprévisibles, inattendus, originaux, géniaux… en fait je n'aurais même pas assez de mots pour décrire ces moments.
Je ne sais pas ce que nous réserve cette année, mais je me dit que l'on a probablement passé le pire.

7h45 devant l’hôtel
T'es prête ? Oui je sais je m'arrête à la boulangerie. Tu ne voulais pas rentrer hier soir ? On en parle plus tard? Si tu veux… Mais il fait quoi celui là ? Je rêve ! Il vient de prendre ta place de parking. Que je prenne celle d'à coté ? Ben je n'ai pas trop le choix mais… il se croit ou lui ? Tu le connais ?

Toi : «-  Oui. Je l'ai rencontré hier. Il vient de prendre son poste.

- Ben à priori tu lui a tapé dans l’œil parce que là il t'attends.

- Je ne suis pas surprise, il m'a draguée toute la journée d'hier.

- Ah… Ben remarque il n'est pas mal…

- Pardon ? Non merci ! Mais je ne sais pas comment m'en débarrasser.

- Ben envoie le promener si vraiment il ne t' intéresses pas.

- Je voudrais bien mais je ne peux pas

- Pourquoi ?

- Parce que c'est ton prof de maths.

- Tu plaisantes ?

- Non. Mais je crois que j'ai une idée. »

Ah… je vois l'idée. Ton bras sur mon épaule c'est pour le faire fuir ? Remarque vu la tête qu'il fait je pense que tu as réussi ton coup. (je me trompais). Et on a passé la grille du lycée bras dessus bras dessous sans même sans rendre compte, avec notre croissant à la main… évidemment. Tu disais que c'était mon prof de maths ? Je n'ai plus qu'à espérer qu'il ne fasse pas le rapprochement mais bizarrement j'ai un doute.

Je crois que c'est le moment d'y aller. Allons voir a quoi va ressembler mon emploi du temps et qui je vais avoir comme profs. Par contre…. Non ! C'est une blague ? Le prof de maths, le petit nouveau qui essaye de te draguer… c'est mon prof principal ? Je suis certaine que tu le savais. Je vais t'étrangler… Je crois que je vais m'asseoir au fond moi. Alors cet emploi du temps ? Cours mercredi 8h/10h et samedi 8h/10h.. rien de nouveau quoi…
Vivement midi que l'on sorte d'ici. Ça fait 3 h que je me planque derrière le mec de devant. J'espère juste qu'il ne m'a pas reconnue. Ahhh… la sonnerie. Enfin ! Attends que je te récupère toi, tu vas m'entendre…

Le prof de maths : «  Attendez une minute s'il vous plaît ! »

Qui ? Moi ? Je suis grillée. Qu'est ce qu'il me veut ?

Le prof de maths : «  C'était bien vous ce matin avec madame T ?

- Exact !

- Étant donné que vous conduisiez sa voiture j'en déduit que vous la connaissez bien.

- Observateur à ce que je vois. Et oui c'est vrai, on se connaît très bien.

- Vous pourriez me rendre un service ?

- Dites toujours, mais je ne suis pas sure.

- Elle a eu l'amabilité de me faire visiter les lieux hier. Nous avons même déjeuné ensemble. Et j'avoue, j'ai sans doute été un peu… maladroit. Depuis elle me fuit. Dites lui que je veux juste lui parler.

- Pourquoi ne pas aller la voir ?

- Parce qu'elle a quelque chose de particulier que je n'arrive pas à cerner, et j'ai peur qu'elle prenne mon approche comme une agression.

- Je vais voir ce que je peux faire.

- Merci »

Et bien ! Si je m'attendais à ça. Il n'a pas froid aux yeux. Mais je confirme tu lui a vraiment tapé dans l’œil. Cela dit… il ne t'as pas trop mal cernée. Je ne sais pas ce que tu lui a raconté hier mais le prof de maths … tu lui a retourné le cerveau…

Oui je sais je suis en retard. Mais attends que je t'explique pourquoi, et tu vas moins rire. Voilà tu sais tout. Alors s'il te plaît parle lui parce que je n'ai pas l'intention de jouer les entremetteuses. Mais c'est que ça te fait rire en plus. Moi pas. Bon sang ! Tu lui a dit quoi hier ? Rien ? Ben le rien il n' a pas compris. Mais pourquoi tu ne veux pas lui parler ? Parce qu'il est sympa et que tu ne veux pas le blesser.

Moi : «  Tu n'es pas forcément obligée de le blesser. Si c'est ce que tu veux, dit lui que tu veux bien être son amie mais c'est tout.

- Ah ! Tu ne connais pas ce genre de type. Pour eux amis mais c'est tout, ils comprennent : oui peut être mais pas tout de suite. Résultat ils te colle au basket pendant des mois. Et je ne veux pas.

- Ok. Mais après tout il est plutôt sympa, tu l'as dit toi même alors pourquoi tu n'essayes pas ?

- Pardon ? Je vais faire comme si je n'avais rien entendue. Qu'est ce que je t'ai dit l'autre jour ? Je n'ai pas besoin d'un mec. C'est pas assez clair pour toi ?

- D'accord. Mais ne t’énerves pas. Pourquoi tu t'énerves à chaque fois qu'on parle de ça ? Je pense qu'il veut juste t'inviter à dîner.  T'as peur qu'il te demande en mariage ? Ou pire.. de lui faire un enfant ?

- Mais non. Rien à voir. Il ne manquerait plus que ça..Je m'énerve parce que je me fou de ce mec et de tous les autres ? Il ne m’intéresse pas. Mais je t'expliquerai plus tard. On va manger ? »

Ben j'espère que tu m'expliqueras parce que je trouve ta réaction légèrement disproportionnée. Visiblement il veut juste t'inviter à dîner. Tu refuses de lui parler parce que tu ne veux pas lui expliquer ce que tu as traversée ? C'est vrai que tu ne fais confiance à personne. « Tu te fou de ce mec et de tous les autres » tu y vas un peu fort quand même. Je dois comprendre quoi ? Que tu préfères manger avec moi qu'avec lui ? A priori oui. Mais tu sais tu ne me dois rien. En même temps je sais que tu ne feras jamais rien par obligation. Tout ce que tu fais c'est parce que tu as envie de le faire. « La vie est trop courte pour perdre son temps ». Donc tout le temps que tu passes avec moi c'est parce que tu en as envie. Je ne me l'explique pas mais je le sais.

Et ton emploi du temps ? Tu ne travailles toujours pas le vendredi mais le mercredi et le samedi oui.   Moi je commence à 9h le mardi et je fini à 15h le jeudi une semaine sur deux. Mais oui... c'est les groupes pour l'option maths du bac ou ils mélangent les 3 classes de terminales. Mais attends… si ils mélangent les classes alors….

Toi : « - Je sais à quoi tu penses mais non. Mon groupe c'est le début de l'alphabet et oui c'est volontaire.

- Grrrr…. T'abuses, deux heures tous les 15 jours t'aurais pu.

- Non. Aujourd'hui je serais incapable de faire cours si je t'avais dans ma classe.

- Pourquoi ?

- Cherche pas c'est comme ça. Demain on est mercredi. Tu viens avec moi chez le médecin ?

- Bien sure que oui.

- Tu restes après ?

- Ben, après si tu veux on va chez mes parents.

- Oui. Mais demain soir tu restes avec moi ?

- T'as repris la chambre à l’hôtel ? Tu ne veux pas rentrer chez toi ?

- Non. Je n'ai pas envie. Tu restes ?

- Ben si tu dors à l’hôtel, oui je reste.

- T'auras pas de problème avec tes parents ?

- Ils ont l'habitude, l'année dernière non plus je ne dormais pas chez eux le mercredi soir, pourquoi ça changerai ? »

C'est une idée ou tu avais peur que je te dises non ? Je m'y suis habituée moi, à dormir avec toi le mercredi. Toute la semaine dernière on a dormi ensemble et je te mentirai si je te disais que j'ai bien dormi ce week-end. Tu m'as manquée. Bientôt c'est moi qui vais faire des cauchemars. Ma hantise c'est que tu fasses une crise de panique et que je ne sois pas là.
En y réfléchissant c'est peut être pas plus mal que le prof de maths ne t’intéresse pas. Si tu devais dîner avec lui voir plus… il ne sait rien de toi et je ne suis pas certaine que tu lui dises. Je suis même certaine du contraire. Il ne comprendra pas ton regard quand tu fatigues, il ne sais pas que quand tu ne trouves plus tes mots c'est que tu vas tomber, ni que quand tu fixes le plafond c'est que tu vas vomir. Et c'est vrai je n'aurai pas confiance. Pire j'aurai peur.
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Sam 21 Juil - 4:16
On adapte

Mercredi 10h
On a rendez vous à quelle heure ? 13h. Oh … ben on a le temps. Tu veux manger avant ? C'est mieux ? Oui c'est ce que je pense aussi. Et tu veux que je t'accompagnes en salle des profs… parce que ??  Tu dois déposer les copies et mon prof de maths est là. T'as peur de te retrouver seule avec lui ou quoi ? Je veux bien mais en théorie je n'ai rien à faire en salle des profs. Tu t'en fou ? Ah..oui je me disais aussi. Oui c'est bon je te suis.

Le prof de maths : « Ah.. bonjour. Comment allez vous ? Ah.. vous êtes là aussi ? »

Moi : « - Bonjour. »

Il a l'air déçu… ben désolée je n'y suis pour rien.

Toi : « -  On va manger ? »

Le prof de maths : «  - Je peux me joindre à vous ? »

Toi : « -  Non ! »

D'accord ! Au moins ça c'est fait. Violent quand même. T'es pas sympa sur ce coup là. T'aurais pu lui dire plus gentiment. Il n'a rien dit de mal.

Toi : «  Oh c'est pas possible ! Il ne comprends vraiment rien. Il voit que t'es avec moi mais il essaye quand même de s'inviter. Il veut quoi aussi ? Dormir au milieu ?

- Heu... n' exagère pas il voulait juste manger avec nous.

- Ben moi c'est avec toi que je mange. Pas avec lui.

- Ben alors viens, on y va. »

……

Ce n 'est pas le professeur que l'on voit aujourd'hui, c'est l'interne. On attendra peut être pas 3h en salle d'attente pour une fois. Bon alors ? On fait quoi pour le médicament que tu ne supportes pas ? On en essaye un autre. Ok ! C'est quoi les effets indésirables ? Je demande au cas ou… Sueurs, tachycardie, nausées, tremblements, réactions cutanées… mais c'est extrêmement rare. Oui bien sure. C'est comme les pannes de voiture qui ne devrait jamais arriver. J'ai drôlement confiance. Et si ça se produit on doit faire quoi ? On arrête tout ? Compris. Moi pessimiste ? Ah non non prévoyante. Et puis je commence à te connaître.  Les statistiques de 1 pour cent, le 1 il est pour toi donc je me renseigne. Et pour les injections ? On continue ? Non parce que faire les injections tous les jours à 12h30 c'est compliqué. Ben oui c'est moi qui les fait. Sauf le vendredi et le dimanche. Si l'horaire ne nous arrange pas on peut changer, l'essentiel c'est de les faire tous les jours à la même heure. Pourquoi on ne nous a pas dit ça plus tôt. Le matin ça serait plus simple. Pourquoi tu te marre ? Parce que c'est moi qui pose les questions ? Disons que je commence à avoir l'habitude ; il y a longtemps que la blouse blanche ne m' impressionne plus. J'ai des questions, je veux des réponses alors je demande. C'est aussi simple que ça.
D'ailleurs autre question : Les résultats d'analyse de ce qu'ils ont enlevé pendant l'intervention on les aura quand ? Prochaine consultation. Et bien il ne faut pas être pressé. La bonne nouvelle c'est que tu as moitié moins de médicaments et que tu ne prends quasiment plus d'anti douleurs. Prochain tour de manège dans un mois. Le dernier est satisfaisant : tout va bien.
Merci docteur… a bientôt…

….

Tu veux faire un bowling ? Si tu veux mais je vais encore perdre. Et ce soir on fait quoi ? Heu… je te rappelle que demain on a cours. Pas grave tu veux aller au cinéma. Si je te dis non.. on ira quand même donc on va simplifier : oui si tu veux.
On est rentrées à l’hôtel, il était presque minuit. T'avais pas des copies a corriger toi ? Tu le feras demain ? Pardon ? J'ai bien entendu là ? Tu as le temps… oui c'est vrai mais excuse moi il faut que je m'habitue.
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Sam 21 Juil - 4:23
Maintenant vivre

Tu commences à te projeter dans l'avenir. Je trouve ça bien. Tu commences à réaliser ce qui s'est passé en l'espace d''un été. Tu étais condamnée. Et oui ! Je le dis au passé. Moi même j'ai du mal à y croire, mais tu vas bien. Tout va très bien. Il faut même que je le répète pour que ça rentre dans ma tête. J'imagine que pour toi c'est pire. Tu ne veux pas de faux espoirs et tu as du mal à y croire. Je comprends. Mais tu l'as entendu comme moi : tout va bien.
Comment je pourrais te convaincre ? Je cherche…
Et si je te disais quelque chose comme ça…
Copie du texte original :

« Maintenant quoi qu'il arrive, tu cries au secours j'arrive
Maintenant que tout est fini tu dois apprendre à vivre.
Maintenant tu es en vie, tu n'as plus besoin de fuir
Tu dois apprendre à vivre, tu n'as plus besoin de courir.
Vivre avec le temps devant toi, et non plus derrière toi.
Si tu regardes devant toi ce que tu verras c'est moi
Et je serais aussi là si tu regardes derrière toi.
Tu trouveras la voie, je guiderais tes pas.
Tu as confiance en moi ? Alors je t'en prie suis moi.
Oui tu es en vie, alors vas y sourie.
C'est difficile... je comprends, mais s'il te plaît.. apprends
Apprends... parce que tu le mérites vraiment. »

Une fois n'est pas coutume, mais ce soir dans ta voiture, ce texte là je vais te le donner. Ce que j'ai juste oublié c'est qu'au dos de celui ci, il y avait autre chose d'écrit:
Copie du texte original :

« Tu es mon important, tu es mon essentiel
Deux jours sans avoir de tes nouvelles et je me bouffe la cervelle.
Mes pensées sont à toi, à chaque seconde, à chaque moment.
Avec toi, je vie le moment présent.
Tes plus profonds sommeils restent pour moi un mystère
Mais pour chacun de tes réveils, je mettrai le temps à l'envers.
Que tu sois juste endormie ou en coma artificiel
Je sais que toi et moi, ce n'est pas superficiel
Ton regard est juste, simplement, pudiquement, surnaturel
Mais à travers lui, ce que je lit est bien réel.
Les yeux ouverts ou fermés
pour toi, je pourrais tout donner.
Il n'y a pas que les neiges qui sont éternelles
C'est ce que je me dit tous les soirs, quand je regarde le ciel.
A ma vie, tu as donné des ailes
Et j'ai parfois l'impression de vivre dans un monde parallèle
Parfois la sensation, que tout cela est irréel »

Bien avant la dernière ligne tu t'es mise à pleurer. Je suis désolée, ce n'était pas le but recherché. Tu es restée bouche bée, j'ai même crue que t'avais beuguée. En silence, tu m 'as dévisagée. Sans un mot... droit dans les yeux tu m'as regardée. Vas y parle.. dit moi quelque chose…
Peur de ne plus pouvoir respirer. Comme si tu allais étouffer.. de la voiture ? Tu as quasiment sauté.

Ça va aller ? T'es sure ? Tu n'étais pas censée lire le deuxième. Je suis désolée si je t'ai blessée ou si tu n'as pas apprécié.

Toi : «  Blessée ? Ah non ! Touchée plutôt… Je dirais même... touchée et coulée .

- Rien de grave alors ? T'es sure que tout va bien ?

- Oui ! Oui … tout va très bien. Rassure toi.. je vais très bien. »

Rassurée ? Pas trop non. Tu as l'air totalement bouleversée. C'est censé me rassurer ? Tu vas rire mais je ne sais même pas ce que tu viens de lire. J'écris à l'instinct, juste quand j'en ai besoin. Je jette des mots sur une feuille et je la range dans un coin. J'écris sans réfléchir, c'est juste parce que ça doit sortir. Quand mon cerveau s'excite, les mots deviennent des parasites. Et c'est à ce moment précis que les phrases avec lesquelles je m'exprime ont tendances à faire des rimes. Mais ça… il y a longtemps que tu l'as compris. C'est même toi qui me l'a dit...

Peu importe ce que tu viens de lire. Si je l'ai écrit c'est que je le pense. Que tu le saches ? Après tout c'est à toi que je parle dans tout ce que j'écris. Sur ce coup là , j'ai du faire fort parce que t'as pas l'air bien. T'es complètement perdue dans tes pensées. Tu ne voudrais pas redescendre sur terre ? Parce que là tu planes à 15000 pieds. T'as pris de la drogue ou quoi ? C'est le médicament ?

Toi : « - Je dois jouer dimanche. Si je viens te chercher ça te dis de venir me voir jouer ?

- Ah ben carrément ! Génial ! Je préfère être dans les gradins que sur le terrain en face de toi. Au moins je ne risque pas de perdre… pour une fois.

- Super. Alors je viens te chercher dimanche matin. Je te ramènerais le soir.. mais je crois que je vais rester à l’hôtel. J'ai pas envie de faire un aller retour de plus. Ça sera plus simple.

- Si tu veux. Mais si tu restes.. je reste.

- Et tes parents ?

- Du moment que je les préviens et que je suis à l'heure en cours lundi matin il n'y a pas de problème. »

J'adore ton sourire. Mais j'ai dit quoi pour le mériter ? C'est toi qui m'invite.. je viens. Je vais enfin te voir jouer. J'ai hâte. Mais je ne voudrai pas être en face. Mon petit doigt me dit que tu vas tout faire pour gagner. Vouloir être la meilleure, la première, gagner à tout prix et ne jamais s'avouer vaincue... c'est le basket qui t'as enseigné ça ? La devise des Jeux olympiques c'est « Citius, Altius, Fortius : Plus vite, plus haut, plus fort » c'est valable pour le sport, mais t'en a fait la devise de ta propre vie. Viser l'excellence, courir, toujours se battre… C'est peut être grâce à cette' formule magique' que tu es toujours en vie.
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Mar 24 Juil - 22:11
Je dois avoue que j'ai lu pas mal de suites sans rien dire. Que dire en même temps... Et là j'avais pas mal de suites de retard. J'ai commencé ce matin et je finis a peine.

J'ai pas les mots...

Je crois que je t'enverrais un MP plus tard, quand j'aurais pris du recul et retrouver mes mots... Mais déjà, merci pour tout ça. Pour ces mots...

Courage pour la fin....
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Mar 24 Juil - 22:15
Ton match

Dimanche
On arrive à la salle de sport il est 9h. C'est à quelle heure le match ? 10h mais tu veux me présenter au reste de l'équipe avant. Oui, si tu veux. Mais il faut peut être payer l'entrée d'abord ? Non, les familles ne paye pas. Ah oui c'est vrai… ta demie sœur.

Moi : «  -Bonjour ! »

Une joueuse : « Bonjour. Ravie de te rencontrer. Depuis le temps qu'on entend parler de toi, elle s'est enfin décidée à t'emmener ?

- Parlé de moi ? En bien j'espère…

- Ah oui ! Rassure toi. Je ne sais pas ce que tu lui a fait mais ça doit faire environ deux ans qu'elle n'a que ton prénom à la bouche. Au moins maintenant on peut mettre un visage sur le prénom. Mais.. tu l'as déjà vu jouer ?

- Non. On a joué ensemble en vacances pour rigoler mais moi je suis nulle donc pas vraiment de son niveau.

- D'accord ! Ben alors un conseil, assieds toi. Parce qu'une fois sur le terrain c'est un vrai dragon.

- Je ne sais même pas à quel poste elle joue. C'est en fonction des numéros c'est ça ?

- En théorie oui mais en réalité on choisie nos propres numéros en début de saison. Elle joue au poste de meneur avec le numéro 9 depuis deux saisons. Mais a quoi il correspond ? Il faudra que tu lui demande parce que je n'en ai aucune idée.

- Le 9 ? Je n'ai pas besoin de lui demander je sais à quoi il correspond. »

Tu joues avec le numéro 9… ah oui ??? Le 9 c'est mon chiffre. Mais au fait… t'es passée ou ? Ah oui.. partie te changer. Tu ne vas pas jouer en jean, logique. Et bien moi je vais attendre que tu reviennes et puis je vais aller m'installer un peu plus haut dans les gradins. Comment ça non je reste en bas ? Je n'ai rien a faire ici. C'est réservé au staff. Que je mette mon badge autour du cou ? Ah d'accord ! T'avais prévu ton coup ? Visiblement oui. Si tu allais t’échauffer au lieu de discuter avec moi. Je ne vais pas me sauver, je ne bouge pas.

Ah c'est toi qui fait l'entre deux ? Pourquoi tu me regardes ? Attrape moi ce ballon. L'arbitre vient de siffler. C'est partie pour 10 minutes de jeu. Il est ou le ballon ? Ca va beaucoup trop vite, j'arrive pas à suivre. Mais c'est super physique. Tu cours combien de kilomètres par match ? Heureusement que tu es en forme aujourd'hui. Quand je pense que tu as joué même, dans l'état où tu étais il y a quelques mois . C'était de la folie. En revanche je commence à comprendre pourquoi on a aucune chance de gagner les paris de la poubelle. Tu viens de rentrer un panier à 3 points du milieu du terrain. Tu m'expliques comment tu fais ? Tu joues depuis l'age de 8 ans. C'est peut être une partie de la réponse. Mais dit moi, tu t'es bien gardée de me dire que le basket ça pouvait être violent. Les confrontations provoquent pas mal de chutes. En plus le parquet glisse. Je n'ose même pas imaginer si tu te cognes la tête là dessus.


Je rêve ou l'autre vient de te pousser ? Ah oui il y a faute. Depuis quand on renverse les joueurs adverses ? Elle t'as prise pour une quille de bowling ou quoi ? Lancers francs… aller deux points de plus. Tu t'es pas fait mal ? Le clin d’œil je suppose que c'est la réponse à ma question. Donc tout va bien.
La mi temps. C'est 15 minutes de pause. T'as plutôt intérêt de boire. C'est plus des maillots c'est des serviettes mouillées. Met une veste, c'est comme ça qu'on chope la crève. Tu n'as pas de vertiges ? Parce que là le taux de sucre il doit chuter vitesse grand V.

Une joueuse : « Tu es toujours comme ça avec elle ?

- Comme ça ? C'est à dire ?

- Toujours aussi prévenante ?

- Ben disons qu'avec elle il vaut mieux. Elle dit toujours que tout va bien mais ce n'est pas forcément vrai.

- Oui c'est vrai qu'il y a eu une période ou elle n'était pas au mieux de sa forme. Elle nous a même fait peur deux ou trois fois. Mais ce n'était que la fatigue, entre les cours, la route et les entraînements ça faisait peut être beaucoup. Elle va bien ne t’inquiète pas pour elle. »

Que je ne m' inquiète pas ? Elle est comique. La fatigue ? Ah oui c'est sure mais si il n'y avait que ça. Je me rends compte que tu joues avec ces filles depuis des années mais elles ne te connaisse absolument pas. Devant elles, tout comme devant tes élèves.. tu fais semblant.

Toi : « - Tu vas bien ?

- Oui, oui.

- On ne dirait pas. Qu'est ce qu'il y a ?

- Rien. Retourne sur le terrain et gagne moi ce match.

- T'es sure qu'il n'y a rien ?

- Oui. Allez vas y ! »

Je sais que tu ne m'as pas crue mais on en parlera plus tard. Je sais que tu veux que personne ne sache. Mais tu aurais pu au moins leur expliquer que tu avais des petits soucis de santé. Un problème de glycémie par exemple. Histoire qu'elles se méfie et qu'elles ne prennent pas tes malaises à la légère. Mais non tu n'as rien dit du tout. Je commence à comprendre pourquoi tu ne m'a jamais emmenée ici. Ce n'est pas des matchs de collège. C'est rapide, physique et même parfois violent. Avec tes antécédents tu ne devrais même plus jouer. Non ! Je ne vais pas t'empêcher de jouer mais je ne vais pas pouvoir venir à tous les matchs non plus. C'est pas du football américain vous n'avez pas de casques. Si tu te fracasses le crane sur le parquet t'imagines un peu les conséquences ? Oui je me doute que tu ne veux pas y penser. Mais ne me dit pas que cela ne t'ai jamais arrivée…. Alors oui j'ai un peu peur.
Même avec deux joueuses devant toi, t' arrives à passer toi. Je comprends pourquoi elles s'y mettent à deux pour te bloquer. Mais tu passes le ballon quand même. Et hop ! Dans le panier… génial. Le match est presque fini. Vous avez quatre points d'avance. Oui je sais, tant que le sifflet n'a pas retenti un match n'est jamais fini. Alors vas y met le dedans... au lieu de me regarder.

Au coup de sifflet final tu as couru vers moi, tu m'as sauté au cou et mes pieds ne touchaient plus le sol. J'en déduit que tu es heureuse d'avoir gagnée. Je suis fière de toi. Bravo ! Tu as très bien jouée.Tu peux me reposer s'il te plaît ?

Une joueuse : «  Hey… moi j'en veux un aussi... »

Pensée intérieure :
Elle veut quoi ? Un câlin ou le bisous sur la joue auquel je viens d'avoir droit ?

Toi : « Toi aussi tu veux un bisous ?

- Ben ouai, le dernier panier c'est grâce à moi. Tu pourrais me dire merci. Je suis jalouse, nous on a jamais eu le droit à un câlin de ta part.

- Merci pour la passe. »

Ah d'accord ! Donc ton frère avait raison. Les démonstrations d'affection ce n'est pas du tout ton truc. Un jour il faudra que tu m'expliques quand même…
Oui, va prendre une douche. Je t'attends. Si je veux aller manger avec le reste de l'équipe ? Ben si tu veux y aller on y va.

Tu vas t'en souvenir longtemps de ce repas. Tu t'es fait chambrée tout le repas a cause du câlin. Je crois que tu les a choquée pour le coup. Mais ne me regarde pas comme ça, je n'y suis pour rien. C'est toi qui m'a sauté au cou. Tu les connais mieux que moi. En faisant ça tu aurais du de douter de ce qui allait se passer non ? Ça te fait rire c'est déjà pas mal.
Et moi ? Vous voulez que je vous raconte quoi ? Ce que je fais ? Comment on s'est rencontrées ? … mais tu ne leur à vraiment rien dit en fait.

«  On s'est rencontrées au lycée. Quand je suis rentrée en seconde, c'était ma prof de maths. Maintenant je suis en terminale S »

Quel age j'ai ? Ben 19 ans. Vous pensiez plus, parce qu'elle vous a parlé de nos vacances, des cinéma et des soirées. Tout est vrai mais elle a omis de vous parler du reste. Comment on est passées du rapport prof-élève à l'amitié qui nous lie aujourd'hui ?

«  Ah… c'est une longue histoire. Et le reste de la journée ne suffirait pas pour vous la raconter. Je suis très heureuse de vous avoir rencontrées mais nous devons y aller »

Allez bouge ! On va y aller parce que dans 5 minutes je vais avoir droit à un interrogatoire en règle. Et comme tu ne veux rien leur dire. Je ne peux pas répondre. Donc avant d'être obligée de mentir on va y aller.

Toi : «  Voilà pourquoi je n' ai jamais emmenée personne me voir jouer. Je les connais.

- Personne ?

- Ben non ! Même mon frère n'est jamais venu.

- Ah ben je comprends mieux leurs réactions. Tu m'étonnes qu'elles ont été choquées. Tu ne dit jamais rien, c'est logique qu'elles me posent des questions.

- Tu me voit leur expliquer que depuis 3 ans tu m'accompagnes toutes les semaines à l’hôpital parce que j'ai une tumeur au cerveau ?

- Ah ben présenter de cette façon peut être pas. Mais je sais pas, commencer par leur expliquer que tu avais un problème de santé et que je t'aidais au lycée…. Par exemple…

- Pour que l'on me demande si c'est grave, si ça va aller, si je vais bien toutes les 10 minutes..  c'est ça ? Non merci. Autant ne rien dire du tout c'est beaucoup plus simple.

- Oh oui ! Et si tu tombes sur le terrain personne ne comprendra pourquoi, personne ne saura quoi faire… t'as raison c'est beaucoup plus simple.

- Voilà pourquoi je ne t' ai jamais emmenée jusqu'à maintenant. Tu ne vas pas flipper à chaque fois que je joue ? Des chutes sur le terrain, crois moi j'ai l'habitude. Tomber c'est comme jouer ça s'apprend. C'est pour cette raison que tu faisais la gueule toute à l'heure ? Il ne m'arrivera rien. Fait moi confiance.

- Ce n'est pas toi qui me fait peur, c'est les autres. »

Et quand je pense que tu as un tournois de prévu fin Novembre… Déjà un match je me ronge les ongles mais un tournois… C'est combien de match ? Je ne suis pas sure d'avoir le courage d'y assister. Mais si je te dis que je ne veux pas venir tu ne vas rien comprendre. Et si je ne viens pas et qu'il t'arrive quelque chose je vais m'en vouloir parce que j'aurai du être là. Conclusion je n'ai pas le choix je dois venir. L'autre solution serait que tu ne joues pas. Mais là… je me voit mal te dire que je ne veux pas que tu joues. De toute façon, telle que je te connais, que je veuille ou pas tu joueras quand même, avec ou sans moi.

On s'arrête manger sur la route en rentrant ? Oui si tu veux. Tu vas encore payer et ça m'énerve mais si je te dis non c'est toi que ça va énerver. Donc allons y. Ensuite c'est une douche et au lit, on a cours demain. Mes devoirs ? Non c'est bon c'est déjà fait. J'avais pris de l'avance. Je n'ai rien à faire pour demain. Juste un devoir de biologie pour mardi, je le ferais demain soir. Et oui je suis sure. Tu me fais pas confiance ou quoi ? Ah je préfère… Allez, file sous la douche après c'est mon tour.
Quelle heure le réveil demain ? 6h ? Pourquoi 6h ? Le lycée est à 5 minutes. Parce tous les lundi matin tu fais 30 minutes de sport pour éviter les courbatures à cause du match de la veille. Oui remarque c'est une explication logique en revanche moi 6h30 ça m'ira très bien.


Le lendemain…
Toi : «- Il est 6h45 et le petit déjeuner t'attends.

- Tu m'as préparé le petit dej' ?

- Ben oui ! Tu viens de gagner 15 minutes mais maintenant il faut te lever.

- Mais t'es un ange toi. Merci.

- Oui et bien ne le dit pas trop fort. Si mon frère savait que je te prépare le petit déjeuner il n'en reviendrait pas.

- Peut être, mais si tu veux mon avis ce n'est pas ce qui va le choquer le plus.

- Ah oui c'est sure (et tu as éclatée de rire)  »

Tu peux m'expliquer pourquoi tu rigoles ? Mais non. Une fois de plus tu changes de sujet en prétextant qu'on doit se préparer. Je n'aime pas quand tu fais ça. Tu ne voudrais pas dire les choses clairement pour une fois? Il faut que je devines ou quoi ? Le pire c'est que j'ai l'impression que ça t'amuses. Je peux jouer aussi ?

Moi : «  - Ah ! Regarde qui nous attend sur le parking.

- Ah non, c'est pas vrai ! Mais il faut que je fasse quoi pour qu'il comprenne ?

- Il veut peut être juste te dire bonjour.

- Tu crois ?

- Ah non pas du tout !

- Donc tu te fous de moi ?

- Disons que tu me fais rire, mais chuut..

- Quoi chuut ? »


Le prof de maths : «  - Bonjour. Je voulais juste te demander.. alors ? Tu viens au repas mercredi prochain ?

- Je ne pense pas.

- Oh... c'est dommage. Il y aura presque tout le monde puisque les conjoints et les enfants sont invités. On ne parlera pas que de cours, ça peut être sympa.

- Probable, mais vraiment je ne pense pas.

- Ok. Si tu changes d'avis préviens nous. »

C'est quoi ce repas ? Il parlait de quoi ? Pourquoi tu ne veux pas y aller ? Bon... on en parlera plus tard parce que ça va sonner.
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Mar 24 Juil - 22:20
Contrôle des 4 mois

Aujourd'hui on a rendez vous à l’hôpital pour des examens de contrôle. On va enfin savoir ce que cachait la bestiole que l'on t' a enlevée. Il serait bien de savoir aussi comment se comporte le morceau qui reste. Et les analyses qu'est ce qu'elles donnent ? Le traitement actuel est efficace ou pas ?
Hein ? Ce que je fais ? Ma petite liste de questions dans ma tête. Mais vu qu'on a 30 minutes de route, je repense à une chose :

Moi : « - Tu peux m'expliquer pourquoi tu ne veux pas aller à ce repas avec tes collègues ?

- Parce que c'est un mercredi soir

- Oui et ? Quel est le problème ?

- Mes mercredi soir c'est avec toi que je les passent. Alors à moins que t'es envie de te taper une soirée entourée de profs et de leur jolie petite famille… parce que moi je n'irais pas sans toi.

- Je ne sais pas si tu es au courant mais ça fait 3 ans que je passe tous mes mercredi, la moitié de mes week-end et une partie de mes vacances avec un prof, alors si tu veux y aller...je devrais pouvoir survivre à une soirée.

- Très drôle… toi et moi ça n'a rien a voir. Il y a longtemps que je ne suis plus ta prof et heureusement d'ailleurs.

- Le problème n'est même pas là. Il a dit conjoints et enfants.

- Oui et ? C'est très simple. C'est soit je viens avec toi, soit je n'y vais pas. Mais c'est vrai ? Ça ne te dérange pas de te taper une soirée entourée de profs ?

- C'est très simple. Si tu veux y aller et que je peux venir alors je viens. Pour les détails tu te débrouilles ma grande... »


Pensée intérieure :
Une soirée entourée de profs. Mais quelle idée j'ai eu de te dire que ça ne me dérangeais pas de venir ? Non mais je vais manger à la table des enfants ou alors je fais la baby sitter… Pour être honnête je ne suis pas certaine d'y avoir vraiment ma place.  Je t'ai dit oui parce que j'ai bien compris que tu voulais y aller. Mais moi ? Tu peux me dire ce que je vais faire à ce repas ? En plus je suis certaine qu'il y aura une bonne partie de mes profs. Super.. mon prof de maths c'est sure.  Je rêvais de manger en face de mon prof de physique… Cela dit une fois sortis du lycée ils sont peut être un peu moins coincés.
Mais je me pose quand même une question. Tout le lycée nous voit arrivées ensemble tous les matins. C'est une chose. Mais tu veux que je t'accompagnes à une soirée ? Un mercredi soir, alors que les cours finissent à midi, tu comptes leur dire quoi ? Que tu avais besoin d'un chauffeur pour rentrer ? Je suis curieuse…

….


Et comme d'habitude on attend depuis 2h.
Je ne souhaite à personne de devoir attendre ce genre de résultats pendant 3h. Je crois que l'on se sent comme un condamné dans le couloir de la mort. Il faut avoir de la patience ? Tu parles ! C'est de la torture.

«  Bouges ! C'est à nous »

Nous : «  Bonjour Docteur.

- Bonjour. Comment allez vous ? Des migraines ces derniers temps ? Des troubles de la vue ?

- Des migraines pas vraiment, plutôt quelques mal de tête légers et largement supportables. Et non aucun trouble de la vue. Je vais très bien.

- Heureux de vous l'entendre dire. J'ai reçu les résultats d'analyses conséquentes à votre intervention. Et je dois vous dire, que sans cette intervention vous ne seriez pas devant moi aujourd'hui. D'autre part votre dernier bilan sanguin est plutôt bon. Comment supportez vous le nouveau traitement ?

- Je ne serais pas devant vous ? Mais le chirurgien n'a pas pu tout enlever qu'est ce qui va se passer pour la partie qui reste ? Le traitement ça va, j'ai moins de comprimés : 12 par jour au lieu de 18. Et les injections je dirais que je m'y suis habituée. Tant que je ne vois pas l'aiguille tout va bien.

- Ce qui va se passer ? Nous devons impérativement surveiller régulièrement. Et vous devez réagir immédiatement au moindre nouveau symptôme. Donc petit tour de manège tous les 15 jours. On se reverra dans deux mois. Prenez rendez vous pour début janvier. Si tout va bien, nous n'avons aucune raison de nous revoir plus tôt. »

Et bien voilà ! Que des bonnes nouvelles. Un tour de manège tous les 15 jours, ce n'est rien comparé aux traitements que tu as endurés. Et quand j'entends le discours du professeur aujourd'hui je me dis que tu reviens de loin. De très loin. Je ne sais pas si toi tu le réalises, moi je commence tout juste à m'en rendre compte. A partir de maintenant tu dois être surveillée de près c'est un fait. Mais au-delà de ce détail tu as quasiment les mêmes risques et les mêmes chances que n'importe qui. En clair tu as le droit et le temps de vivre.
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Jeu 26 Juil - 20:32
Le repas des profs

Je profite d'un dîner avec mes parents pour leur dire que mercredi soir on a organisé un repas avec des anciens professeurs et quelques élèves. Je leur dit que mon ancienne prof de maths sera là, qu'elle est géniale et que c'est grâce à elle si aujourd'hui j'ai 18 de moyenne. Ma mère trouve que c'est une bonne idée. J'ajoute que je m'entendais bien avec cette prof, qu'elle est jeune, elle a 27 ans, on parle le même langage, on se comprend. Je ne l'ai plus en prof mais il nous arrive de discuter de temps en temps dans les couloirs. Ils nous ai même arrivées de déjeuner ensemble quelques fois.

Quoi ? Bon d'accord, je n'ai pas tout dit et ce n'est pas tout à fait dans le bon ordre mais tout est vrai. Au moins maintenant ils savent que tu existes. Il faut bien commencer quelque part.

…..

Mercredi 18h
Il faudrait peut être que l'on se prépare si l' on doit être à 19h au restaurant. Par contre je te préviens j'y vais en jean. Quoi? En parlant de fringues tu as quelque chose pour moi ? Heu… de quoi tu parles ? Tu as une chemise à manches courtes qui est trop petite pour toi mais tu ne veux pas la jeter parce que tu l'aimes bien. Ok, C'est bien la première fois que je te vois attachée à un objet. Elle vient d’où cette chemise? Je crois que je ne le saurais jamais. Je l'essaye ? T avais raison, elle me va. Si je la garde pour ce soir ? Ben maintenant que je l'ai sur le dos.. oui. Et toi t'es prête ? Jean ? Oui c'est très bien.

Pensée intérieure :
Sachant que mon prof de maths sera là, je crois que si tu avais mis la robe du restaurant du château je t' aurais étranglée.

Moi :  « - Tu leur a dit que je t'accompagnais ce soir?

- Ben à ceux qui m'ont demandé si je venais et avec qui, je leur ai répondu.

- Et ? Ils n'ont pas été surpris ?

- Probablement que si, mais si tu savais ce que je m'en moque.

- D'accord je vois. Mais tu sais que ça risque de ne pas plaire à tout le monde. Alors promets moi de ne pas t'énerver.

- Alors là… je veux bien essayer, mais à condition qu'ils n'aillent pas trop loin. Je n'ai pas pour objectif de critiquer leur femme, leur gosse ou leur façon de vivre. Ça s'appelle le respect de la vie privée et c'est valable pour tout le monde. »

Ouuuu…. Je sent que l'on va se marrer. Tes collègues sont profs, donc avec des idées bien arrêtées et légèrement archaïques. Je suis la seule à m'en rendre compte ou tu le sais et tu as décidé de mettre un coup de pieds dans la fourmilière ? Je demande ça parce qu'on est pas encore parties que tu m'as déjà l'air bien remontée. Ou alors tu as déjà entendue des réflexions mais tu ne veux pas me le dire. Tu crois que je dois les prévenir que sous le coté sympa, sensible et tolérant il y a aussi un dragon qui sommeil ? Non ? Je ne dit rien et je leur laisse la surprise… Méfiez vous… parce que je vous jure que vous ne la connaissez pas. Moi oui… et là je commence à redouter certaines réactions.

On y va ? Oui je roule mais donne moi les clés. Merci.
Alors voyons voir, on mange avec qui ce soir ? Mon prof de maths, le prof de physique, les 2 profs de Biologie, Philo, Anglais, Allemand, Techno, … et… ah super… mon ancienne prof de Français. En résumé il y a la moitié du lycée… en gros. L'armée de gamins derrière ? On ne sait pas qui est à qui ? Et c'est qui le  gars avec le prof d'anglais ? C'est pas un prof. Non c'est son conjoint, il est gay ; Ah, d'accord. Vous le saviez ? Toi oui. Et les autres ? Non. Ah ben ça explique leurs têtes. Au moins ça occupera leurs esprits une bonne partie de la soirée. On s'installe ou tu veux, sauf à coté de la prof de Français… s'il te plaît. Sinon je fais un meurtre. Avec le prof d'Anglais et le prof de philo ? Oui si tu veux ça changera des sciences. Il est cool le prof d'Anglais je l'aime bien. Si c'était le mien je dépasserais peut être le 2,5 de moyenne. Qu'est ce je fais ici avec toi ? Ah… c'est une bonne question qu'il vient de me poser, mais je te laisse lui répondre. Tu voulais que je vienne, je suis là, maintenant… assume.

Toi : « Il y a 3 ans, un jour par hasard elle m'a sauvée la vie. Ici, dans le lycée. Depuis… on est devenue amies »

Alors là j'avoue : Bravo ! C'est presque la vérité. Tu avais préparé ton texte ou quoi ?

Le prof d'Anglais : «  Jolie histoire. Vous avez l'air très proches en tout cas .

- En 3 ans on a partagées beaucoup de choses et c'est vrai on est devenues très proches. Aujourd'hui je n'imagine plus ma vie sans elle.

- Vous avez l'air heureuses toutes les deux, ça fait plaisir à voir. »


A posteriori :
Je serais curieuse de savoir de quelle manière il a interprété ta phrase « aujourd'hui je n'imagine plus ma vie sans elle ». Pour moi cela signifiait que tu avais besoin de moi à tes cotés. Que comme moi tu t'étais habituée à nos sorties, nos vacances, nos restaurants et surtout parce que tu savais qu'en cas de mauvaises nouvelles je serais là pour toi. Mais… n'y avait il pas plus que cela ?

Ah ! Voilà nos assiettes. Vue que tu t'es absentée ça ne te dérange pas si je te vole les olives ? Ben oui je les prends elle ne mange que les vertes et c'est des noires. Jouer à un jeu ? Quel jeu ?

Le prof d' Anglais : «  - Es tu capable de citer son plat préféré, sa couleur préférée, sa date de naissance, son parfum préféré, le dessert qu'elle déteste, sa boisson préférée, sa chanson préférée, son sport préféré, son film préféré

- Facile : les pâtes carbonara, le vert, XX mai 19XX, chocolat, les fruits rouges, le champagne,  Goldman l’intégrale, le basket, ses films il y en a plusieurs : journal intime, le passage, le cercle des poètes disparus et depuis peu Star Wars.

- C'est bien ce que je pensais. Mais… plus difficile : le parfum qu'elle porte, ce qu'elle déteste le plus dans la vie, un lieu qu'elle aime, un lieu qu'elle déteste, son expression favorite, le mot qu'elle déteste le plus

- Acqua di Gio de Georgio Armani, le mensonge et l'hypocrisie, un château dans le val de Loire, les cimetières, carpe diem, condoléances mais je ne sais pas pourquoi.

A ton retour 5 minutes plus tard, il t'as posé exactement les mêmes questions. Toute la table avait entendu mes réponses et ils étaient tous suspendus à tes lèvres a attendre les tiennes. Et chacune de tes réponses a été rigoureusement identique. La réflexion qui a fait rire toute la table est celle de la femme du prof de biologie qui a dit à son mari :

«  Je suis sure que toi tu ne serais même pas capable de répondre ne serait ce qu'à trois de ces questions »

Oups ! Celle là elle était envoyée. La seule, qui n'ayant pas suivie le début n'a rien compris, c'est toi.

Toi : «  J'ai dit une connerie ?

- Ah non ! Pas une seule. J'ai répondu exactement la même chose pendant ton absence.

- Ah d'accord je comprends mieux. Mais oui.. toi les réponses tu les connais . Normal... »

La femme du prof de Biologie : « Normal ? Si mon mari connaissait ne serait ce que la moitié des réponses je serais déjà contente. »

Et bien il doit y' avoir de l'ambiance chez eux. Et si on inverse les rôles est ce qu'elle sait répondre ? Et bien essayez, moi je sors.

Tes réponses : Les pâtes carbonara, le bleu, XX septembre 19XX, vanille, le bavarois, le champagne, Goldman et Balavoine, tous les sports du moment que ça bouge, les films : Le passage, Star wars, l'histoire sans fin, Drakar noir, l'intolérance et l'injustice, le même château, les églises et les cimetières, oups !  Et le mot accueil parce qu'elle ne sait pas l'écrire.

Et bien évidemment tu avais tout juste. Sur ce coup là on en a scotché plus d'un. Tout ceux qui se demandaient ce que je faisais là, comment on se connaissait ou a quel point on était proches mais qui n'osaient pas poser la question. Tout ceux là venaient d'avoir la réponse.

Humm, j'espère juste que tu n'as pas vue le regard noir que la prof de Français vient de nous jeter parce que si c'est le cas, le dragon va se réveiller et il risque de cracher des flammes. Trop tard...

Toi : « - Pourquoi tu nous regardes comme ça ? Oui elle me connaît par cœur et inversement. Et alors ? Ça te poses un problème ? »

Le regard noir ne t'avait pas échappé. Et je crains le pire.

Moi : « - Stop ! Laisse tomber. C'est pas grave »

La prof de Français : « - Un problème ? Pas exactement. Je suis juste très étonnée. Tu ne parles jamais de ta vie privée. On en a plus appris sur toi ce soir, que depuis 5 ans que l'on travaille ici. Tu fuis la salle des profs depuis 5 ans, en disant que tu préfères garder des rapports strictement professionnels... et tu passes l'intégralité de ton temps libre avec une élève. Excuse moi mais oui je suis surprise, pour ne pas dire choquée. »

Vu sous cet angle je comprends mieux sa réaction. Et je suis curieuse d'entendre ce que tu vas lui répondre. Mais vas y… tout le monde t'écoute.

Toi ! « - Elle m'a tout simplement sauvée la vie. Ce qu'elle a fait pour moi, vous n'en avez aucune idée et je ne vous expliquerais pas parce que cela ne vous regarde pas. En 3 ans on a appris à se connaître. Peut être même bien mieux que certains couples qui vivent ensemble depuis 15 ans d'ailleurs. Toujours est il qu' aujourd'hui ce n'est plus mon élève c'est mon amie et j'en suis fière. Que vous ne compreniez pas, je m'en moque. Il n'y a rien à comprendre. »

Je me doutais que c'était une mauvaise idée ce dîner. Mais… je me demande si en insistant pour que je vienne ce n'était pas une manière de provoquer certaines choses. Tu voulais profiter de ce dîner pour vider ton sac ? Pour clarifier certaines choses ? Si c'est la cas, je pense que tu as réussie. Non, je ne t'en veux pas mais tu aurais pu me prévenir. En fait non !  Tu as raison. Si tu m'avais prévenue,
je ne serais pas venue. Et si on commandait le dessert ? Tu veux quoi ? Oui je sais…question stupide... Dame Blanche…

Finalement ton petit discours a calmé tout le monde. Le reste du repas s'est plutôt bien passé. Chacun à raconté sa petite anecdote sur l'élève le plus nul, c'était assez drôle. J'imagine que ce n'est pas la peine que je te demande combien je te dois ? Tu viens de payer ma part et ça aussi pour toi c'est normal.

Le prof de philo : « Tu passes bien devant la gare pour rentrer chez toi ? Tu peux me déposer ? »

Toi : «  Je ne rentre pas chez moi. Mais oui, on peut te déposer si tu veux »

Je n'y crois pas ! Dit lui aussi qu'on dort à l'hôtel pendant que tu y es. Donc on le dépose à la gare ? C'est vrai que ça ne représente pas un gros détour mais ton altruisme te perdra. Et tu lui as dit que c'est moi qui prenait le volant ? Pourquoi il fait cette tête ? Et bien oui c'est moi qui conduit. Mais si il veut il peut marcher, c'est toujours tout droit. Pourquoi je m'arrête ici ? Parce que c'est plus simple pour faire demi tour. Pourquoi je veux faire demi tour ? Parce que l’hôtel c'est dans l'autre sens. C'est tout ? Pas d'autres questions ? Maintenant il est mignon, il descend de la voiture que l'on puisses rentrer se coucher. Voilà c'est bien… Bonne fin de soirée. Au revoir…

A nous deux maintenant ! A quoi tu joues ? Je peux savoir pour quelle raison tu t'es sentie obligée de lui dire que je te ramenais à l’hôtel ?

Toi : «  - Parce ce qu'il s'entend très bien avec ton prof de maths.

- Et ? Quel est le rapport ?

- Avec de la chance il va lui répéter.

- De la chance ? J'ai raté quelque chose ou il y avait de l'extasy sur ta pizza ?

- Mais non ! C'est juste que si ton prof de maths l'apprend, au moins il comprendra et il me foutra la paix.

- Ah oui bien sur ! Le problème c'est qu'il ne sera peut être pas le seul à l'apprendre. Et même si je n'apprécie pas la prof de Français, il faut admettre qu' elle a raison sur une chose. Tu es prof et moi élève dans le même lycée. Et je ne suis pas certaine que le proviseur voit d'un très bon œil le fait que l'on partage la même chambre d’hôtel pendant les cours. Alors on devrait peut être éviter de l'écrire sur les murs du lycée.  Mais ce que j'en dit...

- Alors dépêche toi t'avoir ton bac, ça simplifiera beaucoup de choses.

- Le bac c'est dans 8 mois, désolée mais je ne peux pas changer la date…

- C'est malin !!! On va se coucher ?… T'arrêtes de faire la gueule ?

Je ne fais pas la gueule. Je sais que tu te moques de la réaction des autres mais évite la provocation parce qu'un jour tu vas t'attirer des problèmes. »

Je ne fais pas la gueule mais je n'aime pas lorsque tu réagis de cette façon. A te foutre de tout, peu importe les conséquences. Toi tu sais ce que tu fais mais les gens sont parfois stupides. C'est toi qui me l'a appris : «  Bon ou mauvais chaque geste, chaque mot et chacun de nos actes a forcément une conséquences ». «  Génial ou ridicule, tout porte à conséquences ». De quoi j'ai peur ? De la réaction de tes collègues, de tes élèves voire du proviseur. Je n'ai aucune envie que tu te fasses harceler de questions. Je pense que tu as bien d'autres choses à penser.

Moi : « - Depuis quand tu me tournes le dos ?

- Tu boudes alors je ne voulais pas en rajouter.

- Pfff… N'importes quoi ! Allez viens là... »

………..
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Jeu 26 Juil - 20:41
Le bureau du proviseur

On doit aller au lycée à pied ce matin, la voiture est restée sur le parking hier soir.  Pourquoi ? Parce que je tiens à mon permis de conduire que je n'ai pas encore. Tu voulais boire un verre au pub hier soir donc je t'ai dit oui. On a pris une vodka orange, on a parlé des cours. On a pris une deuxième vodka, on a parlé de ta santé. On a pris une troisième vodka, on a parlé de nos vacances et d' Eurodisney. Et puis on a pris une quatrième vodka, et là … je ne sais plus de quoi on a parlé. En revanche je me rappelle très bien qu'on est rentré à pied. T'as mal à la tête ? Non je ne vais appeler le SAMU,  juste te préparer un antidouleur. Moi je peux comater au fond de la classe mais toi tu as 4h de cours a assumer. Difficile ? Non tu crois ? Tu voulais boire un verre, maintenant faut assumer. Avale ce truc. Moi ? Je vais bien. Mais je n'ajoute pas 12 comprimés à la vodka. T'es consciente que c'était complètement stupide ? Apprendre à vivre ne signifie pas forcément faire n'importe quoi. Tu vas leur faire faire des exercices de révision. Ben voyons ! C'est la solution de facilité ça.

La semaine dernière tu t'accroches avec la prof de Français devant la moitié de tes collègues. Dans la foulée tu balances au prof de philo qu'on dort à l’hôtel. Hier soir tu prends une cuite à la vodka. C'est quoi la prochaine connerie ?
Allez file en cours. Je te laisse le tube d'aspirine ? Regarde toi dans le miroir.. on a juste l'impression que tu as fait une nuit blanche. Ah non je ne moque pas, je ne dis que la vérité.  T'es sure que ça va aller ? Je te récupère a midi pour manger.

…..

Midi vient de sonner. J'espère que tu vas mieux que ce matin. Pourquoi ta salle de cours est fermée ? Fermée à clé. Ce n'est pas normal, t'avais les terminales en cours. Mais t'es passée où ?

Mon prof de maths : «  - Tu cherches quelqu'un ?

- Ben oui. On doit aller manger. Mais .. ils sont où ? Elle avait les terminales je ne comprends pas.

- Ils sont dans la cour. Ça fait 2h qu'elle joue au basket avec eux.

- Pardon ?

- Tu as bien entendue. Géométrie appliquée.

- C'est une blague ?

- Non non je t'assures, elle a vraiment fait cours dehors... en jouant au basket. »

Moi qui me demandait ce matin ce que tu pouvais encore trouver. Je n'ai pas eu besoin d'attendre longtemps. Tu m'étonneras toujours. Imprévisible, je crois que c'est ton deuxième prénom.
Mais tu l'as sortie d’où le ballon de basket ? Si je sais. Il était dans le coffre de la voiture. On prends un sandwich et on rentre manger à l’hôtel parce que tu veux prendre une douche. Ah ! Ben tu m'étonnes ! Quelle idée aussi. Il n'y a que toi pour avoir l'idée de faire un cours de géométrie en jouant au basket. Quand je disais que t'aurais du faire prof de sport. Je ne me serais peut être pas tapé autant d'exercices de maths. Mais je n'aurais peut être pas 18 de moyenne non plus... c'est vrai. Et cet après midi tu comptes faire cours ou tu joues au golf ? Ben je demande parce qu' avec toi on ne sais jamais.

On se retrouve à la pause à 15h ? Moi après ? Mais moi j'ai finie après. On est jeudi et c'est la semaine ou je n'ai pas maths. Je ferais mes devoirs en salle de permanence. Je ne vais pas rentrer à pied et je dois attendre le car ce soir. Tu m'offres le café à la pause ? Oh c'est gentil. Merci.

15h.
Je traverse le couloir et j'arrive. Quoi ? Qu'est ce qu'il me veut encore celui là ?

Mon prof de maths : « - Attends ! Ne cours pas ce n'est pas utile. Elle n'est pas dans sa classe. 

- Quoi ? Mais elle ou ? Ne me dites pas qu'elle est de nouveau dehors à jouer au basket ?

- Non ! Le proviseur l'a convoquée dans son bureau. Il a libéré sa classe.. ça avait l'air urgent.

- Et comment vous êtes au courant ?

- Elle m'a demandé de te prévenir.

- Ok ! Merci »

Convoquée dans le bureau du proviseur ? Mais pourquoi ? A cause de ton cours de ce matin ? En même temps pourquoi avoir libéré ta classe ? Ça n'a aucun sens. Si il voulait te réprimander sur ta manière de faire cours il ne les abrégeraient pas. Je descends et je te rejoints. Je vais t'attendre dans le couloir de l'administration. J'espère juste que tu ne vas pas avoir de problème. Quelqu'un lui a peut être appris que l'on dort à l’hôtel, et il n'a peut être pas apprécié. Je t'avais pourtant dit de ne pas l'écrire sur les murs… Bon, au pire tu trouveras de quoi lui répondre j'en suis certaine. En attendant j'aimerai bien savoir ce qui se passe.

Le conseiller : « - Ah ben tu es là ?

- Oui mon prof de maths m'a dit qu'elle était dans le bureau du proviseur. Mais je ne sais pas pourquoi. Alors je l'attends.

- Le proviseur l'a convoquée parce que l’hôpital militaire nous a contacté. Sa mère est décédée ce matin. »


Et m**** ! Je comprends mieux. C'est bien une chose à laquelle je n'ai jamais pensée. Pourtant il est logique que ta mère aie mis les coordonnées du lycée sur ses documents, puisqu'elle ne sait même pas où tu habites. Tu vas vouloir prévenir ton frère ou pas ? J'imagine que dans ces cas là tu dois être obligée de signer des documents. Et puis… la maison, les comptes bancaires et l'enterrement comment ça se passe ? Tu vas devoir t'en occuper ? Je ne suis pas sure que tu le veuilles mais est ce que tu as le choix ? Tu n'avais vraiment pas besoin de devoir affronter ça. Tu allais bien. Mais là… je ne sais pas du tout de quelle manière tu vas réagir.

Moi : «  Ça va aller ?

- Oui, c'est ma mère qui est morte. Moi je vais bien. Il me reste deux heures de cours alors on en parlera plus tard.

- Parce que tu comptes faire cours là ?

- Ben oui ! Déjà que je dois y' aller ce soir alors que je n'en ai aucune envie. Ce n'est pas à 2h près. J'ai passée ma vie à l'attendre, elle peut bien attendre 2h pour que je signe des papiers. Et puis je vais devoir prévenir mon frère et je ne vais certainement pas le faire maintenant.

- Heu… oui. Mais faire cours, vue la situation… t'es sure ?

- Ben… on verra…

- Tu veux vraiment faire cours ? D'accord ! Mais je viens avec parce que là tu me fais peur. Je prendrais une chaise au fond, je me ferais toute petite mais je viens. Et je ne te laisse pas le choix. Maintenant monte, on est déjà en retard. »

Je ne le sent pas du tout ce cours. C'est étrange de me retrouver dans ta classe. J'aurais donnée n'importe quoi pour un seul cours de plus dans ta classe… mais pas comme ça.
Et voilà je m'en doutais, t'as l'esprit ailleurs. Oh ! On est 30 en face de toi, on fait quoi ? Ah quand même.. exercice 6 p76. Tu nous explique ? Jusque là on suit… le suivant ? Tu le corriges au tableau ? Arrête de regarder la pelouse dehors et corrige moi cet exercice s'il te plaît. Rien qu'à ton regard je sais que là t'es totalement à coté de la plaque. Je savais bien que faire cours c'était une très mauvaise idée.

Moi : «-  S'il vous plaît ! (bizarre de te dire vous) je peux corriger l'exercice au tableau ? 

- Je t'en prie. »

Je me suis levée, et je me suis approchée du tableau. Dans ton regard je pouvais lire : « tu avais raison je n'y arrive pas ». Tu m'a donné la craie et en prenant la craie dans tes mains… je ne sais pas.. j'aurais presque oubliée qu'il y avait 28 personnes autour. C'est pour cette raison que tu ne veux plus m'avoir en cours ? J'ai corrigé l'exercice au tableau, puis le deuxième.. et tous les suivants. Oui c'était juste. Bien sure mais en même temps c'est les exercices que tu m'a donné à faire mercredi dernier dans la salle d'attente. Il vaudrait mieux pour moi que je ne fasse pas d'erreur. Il faut que j'explique mon raisonnement ? Et je fais la démonstration ? Ah oui, donc en gros je suis en train de faire le cours à ta place là… Tant que je ne dis pas de bêtises, moi je veux bien… Tu m'excuses si j'écris de travers au tableau mais je fais ce que je peux. Pourquoi tu rigoles ? Tu me regardes en train de faire une démonstration, ta démonstration, devant 28 élèves et tu rigoles… je peux savoir pourquoi ?

A posteriori :
Je pense que tu étais tout simplement fière. Fière parce que si j'étais capable d'expliquer ce que tu m'avais appris c'est que je l'avais compris. Fière de toi et un peu fière de moi aussi.

Le cours est terminé. Hey.. c'est épuisant d'écrire 2h au tableau, j'ai mal au bras. Et maintenant ? Tu vas à l’hôpital ? Oui parce que tu n'as pas le choix. Tu préviens ton frère d'abord ? Pour qu'il vienne avec toi ? Tu vas le prévenir mais tu sais qu'il ne viendra pas. Je te crois mais je ne peux pas te laisser y aller seule. Je viens avec toi. Mes parents ? Ben je vais leur expliquer. Quoi exactement ? Je ne sais pas encore.
Je leur ai tout simplement expliqué, que l'une de mes amies venait de perdre sa mère et que je voulais rester avec elle ce soir. Si je vais en cours demain ? Oui bien sure. Alors pas de problème. Voilà c'est réglé, on peut y aller. Donne moi les clés et dit moi où je vais.

….

Moi : « - Alors ??

- C'est bon j'ai signé les papiers. Je dois passer chez le notaire demain parce qu'il y a la maison et les comptes bancaires. Pour les obsèques, a priori elle avait une assurance donc devrait pas y' avoir de problème. De toute façon je ne paierais pas un centime.
-  Ah oui c'est vrai… tu vas faire quoi pour la maison ?

- Oh… le notaire n'a qu'à s'en occuper, moi je ne veux rien savoir. L'état peut se servir je m'en moque. Il m'a volé mon enfance alors autant se servir jusqu'au bout.

- D' accord ! Mais ne t'énerve pas ce n'est pas la peine.

- Excuse moi. Je m'énerve parce que je vais perdre mon temps à m'occuper de ça.

- Heu... oui. Enfin c'est ta mère quand même.

- Sur l'acte de naissance peut être, mais pour moi c'était une étrangère. 

- Je sais. Je te propose de rentrer. Demain tu vas chez le notaire. Tu vois comment régler tout ça rapidement et on en reparle samedi. Ça te convient ?

- T'as raison. Et puis tu sais quoi ? Je t'invite au resto'. D'habitude le jeudi soir tu es chez tes parents alors pour une fois... »

Effectivement on a finies au resto' et on a passée une très bonne soirée. C'est étrange, on a parlé de tout sauf de ta mère. Tu voulais éviter le sujet ou il n'y a tout simplement rien à dire ? D'ailleurs ce n'est pas le seul sujet que tu as évité.
Pendant les vacances tu m'as dit :

« C'est juste que je ne peux pas t'expliquer. Pas maintenant. Il n'y a rien de grave, rien d'urgent. Je te le dirait… mais pas tant … tant que je ne serais pas sure que tout va bien. Ne m'en veut pas, c'est juste que je refuse de te faire souffrir encore plus. »

Et maintenant tu peux m'expliquer ? On a vu le professeur et il a confirmer que tout allait bien donc j'ai le droit de savoir maintenant ? Qu'est ce que tu ne pouvais pas me dire avant ? Je ne vais pas insister aujourd'hui mais je n'ai pas oublié. J'oublie rarement ce que tu me dis. Tu devrais le savoir….
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Ven 27 Juil - 0:15
Obsèques

Ce matin c'est toi qui me dépose au lycée mais toi tu ne viens pas. On est vendredi. Passer cette grille et te laisser sur le parking… Tu m'appelles ce soir ? Et on se voit demain matin ici, même heure même endroit. Bon.. on vient de se faire griller. Tu ne travailles pas, il est 8h du matin et je viens de descendre de ta voiture. Devine qui est garé en face ? Mon ancienne prof de Français. En rentrant dans le lycée avec mon croissant à la main je suis tombée sur le prof d'Anglais . Mais je crois qu'il m'attendait en fait.

Le prof d'Anglais : «  - Tu l'as vue ce matin ?

- Heu ...oui, mais comment… ?

- Le croissant qu'elle t'offre tous les matins. Le vendredi elle ne bosse pas et tu n'en manges jamais.

- C'est vrai. Et oui je l'ai vue, elle vient de me déposer.

- J'ai appris pour sa mère. Comment elle va ? Si je peux faire quelque chose…

- Elles n'étaient pas vraiment proches . Ça va aller, je gère. Mais merci c'est gentil. »

Quand je disais qu'il était sympa. Il avait l'air sincère en plus. Quand j'y repense je viens de me faire griller par un croissant. Il est observateur lui… Mais visiblement il n'a rien dit à personne. Tu vois… certains respectent la vie privée des autres. En revanche la prof de Français nous a vues ce matin aussi et là j'ai nettement moins confiance. A croire que ça l'amuse de nous espionner. Mais je ne comprends pas ce qui lui pose un problème. Je ne voit pas ce qui la choque. Il est ou son problème ? Tu ne me vends pas de la drogue. Elle se comporte avec toi comme si tu avais fait quelque chose de répréhensible. On a tué personne. Je ne comprends vraiment pas.

J'espère que le notaire va pouvoir t'aider à régler tout ça rapidement. Plus vite ce sera réglé et plus vite tu pourras passer à autre chose. D'ailleurs j'y pense … c'est quand les obsèques ? Il va falloir retourner au cimetière… et là…. Mais je ne peux pas te laisser y aller toute seule. Surtout si ton frère ne vient pas.

Le soir au téléphone j' allais avoir mes réponses. Les obsèques c'est lundi après midi. Ah !!! J'ai cours. Tant pi je sécherai lundi après midi. Comment ça non ? Ben si. Tu n'y vas pas seule c'est hors de question. Ton frère ne veut pas venir alors il me fera un certificat médical mais je ne te laisses pas y aller seule. Réussir à me convaincre du contraire ? Heu.. non. Ce n'est pas la peine d'essayer. Mais tu ne veux pas que je rentre dans le cimetière parce que tu ne veux pas que je sois malade comme la dernière fois. Ouai… on verra. Mais je ne vais pas batailler maintenant, on verra quand on y sera. Tu ne connais personne ? En même temps c'est logique tu ne connais rien de la vie de ta mère. C'est la raison pour laquelle tu te demandes si ta place est vraiment là bas. Aussi étrange que cela puisse paraître c'était quand même ta mère, donc si... je pense que ta place est bien là bas.

….

Lundi.
Il est midi, on quitte le lycée. Comment on fait ? Tu as rendez vous aux pompes funèbres ? Non on va directement au cimetière, le reste ce n'est pas ton problème. Tout a été géré. Je ne vais pas en demander plus parce que j'ai l'impression que tu t'énerves. Moi qui disait il n'y a pas longtemps que le lieu que je déteste le plus c'est les cimetières.. je te confirme. Détester ? Le mot est faible. C'est une sensation de mal être que je ne supporte pas. Malgré le fait d'être à l'air libre j'ai l'impression de me faire écraser et dès que je passe la grille je ne peux plus respirer. C'est panique à bord. D'où vient cette phobie ? Aucune idée. Une vie antérieure peut être… non sérieusement je n'en ai aucune idée. Mais dans une église j'ai le même problème. Même si je dois y' aller pour un mariage ou un baptême je suis incapable d'y rentrer. Te marres pas ce n'est pas drôle. C'est long quand t' attends les mariés dehors par 30° à l'ombre. Je ne me marierais pas à l'église ? Ah non en effet ça ne risque pas. Pour plusieurs raisons. Le fait de ne pas pouvoir y rentrer en est une mais ce n'est pas la seule. L'église c'est religieux et tu sais très bien ce que je pense. Si je dois me marier un jour personnellement je préférerais un lieu qui symbolise quelque chose pour moi, pour nous, plutôt qu'une église qui, pour moi, ne représente rien. Un mariage à l'américaine ? Ben pourquoi pas … Et toi ?
Et tu m'as répondu:

« Je pense qu'être capable d'exprimer ses sentiments à la même personne face à face et sans témoin, jour après jour quoi qu'il arrive, à beaucoup plus de valeur qu'une signature sur un registre devant monsieur le maire.  Combien y' a t' il de couples mariés qui confondent vivre cote à cote et vivre ensemble ? Dire oui dans une église ce n'est pas très compliqué. En revanche subir et partager les peurs, les douleurs, les colères et la haine de la personne que l'on aime l'est certainement beaucoup plus. Et pour moi c'est ça les liens du mariage, donc rien à voir avec un simple oui ou une simple signature. La cérémonie c'est juste pour épater la galerie.»

Ce n'est pas complètement idiot. Mais pour quelqu'un qui ne veut pas de mec tu y as quand même bien réfléchie. En même temps si je reprends ce que tu viens de dire, tu crois au Père Noël. Parce que une personne capable de te soutenir et de tout supporter, dans les bons et les pires moments je ne pense pas que ça coure les rues.

On est arrivées ? Ok, je me gare là bas. Tu n' en a pas pour longtemps ? Tu m'expliques ? Que je t'attendes là ? En fait c'était vrai, tu ne veux vraiment pas que je rentre dans le cimetière. Tu as peur ou quoi ? Au pire je vomirais en sortant mais rien de grave. Non je reste là ? D'accord je n'insiste pas. C'est comme tu veux. Je t'attends je ne bouges pas.
Trente minutes plus tard tu étais là, dans la voiture.

Toi : «  Démarre, on y va.

- On va ou ?

- Ou tu veux mais ailleurs.

- Mais en général ils n' organisent pas une réunion après ?

- Oui boire un coup à la santé du mort. La petite réunion ou tout le monde y va de son anecdote. Je n'ai rien à y faire, je ne la connaissait pas. Et puis si c'est pour écouter les discours stupides qui font pleurer tout le monde… non merci !

- Les discours stupides ?

- Ben oui ! C'est nul les discours aux enterrements, c'est juste pour entretenir la douleur et le chagrin des gens. Si on connaissait le défunt on a pas besoin d'un discours pour savoir qui il était. Et si on ne le connaissait pas, alors on a rien a faire là . Voilà pourquoi on s'en va.

- T'es sure ?

- Oui on rentre.  Tu es né poussière et tu redeviendras poussière... Sérieusement, comment on peut avaler une absurdité pareille ? La poussière c'est de la silice donc des cellules cristallisées. Qui dit cristallisée dit mortes. Moi personnellement je suis née de la fusion entre un ovule et un spermatozoïde, mais certainement pas de la poussière. Finir poussière ? Oui là je veux bien : incinéré tu finis en poussière. Mais naître ? Sûrement pas. C'est comme la phrase qui dit : « Mes sincères condoléances » c'est vraiment stupide comme phrase. Une doléance c'est une demande, donc littéralement ça signifie :sincère demande à la con. C'est ridicule. (Voilà pourquoi tu détestais ce mot). Franchement, moi je n'aurais pas envie que les gens pleurent en écoutant ce genre de discours débile. C'est tout le contraire. Si on arrive à réunir autant de gens pour une seule et même personne alors autant en profiter pour faire la fête. Ne pleurez pas sur ma mort, c'est du temps de perdu et la vie est trop courte pour ça. Célébrez plutôt ma vie et la votre. »

Je m'en souviendrais. Même si je ne suis pas certaine que les gens aient vraiment le cœur à faire la fête lors d'un enterrement. Mais ton raisonnement est concevable, je l'admets. Il serait même plus logique. Mais beaucoup plus difficile psychologiquement. Sauf si l'on considère que la mort telle qu'on la connaît n'est qu'une étape. Le passage vers une autre destination du voyage. Ce qui est le cas dans certaines croyances et coutumes anciennes. Que l'on y crois ou pas c'est peut être une plus jolie manière de partir. Moins triste en tout cas.
Ce qui revient à ces mots là :

« ...Que leurs yeux soient grands ouverts 
Pour fêter mon enterrement
Père et mère, sœurs et frères 
Je vous aime puissamment 
N'adresser aucune prière 
Où que j'aille je vous attends 
La poussière 
Vit hors du temps
Il faut rester à la lumière 
Dansez, buvez en me berçant 
Que je vous aime en m'endormant... »

Daniel Balavoine.

Et bien évidemment tu as mis le Cd de Balavoine pour rentrer. Mais il y a une chose qui m'inquiète. Je sais que ta mère et toi c'était loin d'être une grande histoire d'amour mais c'est quand même ta mère. Tu viens d'assister à son enterrement et on dirait que tu t'en moque royalement. Tu n'en parle pas. Tu aurais passé une demie heure dans un magasin pendant que t'attendais dans la voiture ce serait pareil. Je n'aime pas ça. Je ne sais pas si tu es réellement insensible au décès de ta mère ou si tu vas m' exploser à la figure. Et te connaissant je pencherais pour la deuxième solution. Mettre ton nom et le mot insensible dans la même phrase ça n'a aucun sens. On verra une fois rentrées à l’hôtel comment tu réagis mais ce qui m'inquiète c'est plutôt le contre coup … dans quelques jours.
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Sam 28 Juil - 23:54
Le soir à l’hôtel

Demain ? Je commence à 9h. Ah mais c'est vrai que toi aussi. Cool, on est pas obligées de mettre le réveil à 6h30. Si j'ai des devoirs à faire ? Heu … oui mais rien d'urgent. Toi aussi tu as des copies à corriger donc on s'y colle. Super !! On a pas l'air stupides du tout, à faire nos devoirs chacune de notre coté dans une chambre d’hôtel. Si je racontais ça à quelqu'un je suis presque sure que l'on ne me croirait pas. Mais il va falloir que l'on ressorte si l' on veut manger. Ici il n'y a pas de cuisine donc c'est resto' ou salade. Et ce soir ce sera salade. Oui je sais, avec les crevettes, les tomates cerises, les toasts… quand je te dis que tu as des goûts de luxe. Je veux bien mais si tu veux des crevettes il faut aller au supermarché. Finir mes devoirs d'abord ? Oui oui.

…..

Ce que je fais ? Ben je prépare les assiettes. Tu veux quoi ? Il y a une bouteille de vin blanc ouverte dans le frigo ? Oui ,celle de la dernière fois. Ok, mais un seul verre. Le mélange avec tes médicaments c'est moyen quand même. Je veux bien comprendre que après t'être privée de beaucoup de choses pendant deux ans tu en a marre, mais ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi.
Tu me sourie ? Mais je n'ai rien dit. Tu recommences à me regarder comme si j'avais de la chantilly sur le nez… tu peux m'expliquer ?

Moi : «  Qu'est ce qu'il y a ?

- Rien de spécial. Je réfléchissais…

- Et à quoi s'il te plaît ?

- Je me disais que contrairement à ce que l'on pense, on a pas forcément besoin de grand chose pour être heureux. Regarde... Un toit sur la tête, à manger dans une assiette et les gens qu'on aime.

- T'essayes de me dire que ça te plaît les repas froids à l’hôtel ?

- Ben oui. En fait j'adore… pas toi ?

- Ah si si… mais dit moi.. ce que tu ne pouvais pas me dire il y a deux mois, j'ai le droit de savoir maintenant ?

- Ah ! Tu n'as pas oublié à ce que je vois.

- Non du tout. Alors ? Ton frère disait que tu devais me parler. Visiblement c'était important. Je t'écoute…

- Je sais mais… je ne suis pas certaine d'y arrivée.

- C'est si dure que cela ? Après toutes les conversations que l'on a eu, il y a encore quelque chose que tu n'arrives pas à me dire ?

- Oh oui ! Je n'arrive déjà pas à le dire, seule devant un miroir.

- Ce n'est pas à un miroir qu'il faut parler c'est à moi.(en éclatant de rire) »

Et le bisous sur la joue c'était pour ? Pour t'excuser de ne pas réussir à me parler ?  C'est pas grave. Je ne vais pas te mettre un couteau sous la gorge pour que tu me parles. Tu as dit toi même qu'il n'y avait pas d'urgence alors prends ton temps. On en reparlera plus tard. T'en fais pas, moi je n'oublierais pas.
Tu veux faire un Trivial ? Je veux bien mais avec quoi ? Il est dans ton coffre ? Heu… ton coffre c'est l'annexe de ton appart' ou quoi ? Le ballon de basket, le trivial, le sac pour l’hôpital (juste au cas ou), la réserve de tes médicaments, tout tes cours, plus mes affaires à moi, heureusement qu'il y a de la place. J'avoue que tu passes plus de temps ici que chez toi mais quand même…
Et je veux bien faire un Trivial mais sans les shooters. On est d'accord ? Alors donne moi les clés je vais le chercher.

Inutile de dire que j'ai encore perdue. Tu m'énerves ! Même quand tu réponds au hasard tu tombes sur la bonne réponse. « C'est la chance du condamné ». Ben voyons ! Plaisantes avec ça… imbécile ! Et puis quelque part on est tous condamnés, à plus ou moins brève échéance. Mais moi les jeux de hasard il ne faut surtout pas que je mise de l'argent. Mais toi tu peux puisque tu es en sursis. Mais c'est que tu en rigoles en plus. Ou alors tu viens de réaliser que tu aurais du mourir il y a plus d'un an. C'est nerveux ? Oui tu es là, là et bien vivante. Imprévisible, souriante, attachante, provocatrice à tes heures… en d'autres termes : l'emmerdeuse que je préfère.
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Si je pouvais - Page 3 Empty Re: Si je pouvais

Dim 29 Juil - 0:11
Le tournoi

Depuis un mois tu ne parles que de ton tournoi de Basket. Tous les soirs tu vas courir (sans moi), la dernière pizza que l'on a mangée, c'était au repas avec tes collègues. Les salades c'est sans crevettes parce que tu ne veux plus de mayonnaise. J'ai l'impression que tu prépares les jeux olympiques. Mais non, tu veux juste être au meilleur de ta forme, parce que le niveau est élevé. Je sais que ce tournoi est très important pour toi mais là, tu commences à me faire peur. Tu te comportes comme si toute ta vie dépendait de ce tournoi. Ce n'est qu'un sport, un jeu. Mais un sport que toi tu pratiques depuis l'age de 8 ans et le basket c'est toute ta vie.

Moi : «  Le tournoi c'est dimanche. Donc lundi midi on peut aller manger une pizza ?

- Ah oui oui. En revanche... oui le tournoi c'est dimanche, mais on part samedi en fin d'après midi. Le contrôle des licences est dimanche matin à 7H30 et vue la distance on part la veille. Le club à réservé l’hôtel pour tout le monde et on mange sur place le samedi soir.

- Tout le monde ? Votre équipe tu veux dire ?

- Oui, mais comme c'est des chambres individuelles, les conjoints viennent aussi. T'inquiètes pas tu ne seras pas toute seule dans les gradins. »

Pour être honnête ce n'est pas vraiment les gradins qui m'inquiètent. C'est juste que je n'ai aucune envie de revivre une scène comme celle du repas avec la prof de Français. En plus ça risque de t'énerver et ce n'est pas le bon moment. Si j'ai bien compris on a rendez vous sur le parking pour prendre un car samedi à 16h et on ne rentrera que dimanche soir, visiblement très tard. Oui, ben tu sais quoi ? Je ne vais pas rentrer chez mes parents à minuit pour me lever à 6h et toi rentrer à 1h du matin. On va faire plus simple, on va dormir à l’hôtel dimanche soir. On gagnera du temps pour aller en cours lundi matin.

Samedi 16h
Il y a beaucoup de monde je trouve. Je la gare ou la voiture ? Ok ! Donne moi ton sac je le prends, au moins j'aurais l'air de servir à quelque chose. J'ai déjà mon sac à dos ? Oui mais comme tu viens de le dire c'est un sac à dos donc j'ai mes deux mains de libre. Donne moi le sac.

Une joueuse : « - Ah bonjour ! Comment tu vas ? C'est génial que tu viennes avec nous, elle doit être super contente. »

Moi :  «  - Je vais bien merci. Moi aussi je suis contente de venir. Même si je suis un peu mal à l'aise. »

La joueuse : « Pfff… n'importe quoi ! C'est pour elle que tu viens non ? Alors ne t'occupes pas de ce que pensent les autres. Et en plus tu lui portes son sac . Pourquoi je n'ai pas un mec comme ça moi ? »

Toi : «  Ça va ? Ah oui ! C'est vrai que vous vous connaissez. »

La joueuse : « Ben oui ! Ça fait plus de 15 ans que l'on joue ensemble et c'est bien la première fois que je te vois aussi affectueuse avec quelqu'un. Je ne risquais pas de l'oublier. »

Toi : « Cherche pas à comprendre. On y va ? »

Et bien visiblement il n'y a pas que ton frère que tu as choqué en me prenant dans tes bras. 15 ans que tu joues avec elle et je suis la première ? Rien qu'en sport, combien de fois j'ai pris une copine dans mes bras parce que l'on venait de marquer un super point ? Mais toi non ? L'abandon de tes parents explique peut être le fait que tu n'aies jamais voulue t'attacher a quelqu'un. Ne pas s'attacher pour ne pas risquer de le perdre. C'est bien ta philosophie ? Et depuis que tu sais ce qui t'attends j'imagine que c'est devenu encore pire. Mais alors pourquoi moi ? Non pas que ça me dérange, bien au contraire, mais j'ai du mal à comprendre. Ce qui est marrant c'est que j'ai l'impression qu'elles seraient presque jalouses. En même temps je peux comprendre. Elles te connaissent depuis 15 ans et tu n'as jamais eu aucune marque d'affection envers elles. Moi je débarque de nul part et tu me prends dans tes bras, tu me portes et tu me fais un bisous au milieu d'un terrain de basket. Mets toi à leur place, il y a de quoi être surprise.
Je sais que toi et moi c'est particulier. Ce lien qui nous unies est inexplicable. La différence entre moi et tous les autres c'est qu'avec moi tu agis à l'instinct, tu ne réfléchies pas. Mais j'avoue que vue de l’extérieur ça doit paraître un peu étrange.

Arrivés à l’hôtel, tout le monde monte s'installer dans sa chambre. Bien sur ce sont toutes des chambres doubles. Quel est le problème ? Pour moi aucun. Mais je pense que le reste de ton équipe se doute que je ne vais pas dormir par terre. Et alors ? Alors… rien… t'as raison, c'est tout à fait normal. Mais j'ai l'impression que pour toi ça l'est en fait. Je suis la seule à me demander ce que les autres vont imaginer ? Peut être… Ou alors tu le sais aussi, mais tu t'en moque. Et te connaissant.. tu t'en moque complètement.
Tu as bien été capable de m'embrasser le soir de la fête du lycée, juste pour énerver ma prof de Français, alors je pense que tu n'es pas à ça près. D'ailleurs entre ce que ton frère m'a dit il y a quelques mois et ce que ta partenaire à dit toute à l'heure … c'était vraiment uniquement pour l'énerver ? Ou tu l'a fait en pensant à l'éventualité que tu ne t'en sortirais peut être pas ?

On nous attend pour descendre manger ? Oui j'arrive.
Le repas était plutôt sympa. Les conjoints ne se connaissent pas entre eux et rapidement on s'est retrouvés à se demander les uns aux autres : « T'es venu avec qui ? »
Réponse : « Je suis le mari du N° 6 »
Et c'est de cette façon, que pour un week-end, je suis devenue 'la copine du N° 9'.
De retour dans notre chambre tu as eu une réaction à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Une de plus.

Toi : « - Dit donc, tu n'as pas une dissertation de philo à rendre lundi toi ?

- Heu ...si...mais… tu lis mon agenda pendant que je dors ou quoi ?

- Pas du tout. Et donc ? Tu comptes la faire quand ? Dimanche soir en rentrant à minuit ?

- Ben.. j'en sais rien en fait. Dans le car en rentrant…

- Tu plaisantes ? Il est 22h, alors action ! »

Je crois que ce n'est pas la peine que je discute. Tu ne vas pas me lâcher. Le pire c'est que demain matin tu vas vouloir la lire. Mais un jour il faudra quand même que tu 'expliques comment tu fais pour savoir ce que j'ai à faire comme devoirs. La philo ce n'est pas vraiment ta matière. Tu payes un informateur ou quoi ? Bon ok je bosse, mais toi tu vas te coucher, tu dois être en forme demain.

…….


Il est 1h du matin et j'ai enfin terminé cette dissertation. Et le réveil sonne à ? Tu as dit quoi déjà ? Ah oui, 6h. Je crois que la nuit va être courte. Je vais aller me changer et me mettre au lit en essayant de ne pas te réveiller.

Toi : « - Il est quelle heure ?

- Oh la vache ! Tu m'as fait peur. Il est 1h du mat'. Mais tu ne dors pas ?

- Non. T'as finie ta dissert' ?

- Oui elle est faite. Mais pourquoi tu ne dors pas ? J'ai fait du bruit ? Ou c'est le stress du tournoi de demain ?

- Ni l'un, ni l'autre. Mais la nuit va être courte alors dors. »

Tu t'es blottie dans mes bras et l' on s'est endormies….
Un peu dur le réveil à 6h. Pour moi surtout parce que toi, un vrai bulldozer. En 15 minutes ce n'était plus une chambre c'était un véritable champ de bataille. Et moi je fonctionne au radar. Il faut descendre, le petit déjeuner nous attend en bas. Heu… oui oui je m'habille, j'arrive. Non, c'est bon je suis debout ! Quoi ? Répète moi ça une fois que j'aurais bu mon café s'il te plaît.

Toi : « - Ne te vexes pas. Tant qu'elle n'a pas bu son café ce n'est même pas la peine de lui parler. »

Une joueuse : « - Ah d'accord ! Ben t'as l'habitude on dirait »

Toi : « - Presque deux ans de pratique, oui je commence à avoir l'habitude »

Ce n'est parce que je ne réponds pas que je n'entends pas. Tu réalises ce que tu viens de dire là ?  Bon en même temps ça à plutôt l'air de les faire rire. Je rêve ou c'est moi qui fait attraction ce matin ? Je veux juste boire mon café tranquillement.

C'est l'heure ? Vous devez aller aux vestiaires. Nous on va aller se trouver des places en bas des gradins, de cette façon vous ne serez pas trop loin. Mais attends une seconde. Ne te sauves pas. Tu n'aurais pas oublié quelque chose ? Je ne suis pas réveillée c'est vrai mais j' ai ton injection dans ma poche. Tu croyais pouvoir y échapper ? Gardez moi une place, je reviens…

…..

C'est à quelle heure le premier match ? 8H30. Ah ben on a le temps. Normal il y a le contrôle des licences, et ensuite les joueuses vont s'échauffer sur le terrain. Oui c'est logique mais désolée moi c'est la première fois que je viens. Au fait ! C'est qui le capitaine de l'équipe ? Quoi ? Qu'est ce que j'ai dit de drôle ? Le N°9. Ah d'accord… Je comprends mieux pourquoi je vous ai fait rire. Cela dit je ne suis pas vraiment surprise. Et ça explique peut être pourquoi tu t'es mise autant de pression ces dernières semaines. Tu es venue ici pour gagner et rien d'autre.

« Si elles vont jusqu'en finale, il y a 6 matchs à jouer. Donc elle ne jouera pas les deux premières périodes il faut s'économiser »

S économiser ? Depuis quand tu sais comment on écrit ce mot là toi ? C'est surtout que l’entraîneur ne te laisse pas le choix. Il a raison, avec toi c'est la seule chose qui fonctionne : ne pas te laisser le choix.
Et c'est parti : premier match. Ah... ça t'énerve d'être assise à regarder les autres jouer, je le voit d'ici. Mais arrête de te retourner toutes les trente secondes pour me regarder, je vais bien. Mes voisins sont sympa, tout va bien. Mais toi tu vas te faire un torticolis.

La mi temps est terminée. Vous menez de tout juste 3 points, maintenant c'est à toi de jouer. Tu te prépare pour l'entre deux. Quoi ? Le clin d’œil ? Oui j'ai vue. Je sais qu'il était pour moi, mais qu'est ce qui vous choque ? Et voilà.. 3 points de plus. Récupère moi ce ballon, allez… voilà c'est bien.
Passe décisive et hop.. dans le panier. Génial !
Et bien voilà, ce n'était pas si compliqué, vous avez gagné. Tu as l'air essoufflée, tu vas bien ?

Toi : «-  Je vais très bien. Le prochain match va être un peu plus difficile et les autres encore pire.

- C'est bien ce qui me fait peur.

- Peur de quoi ? Ce n'est pas le premier tournoi que je fais, je sais gérer.

- Gérer ? Sans réfléchir et rentrer dans le tas jusqu'à tomber par terre. Tu appelles ça gérer toi ? »

Une joueuse : « Heu… je ne voudrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas mais elle n'a pas tout à fait tort. On a besoin de toi pour la finale alors vas y doucement. Rappelle toi le match de XXXX »

Moi : « - Il s'est passé quoi lors de ce match ? Tu m'expliques ?

- Plus tard. Ce n'est pas vraiment le moment. Et il y en a qui ferait mieux de se taire... »

Je vois. Il ne vaut mieux pas que je le saches visiblement. Vous avez trente minutes de pause avant le prochain match. Tu veux sortir prendre l'air ? Oui si tu veux, on y va. C'est bruyant dans la salle c'est vrai. T'as mal à la tête ? Non pas pour le moment. Sauf que mon petit doigt me dit que même si c'était le cas tu ne me le dirais pas. En clair je vais devoir observer tout tes faits et gestes parce que tu ne diras rien.

Assises par terre sur le parking on a l'air de deux SDF. Ça change du parking du lycée ? Oui mais c'est toujours un parking. A croire qu'on les aime… Qu'est ce que tu regardes dans le ciel ? Il va pleuvoir ? Oui probable. En même temps on est au mois de Novembre donc ce n'est pas forcément illogique. Il pourrait neiger. On y retourne ?
On avait disparues ? Ah non non, juste dehors. On faisait quoi ? Ben rien de spécial, juste prendre l'air. C'est quoi ces questions stupides ? Je retourne m'asseoir dans les gradins, et toi concentre toi sur le match.

Je sais que tu ne joues que les deux dernières périodes mais c'est le terrain qu'il faut regarder pas moi. Tu n'es pas censée analyser le jeu de l'adversaire au lieu de regarder ce que je fais ? Et vue le coup de coude que l’entraîneur vient te de donner je ne suis pas la seule à le penser. Continue comme ça et je sors de la salle. A la mi temps je vais descendre t'expliquer comment ça marche.

Moi : « A quoi tu joues ? Concentre toi sur le match au lieu de te retourner toutes les trente secondes pour regarder ce que je fais moi.

- C'est juste que je sais que tu connais personne. Je me doute que tu n'es pas très à l'aise alors je veux être sure que tout va bien. Je ne veux pas que tu t'ennuies.

- Je vais très bien et ils sont très sympa. Mais moi je suis venue pour te voir gagner alors concentre toi et ne t'occupes pas de moi. Tu te retournes encore une fois et je sors de cette salle. C'est compris ? Et tu sais que je suis capable de le faire. »

Tu m'as prise dans tes bras (une fois de plus) et j'ai eu droit à mon bisous sur la joue. Pour quelle raison ? Aucune idée.

Mon voisin : « - Et bien tu y vas fort avec elle. Mais on dirait que ça marche. Cela dit tu as raison elle doit être a 200 % de ses capacités si elle veut gagner ce tournoi. Si elles vont jusqu'en finale elles vont tomber sur les tenantes du titre et le match va être très difficile. Elles ont leurs chances… mais pas sans elle.

- Il n'y aucune raison pour qu'elle ne joue pas la finale.

- Il y a deux ans, en théorie il n'y en avait pas non plus. Pourtant elle s'était tellement épuisée sur les matchs précédents qu'elle n'a pas pu jouer la finale et elles ont perdues. »

Ah ! Et bien je comprends mieux les joggings du soir et le reste. Mais pourquoi tu ne me l'a pas dit ? Laisse tomber, je sais pourquoi. J'ai déjà suffisamment la trouille de ce qui pourrait arriver sur le terrain,  tu ne voulais pas en rajouter. Je ne peux pas t'en vouloir et je vais faire comme si je n'avais rien entendue. Mais crois moi si je te dis que je vais te surveiller de près, de très près.

Commence déjà par gagner ce match, parce que la finale on y est pas encore. Voilà qui est fait. Vous êtes qualifiées pour les huitièmes de finale. Mais tu ne la joueras pas. Hein ? Pourquoi ? Parce qu'elles n'ont pas besoin de toi. Vous connaissez bien l'équipe et leurs points faibles. Vous n'avez jamais perdues contre elles. Oui peut être, mais elles sont quand même arrivées en huitième et je ne pense pas qu'elles aient volées leur place. Mais c'est l’entraîneur qui décide. Tu ne joueras pas, au pire uniquement la dernière période, si vraiment c'est nécessaire. Dans un sens ce n'est peut être pas plus mal, il faut que tu récupères un peu. Tu ne veux pas manger quelque chose ? Comment ça tu n'as pas très faim ? Je m'en moque, tu dois manger quelque chose. Et puis moi je commence à avoir faim et je n'ai pas envie de manger toute seule … Que je t'attendes ici pendant que tu vas acheter à manger ? Heu.. oui si tu veux. Et bien sure c'est toi qui paye…. Grrr… tu m'énerves !

Mon voisin : «  - Tu ne vas pas avec elle ? Tu veux manger quoi ? Il y a pas mal de choix..

- Elle n'a pas besoin de moi, elle sait très bien ce que je mange. Elle ne veut pas que je l'accompagne pour que je ne vois pas les prix. Je le sais, je commence à la connaître.

- On dirait oui ! Et c'est plus que réciproque visiblement. Si je devais choisir un plat pour ma femme j'aurai une chance sur deux de me planter. (rires) »

Mais c'est quoi ces mecs qui ne connaissent rien de leur femmes ? Vous n'écoutez rien quand elles vous parlent ?  On dit que l'on ne retiens que ce qui nous intéresse. J'en conclue que ces hommes ne s' intéressent pas à leurs femmes. Espérerons qu'ils ne soient pas tous comme ça . C'est vrai que je sais ce que tu aimes et ce que tu n'aimes pas. L'inverse est également vrai mais on passe la plupart de notre temps ensemble depuis 3 ans alors c'est peut être un peu normal. C'est l'inverse qui serait surprenant non ?

Ce que je mange ? Saumon fumé, crudités. Comment ça j'ai des goûts de luxe ? Ah ben les goûts de luxe c'est de sa faute. Entre les restaurants et les hôtels 4 étoiles, on s'y habitue vite.

Mon voisin : « Ah ouai carrément ? Restaurant 4 étoiles? Elle nous avait caché ça. J'ai du mal à l'imaginer autrement que dans un  jean ou sur un terrain de basket. Mais ça fait longtemps que vous êtes ensemble ?
- N'essaye pas d'imaginer, tu seras très loin de la réalité. Et ça fait 3 ans que l'on se connaît. On s'est rencontrées quand j'étais en seconde.

- En seconde ? Mais tu as quel age ?

- Ben 19 ans pourquoi ?

- Ah m**** ! Je pensais plus. Mais… tu es toujours au lycée ?

- Ben oui, en terminale S.

- Ah ben je comprends mieux pourquoi elle t'a aussi bien cachée. »

Comprendre quoi ? Pourquoi cachée ? Je ne vois pas le rapport. On a 8 ans d'écart c'est vrai, mais quel est le problème ? Personnellement les années d'écart, il y a bien longtemps que je ne m'en rend plus compte. Tout comme le fait que tu es prof et moi élève. Moi ce n'est pas ce qui me vient à l'esprit en premier mais bizarrement il y a toujours un imbécile pour nous le balancer en pleine poire. C'est censé être un obstacle ? 8 ans, prof- élève... à cause de ces détails on est pas censées se parler, ni se voir et encore moins dormir dans la même chambre d’hôtel.  C'est ça ? Mais je les emmerdes ! Moi je suis très bien avec toi. Ma vie me plaît comme elle est et je n'échangerais ma place pour rien au monde.

J'ai même dit à mes parents que ce week-end j'allais voir jouer mon ancienne prof de maths à un tournoi de basket. Bon d'accord, j'ai dit que j'y allais avec des amis. Mais ce n'est pas complètement faux. Et puis il fallait bien que j'explique pourquoi je ne rentrais pas du week-end. Mes parents sont cool mais ce n'est pas un hôtel non plus. Ils veulent quand même savoir ce que je fais, ou je vais et avec qui. Ce qui me paraît normal.
Je voudrais bien pouvoir tout leur expliquer. Leur dire que je passe le plus clair de mon temps seule avec toi mais eux aussi ils vont bloquer sur le '8 ans, prof-élève' et je n'ai aucune envie de me disputer avec eux. Et puis il s'est passé tellement de choses en 3 ans que je ne saurais même pas par ou commencer. Alors j'évite de leur mentir, parce que je n'aime pas ça, mais je me contente du minimum.

……

A quoi je pense ? Rien de spécial. Tu dois retourner t'échauffer ? Alors vas y… tu attends quoi ? Il me vient une idée. Pour une fois c'est moi qui vais jouer. Puisque ça les choque tant que ça, on va rire deux minutes.

Moi : « - Attends ! Je peux avoir un bisous avant que tu redescendes ? »

Ahhhhh…. Je l'ai eu. Mais je me suis faite avoir à mon propre jeu. Si je ne me trompe pas, la dernière fois que tu as fait ça je t'ai demandé de me prévenir la prochaine fois. Et là je n'ose plus bouger, je n'ose pas me retourner et toi ça te fais rire… Quand je dis que tu es cinglée… Allez… va jouer. Et gagne !

Je m'attendais à différents commentaires de la part de mes voisins... mais non. Comme si d'un seul coup ils n'étaient plus surpris. Là, je ne comprends plus rien. En fait il n'y a que moi que tu as prise au dépourvu. Tout le monde le voit et tout le monde rigole. Un peu comme ce matin au petit déjeuner, c'est moi qui fait attraction. Au moins vous trouvez ça drôle, ça pourrait être pire.

…….


Les quarts de finale. Cette fois ci on attaque la dernière ligne droite. Ne te déconcentre pas. C'est maintenant qu'il faut tout donner.
Et rien qu'en regardant les premières minutes du match je comprends que la bataille va être beaucoup plus serrée. Du bord du terrain tu commences à t'énerver. Tu hurles après ton équipe parce qu'elles ne font pas ce que tu veux. Et vous êtes menées de 8 points à la fin de la première période. Ohhh… redescends d'un cran c'est mauvais pour ta tension. 8 points ce n'est pas dramatique non plus. Mais mon voisin m'explique que plus l'écart sera grand à la fin de la deuxième période et plus il sera difficile de les rattraper. Logique en fin de compte. Mais hurler ? Non seulement ce n'est pas dans tes habitudes et je ne suis pas certaine que ça serve à grand-chose. Tu te retournes vers moi comme pour me dire : « ne t'inquiètes pas je sais ce que je fais ». Et bien je l'espère. Du regard je te demandes ce que tu fais et pour toute réponse j'ai droit à un grand sourire.

Enfin la mi temps et toujours 8 points d'écart. Tu réunis l'équipe pour leur parler. Cette fois tu ne hurles plus, tu leur parle. Ben voilà c'est nettement mieux. Qu'est ce qui t'as pris de leur hurler dessus de cette façon ?
Le match va reprendre dans 3 minutes, qu'est ce que tu viens faire dans les gradins ?

Toi : « Ça fait partie du jeu. Parfois il faut hausser le ton pour motiver les troupes.Maintenant c'est  à moi de jouer. Et je vais devoir assurer »

Si tu le dis. Excuse moi, mais venant de toi je suis surprise. Je ne t'ai jamais vu t'énerver après un élève en cours.Un simple regard suffisait.  Et pourtant parfois il y aurait eu de quoi. Mais là… personnellement je n'aurais pas voulue être en face.
Troisième période : Le ballon tourne entre vous à une telle vitesse que je n'arrive pas à le suivre. La défense adverse est dans le vent… et les paniers s’enchaînent. Plus que 2 points d écart. Je ne connaissais rien au basket mais là je commence à comprendre. Un dribble, une feinte, une passe et.. dans le panier.
Vous avez remporté le match avec 6 points d'avance. Franchement, félicitations ! Je ne sais pas ce que tu leur à dit à la mi temps mais visiblement c'est plus efficace qu'un coup de pied au cul.

On a le temps d'aller boire un café parce que la demie finale c'est à 18h, la finale à 20h et la remise des coupes c'est 22H. Je comprends mieux pourquoi tu disais qu'on allait pas rentrer de bonne heure. Bon je vais me rendre utile. Je vais au bar chercher les cafés pour tout le monde, je prends un plateau. Café pour tout le monde ?

Et voilà… servez vous ! Sauf… celui là. Ce gobelet là c'est le tient, c'est ton chocolat. Qu'est ce que j'ai encore fait ? C'est juste un chocolat. Laisse moi deviner… ils ne sont pas au courant que tu n'as plus le droit au café ? Je vois… Et pour ne pas avoir à te justifier tu vas nous chercher des desserts. Pourquoi tu ne m'as pas demandé si je voulais tarte aux pommes ou aux framboises ? Et bien tout simplement parce que ça aussi tu connais la réponse. Désolée, mais moi je n'ai pas besoin de préciser. Elle sait.

Motivées pour la demie finale ? C'est l'heure.

……

Bizarrement la demie finale n'était presque qu'une formalité. Le match de quart était beaucoup plus difficile. En revanche, la finale sera une toute autre histoire… Tu leur a dit quoi déjà ? Ah oui !
« Il va falloir s'arracher les tripes ».
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Dim 29 Juil - 22:47
La finale

C 'est ce que tu voulais ? Te retrouver en finale ? Et bien voilà on y est. Je te sent stressée, c'est quoi le problème ? Oui je vois bien que tu essayes de me dire quelque chose mais il y a 15m entre toi et

moi alors excuse moi mais je ne comprends strictement rien. A droite ? Qu'est ce qu 'il y a à droite ? Heu… c'est quoi ce golgoth ? Elle s'est trompée de salle cette là, le rugby ce n'est pas ici. C'est une armoire à glace. Et tu dois jouer en face ? Là, on va avoir un problème. Elle doit faire une tête de plus que toi et je pense que si tu passes derrière, tu disparais. Je comprends mieux pourquoi tu stresses.

Bien sure cette fois ci l'entre deux c'est pas toi qui récupères la balle. Va falloir aller la chercher. Mais c'est compliqué. Même en possession du ballon une fois sous le panneau vous tomber sur un os. La défense adverse est un véritable mur. Et vue les gabarits vous n'avez aucune possibilité. Résultat c'est fautes sur fautes des deux cotés. A la fin de la première période vous êtes menées 14 à 11. Mais c'est juste un rapport de force. Physiquement vous ne faite pas le poids. Et les points sont dus uniquement aux lancers francs. Mais c'est bien toi qui répète tout le temps que l'on ne gagne pas un match aux lancers francs. Essayer de passer en dessous ? Essaye mais c'est compliqué. Elles font blocs sous le panneau et vous n'avez pas toute la journée. D'ailleurs la situation est complètement bloquée ça ne rentre ni d'un coté ni de l'autre. Et vous avez de la chance que techniquement elles ont échouées sur pas mal de paniers. Des paniers faciles en plus. Enfin facile à leur niveau moi j'en serais incapable.
Écarte le jeu, balade les, fait tourner le ballon. Elles monopolisent le panneau c'est vrai alors shoot de l’extérieur. Non ! N'essaye pas de rentrer dans la raquette tu ne passeras jamais. Voilà… boom le parquet et la glissade.. T'es têtue comme une mule. Tu veux faire quoi là ? Passer à travers un hippopotame ? Je sais que ça t'énerves. Techniquement vous êtes meilleures et tu le sais, mais vous ne gagnerez jamais comme ça. Regarde… vous êtes 10 dans 12m², pourtant ce n'est pas la place qui manque. Recule ! Mais c'est pas vrai ! Tu ne le vois pas ou quoi ? Écarte ce jeu et shoot en dehors de la raquette.

Mon voisin : «  Qu'est ce tu racontes ? Tu t'énerves toute seule ?

- Oui je m'énerve. Elles s'évertuent à vouloir contrer sous le panneau. T'as vue les gabarits ? C'est impossible. Le seul moyen de marquer c'est d'écarter le jeu et de les balader. Regarde... elles sont toutes les unes contre les autres. Il y a plein de place à l’extérieur de la raquette. C'est flagrant d'ici.

- Maintenant que tu le dis. Oui c'est vrai. Mais nous on le voit parce qu'on est en hauteur et pas au milieu du terrain. Elles ne le voient pas.

- Et il faut faire quoi pour qu 'elles le voient ? T'as vue la violence des contres ? A ce rythme là il va y avoir des blessés. Le parquet va être propre mais ce n'est pas vraiment le but du jeu.

- Ben de là ou l'on est on ne peut pas vraiment faire grand-chose. A part lui faire des signes en espérant qu'elle comprenne. Mais comme tu lui a dit de rester concentrer et de ne pas te regarder…

- Ben je ne pouvais pas deviner. Mais il va falloir trouver une solution. Parce que personnellement je n'ai aucune envie de lui dire ce soir, une fois qu'elle auront perdues : on avait la solution mais on ne savait pas comment vous le dire. Je pense que si je je lui dit ça elle me fait la gueule pendant une semaine.

- Seulement une semaine ? Ben dit toi que t'as de la chance. »

On est arrivés à la mi temps et le score est de 26 à 22. On va perdre si on ne fait rien. Regarde moi ! C'est ça. Arrête de me sourire et essaye de comprendre ce que j'essaye de te dire. Oui bon les mimes c'est pas mon fort. Évidemment tu n'as rien compris. Pourquoi tu te masses l'épaule droite ? Tu t'es fait mal ? A force d'essuyer le parquet ce ne serait pas surprenant.

Il reste deux quart temps pour gagner. C'est maintenant ou jamais. Et visiblement vous n'avez toujours pas compris. Arrête de t'acharner tu ne passeras jamais la défense de cette façon. Lancers francs… encore. Écarte ce jeu, il faut marquer à deux. Fait les courir ...et après tir. Ce que j'ai dit ? J'ai dit : « Écarte ce jeu, il faut marquer à deux. Fait les courir et après tir » Pourquoi ?

Mon voisin et moi : « Écarte ce jeu, il faut marquer à deux. Fait les courir et après tir »

A dix : « Écarte ce jeu, il faut marquer à deux. Fait les courir et après tir »

Les deux rangées derrière nous : « Écarte ce jeu, il faut marquer à deux. Fait les courir et après tir »

La moitié des gradins à repris cette phrase et enfin vous avez finies par entendre. Ah ! Quand même tu me regardes ? Oui. Écarte le jeu. Tu ne comprends pas ? Fait nous confiance. Le capitaine c'est toi alors guide les à la victoire. Fait les courir, balade les… allez…

Voilà c'est ça. Encore… relance. Droite , gauche, au centre, droite, gauche… c'est ça. Allez shoot ! Et voilà ! 3 points. Encore… continue… Et hop !! dans le panier. Tu commences à comprendre ? Ah maintenant tu rigoles. Alors vas y montre leur ce que vous savez faire.  Épuisez les. Cassez leur le moral. Du milieu de terrain ? Ben tente le… et ça rentre. Voilà comment on gagne une finale de basket. Quand tu ne sais pas tu demandes…. Je rigoles.

Score finale ? 42 à 31 pour vous bien sure. Oui t'as gagnée. Tu l'as ton titre. Le match est fini. Le cri de victoire de l'équipe…J'adore.  Mais qu'est ce que tu fais ? Tu réclames le ballon. Le clin d’œil je l'ai vu mais tu veux faire quoi avec ce ballon ? Ah j'ai compris. Du cercle central, dos au panier. Je sais que tu peux le rentrer je t'ai déjà vue faire… au bord de la mer. Mais là…. T'es sure ? Ok je m'incline. Il est rentré. Bravo ! Tu entends la salle ? Les applaudissements ? Tu sais qu'ils sont pour vous, pour toi ? Oui regarde les gradins. Qu'est ce tu fais ? T'observes les gradins comme si tu les voyait pour la dernière fois. Jouer devant un public ce n'est pourtant pas la première fois. On dirait presque que ça t’impressionne. Tu comptes rester sur le terrain ? Il faut que je descende te chercher ou quoi ?

C'est bon tu m'as vue ? Ahhhh … oui, je confirme tu m'as vue. Tu vas encore les choquer. Arrêtes s'il te plaît… tu vas me faire vomir.  Ouuu … merci pour le tour de manège. Ça te prends souvent ?

Toi : «  On a gagné !

- Oui j'ai vu. Félicitations ! Jolis paniers.

- Non ce que je veux dire c'est que ON a gagné. C'est grâce à toi.

- Moi je n'ai pas mis un seul panier, j'en serais bien incapable.

- T'as fait bien plus. Ce que vous avez crié… c'était toi n'est ce pas ?

- Je n'allais pas te regarder perdre, bêtement sans rien faire.


- Merci. Je voulais vraiment cette victoire et tu ne sauras sans doute jamais à quel point elle compte pour moi. »

Effectivement je ne le saurais sans doute jamais. Mais je compte sur toi pour m'expliquer. Maintenant c'est direction les vestiaires, une bonne douche vous feras du bien. Et il faut vous changer pour la remise des coupes. Oui je sais que la coupe en elle même tu t'en moque. Toi ce qui te plaît c'est ce qu'elle représente. Mais c'est à toi de la tenir pour l'équipe. En plus écoute… tu reconnais la musique ? C'est le générique de Star Wars. A croire que c'est fait exprès même si j'en doute.

C'était vraiment une super journée. Regretter d'être venue ? Ah non ce serait plutôt le contraire. C'était génial. Riche en adrénaline et en émotion. Moi je suis crevée, alors toi je n'ose même pas imaginée. J'en connais une qui va bien dormir cette nuit.
Le car nous attend, on a de la route à faire. Trois minutes plus tard tu dormais sur mon épaule.
Arrivé au club, on a dit au revoir rapidement à tout le monde et on a repris la voiture. Arrivées à l’hôtel il était déjà presque 1H30 et dans moins de 5h il faut se relever pour aller au lycée. Il va être dur le réveil, et je ne parle même pas de la journée qui nous attend.
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Dim 29 Juil - 22:55
/ je pensais sincèrement que plus je m'approcherais de la fin plus il me serait difficile d'écrire. Il s'est passé exactement le contraire. Une fois arrivée sur un événement bien particulier il m'a été impossible de m'arrêter. Résultat? Le chapitre 4 est terminé. Seules les dernières pages ont étés vraiment difficiles. A force de pleurer je ne voyait plus l'écran. Il reste donc une centaine de pages à poster. Je vais les poster à raison de 3 morceaux par jour. Si vous en voulez plus, à vous de me le dire./
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Dim 29 Juil - 22:59
En décembre

On est déjà au mois de décembre. Je n'ai pas vue les semaines passées. Ton épaule va beaucoup mieux. Ah oui ! Parce que j'avais raison, tu t'es effectivement blessée lors du tournoi mais tu t'es bien gardée de me le dire. Sauf que je ne suis pas stupide, je le voit quand tu as mal. Résultat on a terminées un soir à la maison médicale. Et on est ressortie avec une ordonnance pour une pommade et des antalgiques. Pour les antalgiques, tu vas me dire que t'avais de la réserve, mais au moins la pommade t'as quand même bien soulagée. Rien de méchant, mais une déchirure musculaire c'est gênant.

Quand je repense à nos têtes le lendemain, je me demande encore comment tu as réussie à faire cours. Personnellement je crois que je me suis endormie en cours de philo. Le pire c'est que le prof ne m'a même pas réveillée. Mais j'ai rendu ma dissertation.

Mercredi c'est le jour du tour de manège. Ne t'en fais pas je n'ai pas oublié. Et tu veux passer voir ton frère après ? Ben oui si tu veux, ça fait un petit moment qu'on ne l'a pas vu.

….

Mercredi :

Ton frère : «  Hey.. salut les filles ! Alors tout va bien ? »

Toi : « - Ah oui oui ! Très bien. Plus que bien même...

-  C'est vrai. Vous avez l'air en forme je suis content. Et toi ? Ton épaule ça va mieux ?

-  Ben, avec la crème que le médecin m'a donné, oui ça va . Je ne sent presque plus rien.

- Je croyais que tu ne voulais pas aller chez le médecin ?

- C'était le cas, jusqu'à ce qu'elle me traîne de force à la maison médicale un soir.

- Pffff… je peux rire ? Je t'avais prévenue. J'ai un peu de temps là, je vous invite à boire un truc ? »


Avec plaisir. Ce que l'on fait pour les fêtes ? Ah oui c'est vrai que Noël c'est dans 3 semaines. Personnellement Noël je le passe avec ma famille et je suppose que toi tu vas chez ton frère, comme tous les ans. Normal, j'ai envie de te dire. Et Nouvel An ? Alors là… pas encore réfléchie. Comment ça on est pas là ? Qui ça on ?

« Le 'On ' c'est toi et moi !».

D'accord j'ai compris, ne te fâches pas. Mais tu pourrais m'expliquer parce que j'ai du rater quelque chose. En fait je n'ai rien louper, c'est juste que tu ne m'a rien dit. Et bien ravie de l'apprendre. D'un coté ça me rassure. Et donc ? On est pas là, et on est ou ? Surprise !!! Forcément. Suis je bête ! Tu me diras quand est ce qu'on part quand même s'il te plaît, histoire que je prévienne mes parents. Ben oui, excuse moi mais j'habite encore chez eux. Pour le peu que je dors chez eux t'as tendance à l' oublier ? Ben je te rassures, parfois moi aussi. Mais légalement, c'est quand même le cas. En y réfléchissant c'est vrai qu'a part le jeudi, le samedi et le dimanche soir c'est les seuls jours où je dors chez mes parents.

Ton frère : «  Mais tu dors où le reste de la semaine ?

- Heu… ne me dit pas que tu n'as rien dit à ton frère ? Je te laisse lui expliquer ? 

- M'expliquer quoi ? »

Toi : «  Depuis le traitement l'année dernière je loue une chambre d’hôtel juste à coté du lycée. C'était trop fatiguant de faire la route, et à cause des effets secondaires elle restait avec moi parce que la nuit j'étais malade à crever.

- A ce point là ? Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ? Je serais venu t'aider.

- Tu as une femme je te rappelle. Je ne suis pas sure qu'elle aurait acceptée que tu découches toutes les semaines en plus de ton boulot.

- Et donc ?  Si je comprends bien c'est toi qui t'ai occupée de ma sœur la nuit aussi ? En plus du lycée... »

Moi : « - Ben oui. Évidemment. Je ne pouvais pas la laisser seule c'était beaucoup trop risqué.

- D'accord. Mais maintenant tout va bien ?

- Ah oui oui ! Tout va très bien.

- Mais vous dormez toujours à l’hôtel ? Je ne vais pas poser de questions, je crois que cela ne me regarde pas. »

Toi : « - Voilà c'est ça tu as tout compris. Bon... nous on va peut être y aller, parce que si on veut
manger ce soir il faudrait peut être faire les courses. »

Ne me demandes pas pourquoi ton frère à éclaté de rires… je n'en ai aucune idée. Parce qu'il n'a pas l'habitude que tu fasses les courses ? A t'entendre il serait surpris de savoir que tu me prépares le petit déjeuner alors peut être que les courses ce n'est pas ton truc non plus. Mais moi j'aime bien faire les courses avec toi, c'est drôle. Tu veux un truc, tu vas direct dans le rayon et tu le mets dans le caddy. L'avantage c'est que l'on ne tourne pas en rond pendant trois heures. A l'entrée du magasin tu ne sais pas ce que tu viens acheter mais au final tu finis toujours par trouver. Ça me fait rire. Et donc tu veux manger quoi ce soir ? Évidemment tu n'en sais rien, tu y réfléchiras quand on sera dans le supermarché. La plupart des gens font ce que l'on appelle une liste de courses mais toi tu ne sais même pas ce que c'est. C'est comme tout le reste, à l'envie, à l'instinct… Plus spontanée je crois que ça n'existe pas.
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Dim 29 Juil - 23:11
Les fêtes

A midi c'est les vacances scolaires. Et ce week-end c'est déjà le réveillon de noël. Les bacs blancs ? Au retour des vacances. Ah non ! Je te vois venir. Tu n'as pas l'intention de me faire bosser toutes les vacances ? Non. Juste le matin ? Super ! Je suis heureuse. Si je préfère t'emmener à l’hôpital ? Très drôle ! Tenir la cuvette ou t'emmener sous la douche ? Non, non plus. T'as mangé un clown ? C'est bon j'ai compris. Oui je vais réviser, mais tu vas faire quoi pendant ce temps là ? T'as repéré plusieurs films dans mes étagères. Je vois. En gros tu as réponse à tout. Tel que je te connais tu es même capable de m'avoir préparé un planning de révisions (J'avais raison).
Tu vas directement chez ton frère je pense ? Ok. On se voit mardi matin ? 8H chez mes parents ? Oui pas de problème. Je préparerais le petit déjeuner.

…..

Les fiches de philo, les exercices de physique, la biologie… et demain c'est quoi ? Maths ? Pourquoi non ? Pour les maths je révise ce que je veux. Tu m'expliques ? Parce que tu connais l' énoncé du bac blanc et que tu ne pourras pas t’empêcher de me donner des exercices qui correspondent à l'énoncé. Donc... tu ne me donneras rien du tout. Tu es en train de me dire que l'énoncé de maths du bac blanc se trouve à 2m de moi ? J'ai bien compris là ?  

Toi : «  Oui, l'énoncé est dans ma sacoche. Mais je sais très bien que tu ne le prendras pas.

- C'est vrai ! Mais comment tu peux en être aussi sure ? C'est tentant quand même...

- Je le sais c'est tout. Et je préfère l'avoir sur moi que le laisser dans mon casier au lycée. C'est beaucoup plus sure. Mais si ça peut te consoler, pendant que tu feras des maths je corrigerais mes copies. J'en ai 110 à corriger. Mais attends j'ai une idée. J'ai les copies des terminales. C'est toi qui va les corriger. Trouve moi les erreurs... »

Tu parles d'une idée ! Moi j'appelle ça un délire. Comment veux tu que je fasse ? Pour trouver les erreurs il faut que je fasse tous les exercices. C'est le but ? Ah génial ! Il y en a combien ? 18 et je vais y passer la journée. Tu vas dire que j'insiste, mais tu n'as jamais voulue faire prof de sport ? Au moins il n'y a pas de copies… Oui c'est bon je m'y mets. T'es vraiment une emmerdeuse quand tu veux l'être… je te le confirme.


6h plus tard j'ai enfin terminé. J'ai trouvé toutes les erreurs. Il ne te restes plus qu'à compter les points. En gros, je viens de faire ton boulot. Mais ce n'est pas vraiment la première fois. En fait c'est un bon exercice. D'ailleurs, cette copie, oui celle là, c'est pas l'élève qui te pourrissais ton cours au début de l'année ? Celui ou tu disais que tu ne comprenais pas parce qu'il ne faisait rien en cours alors qu'il en avait certainement les capacités ? C'est pas lui ? Parce que sa copie est plutôt bonne et même très bonne.

Toi : «-  Si c'est lui. Il ne faut jamais se fier aux apparences. Je l'ai pris à part et je lui ai parlé. Visiblement il a compris. Comme quoi... il ne faut jamais désespérer des imbéciles, on arrive parfois à en faire quelque chose. La preuve ! »

Oui, c'est possible. J'aime bien ta façon de voir les choses. La plupart des profs auraient abandonnés, mais pas toi. Comme si tu mettais un point d'honneur à faire ressortir le meilleur de chacun d' entres nous.

« Tout le monde est capable de tout ».

Tu me le dis souvent. Et plus le temps passe et plus je me dis que tu as peut être raison. On a souvent tendance à se sous estimer. Et toi tu t'efforces de convaincre tout le monde du contraire. Si on le veut vraiment on peut tout réussir. C'est ce que tu penses ? Le mental de guerrier, de gagnant.. c'est le basket qui te l'a appris ? Je pense que oui. Sauf que pour toi ça ne s'applique pas qu'au sport, tu l'appliques aussi dans la vie. Et mieux encore... tu l'apprends aux autres.
A ce sujet tu m'as tenu un discours qui ressemblait à ça :

« Pourquoi se contenter du minimum quand on est capable de bien plus ? Parce que parfois viser le maximum nécessite de prendre des risques. Et prendre des risques signifie sortir de sa zone de confort. C'est la raison pour laquelle la plupart des gens se contente du minimum. Peur d'être déçu, manque de confiance en soi ou plus généralement peur de perdre ce que l'on a. Mais rester dans sa zone de confort c'est aussi limiter ses propres capacités. Et à long terme tourner en rond. C'est à mon sens, le meilleur moyen de s'engager dans une vie monotone, qui ne nous apprend rien et qui fatalement finie par nous ennuyer. Voilà pourquoi j'aime le risque et la spontanéité. Il faut apprendre de ses erreurs, c'est la seule manière d'avancer et de trouver un bonheur potentiel »

C'est comme les mathématiques, pour toi ce n'est pas seulement la matière que tu enseignes. Pour toi, tout n'est qu'une question de logique mathématique.

« Quand les problèmes s'additionnent, que les emmerdes se multiplient, il faut les fractionner, en extraire les racines carrées, chercher les dérivés et trouver un nombre réel qui tend vers zéro »

J'ai mis du temps à comprendre ta phrase mais c'est une manière originale de répondre à la question : Comment fait on pour s'en sortir quand on croule sous les problèmes ? Si les plus grands mathématiciens étaient aussi des philosophes, maintenant je sais pourquoi.

…..

Mais tu ne m'as toujours pas dit , tu veux partir quand ? Samedi matin ? Heu… ouai…. Tu sais que mes parents ne travaillent pas le samedi ? Tu viens me chercher ? Est ce qu'ils se lèvent avant 7h ? Heu .. non pourquoi ? Alors il ne faut pas que je fasse de bruit en fermant les portes. Ah oui c'est une solution. Pour toi c'est aussi simple que ça. Dans un sens tu n'as pas tort. Oui je serais prête, aucun problème. Et tu veux rentrer quand ? Obligatoirement mardi, parce qu' on a cours mercredi. D'accord, mais alors moi je ne rentre pas, je rentrerais jeudi soir comme d'habitude. Comme ça si on veut rentrer plus tard on peut. Qu'est ce que j'ai dit de drôle ? C'est comme tu veux, mais sinon il faut que je sois rentrée mardi avant 19h, tu choisis quoi ? Je te connais, tu ne vas pas vouloir rentrer donc je suis prévoyante c'est tout. Si moi je vais vouloir rentrer ? Non, je ne pense pas. Mais tu le sais.

Oh ! Tu veux garder le volant ? C'est qu' effectivement tu vas beaucoup mieux. J'ai oublié quelque chose ? Ben non je ne crois pas. J'ai mes affaires et mon sac de cours pour mercredi et jeudi, donc non je n'ai rien oublié. Mais si tu pouvais décoller d'ici avant que mes parents ouvrent les volets ça m'arrangerait. Ce que je leur ai dit ? Que j'allais passer le nouvel an avec les 3 mousquetaires. Et ne rigoles pas c'est pas drôle. Je me voyais mal leur expliquer que je partais seule avec toi. C'est pas pour cette raison que tu rigoles ? Oui ben tu m'expliqueras plus tard mais s'il te plaît démarre. Quoi ma main ? Ah pardon ! C'est mieux comme ça ? On peut y aller maintenant ? Merci….

Oui je met un CD. C'est vrai qu'il y a un moment que l'on a pas chanter. A toi aussi ça te manque ? On dirait que oui. Alors… musique...

« ...C'était un professeur, un simple professeur
Qui pensait que savoir était un grand trésor
Que tous les moins que rien n'avaient pour s'en sortir
Que l'école et le droit qu'a chacun de s'instruire

Il y mettait du temps, du talent et du cœur
Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures
Et loin des beaux discours, des grandes théories
A sa tâche chaque jour, on pouvait dire de lui
Elle changeait la vie ... »


« ...J'ai laissé des bouts de moi au creux de chaque endroit 
Un peu de chair à  chaque empreinte de mes pas 
Des visages et des voix qui ne me quittent pas 
Autant de coups au cœur et qui tuent chaque fois
Une ville que la nuit rend imaginaire 
Une route qu'on prend comme on reprend de l'air ... »

« ...Une épaule fragile et solide à la fois 
Ce que j'imagine et ce que je crois 
Je te donne toutes mes différences, 
Tous ces défauts qui sont autant de chance 
On n'sera jamais des standards , des gens bien comme il faut 
Je te donne ce que j'ai ce que je vaux  ...
...Je te donne nos doutes et notre indicible espoir 
Les questions que les routes ont laissées dans l'histoire ... »

Jean Jacques Goldman.

Alors ? Tu m’emmènes où ? Que je devine ? Visiblement à l'ouest. Tu veux voir la mer je suppose… Je vais une nouvelle fois pouvoir admirer ton regard posé sur l'océan. Génial ! Tu veux respirer l'air marin ? Ben on ira se promener si tu veux. Heureusement que j'ai emmené la grosse veste parce que je pense que l'on ne va pas voir beaucoup le soleil. Ça serait plutôt brouillard et pluie au programme. Mais tu t'en moques. Si t'es capable de sentir le froid et la pluie tombée sur ton visage c'est que tu es vivante. Le reste n'a aucune importance. J'ai ma petite idée. Tu voulais y retourner. Tu aimes cet endroit et cet endroit que tu aimes tant... c'est les falaises. J'ai raison ? Ah tu vois, je commence à te connaître. Si ça me va ? Tu plaisantes ? J'adore. En revanche si on pouvais éviter de terminer aux service des urgences je serais contente. Il n'y a aucune raison ? Oui c'est vrai. Mais disons qu'avec toi j'ai appris à me méfier.

Bien sure la première chose que t'as faite en arrivant au belvédère, c'est de descendre les marches en courant jusqu'à la mer.

Si je pouvais - Page 3 Etreta13

Et moi je te regardes… Tu te retournes pour me regarder et me dire de te rejoindre. Non ! N'y va pas. La mer est en train de remonter. Fait demi tour tout de suite ou l' on va se faire piéger par la marée. Mais c'est pas vrai ! Tu continues d'avancer. Ne m'obliges pas a aller te chercher. C'est pas drole, c'est même dangereux. On a plus le temps, et je n'ai même pas le temps d'enlever mes basket. L'eau est glacée et toi t'es complètement cinglée. Dépêche toi…on doit sortir de l'eau et vite. Ben... oui maintenant on est trempées et tes basket ont pris l'eau. C'est pas grave ce ne sont que des basket. Et donc… tu marches pieds nus… Oui si tu veux. Avec toi rien est grave, juste des détails. Tu te te fous de tout ou presque. T'avais décider de te noyer ? Tu te rends comptes que c'était dangereux ? T'es inconsciente ou juste stupide ? Oui je suis en colère. Il y a une expression qui dit que la mer remonte à la vitesse d'un cheval au galop et ce n'est pas un mythe.

« Pourquoi faire un drame de quelques détails sans importance ? »

Des détails ??? Grrr… tu vas me rendre folle. Et maintenant ? Tu veux marcher les pieds dans l'eau le long du littoral ? Tu sais que l'eau doit frôler les 5° ? C'est bon pour la circulation du sang ? Oui bien sure. Avec tes idées de génie je vais devoir conduire pieds nus pour aller à l'hôtel.
Oh la vache ! Elle est vraiment gelée. T'es quand même une grande malade !

Toi : « - Ah non ! Plus maintenant. Je vais très bien. Grâce à toi d'ailleurs… merci .

- Pfff… ce n'est pas ce que je voulais dire.

- Je le sais. Allez viens...»

Tu m'as prise par la main et tu t'es mise à courir. Oh ! Ralentie .. on a pas le même entraînement. C'est pas possible ! T'as rechargée les piles avant de partir ? J'en ai bien peur. Mais tu sais que tu n'es plus obligée de courir ? On a le temps.  Et puis...après quoi tu cours ? J'ai parfois l'impression que tu essayes de prendre de l'avance sur ta propre vie. Mais c'est juste impossible. Tu ne peux pas savoir de quoi demain sera fait, personne ne le peut. On est pas magicien. Tu veux vivre un maximum de choses en un minimum de temps ? Jusqu'ici tu as réussie. Si je devais écrire tout ce que l'on à vécue ensemble depuis 3 ans, d'une part je ne saurais pas par ou commencer, d'autre part je pense qu'il y aurait un paquet de pages. Des pages… riches en émotions, en adrénaline et en humour aussi. Un jour, je l'écrirais peut être…

J'ai les pieds gelés. On s'est assises sur les galets, ce qui n'est pas des plus confortable d'ailleurs. Le regard rivé sur le rivage on observe le brouillard qui recouvre la mer peu à peu. On a du mal à distinguer l'horizon. Le décor ressemble à un film en noir et blanc. Et tu m'as dit : 

« On dirait que la mer est en colère, comme si elle crachait de la fumée.. »

Si je pouvais - Page 3 Mer_br10

On va aller manger et se promener en ville, puis on ira poser nos affaires à l’hôtel. Le même hôtel, la même chambre et les merveilleux souvenirs qui vont avec. Je suis heureuse d'être ici. Et si je me fit à ton regard en ce moment, je sais que c'est réciproque. Ce vert brillant, presque étincelant, à le don de me paralyser. La gorge nouée, les yeux mouillés, je te regarde...émerveillée. Dans tes yeux, le bonheur à remplacer la douleur. En être le témoin, me touche au plus profond du cœur. Je sais que l'idée de ne jamais pouvoir revenir ici t'as traversée l'esprit. Mais regarde ! On est là… Tu es là… Demain c'est le réveillon et une année de plus qui va s'achever. Une année que tu n'aurais probablement pas due vivre.. et pourtant...

Le jour du réveillon :
Tu veux faire quoi aujourd'hui ? Ce que je veux du moment que l'on est à 17h à la gare et à 19h au restaurant. Heu… 19h au restaurant je comprends, mais pourquoi 17h à la gare ? Je comprendrais quand on y sera ? Oui je n'en doutes pas.

Effectivement à 17h j'ai compris. Tu as fait venir les 3 mousquetaires pour le réveillon. Tu leur à payé les billets de train et même l’hôtel. Quand je dis que t'es totalement cinglée. Mais le prix que ça coûte, toi tu t'en moques. Tu nous a dit :

« L'argent ne fait pas le bonheur, mais le bonheur n'a pas de prix. »

Direction le restaurant du golf où une table pour 6 nous attendait. Le serveur nous a reconnues. Je crois que tu l'a marqué. 15 minutes plus tard, il nous apportait quelque chose qui ressemblait à ça :

Si je pouvais - Page 3 Platea10

« Levons nos verres à cette nouvelle année qui commence. Levons nos verres à la vie. »

On en avait plus dans nos assiettes à la fin qu'au début du repas, mais nous avons passés une excellente soirée. Revoir les 3 mousquetaires, malgré les distances qui nous séparent, c'était une idée géniale. Aujourd'hui chacun vie sa vie mais personne n'a oublié. On a reparlé de nos vacances au bord de la mer… que de bons souvenirs. Et oui c'est vrai, finalement je n'ai pas menti à mes parents. Eux, doivent rentrer dès demain mais ce repas restera un excellent moment.
J'espère que l'on aura l'occasion de les revoir. Cet été peut être…

Le lendemain :
Tu veux longer le littoral à pied ? Alors allons y ! Il n' y a personne et tu trouves cela étrange. C'est vrai que l'on a l'impression d'avoir changé de dimension. Comme si on était dans un lieu hors du temps. Mais ce n'est qu'une impression. Il fait 6° dehors et il tombe une bruine verglacée. Conclusion : il faut être un petit peu kamikaze pour se promener au bord des falaises par un temps pareil. Voilà pourquoi nous sommes seules.

« Les gouttes verglacées qui tombent sur la falaise ressemblent à de la poussière d'étoiles »

Il faut avoir l'esprit imaginatif mais ce n'est pas complètement faux. Disons que ce n'est pas forcément ce qui me serait venu à l'esprit en premier, mais pourquoi pas… Excuse moi d'avoir l'esprit plus terre à terre mais moi je dirais plutôt que ce qui tombe est glacé. Le brouillard commence à descendre rapidement et on va prendre le chemin du retour avant de se faire piéger. Dans moins de 10 minutes on ne verra plus à 3m et il nous sera impossible de nous repérer.

Aujourd'hui c'est le dernier jour. Oui je sais, le temps passe trop vite. Le ciel s'est dégagé. On est allées s'asseoir en haut des falaises et on a admiré le décor pendant des heures. On a croisé quelques passants. Ils ont l'air d'avoir froid. Mais pas toi. Les quelques rayons de soleil qui arrivent à passer à travers les nuages te suffisent. Mais je ne sais pas si c'est ton cœur ou ton visage qu'ils réchauffent. Je ne le saurais probablement jamais. En revanche je sais ce que tu attends. Tu veux voir le coucher de soleil sur la mer. Alors regarde !

Si je pouvais - Page 3 Etreta14

Maintenant il faut rentrer. Oui je sais. Demain on a cours. Tu veux que je roule ? Donne moi les clés…
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Dim 29 Juil - 23:20
Une page à tourner

Ne fais pas cette tête, ça va bien se passer. Oui je sais à quoi tu penses. On a rendez vous cet après midi avec le professeur. Tu te sent bien, tu n'as plus de migraines alors il n'y a aucune raison qu'il nous annonce une mauvaise nouvelle. A moins que… il y a quelque chose que tu ne m'as pas dit ?
Tu sais pas ? Tu te fiches de moi ? Explique avant que je m'énerve. Je t'écoute. Tu m'expliqueras plus tard parce qu'on va être en retard? Non non, tu m'expliques maintenant.

Toi : «  - C'est rien de grave mais j'ai parfois l'impression que quelque chose brûle à l’intérieur de mon crane. Ça fait mal et c'est désagréable mais ça ne dure que quelques minutes et puis ça disparaît.

- Et tu as ce truc depuis quand ?

- Ça a commencé le jour du tournoi

- Tu plaisantes ? C'était le mois dernier. Et c'est maintenant que tu me le dis ? Il avait dit quoi le médecin ? Au moindre effet anormal il fallait le contacter. Tu étais là pourtant, tu l'as entendu comme moi non ?


- Oui mais c'est rien. J'en ai parlé à mon frère mais on s'est engueulés.

- Parce que quoi ?

- Il voulait que j'aille aux urgences et j'ai refusée.

- Ah ben tu m'étonnes qu'il a dû hurler. Tu mérites des baffes. Tu le sais ?

- Tu m'en veux ?

- Non… tu crois ?

- Attends !Ne fait pas la gueule. On peut en parler...

- Trop tard. Allez … Dégage! »

J'ai juste envie de t'étrangler. Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Tu joues avec le feu ? C'est stupide. Pourquoi t'amuser à prendre ce genre de risques ? Je ne comprends pas. Le médecin t'avais prévenue ; Ce n'est pas comme si tu ne le savais pas. Alors pourquoi faire comme si de rien n'était ? Il suffit de contrôler. Mais ce qui te fais peur c'est que le contrôle ne suffise pas. Que ce soit beaucoup plus grave que ça et que cette fois on ne puisse rien faire. L'épée de Damoclès flottera toujours au dessus de ta tête et tu en ais parfaitement consciente. Et en fin de compte, tu préfères ne rien savoir que d'apprendre que l'on ne peut rien faire. Voilà pourquoi tu continues de courir. Mais pourquoi tu ne m'en pas parlé ? J'aurais pu comprendre. J'avoue que j'aurai essayé de te convaincre de voir un médecin, mais je ne suis pas un monstre. On aurait pu en parler. Et si vraiment tu avais fait le choix de ne pas savoir, je crois que je l'aurais accepté.

Bon là je crois que je suis bonne pour m'excuser. Je crois que j'y suis allée un peu fort. Le « dégage ! » il était peut être de trop. Mais oui j'étais en colère. Et je dis bien j'étais. Si je le mets au passé c'est tout simplement parce que je suis incapable de t'en vouloir plus de 3 minutes.

2h plus tard…
Pourquoi tu me regardes de cette façon ? Non je ne fais pas la gueule.

Moi : «- Je suis désolée. Je n'avais pas le droit de te parler comme ça. Je sais pourquoi tu ne veux pas savoir et je ne peux pas t'en vouloir. Je comprends. Même si je pense que ce n'est pas la solution, je comprends.

- C'est moi qui suis désolée. C'est vrai que j'aurai mieux fait de t'en parler. Ne rien te dire était stupide tu l'aurais appris de toute façon. J'ai juste réussie à t'énerver. Et tu avais raison. En fait... je crois que je ne te mérite pas. Tu fais tout pour moi depuis plus de 3 ans et moi je….

- Tu quoi ? Non, ne pleure pas… laisse tomber. Ça n'a pas d'importance. Maintenant je le sais et on verra cet après midi avec le professeur. Oublie ce que j'ai dit toute à l'heure. Et arrête de dire que tu ne me mérite pas c'est juste n'importe quoi. »

Je t'ai prise dans mes bras, j'ai essuyé tes larmes et on est allées manger. Avoir la sensation que quelque chose va de travers sans savoir vraiment de quoi il en retourne… j'imagine que là tout de suite c'est ce que tu ressens. Tu dois être morte de peur et moi… je ne peux rien faire. Ce sentiment
d'impuissance… encore. Je le hais.
La sensation que tu m'a décrite est plus qu'étrange, et ni le professeur ni ton frère ne nous a parlé de ce genre de choses. Je n'ai aucune idée de ce que cela peut être et je sais que toi non plus. Mais comme toi… j'ai peur. Je ne vais pas te le dire parce que je pense qu'il est inutile d'en rajouter. Mais oui j'ai la trouille. Et tant que le médecin ne nous aura pas expliqué j'aurais peur. L'imagination est parfois pire que la réalité et ce que j'imagine c'est un truc qui ressemble à quelque chose qui explose dans ton cerveau. De quoi alimenter un bon nombre de cauchemars. C'est peut être la raison pour laquelle tu ne m'en a pas parlé d'ailleurs.

…..

Depuis notre conversation de ce matin tu ne décroches pas un mot. Je suis sur mon devoir de biologie et toi sur les corrections des bacs blancs mais d'habitude tu me parles. Je ne supporte pas tes silences. Tes silences me font peur. Bien souvent ils renferment ce que tu n'oses pas me dire et je n'aime pas ça. T'es plongée sur tes copies, pas un regard ni même un sourire. Je te fixe depuis au moins 5 minutes mais tu ne me vois même pas. Pourtant, je ne crois pas être devenue transparente. Mais en fait tu ne corriges rien du tout. Tu as la même copie devant les yeux depuis au moins un quart d'heure. Je détestes quand tu fais ça. Je peux comprendre que tu ais besoin de réfléchir mais là c'est pas de la réflexion. Tu es partie tellement loin que je suis persuadée que tu en ai déjà à imaginer tes funérailles. J'ai horreur de ça.

Moi : « - Oh ! T'es sur quelle planète là ? Reste avec moi s'il te plaît !

- Aucune . Je corrige juste mes copies.

- Mais bien sure ! Avec la même copie devant les yeux depuis un quart d'heure. Tu te moques de moi ? A quoi tu penses ?

- A rien de spécial. Juste à la consultation.

- Et ? Développe…

- Je me demandais ce qu'il allait bien pouvoir nous dire.

- C'est à dire ?

- En fait si je ne t'explique pas tout, tu ne vas pas me lâcher . Je me trompe ?

- Pas du tout. Alors explique… vide ton sac, je t'écoutes.

- C'est une sensation que je n'avais jamais eu jusqu'à présent alors je me dit que ça n'a peut être aucun rapport avec la tumeur. Mais est ce qu'il n'y aurait pas un rapport avec l'intervention ? Ils auraient pu toucher quelque chose. La première fois que ça m'est arrivée c'était au tournoi et une autre quand on a couru au bord de la mer. Si c'est le fait de courir qui le provoque alors le basket c'est terminé. Le jour du tournoi j'avais la désagréable sensation que ce serait mon dernier match mais j'espérais avoir tort. J'y ai souvent réfléchie mais si j'ai continué a jouer au basket jusque là c'est parce que c'est toute ma vie.  Et puis, si il y a de nouveau quelque chose on va me dire de reprendre un traitement et tu sais très bien ce que ça signifie. En toute franchise je ne suis pas sure de le vouloir. Et il faudra que tu l'acceptes…. Tu m'écoutes ?

- Oui je t'écoutes. Je ne sais pas quoi te répondre mais oui je t'écoutes. Continue…

- Je ne savais pas trop comment aborder le sujet mais il le faut. Si les choses tournent mal.. j' ai quelque chose à te demander.

- Je sent que je ne vais pas aimé mais vas y…

- Il y a pleins de raisons pour lesquelles un médecin peut se retrouver à devoir intuber un patient. On plonge certains patients en coma artificiel tout simplement pour leur éviter de souffrir mais cela ne signifie pas qu'ils sont condamnés. En revanche le même cas face à un patient dont le dossier médical est déjà bien chargé et qui, pour d'autres raisons à signé un ordre de ne pas réanimer, alors ils n'ont pas le droit d'intuber même en cas d'accident.

- Oui, je le sais. Ton frère me l'a déjà expliqué. Mais tu veux en venir où ?

- Je ne signerais rien. Parce que si il y a une possibilité que je m'en sorte, peu importe le problème alors je veux essayer. En revanche, s'il n'y a aucun espoir, si c'est perdu d'avance alors empêche les de faire quoi que ce soit. Je ne veux pas de tube ni de réa, si il n'y a aucune chance. Promets le moi. Et si malheureusement tu arrives trop tard… alors débranche. Je ne veux pas d'acharnement. Je ne veux pas que tu parles à un légume pour les 10 années à venir. Je sais que ce que je te demandes est horrible mais… à qui d'autre ? Tu me le promets ? »

Laisse moi respirer deux secondes. Oui je pleure . Logique j'ai envie de te dire. Je voulais que tu m'expliques je crois que c'est fait. Un jour j'apprendrais à me taire… si si..

Moi : «  - Et comment veux tu que je saches si je dois les laisser faire ou pas ? Je ne suis pas médecin.

- Tu le sauras, j'en suis certaine. Et puis tu ne seras pas seule. Il y aura soit un médecin soit mon frère. Pose leur la question. Mais quoi qu'ils te disent c'est toi qui décidera. Et je sais que tu prendras la bonne décision.

- Oui... t'es bien la seule. Et après ? Je passe ma vie à me demander si j'ai eu raison ou pas ?

- Non, parce que tu auras raison. Je le sais. »


Au moins, si je rêve du jour de ta mort cette nuit je saurais pourquoi. Je pense que contrairement à d'habitude, cette nuit les cauchemars ils sont pour moi. Je n'ose même pas imaginer la scène. Mais je suis sure que mon cerveau en est capable et je m'attends au pire. T'en vouloir ? Non, pas du tout. Parce que je comprends ta démarche. Moi non plus je ne voudrais pas rester brancher à une machine. Tu disais quoi déjà ? Tu disais ça :

« Quitte à aller au rayon fruits et légumes il vaut mieux aller au supermarché qu'en réanimation, les légumes sont plus frais »

Le seul problème c'est que comprendre est une chose, en être capable en est une autre. Est ce que je serais capable de réagir ? Est ce que j'en aurais le temps ? Tu as l'air de penser que oui. Mais autant habituellement je te fais confiance les yeux fermés mais là… excuse moi…
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Lun 30 Juil - 19:15
Tic tac

Il faut que je te dises une chose: cette salle d'attente ne me manquait pas du tout. Toi non plus ? Oui je m'en doute. Surtout en ayant rendez vous à 17h. Tu crois qu'ils font nocturne dans les hôpitaux ? Non, je dit ça parce qu'à mon avis on est pas rentrées. Ils pourraient mettre la télé dans les salles d'attente au moins ça nous occuperait. Parce qu'il est quand même 19h et on a toujours pas bougées. Quoi ? Les gens seraient capables de se battre pour changer de chaînes ? Remarque...oui peut être. Il y  a des magazines ? Ah oui super… tu veux ' le point ' avec toutes les mauvaises nouvelles de la planète ou les ragots stupides des célébrités ? Ils devraient mettre des bandes dessinées, ce serait plus distrayant. Que j'arrête de râler ? Oui ben désolée, je commence à perdre patience.

Ah ! Enfin ! Il n'est que 20h, tout va bien. En plus, monsieur fait la gueule parce que la salle d'attente est pleine. Oui oui, on s'assoie. On attend depuis 3h et maintenant monsieur joue les pressés ? Par contre, change de place s'il te plaît. Pourquoi ? Parce que dans deux secondes tu vas m'écraser les doigts et je voudrais pouvoir écrire demain. Donc… change de chaise… merci.

Alors ? Les nouvelles ?

Le professeur : «  -Vos analyses sanguines sont bonnes. Le traitement fonctionne très bien et tout vos taux sont dans les normes, ce qui est une excellente nouvelle. En revanche, j'ai regardé d'un peu plus près vos derniers clichés et je vais vous prescrire de nouveaux examens, nous devons vérifier quelque chose. Vous n'avez pas eu de nouveaux symptômes ces derniers temps ?

- Juste une étrange sensation de brûlure à l’intérieure du crane. Mais cela n'est arrivé que deux fois.

- D'accord. Dans quelles circonstances ?

- Ben… une fois lors d'un tournoi de Basket et la deuxième… on courrait sur la plage.

- Je vois. Bon, je pense savoir de quoi il s'agit mais les examens nous le confirmerons. En attendant vous devez impérativement éviter le stress et les efforts violents. En résumé, tout ce qui est susceptible de faire monter votre tension artérielle.

- Je peux jouer au Basket ?

- Non. Je suis désolé. Je pense que en ce qui vous concerne, il va falloir songer à vous mettre au yoga. Je vous donne les ordonnances pour les examens. Prenez rendez vous rapidement. Et voyez avec ma secrétaire pour obtenir un rendez vous dès que vous aurez les résultats. »


Je sais. Tu vas me dire que tu avais raison. Le Basket c'est terminé. C'est la seule chose que tu as retenue d'ailleurs. Et étrangement, je pense qu'il va être plus difficile pour toi d'encaisser ça que le décès de ta mère. Il y a deux mois, à la fin du tournoi tu as regardé les gradins comme si c'était la dernière fois. Tu as mis ton dernier panier devant un public et tu l'as fait volontairement. Tu t'en doutais en fait. Et je me demande même si ce n'est pas la raison pour laquelle tu tenais tant à ce que je vienne. Pourquoi tu tenais tant à gagner cette finale ? Parce que c'était la dernière… tout simplement. Mais si tu ne peux plus jouer au basket tu ne vas pas tenir en place, tu vas devenir dingue. Et il a dit quoi ? Éviter les hausses de tension ? Ben te connaissant… on est mal barrées.

Je suppose que tu ne veux pas manger ? Je m'en serais doutée. Tu veux rentrer ? Oui ? Ne dit rien, je comprends. On rentre…

Tu n'as pas dit un mot de tout le trajet. Je sais que c'est dur. Faire une croix sur le basket c'est comme enterrer une partie de ta vie. Mais parle moi…

….

Ce que je fais ? Je sors. Je n'en ai pas pour longtemps je reviens. Je veux juste appeler ton frère pour lui expliquer. Et je voudrais aussi son avis, parce que la phrase : « je pense savoir de quoi il s'agit » personnellement elle ne me convient pas. Et nous ? On a le droit de savoir ?
Un quart d'heure plus tard, j'ai les réponses à mes questions. Ton frère pense à un anévrisme : la dilatation d'une artère à l'intérieure du cerveau. Est ce qu'il était déjà présent avant ? Est ce que c'est l'intervention qui la provoqué ? Personne ne peut le savoir. Environ 4 % de la population vit avec un anévrisme sans même le savoir. Et le risque c'est quoi ? Que l'artère éclate. Ce qui signifie hémorragie cérébrale. En fonction de l'importance de l'hémorragie, parfois on s'en sort… d'autres pas. Génial ! Il ne manquait plus que ça. Extrêmement rassurant. Oui je sais, c'est moi qui voulait savoir. Je comprends mieux l'importance de ne pas faire monter la pression artérielle. Mais comment je vais t'expliquer tout ça moi ?
De toute façon on ne va pas en parler ce soir alors j'ai le temps d'y réfléchir.

Oui je suis de nouveau là. Je t'avais dit que je n'en avais pas pour longtemps. Ou j'étais ?

Moi : « -  J'ai appelé ton frère. Je me suis dit que tu n'aurais pas le courage de lui expliquer ce que le professeur t'as dit ce soir, alors je l'ai fait ta place.

- Merci. C'est vrai que je n'aurais pas eu le courage.

- Je sais. »

Je n'aime pas te voir comme ça. Ce que je lit dans ton regard c'est de la tristesse et de la mélancolie. Je voudrais bien pouvoir te remonter le moral mais c'est difficile. Et ce qui me fait le plus peur c'est que là, tu accuses le coup, tu es presque prostrée assise sur le lit, mais dans quelques jours ? C'est tes colères auxquels je vais être confrontée. Ne plus pouvoir bouger comme tu le souhaites, ne plus courir et ne plus jouer au basket je pense que cela va rapidement t'énerver. Tout comme les phrases :

« ralentie, vas y doucement, ou calme toi »

Mais qu'est ce que je peux faire ? J'avais déjà du mal à te faire comprendre que tu n'as plus besoin de courir mais maintenant c'est pire. Ce n'est pas que tu n'en a plus besoin c'est que tu n'en a plus le droit.
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Lun 30 Juil - 19:33
Le permis de conduire

Février
Il faut que je me lève ? Oui .. quand le réveil aura sonné. Pourquoi tout de suite ? Je dois voir ça ? Voir quoi ? Oui j'arrive... une seconde. Ça te prends souvent de me sortir du lit à 5h du matin ? Que je regarde quoi ? Wahou ! C'est tout blanc. Il a neigé toute la nuit, il y a 10 cm de neige dehors. Tu veux sortir voir ça de plus près ? Heu… oui mais laisse moi enfiler un jean. Pas la peine, on s'en fou, il n'y a personne dehors. Ben, en même temps il est 5h du matin donc oui je veux bien croire qu'il n'y ai pas grand monde dans la rue. Il faut être légèrement allumé pour sortir sous la neige, en short/ tee shirt à 5h du mat' en plein mois de Février.

Ah... tu veux jouer à ça ? Attends tu vas voir… je ne sais pas viser avec une boule de bowling mais avec une boule de neige si. C'est froid quand même. Mais tu vois je t'ai eu.
Quinze minutes plus tard, on était trempées mais t'avais retrouvée le sourire. T'es vraiment comme les gosses, un rien t'amuses. Aller au parc cet après midi ? Tu veux regarder les gamins faire de la luge dans la descente ? C'est les gamins que tu veux regarder ou c'est toi qui veux faire de la luge ? Ah oui, je me disais aussi… Ok. Je veux bien mais en fin d'après midi alors parce que à 14h je suis convoquée sur le parking de la piscine. Je te rappelle que je passe mon permis de conduire aujourd'hui. Il va falloir changer le disque magnétique qui traîne sur la plage arrière ? Oui mais attend peut être que j'ai le papier rose dans les mains avant de le changer…

Pour le moment on va déjà aller en cours. Et oui, on ne risque pas d'être en retard étant donné que tu m'as sortie du lit à 5h. Du coup, tu veux y aller à pied parce que c'est drôle de marcher dans la neige. Remarque te connaissant j'aurai du deviner. Alors allons y…
Ben oui ça glisse. T'as posé ton bras sur mon épaule et je me suis accrochée à ta taille ce qui, bien sure, n'a pas échappée à notre chère prof de Français. Oui elle nous regarde de travers mais on commence à avoir l'habitude. La question que je me pose c'est quelle connerie tu vas faire pour la faire enrager ? Je disais quoi ? T'as attendue que l'on soit juste devant son nez pour me faire un énorme bisous sur la joue. En revanche, mon prof de maths qui vient juste d'arriver, lui, tu l'a bien fait rire.

Toi :  « Ah ! Ben on dirait qu'il y en a au moins un qui a compris.

- Compris quoi ? De qui tu parles ?

- Ton prof de maths. Qu'il était inutile d'insister.

- Ben depuis le temps qu'il te réclame un dîner et que tu lui répond non. Je pense qu'il s'est fait à l'idée et qu'il a abandonné.

- Tant mieux. Il est sympa, je n'ai aucune envie de me fâcher avec lui. »

J'ai du mal à comprendre pourquoi tu devrais te fâcher avec lui mais je ne vais pas poser de questions. De toute façon il est l'heure, on doit aller en cours.

…..

Si je veux manger pizza ce midi ? Oui, si tu veux. Allons y. J'ai le droit de payer pour une fois ? Non ! En même temps pourquoi je pose la question ? Par acquis de conscience sans doute. Mais c'est vrai tu m'énerves. Depuis trois ans tu payes tout. Les week-end, les vacances, les hôtels, les restaurants, le gazole… enfin tout quoi. C'est pas vrai ? Le mercredi ce n'est pas toi qui paye ? Ah oui, effectivement c'est le frigo de mes parents. A moi personnellement ça ne coûte pas grand-chose.

Oui mais je te sert de chauffeur, je t'accompagnes partout quand tu en a besoin, je te fais à manger et je m'occupe de toi quand il le faut. C'est vrai mais c'est quoi le rapport ?

Toi : « - Dans la vie rien est gratuit. Les services se payent. Et même parfois très cher.

- Ah ben traite moi de prostituée pendant que tu y' es…

- N'importe quoi ! J'ai jamais dit ça.

- Ben on en est pas loin. Je ne suis pas avec toi pour ton compte bancaire.

- Je le sais très bien. Laisse tomber, on ne va pas se battre. Paye la pizzeria si ça te fais plaisir. Au mois tu arrêteras de dire des bêtises. »

T'es quand même incroyable. Tout ce cirque pour réussir à payer deux pizza. Je rêve...


Parking de la piscine 13h45 :
Mon moniteur est déjà là mais l'examinateur n'est pas encore arrivé. 

«  Les routes sont enneigées et c'est possible qu'il est un peu de retard. »

Du moment qu'il finit par arriver ça me convient. Tu m'attends dans la voiture ? Oui mais... Tu veux me dire quelque chose avant ? Ben je t'écoutes :

Toi : «  Ne te fais pas piéger. Rappelle toi ce que le moniteur t'as dit aux rendez vous pédagogiques :  Fait attention à tes mains. Je ne suis pas dans la voiture alors tes deux mains c'est sur le volant qu 'elles doivent être. Et à 10h10 »

Comment ça les conditions météo ne sont pas propices aux examens du permis? Il plaisante lui ? Je ne vais pas revenir mercredi prochain. Mercredi prochain on a rendez vous à l’hôpital. Il croit que je n'ai que ça à faire ou quoi ? Il y a de la neige sur les routes, oui et alors ? On est en hiver je ne voit pas ce qu'il y a d'anormal. Et ce n'est pas la première fois que je dois rouler sur la neige. Encore là on a de la chance… au moins il fait jour. Si je veux quand même passer l'examen ? Bien sure que oui. Et je ne suis pas la seule, on est quatre à vouloir le passer malgré la neige. En l’occurrence ceux qui ont fait la conduite accompagnée. Les autres préfèrent revenir la semaine prochaine. Mais moi je veux mon papier rose.
C'est bon ? Tout le monde est d'accord ? On peut y aller maintenant ? Quelle perte de temps….

Je suis confiante, tout s'est bien passé. Malgré la petite glissade en revenant sur le parking. Mais j'ai maîtrisé, j'ai évité le trottoir et la voiture est garé au bon endroit. Enfin je crois parce que le parking est recouvert de neige donc je ne voit pas les lignes de délimitation des places. Je suis parallèle à la voiture d' a coté donc en théorie je suis bien garée. Maintenant on attend. Le moniteur et l'examinateur parlementent dans la voiture. Ils ont les dossiers dans les mains. L'examinateur est en train d'écrire, mais quoi ? Pour qui ?

Moi : « C'est bon ! Je l'ai. »

Pour une fois c'est moi qui t'ai sauté au cou. Oui, parce que je dois quand même te dire merci. Mon permis de conduire c'est quand même en grande partie à toi que je le dois. J'ai du parcourir au moins 10000 km avec toi. Combien exactement ? Je n'en ai aucune idée, il n'y avait pas assez de pages dans le carnet de suivi. Maintenant on va au parc et ce soir on sort. Attend ! On sort ou ? T'as réservé le restaurant pour fêter mon permis de conduire ? Heu... t'as réservé quand ?

Toi : «-  Ce matin. Ton prof de maths m'a conseillé une adresse. C'est à 25 kilomètres d'ici.

- Mon prof de maths t'as conseillé un restaurant ? C'est celui où il voulait t'inviter ?

- Ah oui je pense.

- Mais il sait avec qui tu y vas ?

- Ben oui ! Je lui ai dit que je voulais t'inviter pour fêter ton permis.

- T'avais vraiment pas peur que je le loupe toi…

- Ben non ! Il n' y avait aucune raison. »

C'est vrai qu'avec toi tout est tellement simple. Pourquoi chercher compliqué. Je suis quand même surprise que mon prof de maths t'es conseillé un restaurant. Tu voulais éviter de lui parler et là tu lui dit que tu veux m'inviter. J'ai encore du louper un wagon moi.
Bon allez. On va faire de la luge au parc et ce soir restaurant. Avant de partir j’appellerais quand même mes parents pour leurs annoncer la bonne nouvelle. Ils vont être super content. Jusqu'à ce que ma mère comprenne que maintenant je vais lui piquer sa voiture. Mais tu n'auras plus besoin de me ramener, maintenant je pourrais rentrer toute seule. Si ça va me faire drôle de rouler toute seule ? Oui je pense mais ce ne sera pas la première fois. Ah !T'avais oublié ? Pas moi, mais j'aurai peut être mieux fait de me taire.

Après deux glissades le long de la pente, on est allées se promener dans le parc. Ce décor blanc me rappelle les pistes de ski aux sports d'hiver. D'ailleurs en parlant de skier, je pars début mars avec mes parents. T'avais oublié ? Pourquoi tu fais cette tête ? Oui une semaine, comme tous les ans pendant les vacances. Depuis la rentrée je ne les voient que trois soirs par semaine et encore, c'est donc un peu normal que je parte en vacances avec eux. Tu le sais mais quoi ? Ben dit moi… Ne pouvant plus aller au basket, tu viens de réaliser que tu vas passer la semaine seule, mais je crois que tu ne veux pas en parler pour l'instant.

Moi : «  Profites en pour passer quelques jours chez ton frère. Il sera content de passer un peu de temps avec toi. Non, tu ne penses pas ?

- Oui, pourquoi pas .

- Et puis je ferais comme l'an dernier, je t’appellerais tous les soirs.

- Oui je sais bien mais le téléphone c'est différent. »

Ah oui je confirme. Le téléphone c'est différent. Je ne t'ai rien dit pour éviter d'en rajouter, mais partir une semaine ça signifie aussi dormir seule pendant une semaine. Et c'est idiot mais je n'ai plus l'habitude. Tu vas me manquer. Ne pas t'entendre respirer ni sentir ton cœur battre, je sais que je ne vais pas aimer. Et je préférerais te savoir chez ton frère que seule chez toi. Je serais plus rassurée.

Il faut que l'on se change pour aller au restaurant. Mon pantalon noir ? Il est dans le sac, dans ton coffre, pourquoi ? Parce qu'il me va bien. Et en clair ? C'est quoi l'idée ? Tu veux que je le mettes ? Ben dit le franchement, je ne mords pas. Laisse moi deviner… le restaurant, je suppose que ce n'est pas la brasserie du coin ? Évidemment que non. Le contraire m'aurait surprise. Je sais que tu le fais par plaisir mais il serait temps que tu comprennes que pour moi, le prix que tu payes n'est pas le plus important. Le plus important c'est toi. Tu vas te préparer ? Oui je t'en prie…
Te préparer à quoi ? Tu m'a dis ça comme si tu allais te préparer pour un mariage. Je sais que de temps en temps tu aimes bien te maquiller, être bien coiffée et bien habillée, mais ce que je ne comprends toujours pas c'est pourquoi tu ne le fais que pour moi ? Même ton frère te vois toujours en jean. Pourtant ça te va bien. La vérité ? Ta robe noire…. Alors là…. Je pense que n'importe qui tomberai sous le charme. A moins d'être un animal personne ne peut y rester insensible. Je revois encore la tête du serveur au restaurant du château. Sans parler de celles des 3 mousquetaires le soir de la fête du lycée… de magnifiques souvenirs…
Tu cherches quoi ? Ton flacon de parfum ? Ici sur la table de nuit. Ah ne me demandes pas je n'y suis pour rien. La plus bordélique des deux ce n'est pas moi.

Si je suis prête ? Moi oui je t'attends.  Et toi ?…. On dirait que oui…. Ce que j'ai ? Heu… rien... tout va bien. Et ça te fait rire ?

Toi : «-  Oui, parce que tu fais la même tête à chaque fois que je mets cette robe.

- Ben excuse moi mais j'ai beaucoup plus l'habitude de te voir en jean. Cela dit … regarde toi dans le miroir, cette robe te va très bien... personne n'osera dire le contraire.

- Et surtout pas toi c'est ça ?

- C'est exact. »

Je ne risque pas de te dire le contraire. Je ne sais pas te mentir. Tu vas encore faire des ravages. Mais ce qui m'amuse c'est de voir de quelle manière tu te débarrasses de certains mecs un peu trop entreprenant à ton goût. Te faire aborder juste parce que tu portes une jolie robe c'est quelque chose que tu ne supportes pas. Et en règle général tu ne manques pas de leur faire savoir. Et moi j'adore. D'un coté je me dit que j'ai beaucoup de chance parce que c'est à ma table que tu manges et pas à la leur. Je pourrais même presque comprendre qu'ils puissent être jaloux.

Et voilà ! Qu'est ce que je disais ? Il a l'air sympa le serveur mais il serait bien sympathique de te regarder dans les yeux quand il vient prendre la commande. Pourquoi tu rigoles ? J'ai juste commandé un cocktail en apéritif.

Toi : «  Il t'as fait quelque chose le serveur ?

- Ben non pourquoi ?

- Alors pourquoi tu le fusilles du regard ?

- Ah, non. Pas du tout.

- Tu rigoles ? La seule fois ou moi tu m'as regardée de cette façon, c'est le jour où l'on s'est disputées sur le parking de l’hôpital. Et ce jour là tu étais en colère. Donc… il t'as fait quoi le serveur ?

- D'accord. Tu n'as pas remarqué que quand il est venu prendre la commande il avait plus les yeux dans ton décolleté que sur son carnet ?

- Tant qu'il ne fait que regarder… mais c'est pour cette raison que tu étais prête à le tuer du regard ?

- Ben, ça se fait pas. Il est payé pour prendre les commandes et pas pour se rincer l’œil.

- Tu sais… j'y ai  le droit à chaque fois quand je porte cette robe. Je n'y fait même plus attention. »

Ouai… enfin quand même. Je persiste ça ne se fait pas. Tu n'y fais plus attention ? T'es bien la seule… parce que pour ne pas le voir il fallait être aveugle. Pas discret du tout le type… Mais attend qu'il nous apporte les entrées. Si il recommence, je crois que je lui demande si il veut un coup de main. Justement le voilà. « merci ». Mais c'est qu'il continu, je serais lui je me pencherai encore plus pour poser l'assiette. Et toi ça te fais rire ? On dirait que tu t'amuses en le regardant faire. Avoue qu'il est quand même gonflé.

Comment je trouve le plat ? Franchement excellent, c'est vraiment très bon. Oui je me doute que ça peut l'être. Tu veux goûter ? Ben vas y sert toi… attends, avec les verres au milieu tu vas faire une connerie. Tient je te donne ma fourchette. Si je fais l'avion comme pour les bébés ? Peut être pas non. Alors t'en penses quoi ? Excellent n'est ce pas ?

Le serveur est venu débarrasser nos assiettes mais d'un coup il était beaucoup plus distant.

Moi : «  Ouuu, je crois que le serveur s'est fait remonter les bretelles.

- Je ne pense pas. C'est juste qu'il t'as vue faire toute à l'heure... avec ta fourchette.

- Quand je t'ai fait goûter mon plat ?

- Oui.

- Et alors ?

- Laisse tomber. Ne cherche pas à comprendre. »

Je suis surprise que tu ne m' ai pas encore parlé de Basket depuis la semaine dernière.  Je sais que tu y penses. Forcement. C'est le contraire qui ne serait pas normal. Mais tu n'en parle pas et je n'aime pas ça. C'est un peu comme une bombe à retardement. Je redoute le moment où tu vas me dire : sans le basket je deviens quoi ? Je vais faire quoi le dimanche ? Qu'est ce que je vais dire au club ? Je redoute ces questions parce que je n'ai pas les réponses.

Je rêve ou tu te moques du serveur ? C'est vrai que depuis les entrées il baisse les yeux quand il vient à notre table mais pourquoi tu trouves ça drôle ? Au moins tu souries, c'est mieux que de te voir pleurer. Ce que je fais dimanche ? Heu… mes devoirs je pense. Même si j'ai pas grand-chose à faire vu que j'ai pas mal bossée hier soir. En même temps tu ne m'as pas vraiment laissée le choix. J'ai juste un devoir d'histoire et tu sais très bien que ce n'est pas vraiment ma matière préférée. Et des exercices d'anglais aussi mais l'anglais tu sais très bien que je ne les fait qu'à moitié. Mais pourquoi cette question ? Tu ne rentreras pas ce week-end? Si tu dors ici dimanche soir au moins tu ne te taperas pas les bouchons pour venir bosser lundi matin. C 'est vrai, mais pourquoi tu ne veux pas rentrer ?

Toi : « - Je n'ai rien à faire dimanche donc que veux tu que je fasses chez moi ? A part la lessive… que je ferais vendredi, chez moi ou ici je ne vois pas vraiment la différence. Avant je rentrais le samedi parce que j'avais les matchs le dimanche mais maintenant ? Juste pour faire des kilomètres ? Je n'en voit pas l’intérêt.

Moi : « - Je me demandais a quel moment tu allais te décider à aborder le sujet. T'es prête à en parler ?

- Pas vraiment, mais il va bien falloir que je m'y fasse. C'est juste que depuis l'age de 8 ans je passe tout mes dimanches au basket. J'y ai passé la moitié de mes vacances, sans compter tous les soirs d’entraînement. Rappelle toi, tu t'es même moquée de moi parce que je ne connaissais pas Eurodisney. Mais c'est vrai, à part depuis que je te connais je n'ai pas fait grand-chose dans ma vie. J'ai passée toutes ces années à jouer au basket. J'ai joué en haut niveau, j'ai gagné des tournois, des médailles et un tas de trophées mais en dehors de ça ?

- Tu regrettes ?

- Non pas du tout. C'était vraiment un choix. J'y ai appris beaucoup de choses ; C'est même le basket qui m'a donné envie d'enseigner. Mais sans le basket je vais faire quoi de mes dimanches ? Si je ne peux plus jouer, j'ai peur de devenir exécrable et c'est vrai que ça me fait peur.

- Ne plus jouer en club d'accord. Mais rien ne t’empêches de prendre le ballon et d'aller faire quelques paniers au city stade. Et puis… je ne sais pas... pourquoi ne pas profiter de tes dimanches pour te reposer ?

- A trop se reposer on fini par crever.

- Toujours la petite phrase qui tue. Je vais pas te proposer de faire un tennis ou un foot mais si tu veux on peut aller à la piscine. Ce n'est pas violent la piscine et puis tu n'es pas obligée de faire 50 longueurs. Mais au moins tu peux bouger. Parce que le yoga... je me doute que ce n'est pas trop ton truc.

- La piscine ? Tu veux qu'on aille à la piscine ?

- Ben pourquoi pas. Si ça te tente d'y aller…

- Vendu. »

Ok. Alors je rentrerais chez mes parents samedi après midi, comme ça je mange avec eux le samedi soir et le dimanche midi et puis je reviens dimanche après midi et on ira à la piscine. Je rentrerais chez mes parents jeudi soir.
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Lun 30 Juil - 19:40
Ça ne s'arrêtera donc jamais ?

La secrétaire de notre cher professeur t'as laissé un message. Tous les résultats de tes examens sont revenus. On a rendez vous mercredi prochain à 14h. Bizarrement je ne suis pas spécialement pressée d'entendre ce qu'il va nous dire. D'autant plus que ce sera les vacances scolaires et la semaine suivante je suis au ski avec mes parents. On le voit mercredi et je pars dans la nuit du vendredi au samedi. Je sent que je vais devoir appeler ton frère. T'es encore bien capable de lui dire que tout va bien et de rester seule enfermée à pleurer toute la semaine ou je ne serais pas là. Je ne veux pas.

En attendant, samedi c'est les vacances scolaires. On ira chez mes parents la semaine prochaine, c'est mieux que de rester à l’hôtel. Oui, on pourra regarder des films et manger sur la terrasse. Et oui je sais, je dois aussi en profiter pour réviser pour le bac. Je réviserai le matin pendant que tu regarderas un film. Comme d'habitude j'ai envie de te dire…
On a regardé 'Cocktail', 'Breaveheart', 'Officier and gentleman', 'True lies' et bien d'autres. Mais je sais ce que cache tes silences. Tu appréhendes la consultation et je ne peux pas t'en vouloir. Je te mentirais si je te disais que j'étais confiante.
…..

Il faut y aller. Allons se confronter à ce qu'il va nous dire. Je ne suis pas plus enchantée que toi mais je crois surtout que l'on a pas le choix. Peu importe ce qu'il va nous dire, il faudra faire avec. Après tout ce que tu as traversé, je me dis que quoi qu'il arrive tu trouveras le courage. Et si tu ne le trouves pas alors je serais là... je t'aiderais.

4h plus tard…
Ton frère avait raison. C'est bien un anévrisme. Mais il n'y en a pas un, il y en a deux. Un tout petit et un beaucoup plus gros. L' augmentation de ta pression artérielle peut les faire exploser n'importe quand. Pas très rassurant ? Oui, c'est moins que l'on puisse dire. Mais rien est programmé. On peut vivre des années avec un anévrisme. En regardant le bon coté des choses, si on part du principe qu'il puisse y en avoir un, et bien au moins toi tu le sais. Il y des précautions à prendre, on les connaît, alors pour une fois tu vas en tenir en compte. Tu m'as dit :

« C'est une grenade dégoupillée ».

Ce n'est pas faux mais personne ne peut savoir combien de temps elle mettra pour exploser. Encaisser cela était déjà difficile mais ce n'est pas la seule chose qu'il nous aie dite. La tumeur évolue. Maintenant qu'il y a de place autour, elle a visiblement l'intention de la remplir. Rien de très méchant pour l'instant, mais il faut réagir tout de suite. Ce qui signifie que tu vas devoir suivre un traitement préventif, une chimio allégée en quelque sorte. Mais le professeur nous a prévenu. Tes migraines vont revenir, probablement des vertiges aussi, le tout accompagné de quelques troubles de la vision. Tout cela ajouté aux effets secondaires du traitement.

Moi : « - Arrête de répéter que tu as fait tout cela pour rien, c'est faux. Que ce soit la première chose qui te vienne à l'esprit, là tout de suite, je pense que c'est normal. Mais c'est faux. Tu aurais du mourir il y a déjà presque deux ans et regarde… tu es encore là. Depuis 6 mois tu vies presque normalement ce qui au départ était totalement inespéré. Alors non tu ne t'es pas battue pour rien. Tu regrettes les dernières années ?

- Ah non ! J'ai fait plus de choses ces trois dernières années que les 24 années d'avant. C'était génial, j'ai de supers souvenirs. Et je ne les échangerait avec personne. Tout cela c'est à toi que je le dois. Si tu n'avais pas été là, il y a bien longtemps que j'aurai abandonnée. Et non, je ne regrette rien, absolument rien.

- Et bien alors… continue…

- Je savais que tôt ou tard je devrais reprendre un traitement mais je ne m'attendais à ce que ce soit aussi rapide. J’espérais que tu passes ton bac d'abord. Que tu puisses te concentrer sur tes études plutôt que de passer tes mercredi à t'occuper de moi.

- T'en est encore là ? C'est juste une question d'organisation. Dit moi si je me trompe mais m'occuper de toi ne m'a pas empêcher de passer en terminale il me semble.

- C'est vrai mais là c'est le bac. Et je pense que… jusqu'au bac…

- Quoi ? Non… n'y pense même pas. Je te vois venir. Si ton idée c'est de me dégager de ta vie jusqu'à ce que j'obtienne mon bac, tu peux oublier tout de suite. C'est hors de question ! C'est l'idée la plus stupide que j'ai entendue depuis bien longtemps. Tu veux que je me plante ? Non, je dis ça parce que c'est le meilleur moyen. »

Pour toute réponse, tu m'as prise dans tes bras. J'espère que tu as compris et que je n'aurais pas besoin de te le répéter. Je sais que tu culpabilises, et je comprends pourquoi, mais tu ne dois pas. J'ai choisie ma place il y a bien longtemps. Tu ne me l'a pas imposée. Au contraire, tu m'avais prévenue. Le 1er soir, ce jour de Novembre où tu es tombée devant moi… tu m'as laissée le choix. Et même après... tu ne m'a jamais obligée à rien. Combien de fois je t'ai dit que je ne t'abandonnerais pas ? Que je ne partirais pas ? Ce n'était pas que des mots, c'était sincère.
Tu vas devoir reprendre un traitement. Oui et alors ? Ce n'est pas la fin du monde. On va s'organiser comme on l'a toujours fait. Je bosserai le soir pendant que tu bosseras sur tes cours. On ira à l’hôpital le mercredi et je m’occuperai de toi , comme je l'ai toujours fait. On ira à la piscine le dimanche, au cinéma si tu veux et tout se passera bien. Ça ne sera pas facile, je ne vais pas te dire le contraire. Mais je pense que le pire est derrière nous. Depuis quand je suis optimiste ? C'est toi qui m'a appris à le devenir. Si toi tu baisses les bras alors je serais optimiste pour deux.

Maintenant on va rentrer et on va aller se coucher. La journée t'as épuisée psychologiquement et je sais que tu ne veux pas en parler maintenant. Tu en est incapable. Alors… au lit ! D'autant plus que te connaissant je pense que la nuit va être mouvementée. Je sais que tu refuses de prendre un médicament de plus pour t'aider à dormir, mais quelques fois ce ne serait peut être pas plus mal.

…..

Le lendemain :
J'avais raison. Quelle nuit ! J'ai dû dormir trois heures. Tu as fait cauchemar sur cauchemar, tu pleurais en dormant et j'ai même été obligée de te réveiller. Je déteste ça. Ta douleur physique est déjà difficilement supportable, mais je crois que la souffrance psychologique est pire.
Je vais appeler ton frère. Je refuse que tu passes la semaine prochaine seule, à pleurer dans ton coin. Je serais plus rassurée si tu vas chez ton frère. Tu vas me répondre que tu as passée l'age d'avoir un baby sitter, mais tu sais quoi ? Je m'en moque. Tu vas faire ce que je te dis, et tu vas le faire pour moi.
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Mar 31 Juil - 20:38
Reprise difficile

Je me doute que cette semaine a été très difficile pour toi. Mais je suis là maintenant. Je suis rentrée hier. Laisse moi le temps de refaire mon sac et je te rejoins cet après midi. Il faut que je prépare aussi mes affaires de cours puisque demain matin on doit être à 8h au lycée. Mes parents ? Ils vont bien. Oui ils savent que tous les dimanches je vais à la piscine. Je leur ais même dit que j'y allait avec toi…. et quelques amis… Je crois qu'ils sont persuadés que j'ai un petit ami, ils sont même convaincu que je dors chez lui la semaine. Je ne vais pas les contredire. Oui je sais, c'est un mensonge par omission. Mais franchement tu voudrais que je leur dise quoi ? La vérité ? Je ne suis pas sure qu'ils comprennent. J'ai parfois du mal à comprendre moi même, alors je n'ose même pas imaginer ce qu'ils pourraient penser. Et je n'ai ni l'envie, ni le temps de rentrer en conflit avec eux. Je sais que tu culpabilises parce que je leur cache beaucoup de choses, mais si tu as une solution je t'écoutes. Pour le moment moi je n'en aie aucune. Et en fin de compte, ça fonctionne très bien de cette façon alors pourquoi prendre des risques inutiles ?

…….

Toi aussi tu m'as manquée. Maintenant que tu es là je vais peut être enfin réussir à dormir correctement, parce que je t'avoues que malgré la fatigue du ski, j'ai très mal dormi la semaine dernière et je suis vraiment crevée. Toi aussi ? Je ne suis pas vraiment surprise. Donc ce soir on va se coucher de bonne heure, je crois que l'on en a besoin toutes les deux.

Tu veux venir dans mes bras ? Alors viens… Depuis quand tu demandes l'autorisation ? Tu n'en a pas besoin. L'odeur de ton parfum, ton souffle dans mon cou, ton cœur qui bat sur ma poitrine… j'adore. C'est plus efficace qu'une séance de relaxation. Toi qui était hypertendue il y a à peine une heure, il ne t'as pas fallut plus de cinq minutes pour t'endormir. Quand je te dis que je te sert de doudou tu en rigoles, mais c'est la vérité. La preuve !

……

Il est 6h30, on doit se lever. Les vacances sont terminées, on a cours à 8h.

Moi : « - Tu as bien dormi ?

- Mieux que bien, je crois que j'ai dormi comme un ange. Et toi ?

- Idem… Mais qu'est ce qui te fais rire ?

- 'idem'… c'est la réplique de 'Ghost'

- Oui je le sais. Et pourquoi ça te fais rire ?

- J'aime bien c'est tout …. Va te préparer, comme ça on a le temps de prendre un petit dej' et de passer à la boulangerie. »

J'espère que tout va bien se passer en cours. Mercredi tu recommences le traitement et je sais que tu n'as que ça dans la tête, même si tu ne le dis pas. Concentre toi sur tes cours, s'il te plaît.  Et puis le médecin à dit que le traitement serait beaucoup moins lourd que les précédents donc pourquoi tu t’inquiètes à ce point là ?  C'est quoi le problème ? Il s'est passé quelque chose cette semaine ?

Quelque chose que tu ne m'as pas encore dit ? Remarque on a pas vraiment eu le temps de discuter hier. On verra ce midi pendant le déjeuner...

Vivement que le cours se termine. Non seulement j'ai faim, et j'ai hâte de te récupérer. Mais c'est vrai, maintenant que j'y pense, je crois que l'on a oublié de manger hier soir. On est allée se coucher directement en rentrant.
Maintenant direction ta salle de cours, à l'autre bout du couloir. Je peux savoir ce que tu fais assise à ton bureau ? On y va ?

Moi : «  Qu'est ce qui ne va pas ?

- Rien, tout va bien.

- Je repose la question ? Qu'est ce qui ne va pas ?

- D'accord. J'ai la migraine depuis ce matin.

- T'as pris quelque chose ?

- Oui, à 10h mais sans aucun résultat. Il y avait longtemps que je n'avais plus de migraines et je m'en passais très bien. Je n'ai plus l'habitude et j'ai du mal à le supporter.

- On a rien mangé hier soir c'est peut être pour ça.

- Non. Ça à commencé la semaine dernière déjà. Oui je sais je ne t'ai rien dit. Mais je voulais attendre que tu rentres de vacances pour t'en parler. »

Tu n'as quasiment rien manger. Tu as mal aux yeux, je le voit. Il n'y a pas besoin d'être diplômé en médecine pour voir que tu ne vas pas bien. Ce n'est pas la peine que je te demandes si tu vas quand même faire cours, je connais la réponse. Mais dans quel état je vais te récupérer ce soir. Heureusement que je dors ici, parce que te laisser seule dans cet état je ne pourrais pas. Je m'inquiète pour rien ? Oui possible, mais vu les antécédents je me méfie. Je trouverais vraiment stupide qu'il t'arrive quelque chose maintenant. Et ce soir je ne veux pas entendre parler de copies à corriger ou de cours à préparer. C'est une douche et au lit. Et je ne vais pas te laisser le choix.

4h plus tard : fin des cours
Rien qu'à voir la tête que tu fais je sais que là tu n'es vraiment pas bien.

Moi : «  - Tu peux marcher jusqu'à la voiture ? Oh, oh, oh stop ! Reste assise. Je reviens »

J'espère que mon prof de maths est encore dans les parages. Sa salle de cours est encore ouverte.

Moi : «  - Bonsoir. J'ai besoin de votre aide.

- Qu'est ce qui se passe ?

- Vous pouvez m'aider à l'emmener jusqu'à la voiture ?

- Heu… tu ne veux pas qu'on appelle quelqu'un plutôt ? Parce que là elle ne tient pas debout.

- C'est la raison pour laquelle j'ai besoin de votre aide. S'il vous plaît.

- Mais on ne peut la laisser rentrer dans cet état.

- Elle ne rentre pas. Je m'en occupe. Je veux juste un coup de main pour aller jusqu'au parking. Le reste je gère. J'ai l'habitude .

- Ok. Je t'aide, mais tu es sure que ça va aller ?

- Oui, ne vous inquiétez pas. Merci. »

Maintenant toi tu t'accroches on y va. On t'as quasiment portée. Avec mon prof de maths on t'as installée à l'arrière de la voiture et je crois que tu ne t'en ai même pas rendu compte. Arrivée à l’hôtel je t'ai quasiment portée jusqu'à la chambre. Je t'ai couchée sur le lit, j'ai fermé le volet, je t'ai déshabillée et j'ai mise au lit. Je crois que tu t'es endormie. Espérons que ça passe dans quelques heures. Je me suis installée pour faire mes devoirs mais je n'arrive pas à travailler. Je me retourne toutes les deux minutes pour vérifier que tu vas bien. En clair je n'ai pas écrit une seule ligne, j'abandonne. Je vais me coucher à tes cotés, au moins je pourrais te surveiller.  Je vais allumer la télé, histoire de m'occuper. Mais j'ai coupé le son,  histoire de ne pas amplifier ta migraine.
Trois heures plus tard tu ouvres les yeux. Tu as l'air d'aller mieux. Tu veux que j'allume la lumière? Tu es sure ?

Toi : « - Oui, allume ! Il est quelle heure ?

- 21h30. Tu te sent mieux ?

- Oui, dormir m'a fait du bien. Je ne me souviens même pas de m'être couchée.

- Normal. Je t'ai sortie de ta salle de cours avec mon prof de maths, je t'ai ramenée ici et c'est moi qui t'ai couchée.

- Avec ton prof de maths ? Tu plaisantes ?

- Pas du tout. Et tu pourras le remercier parce sans son aide je n'y serais jamais arrivée.

- Il reste quelque chose dans le frigo ? J'ai faim.

- Tu veux quoi ? Je peux aller chercher quelque chose à emporter si tu veux... »

Je suis descendue dans le centre ville, tu voulais manger chinois. Après le repas tu t'es rendormie. Quand je vois la violence de ta migraine aujourd'hui, les effets du traitement m'inquiète. Je pensais sincèrement que l'on avait traversé le pire, mais je commence à en douter de plus en plus.
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Mar 31 Juil - 20:43
Traitement préventif

1er jour de traitement.
Nous y revoilà. Et j'appréhende. Comment tu te sent ? Ne me réponds pas c'est pas la peine. Tu as la trouille je le voit. Je reste avec toi. Toujours aussi aimable la secrétaire.. un vrai plaisir. Aucune importance je suis ici pour toi pas pour elle.
Tu deviens blanche, tu es sure que ça va ? Tu as chaud ? Je vais chercher de l'eau, je reviens. Des bouffées de chaleur, tu transpires… il faut que tu tiennes le coup. Je vais m'occuper de toi, tu peux me faire confiance. Mais il faut que tu t'accroches. Pourquoi tu fermes les yeux ? Mal de tête ? Envie de vomir ? Les deux ? Ah… génial. Trois heures de traitement, trois heures de souffrance, trois heures d'attente… quand est ce que tout cela s'arrête ?

Allez viens avec moi, on rentre. On va chez mes parents tu vas pouvoir te reposer. Prends un anti douleur et essaye de dormir.

Je te regardes dormir dans mon lit en me disant que ce traitement va être plus difficile que ce que l'on pensait. Cet après midi à l’hôpital, c'était horrible. Tes migraines sont hyper violentes et je ne sais pas comment tu vas les supporter. J'ai l'impression que les anti douleurs n'ont aucun effet, ce qui ne me rassure pas du tout. Maintenant tu as des médicaments en plus, pour la tension artérielle, mais également pour éviter les crises de tachycardies. Tout ces médicaments ajoutés au traitement et aux anti douleurs, j'ai l'impression que ça fait beaucoup. Comme si, à force de cumuler les médicaments il n'y avait plus rien qui faisait effet. Et je ne trouve pas cela très rassurant.
Tu grelotes, t'as des sueurs froides, je vais aller chercher une couverture. Dans un quart d'heure tu vas me dire que tu as trop chaud mais ce n'est pas grave on avisera à ce moment là.
Chaud, froid, nausées, vomissements, fièvre… je sais que c'est dur à encaisser, à supporter mais je vais t'aider. Je ferais ce qu'il faut. Je ferais ce que je peux comme je l'ai toujours fait.
J'avais juste espérée que l'on aurait un peu plus de temps avant de revivre ça.

D'autant plus que ce n'était que la première séance et on en a pour deux mois de traitement. Oui je sais, tu vas me dire que d'une séance à l'autre tu peux réagir différemment. Je le sais, mais de là à croire que tout va bien se passer…. Il y a bien longtemps que je ne crois plus au Père Noël.
La semaine prochaine tu auras le droit à une chambre individuelle, c'est déjà bien. Tu seras plus au calme.

……

Déjà 3 semaines de traitements. Trois mercredi en enfer. Plus les semaines passent et plus tu souffres. Tes migraines durent trois jours et aucun anti douleur n'est efficace. Le médecin t'as proposé un autre médicament, beaucoup plus fort. Mais ce qu'il contient peut avoir d'autres effets : délires, hallucinations, voire des difficultés respiratoires dans certains cas. Pour toutes ces raisons tu refuses de le prendre pour l'instant, mais j'ai bien peur qu'à plus ou moins long terme, tu n’aie pas vraiment le choix.

Ce que l'on a vécu les 6 derniers mois étaient tout simplement magnifique. Le week-end à Eurodisney, les vacances à la mer, les falaises, te voir jouer au basket et tout le reste... Tu allais bien, plus de douleurs, plus de souffrances, plus de traitements… tu commençais à retrouver une vie normale. Et moi je commençais à y croire. Je commençais à m'habituer à l'idée que tu allais enfin pouvoir te construire un avenir. Je me suis même surprise quelques fois à rêver en faire partie. Je pensais sincèrement que l'on avait vécues le pire…. Visiblement je me trompais….
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Mar 31 Juil - 21:03
Interaction

4ème séance :
Aujourd'hui tu dois aller seule à l’hôpital. Je suis désolée, ils ont eu la bonne idée de nous décaler un cours. Je te rejoindrais après. Je te laisserais pas subir ça toute seule, je te le promets. Même si je n'aime pas du tout l'idée de te laisser y aller seule, je n'ai pas vraiment le choix. Et puis comme tu ne  veux pas que je sèche le cours….
…..

Vivement la fin de ce cours, je dois y aller. J'arrive, dans une demie heure je suis là. C'est la première fois que je te laisse y aller seule. Jusqu'à présent j'ai toujours réussie à t'accompagner. Et je ne sais pas pourquoi mais j'ai un mauvais pressentiment. Avant de partir tu as essayé de me rassurer en me disant que tout irait bien. Mais j'ai du mal à te croire.
Toujours aussi compliqué de trouver une place de parking ici. Après avoir fait deux fois le tour, il y en a bien un qui va me laisser sa place… voilà, merci. Comme quoi de temps en temps on peut avoir de la chance. Dans cinq minutes je suis là, juste le temps d’attraper l’ascenseur qui met toujours deux heures.

Oh là ! Qu'est ce qu'il se passe ici ? Pourquoi ils courent dans tous les sens ? C'est quoi le problème ? Je n'aime pas ça du tout.

Une infirmière : « - Ah ! Vous êtes là. Venez il y a un problème.

- Quel problème ? Qu'est ce qui se passe ?

- On ne sait pas. On a appelé le médecin, il arrive, mais elle est en pleine crise de délire. Probablement provoquée par les médicaments.

- Je peux la voir ?

-Non ! Restez ici ! C'est trop dangereux.

- Dangereux ? Et vous attendez quoi ? Vous comptez l’arrêter ou attendre qu'elle se blesse en restant les bras croisés ? Attachez là..

- On ne peut pas. Il faut attendre le médecin... »

C'est une blague ? Tu es train de devenir folle, tu as tout balancer dans la chambre et tu es en train de te frapper la tête dans le mur… Mais personne ne bouge… Si ce n'était pas des vitres anti suicide tu te serais déjà jetée par la fenêtre. Ils comptent te regarder longtemps sans rien faire ou ils se décident à faire quelque chose ?  Bon ! Si ils ont la trouille moi j'y vais… Il va me lâcher l'infirmier ?
« Dégage ! Laisse moi passer »

Je t'ai hurlé dessus, mais tu n'entendais pas ma voix. Impossible de te raisonner avec des mots. D'accord mais calme toi tu vas te blesser. Il faut que tu t'arrêtes. Je t'ai bloquée contre le mur et j'y ai mis toutes mes forces mais face à toi je ne fais pas le poids. Tu m'as attrapée le poignet gauche et tu as essayé de me pousser, mais je n'ai pas cédé, j'ai tenu bon et je n'ai pas bougée.  Même lorsque mon bras à craqué sous tes doigts. J'ai entendu le craquement, je l'ai senti aussi mais je n'ai certainement pas eu aussi mal que tout ce que tu endures depuis des semaines.

Ah ! Enfin ils se décident à te faire une injection. Et bien au moins c'est efficace, en deux secondes on a plus de son, plus d'images. Tu vas dormir maintenant, et à priori pour quelques heures… Et voilà ton frère. Oui ils l'ont appelé.

Ton frère : « - Qu'est ce qui s'est passé ? »

L'infirmier : « - Elle a fait une crise de délire, probablement provoquée par l'interaction entre les anti douleurs et le traitement. Elle est devenue incontrôlable et nous avons dû lui injecter un calmant.

- Vu l'état de la pièce, il vous en a fallut du temps pour réagir… Vous attendiez quoi ? Qu'elle se blesse ? Et toi ça va ? »

Moi : « Oui, je vais bien. Je me suis juste fait mal au poignet en la plaquant contre le mur pour éviter qu'elle se jette dans la fenêtre.

- Montre moi ça…

- Aiiiiiiieeee ! Oui j'ai un peu mal.

- Un peu ? C'est cassé. Descend avec moi il faut que tu passes une radio. »

Super ! Bon je descend en radio avec ton frère et je reviens très vite voir comment tu vas. La salle d'attente est pleine à craquer, je ne suis pas sortie d'ici. Ah ben en fait non. Ton frère vient de donner l'ordonnance de la radio directement à la secrétaire et je dois le suivre. Alors, si tu veux savoir comment passer devant tout le monde en radio, c'est très simple tu demandes à ton frère de t'accompagner. Bon les patients n'ont pas l'air d'apprécier mais j'avoue que l'on va gagner du temps. Surtout que si c'est cassé, comme ton frère le pense il va falloir plâtrer et on a pas toute la journée. Vue ce qu'il s'est passé toute à l'heure tu ne pourras pas conduire pour rentrer et je vais devoir te ramener. Alors si on pouvait accélérer le mouvement ce serait pas mal.

Quoi les radios ? C'est quoi le problème encore ? Triple fracture, il faut l'avis d'un chirurgien. Heu.. pourquoi un chirurgien ? Parce qu'il faut opérer. Opérer quand ? Maintenant ? C'est une plaisanterie ? J'ai autre chose à faire…

Le chirurgien : « - Je peux vous opérer maintenant, je dois vous poser une broche. Vous pourrez sortir demain matin.

- Pardon ? Pourquoi demain matin et pas ce soir ?

- Parce que je dois pratiquer l'intervention sous anesthésie générale.

- Ah non ! Je ne peux pas rester ici cette nuit. »

Ton frère : « - Tu ne vas pas vraiment avoir le choix.

- C'est impossible. Si je reste ici cette nuit, qui ramène ta sœur ce soir ? Et qui reste avec elle cette nuit ? Je te rappelle que tu es de garde 24h.

- Effectivement, on a un problème. C'est peut être réalisable en local. Docteur ? Vous pouvez le faire sous anesthésie locale ? »

Le chirurgien : «  C'est faisable mais plus complexe pour le patient. La position est inconfortable, sans parler du bruit que les patients ont beaucoup de mal à supporter. »

Après quelques minutes de discussions, on a réussie à convaincre le chirurgien de pratiquer l'intervention en local. Moins d'une heure après j'étais au bloc. C'est vrai que les bruits sont étranges, j'avais l'impression qu'ils faisaient de la mécanique. Entre la perceuse, la tige métallique et le bruit de la visseuse… j'en avais des frissons. Mais ce n'est pas plus grave que cela, le métal on pourra l'enlever dans quelques mois, c'est juste le temps que les os se ressoudent correctement. Je n'ose même pas imaginer ta réaction quand tu vas comprendre que c'est toi qui m'a brisé le poignet.

Maintenant que l'intervention est terminée il faut immobiliser. Jusque là je trouve que c'est plutôt logique. Mais il fait quoi cet imbécile ? C'est le poignet qui est cassé, pourquoi il me bloque le coude ? Il va faire combien de tours avec la résine ? Oh ! Non, pas les doigts. Ah super ! Et je conduis comment moi ? Il faut que je trouve ton frère. Il me faut des ciseaux. Il faut que j'ouvre ce truc. Bon ton frère n'était pas très chaud pour entailler la résine mais il l'a fait quand même. Au moins maintenant je peux plier les doigts, c'est quand même plus pratique pour tenir le volant.

Maintenant je n'ai plus qu'à monter te chercher. Et il est déjà presque 19h. J’espère que tu n'as pas vue l'heure tournée. Dans le cas contraire, tu dois te demander pourquoi je ne suis pas là. Je ne t'ai pas oubliée. J'arrive, j'ai juste eu un léger contretemps. Je vais essayé de passer la manche de mon pull par dessus le plâtre. Avec un peu de chance tu ne t'apercevras de rien. Je t'expliquerais plus tard. Quand tu auras les idées un peu plus claires. Une chose après l'autre.

Pour le moment j'ai hâte de voir comment tu vas. Mieux que toute à l'heure j'espère. Tu sais que tu m'as fait peur ? Je sais que tu n'avais aucune conscience de tes actes mais tu ressemblais plus à un animal qu'à un être humain. Ton regard était rempli de rage, de colère et de haine. Après qui ? Après quoi ? Je n'en ai aucune idée. Le traitement ? Les médecins ? La maladie ? Ou peut être contre toi même… Si ce sont les médicaments qui te mettent dans un état pareil alors je comprends mieux pourquoi tu refusais de prendre ces anti douleurs.

En poussant la porte de ta chambre c'est la peur qui s'empare de moi. Peur de te voir souffrir. Peur de me rendre compte que tu ne seras plus jamais la même… à cause de ce p****** de traitement. Rapidement je me rends compte que ce n'est pas le cas. Je suis soulagée, vraiment soulagée. J'ai même droit à un magnifique sourire.

Toi : « - Ben alors ? Tu étais ou ? Je pensais te voir en me réveillant.

- J'étais avec ton frère. Comment tu vas ?

- Bien. Ils m'ont dit qu'il y avait eu un problème pendant le traitement. Ils ont du me donner un calmant, c'est pour cette raison que je viens juste de me réveiller. A priori j'ai mal réagis aux anti douleurs et j'ai eu une réaction un peu violente.


- C'est vrai. C'est pour cette raison que je ne suis pas restée. On est descendu avec ton frère et on t'as laissé dormir. »

Sur ce coup là je crois que je m'en tire pas trop mal. Je ne t'ai pas menti. Je ne t'ai juste pas tout dit. Je le ferais… mais plus tard. Maintenant on va rentrer, il est déjà tard.

Toi : «- Qu''est ce que tu as ? Tu as mal au bras ?

- Oui mais ne t'inquiètes pas c'est rien de très méchant.

- Pardon ? Mais c'est un plâtre ça ? Qu'est ce que t'as fait comme connerie ?

- Heu… sans vouloir te vexer, en général les conneries c'est toi qui les fait. Mais oui je me suis cassée le bras. C'est rien de grave, je t’expliquerais plus tard. Pour l'instant on rentre, tu dois te reposer. »
……..

Tu viens de t'endormir dans mes bras. Tu dois vraiment être fatiguée parce que tu ne m'as pas posé quasiment aucune question. Je sais que ce n'est que partie remise mais au moins on va gagner un minimum de temps. Lorsque tu vas comprendre ce qui s'est réellement passé, tu vas culpabiliser je le sais. Et je n'ai aucune idée de ce que je vais bien pouvoir te dire, pour te faire comprendre que tu n'étais pas toi même et que je ne t'en veux absolument pas. Et réussir à te le faire comprendre, je pense que ça ne va pas être simple.

Maintenant je pense que l'effet de mon anesthésie s'est totalement dissipée parce que la douleur commence à se réveiller.  Le médecin m'a bien donné des comprimés mais ils sont posés à l'autre bout de la chambre. Et si je me lève pour aller les chercher, je vais te réveiller. Tant pi je vais serrer les dents. Le plus important c'est que toi tu dormes. On a cours à 8 h demain matin et il faut que tu puisses assurer tes cours. Heureusement, à la fin de la semaine c'est les vacances scolaires.

A posteriori :
De ce dommage collatéral il me reste deux petites cicatrices sur le poignet gauche. Tous les jours, ces cicatrices me rappellent cet incident. Mais dans un sens c'est aussi la marque de ton existence. Tout comme toi, elles font partie de moi.
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Si je pouvais - Page 3 Empty Re: Si je pouvais

Mer 1 Aoû - 20:53
Culpabilité

Il était temps que les vacances arrivent. Vendredi tu as passée la journée à dormir ; Samedi tu es rentrée directement à la fin des cours et hier tu n'aurais même pas eu le courage d'aller à la piscine. Tu as dormis toute l'après midi, je t'ai juste réveillée pour manger hier soir, et je crois qu'a 21h tu dormais de nouveau ; Tu es tellement épuisée que tu n'as même pas eu le temps de me demander comment je m'étais cassé le bras.
Il est 9h du matin et tu dors encore. J'attends que tu te réveilles, après on ira chez mes parents. On pourra regarder un film.
…….

Toi : « -Bonjour…. Il est quelle heure ?

- Il est 9h30

- Déjà ? J'ai dormi tant que ça ?

- C'est que tu en avais besoin.

- Oui. Mais….

- Mais quoi ?

- Et toi ? Tu dois t'ennuyer à me regarder dormir. Ça fait combien de temps que l'on a pas jouées au Trivial ? On ne se parle même plus parce que je m'endors dès qu'on rentre. Tu n'en a pas marre de jouer les gardes malades ?

- Hey… arrêtes. Si tu dors c'est que tu es fatiguée. On est en vacances, on aura tout le temps de faire un Trivial. C'est le traitement qui t'épuises, tu iras mieux dans un mois quand ce sera fini.

- J'espère. ...Et je crois que je ne vais pas rentrer ce week-end, je pense aller voir mon frère. Comme ça tu pourras aussi passer un peu de temps avec tes parents et tu n'auras pas besoin de me surveiller. Moi je ne fais que dormir en ce moment mais à l'inverse, je crois que toi tu ne dors pas beaucoup. Alors toi aussi tu vas te reposer. »

Effectivement moi je ne dors pas beaucoup. Dès que tu bouges j'ai peur que tu sois prise de délires ou d'hallucinations. Résultat je dors à moitié. Mais comment sais tu que je ne dors pas ? Oui je m'endors après toi et je me réveille toujours avant toi mais cela ne signifie pas grand-chose. C'était une manière polie de me dire que j'ai une tête de déterrée ? Non, pourtant on ne le voit pas tant que cela.

Choisie le film, moi je vais réviser un peu pour le bac. Quoi ? En parlant de révisions tu as un énoncé de maths pour moi ? C'est une blague ? Même à moitié dans les vapes tu penses à mes révisions ? Tu n'es vraiment pas comme tout le monde toi… Oui c'est bon donne moi l'énoncé. Tu veux corriger des copies cet après midi ? D'accord, mais ne te fatigues pas de trop. Tu n'es pas obligée de corriger les 100 copies en une fois. Tu te sent bien ? Oui et bien alors fait en sorte que ça dure. Ce n'est pas la peine d'en faire de trop. Pourquoi je dis ça ? Parce que je te connais… un petit peu…

Et tu veux que je t'explique quoi ? Parce que je ne t'ai toujours pas dit… toujours pas dit quoi ? Comment je me suis cassée le bras ? Ahhhh…  nous y voilà. Tu veux vraiment savoir comment je me suis cassée le bras ?

Toi : « - Ben oui. Bien sure que je veux savoir. Qu'est ce que tu as foutue ?

- Ah ! Moi ? Pas grand-chose… J'ai juste voulue éviter que tu te jettes la tête la première contre la fenêtre….

- Quoi ? Quelle fenêtre ? De quoi tu parles ?

- Mercredi tu as mal réagis au traitement. Et tu es rentrée dans une crise de délires, tu es devenue violente, incontrôlable et tu voulais te jeter par la fenêtre. Tu aurais pu te blesser . Et comme personne n'osait s 'approcher de toi, de peur de prendre un coup, c'est moi qui suis rentrée dans ta chambre pour t'arrêter.

- Tu commences à me faire peur là. Je ne me rappelle de rien du tout. Et c'est quoi le rapport avec ton bras cassé ?

- Et bien… J'ai essayé de te bloquer contre le mur, et j'ai tenu bon jusqu'à ce qu'ils t'injectent un calmant, mais tu as beaucoup plus de forces que moi…

- Oui, et ???

- Et pour me repousser tu m'as serré le bras…. Et à un moment… et bien… il a craqué.

- Tu plaisantes ? C'est moi qui t'ai fait ça ?

- Oui mais tu n'en avais absolument pas conscience. La preuve, tu ne t'en rappelle même pas. »

Et voilà ! Exactement ce que je craignais, tu ne décroches plus un mot. A quoi tu penses ?  Tu baisses les yeux et j'ai horreur de ça. Tu corriges tes copies ? Et c'est tout ? On en parle pas ? Tu ne me poses même pas de questions ? Là, je ne comprends pas…
Mais je n'insiste pas quand tu auras quelque chose à me dire tu le feras.

……

Si je n'étais pas certaine du contraire, je pourrais croire que tu me fais la gueule. Depuis trois jours tu me parles à peine et tu fuis mon regard. Je déteste ! Tu es là en face de moi mais tu es complètement ailleurs. Il est où le problème ? Qu'est ce que tu as dans la tête ? Au lieu de ruminer, toute seule dans ton coin, tu ne voudrais pas me parler ? M'expliquer ? Parce que là je suis larguée. Je t'ai rarement vue aussi distante. Oui j'ai le bras dans le plâtre mais je ne suis pas en sucre non plus. Tu n'oses même plus t'approcher de moi. Qu'est ce qui te prends ? Bon tu m'énerves ! Ça suffit !

Moi : « - A quoi tu joues ? Je peux savoir ce qui te prends ?

- Rien. Pourquoi tu me demandes ça ?

- Tu te fou de moi ? Depuis 3 jours tu m'adresses à peine la parole, tu regardes par dessus mon épaule pour ne pas me regarder dans les yeux. Et maintenant c'est pire, tu me fuis. C'est quoi le problème ?

- Je suis désolée.

- Désolée de quoi ? De faire la gueule ? Si au moins je savais pour quelle raison… tu peux m'expliquer ?

- Je t'ai cassé le bras (et tu t'es mise à pleurer)

- Oui et alors ? Ce ne sont que des os, ils vont se réparer. On ira pas à la piscine tout de suite mais en dehors de ce détail il n'y a pas mort d'homme. Ce n'est pas de ta faute, ce n'était pas intentionnel. Tu n'étais pas toi même et je le sais. Tu n'as aucune raison de t'en vouloir pour ça. Alors arrête de ,bouder dans ton coin parce que le fait que tu n'oses plus me regarder dans les yeux me fait plus de mal que ma fracture. »

Grrr… j'aurais du savoir que tu allais t'en vouloir. Mais sincèrement il ne faut pas. Tu n'as pas à t'en vouloir. Les seuls à qui tu peux en vouloir c'est le service qui à mis deux plombes à réagir. C'est peut être rare comme réaction, ils ne s'y attendait probablement pas. Cela dit je n'aurais pas aimé être à leur place lorsque ton frère leur à passer un savon. Crois moi, quand il s'énerve il n'est pas commode. D'autant plus quand tu es concernée.

Tu as corrigé combien de copies ? 54 ? Oui alors stop ! Et puis j'en ai marre des révisions. Un Trivial ça te tente ? Alors je vais le chercher.
……

Je sais que tu t'en veux, mais franchement il n'y a vraiment pas de quoi. Je ne sais plus quoi te dire pour que tu arrêtes de culpabiliser. Ce soir tu vas chez ton frère, et j'espère que lui réussira à te convaincre que tu n'y est pour rien.
Mais bizarrement j'en doute. Les deux dernières nuits tu as fait des cauchemars. Tu t'entêtes à me dire que tu ne te rappelles de rien mais pour la première fois j'ai l'impression que tu ne me dis pas la vérité. Ce qui me fais peur c'est que si tu me mens c'est que tu as estimé que c’était mieux pour moi. Probablement à tort d'ailleurs. Pourquoi serait il préférable de me mentir ? Pour me protéger ? J’espère que tu ne t'aies pas encore mis ce genre de bêtises en tête.

Je n'ai que 19 ans c'est vrai, mais je n'ai pas besoin que tu me protèges. Grâce à toi j'ai grandit, j'ai mûrit. Souvent tu me dis que tu as l'impression de me voler mon adolescence. Mais si l'adolescence c'est les conversations stupides sur le dernier boy's band à la mode, l'achat compulsif de vêtements pour plaire à je ne sais qui, ou encore écumer les bars et les boites de nuits tous les week-end, alors je suis bien contente de sauter ce passage. L' adolescence c'est super parce que c'est le début de l'autonomie sans les problèmes d'adultes comme payer les factures et remplir le frigo ? Parce que soi disant c'est une période géniale dont on garde ses meilleurs souvenirs ? Moi je ne veux pas de tout ça.
Ce qui je vie aujourd'hui est largement au dessus, mais je n'ai pas l'impression que tu t'en rendes compte. Toi non plus tu n'as pas eu d'adolescence, tu l'as passée à étudier et à jouer au basket. Moi j'aurais appris la vie, la vraie vie… et grâce à toi.
Bien sur que parfois c'est difficile, mais si j'ai bien compris, la vie elle même ne fait pas de cadeaux. Oui aujourd'hui je sais qu'il ne suffit pas d'ouvrir un frigo pour manger il faut commencer par le remplir (même si ce n'est pas moi qui paye). Je sais aussi que dans le monde du travail on a aussi des comptes à rendre. Je comprends le sens d'une phrase comme 'avoir un impératif familial'. Je sais ce que ça signifie de devoir se battre contre une administration pour une facture ou un dossier. Je sais tout ça et je ne le regrette pas, bien au contraire. Quand à mes plus beaux souvenirs…. Devine…

Alors tu veux me protéger de quoi ? De la réalité de la vie ? Ne fait surtout pas ça. Une soirée en boite c'est éphémère, et totalement artificiel alors que ce que je vie à tes cotés toute l'année est au contraire bien réel. Ce n'est pas de ta protection dont j'ai besoin, c'est de toi tout court.
Dit moi de quoi tu as si peur au point de préférer me mentir. Si seulement tu me racontais ce que tu vois dans tes cauchemars…

J'espère vraiment que ce week-end chez ton frère va te remettre les idées en place. Que tu arrêtes de penser que tu me voles mon adolescence, que je ne devrais pas passer la moitié de mon temps à jouer les gardes malades, ou pire… que je serais probablement mieux avec des potes de lycée, qu'à tes cotés. Ce genre de discours m'exaspère à un point que tu n'imagines même pas. Alors s'il te plaît enlèves toi ça de la tête définitivement.
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Si je pouvais - Page 3 Empty Re: Si je pouvais

Mer 1 Aoû - 21:03
Disparition

Tu vas rire, pour une fois que je suis chez mes parents un samedi, je me suis tapé le ménage. Ben oui… tout l'étage. En même temps mes parents n'y monte jamais donc ils ne risquent pas de salir. C'est un peu logique que ce soit moi qui fasse le ménage, mais ce n'est pas très passionnant. Ce que je fais ce soir ? Franchement aucune idée. Je dîne avec mes parents mais après ? Je vais probablement regarder un film.
Que je décroche le téléphone ? C'est pour moi ?
Je pensais que c'était toi. Mais non. C'est ton frère.

Ton frère : « - Ma sœur t'a téléphoné ?

- Non pourquoi ? Elle devait ?

- Je pensais surtout qu'elle le ferait.

- Pourquoi ? Qu'est ce qui se passe ?

- Je n'en ai aucune idée. Elle est partie comme une furie en début d'après midi, je pensais qu'elle irait juste faire un tour histoire de se calmer. Mais il est 19h et elle n'est toujours pas revenue.

- Comment ça partie comme une furie ? Vous vous êtes engueulés ?

- Ben non même pas. On discutait et puis elle s'est mise à me sortir des choses qui n'ont aucun sens. Elle s'est énervée toute seule, elle à pris les clés de la voiture et elle est partie… il n'était même pas 14h. Tu ne sais pas où elle aurait pu aller ?

- Non. Mais on va la retrouver. Je dois manger avec mes parents mais je viens après. Tu m'expliqueras de vive voix. Je veux savoir exactement ce qui s'est passé. Et on va la retrouver. »

Maman, papa… je suis invitée ce soir. Je ne rentrerais pas avant demain, je préfère dormir sur place. J'ai raison c'est mieux que boire et conduire ? Voilà tout à fait. Même si je n'avais pas l'intention de boire mais l'excuse pour ne pas rentrer me convient très bien.

Quand à toi, j'espère que tu n'as pas fait de conneries. Parce que non seulement je vais te retrouver mais tu vas comprendre que jouer avec nos nerfs et nous faire peur c'est une très mauvaise idée. De quoi avez vous parler avec ton frère pour que tu pètes les plombs au point de te sauver ? Et sans me prévenir en plus ?

……

Dans 30 minutes je suis chez ton frère. Il avait l'air complètement paniqué au téléphone. Et pourtant j'ai l'impression que pour faire paniquer ton frère il faut mettre le paquet.  Il faut que je sache exactement ce qu'il s'est passé. Qu'est ce qui a bien pu te pousser à fuir de cette façon ?


Moi : «- Salut ! Alors, Qu'est ce qui s'est passé ?

Ton frère : «  - Salut ! Ce qui s'est passé ? Je n'en ai aucune idée. Je n'ai rien compris. On discutait et d'un coup elle s'est pour ainsi dire énervée, et elle m'a sortie des choses qui n'avaient aucun sens. Ou  disons que si ça avait un sens, alors je n'ai rien compris.

- Aucun sens ? C'est à dire ? Délires ou hallucinations ?

- Non non, elle allait bien. Elle savait parfaitement ce qu'elle disait.

- D'accord. Mais vous avez parlé de quoi pour qu'elle s’énerve ?

- On parlait de toi. Ou plutôt de ton bras. Elle m'a demandé ce qui s'était passé, alors je lui ai expliqué. Elle voulait savoir a quel point elle avait été violente, ce que tu avais exactement et en combien de temps ton bras allait se réparer. Je lui ai juste répondu.

- Et tu lui a répondu quoi exactement ? Parce que moi, je ne lui avait pas tout dit. Elle culpabilise déjà suffisamment .

- Et bien, si tu ne lui a pas tout dit c'est probablement la raison pour laquelle elle me l'a demandé à moi. Je lui ai raconté dans quel état elle était à l’hôpital, dans quel état elle avait mis la chambre, l' état de tes radios, que tu avais une triple fracture… que le chirurgien avait posé une broche et que l'on pourrait l'enlever dans quelques mois.

- Je vois. Et elle à réagit de quelle façon ?

- C'est au moment où je lui ai dit que tu avais une triple fracture qu'elle s'est énervée. Mais… à bien y réfléchir je crois que c'est après elle même qu'elle s'est mise en colère. Elle m'a dit qu'elle était un danger. Qu'elle refusait de tuer quelqu'un. Qu'elle avait l'impression de devenir schizophrène, d’être esclave. Et puis elle a continué en disant qu'elle ne pouvait pas rester, que ce n'était pas possible, qu'elle devait partir….. Et puis elle a pris ses clés et elle est partie. En gros, voilà ! Je te l'ai dit ces paroles n'avaient aucun sens .

- Pour toi et moi ces mots n'ont peut être pas beaucoup de sens, mais pour elle si. Son raisonnement est tout ce qu'il y a de plus logique. Je sais pourquoi elle est partie. Mais il faut la retrouver parce que si elle va au bout de son raisonnement elle va faire une connerie et c'est à la gendarmerie que l'on va la retrouver.

- Quoi ? Pourquoi ? Qu'est ce que tu veux dire ?

- Je t'expliquerai plus tard. Tu n'as vraiment aucune idée de l'endroit où elle aurait pu aller ? Elle n'a pas parlé de la mer, du ciel, de basket, ou j'en sais rien… quelque chose ?

- Non, rien de tout ça. Elle à juste parlé de danger, de tuer personne, de schizophrénie et d'être son esclave. Mais rien sur un lieu.

- Attends ! Esclave de quoi ? Parce que là je ne comprends pas.

- Moi non plus je n'ai rien compris. Rester esclave et devenir le maître… un truc comme ça. Mais il n'y avait aucun sens.

- La parole que tu gardes est ton esclave, celle que tu lâches devient ton maître. C'est ce qu'elle a dit ?

- Oui ! Oui c'est ça. Mais comment tu le sais ?

- C'est la devise de Talleyrand. Et je sais où elle est. Mais il faut que tu viennes avec moi, on a 300 bornes à faire. »

Il ne me reste plus qu'à expliquer à ton frère ce que tu as dans la tête. Parce que moi j'ai compris mais lui pas. En revanche, il est mort de peur. On partira demain matin de bonne heure, et je vais avoir 300 kilomètres pour lui expliquer, je devrais y arriver.

Je savais que tu t'en voulais énormément de m'avoir cassé le bras mais je n'imaginais pas que ton raisonnement irait jusque là. A cause de la fièvre, des médicaments, des traitements et autres, j'ai assisté à tes cauchemars, tes délires, mais toi tu n'en a aucun souvenir. J'ai failli prendre des coups plusieurs fois. Tu le sais, mais ça non plus tu n'en a aucun souvenir. Ma fracture ? Pour toi ce n'est pas juste un dommage collatéral, c'est un passage à l'acte. Ce que tu ressens ? C'est bien plus que de la culpabilité. Tu te vois comme un véritable danger. Un danger pour les autres, un danger pour nous. Ce qui te fais si peur ? Je crois que je devine. Tu te demandes de quoi tu serais capable sans en être consciente. Serais tu capable d'étrangler, voire de tuer quelqu'un sans t'en rendre compte ? Et te connaissant tu es allée au bout de ton raisonnement et tu refuses de nous faire prendre le moindre risque. Tu es même capable de faire n'importe quoi pour te faire arrêter. Une fois les menottes aux poignets tu ne seras plus un danger pour personne. C'est la raison pour laquelle tu as décidée de fuir. Ta conclusion se résume au fait que fuir loin de nous est le meilleur moyen de nous protéger. Même si je ne suis pas du tout d'accord avec tout cela je dois reconnaître que ton comportement s'explique.

Comme vient de le dire ton frère fuir n'est pas la solution. Et puis il te sera impossible de fuir éternellement. D'autant plus que c'est inutile parce que, où que tu ailles j'irais te chercher. Comment je vais te convaincre que tu n'es pas dangereuse ? Franchement je n'en ai aucune idée. Mais une chose est sure c'est que je vais te ramener avec moi.

……..

On est presque arrivés. Est ce que je suis sure que tu es venue ici ? Oh oui j' en suis sure. Je sais que tu es quelque part dans le parc. Mais où? On va déjà vérifier que ta voiture est bien garée dans le coin. Et bien voilà! Ta voiture est là.

Ton frère : « - C'est bien sa voiture. Mais où est ce qu'elle peut être à ton avis ?

- Dans le parc du château, derrière toi.

- Mais comment elle connaît cet endroit ? Et le parc est immense, elle peut être n'importe où. Comment tu penses la trouver ?

- C'est moi qui lui ai fait connaître cet endroit. Je viens ici depuis des années et j'adore ce château. La première fois que je l'ai emmené ici,  elle en est littéralement tombé amoureuse. Et pour te répondre : oui le parc est immense, il fait 53 hectares.

- Ah d'accord ! 53 hectares ? Et bien il ne faut pas se perdre. Tu crois pouvoir la retrouver ?

- Oui. Je sais où chercher. Je vais la trouver. Le plus difficile va être de réussir à la convaincre qu'elle n'est pas un danger.

- Ok ! Alors je vais te laisser y aller seule. Je te fais confiance, ramène là. »
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Mer 1 Aoû - 21:20
La fuite

A nous deux maintenant. Je pense savoir où te trouver… près du bassin. Mais ce que je redoute c'est ta réaction. Quand à ce que je vais te dire… je n'en sais vraiment rien.
Il faut que je passe par la caisse pour pouvoir rentrer. Je regarde cette façade et je me demande pourquoi tu es venue ici. Pourquoi spécifiquement ici ? En marchant vers le bassin je réfléchie. Je sais que tu aimes cet endroit, que tu le trouves calme et serein, un bel endroit pour réfléchir. Mais tu as quand même parcourue 300 kilomètres, sacrément déterminée à ce que je vois. Mais je me dis aussi qu' en venant ici, la première personne que tu voulais fuir c'est toi même.

C'est bien ce que je pensais, tu es assise près du bassin. De loin je t'observe. Tu sembles aller bien, plutôt calme. Tu regardes l'eau, immobile au bord du bassin. Je suis curieuse de savoir à quoi tu penses.
Si je pouvais - Page 3 Valenc10

Je te regardes depuis près d'une demie heure en me demandant ce que je vais te dire. J'appréhende ta réaction et je n'ai aucune envie de te courir après. Mais quoi que tu fasses je te rattraperais.
J'étais encore à une dizaine de mètres de toi lorsque tu t'es retournée vers moi. Comme si tu avais sentie ma présence. Tu ne t'ai pas sauvée en courant, c'est déjà bien. Je me suis approchée de toi et  je me suis assise à tes cotés. Tu as posé ta tête sur mon épaule et on est restées là, sans dire un mot pendant presque une heure.

Moi : «  - Tu voulais fuir quoi en venant ici ?

- Tu n'aurais pas du venir. Tu ne dois plus t'approcher de moi.

- Arrêtes ! Je sais très bien ce que tu penses mais c'est une énorme connerie.

- Non ! C'est la vérité. Je suis devenue dangereuse pour toi et la dernière chose que je veux c'est te faire du mal. Donc tu ne t'approches plus de moi. Tu dois repartir. Penses à toi pour une fois. Si c'est le seul moyen de te protéger alors on ne se verra plus. Ne crois pas que ça me plaise, c'est loin d'être le cas. Mais je refuse de te faire prendre le moindre risque. Je t'ai déjà cassé le bras c'est largement suffisant. La prochaine fois il se passera quoi ? Je t'étrangle dans mon sommeil ? Je refuse de prendre ce risque. Je suis une bombe à retardement et c'est bien trop dangereux pour toi. Alors tu rentres. Tu rentres maintenant !

- Non ! Je n'irais nulle part sans toi. Entre blesser et tuer quelqu'un il y a une différence. Tu es incapable de me blesser volontairement et je le sais. D'autre part si quelqu'un à le droit de décider des risques que je dois prendre c'est moi, pas toi. Sans moi tu n'iras pas au bout de ton traitement et tu le sais. Tu veux abandonner ? C'est ton choix mais ne me le mets pas sur le dos. Je ne veux pas en être responsable. Que tu le veuilles ou non, tu as besoin de moi. Et je ne t'abandonnerai pas.

- Moi j'ai besoin de toi, c'est vrai. Mais toi tu n'as pas besoin de quelqu'un qui va te faire du mal.

- C'est ridicule ! Tu crois que je serais venue te chercher si je n'avais pas besoin de toi ? Je deviens quoi sans toi ? Tu t'es posée la question ? C'est quoi ma vie si tu n'en fait plus partie ? Si vraiment tu ne veux pas me blesser, alors ne me rejettes pas. Tu ne me blesseras pas, je le sais. Pour une raison que j'ignore tu m'as toujours fait confiance, alors s'il te plaît...continue. »

On a passé le reste de la journée à parler. On a même oublié de manger. Si je ne t'ai pas répété une bonne dizaine de fois que tu ne me blesseras pas alors je ne l'ai pas dit une seule fois. Je comprends que tu ais peur mais moi pas. Peu importe tes délires, tes hallucinations ou même tes colères, je sais que ce n'est pas dirigé contre moi alors je n'ai pas peur. Tu étais vraiment prête à ne plus me voir ? C'est de l'altruisme ou de la pure inconscience ? C'est sans doute prétentieux mais je pense que sans moi tu te condamnes. Et dans un sens… tu me condamnes avec toi. Tu ne peux pas faire ça, ce n'est pas logique.

Il commence à se faire tard, on va aller manger quelque part. Tu as l'air triste, je n'aime pas ça. Et je ne sais plus quoi te dire pour que tu retrouves le sourire. Je crois que tu es fatiguée. Fatiguée physiquement et surtout psychologiquement. Et pour être honnête je pense que tu n'es pas la seule. Faire partie de ta vie ce n'est pas de tout repos. Je dirais… riche en émotions. Ce n'est pas un reproche, loin de là. Avec toi il n'y a aucune place à l'ennui, on passe du rire aux larmes en moins de 5 minutes.
Au fait ! Tu as dormi où cette nuit ? Comment ça dans ta voiture ?

Toi : «  - Le ciel était dégagé et j'ai passé une bonne partie de la nuit à regarder les étoiles. Je crois que j'ai finie par m'endormir. 

Si je pouvais - Page 3 Ciel_z10

- Tu cherchais quoi dans le ciel ? Des réponses à tes questions ?

- Peut- être…

- Et tu les a trouvées ?

- Non. Finalement… les réponses… c'est toi qui me les a donné aujourd'hui. »

Ah ! Bonne nouvelle ! Au moins tu as écouté et surtout entendue ce que je t'ai dit aujourd'hui. Je n'ai plus qu'à espérer que tu t'en souviennes.

En sortant du restaurant il faisait déjà nuit. Et comme un réflexe la première chose que tu as regardé c'est le ciel. On s'est assises près de la voiture et je t'ai dit :

« - Tu vois Oursa Major ? Juste à coté il y a Draco, la constellation du dragon, c'est celle que je préfère. »

- Pourquoi ?

- Parce que Dragon c'est mon signe chinois. Au fait ! Tu savais qu'au Basket tes coéquipières te surnommes le dragon ?

- Quoi ? Heu… non je ne savais pas. Mais pourquoi le dragon ?

- Ah… ben tu leurs demandera (rires).

- Donc en fait, cette constellation c'est toi et moi… je l'aime bien... »

On a admiré la constellation pendant un long moment puis on a finies par partir à la recherche d'un hôtel, tu vas pouvoir te reposer un peu. Et comme mon petit doigt me dit que tu n'as aucune envie de rentrer, demain je vais t'emmener quelque part ce n'est pas très loin d'ici.
Une bonne douche et au lit ! Qu'est ce que tu fous au bord du lit ? 10 cm un peu plus à gauche et tu tombes . Viens là...T'as peur de me mettre un coup en dormant ?

Toi : « - Tu es la dernière personne à qui je souhaite faire du mal alors ne t'approches pas de trop.

- Stop ! Arrête tes conneries ! Tu ne me feras aucun mal. Et si vraiment tu me mets un coup en dormant… et bien je te le rendrais. Ça te va comme ça ? Maintenant tu viens dans mes bras, sinon tu ne dormiras pas et moi non plus. Alors viens... »

Sans ajouter un seul mot tu t'es retournée et tu t'es blottie dans mes bras. Je sentais tes larmes coulées sur mon épaule...mais je n'ai rien dit. Je sais pourquoi tu pleures.

……….

Le lendemain on a repris la voiture et je t'ai emmené là :
Si je pouvais - Page 3 Bouges10

Est ce que j'en connais beaucoup des endroits comme celui là ? Ben disons que dans la région il y a de quoi faire. On a visité le château et bien sure tu as encore insisté pour payer les entrées… tu m'énerves !!! L'après midi on s'est promené dans le parc. Au moins pendant que l'on est ici tu ne penses pas au reste.

Hier soir j'ai appelé ton frère pour le rassurer. J'ai aussi appelé mes parents en leur disant que je ne rentrerais que jeudi. Nous on rentrera mercredi, on ira à l’hôpital directement mais je reste avec toi mercredi soir, je ne te laisserai pas toute seule après te traitement. Et tu ne discutes pas. Je ne te demandes pas ton avis. Qu'est ce que je veux faire demain ? Ah…. Ben tu verras bien….

Demain je t’emmène dans un parc animalier pas très loin d'ici. Puisque tu as l'impression de devenir un animal tu te rendras peut être compte qu'un animal n'est pas forcément agressif.

……..

Le lendemain

Si je pouvais - Page 3 Gorby_10

Je te présente Gorby et Raissa, les premiers tigres blancs importés en France. Ils vivent ici depuis 1991. Ils n'ont pas l'air si agressifs que cela pour des animaux sauvages. Ils semblent même très heureux puisqu'ils ont fondés une petite famille. (Gorby et Raissa sont décédés en 2006).

Parmi des dizaines d'espèces on a pu observer les tigres du Bengale, les Orangs Outans et les Chimpanzés.
Plus loin on trouve la serre des grands singes, qui abrite avec eux une centaine de serpents et les crocodiles du Nil. Eux en revanche, ont l'air bien moins sympathiques. Si tes lunettes de soleil tombent dans l'eau je n'irait pas les chercher.
Une autre serre abrite 300 oiseaux exotiques. Son décor tropical rappelle le restaurant ou nous avions mangé à Eurodisney… et les magnifiques souvenirs qui vont avec.

Après avoir déjeuné dans le Parc il est l'heure d'assister au spectacle. Direction la piscine des otaries, où nous attendent les acrobaties des otaries ainsi que les rapaces en vol libre.
Les rapaces sont en liberté ? Oui plus ou moins, ils portent une bague. Mais il est vrai qu'ici tous les animaux sont en semi liberté. Ils vivent dans de grands espaces spécifiquement aménagés pour eux et non dans des cages. Il suffit de les observer pour voir qu'ils sont heureux.

(Aujourd'hui ce Parc est l'un des 15 plus beaux zoo du monde, il s'étend sur une superficie de 35 hectares et compte plus de 600 espèces, dont le panda géant. En Août 2017 la femelle  panda a donné naissance à deux Bébés. L' un d'eux baptisé 'Yuan Meng' n'est autre que le premier panda géant né en France. Malheureusement son frère est décédé deux heures après la naissance.)

Toi : « - Wahou !! Impressionnant !

- Qui ? Ah…. L'ourse. Je te présente Michka, la copine de Jean Jacques Annaud. Oui oui c'est elle. Tu vois, elle va très bien.

- Effectivement, mais je n'irais pas lui demander un autographe. (rires) »

Si je pouvais - Page 3 580px-10

(Michka a aujourd'hui 29 ans. Malheureusement Gogol, son amie et autre doublure, est décédée lors d'un transfert en mars 2018 à l'age de 31 ans).

Tous les animaux qui vivent ici sont des animaux sauvages. Pour la plupart ils sont dotés d'une force physique contre laquelle, petits êtres humains que nous sommes, ne pouvons pas lutter. Mais pourtant ces animaux ne sont pas laissés à l'abandon, loin de là. Les soigneurs et les vétérinaires sont là pour eux. Ils les nourrissent, leurs parlent, les observent, les approchent et les soignent quand ils en ont besoin. Approcher une masse de muscle de 600 kg comporte des risques c'est évident. Mais ils connaissent l'animal et apprennent à communiquer avec lui pour le protéger et le soigner… parce qu'ils l'aime.
On abandonne pas un animal qui souffre. Au pire… on l'achève pour qu'il ne souffre plus.

Toi : « -  Pourquoi tu me dis ça ?

- Pourquoi ? Et bien…. Je te laisse réfléchir... »
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Jeu 2 Aoû - 20:56
Bientôt le bac

Je roule depuis 200 kilomètres et plus on roule plus ton visage se ferme. Je sais très bien pourquoi mais je n'aime pas ça. Dans 2h tu seras couchée sur un lit d’hôpital reliée à une perfusion de poison. La dernière séance s'étant plutôt mal passée, je peux comprendre que tu angoisses. Le seul problème c'est que ton angoisse est communicative. Mais cette fois ci je ne te lâche pas d'une semelle. Au moindre problème je serais là. Je n'attendrais pas que tu disjonctes pour faire quelque chose.

L'infirmier vient de commencer ton traitement. Ce que je vais faire pendant ce temps là ? Réviser mes fiches de philosophie. Le Bac approche, je dois travailler. Mais il faut que je t'avoues que me concentrer sur mes fiches en te regardant vomir c'est loin d' être facile. Tu as la migraine et visiblement c'est très douloureux. Tu refuses de prendre les anti douleur parce que les effets secondaires te terrorise mais je ne suis pas sure que tu réussisses à supporter cette douleur très longtemps.

On doit passer chez ton frère en rentrant je dois récupérer ma voiture. Enfin plus exactement, la voiture de ma mère. Vivement le mois de Septembre. Je vais travailler au mois de Juillet pour pouvoir m'acheter une voiture. Mon salaire me fera un bon apport et ma famille mettra le reste. J'aurais ma voiture en cadeau d'anniversaire pour mes 20 ans. Je vais devoir payer l'assurance, l'entretien et le gazole. Et je n'ai pas vraiment envie que ce soit encore mes parents qui prennent tout en charge. C'est la raison pour laquelle je ne sais pas ce que je vais faire l'année prochaine. Bien sure que j'ai rempli les dossiers d'inscription pour la fac. Et je suis prise, sous réserve de l'obtention du Bac, mais… une licence ? C'est trois ans et je ne suis pas sure d'en avoir envie. Bien sure je pourrais trouver un job étudiant mais quitte à travailler pourquoi ne pas travailler directement à temps plein ?
Toi : « - Tu veux vraiment arrêter les études ?

- Je ne sais pas. Ce n'est pas continuer d'étudier qui ne me plaît pas, c'est plutôt de devoir rester au crochet de mes parents. Et puis... commencer à travailler à 25 ans ? Et ne pas avoir de retraite ? Rien que cette année, regarde le peu de temps que j'ai passé chez mes parents. Je me dit qu'il serait plus simple et plus logique que j'ai mon propre appartement et que je me débrouille toute seule. Mais pour ça il me faut un boulot pour payer le loyer. Si je vais en fac ce ne sera pas possible.

- C'est vrai mais tu as les capacités de faire des études, je trouves que ce serait dommage de t'arrêter au Bac.

- Peut être, mais se lancer dans 3 ans d'études et tout arrêter au bout de 2 ans parce que j'en aurais marre, autant ne pas commencer. Plus tard je pourrais toujours suivre une formation ou prendre des cours par correspondance. Enfin… je n'en sais rien. Je ne sais pas ce que je vais faire. J'ai encore un peu de temps pour y réfléchir. De toute façon je n'ai aucune idée de ce que je veux réellement faire comme métier alors faire des études et puis changer de voie parce que finalement je veux faire autre chose , quel est l'intérêt?

- Et tes parents ils en pensent quoi ?

- Ils voudraient que je continue. Eux n'ont pas eu cette chance. Mais finalement je constate qu'ils s'en sont très bien sortis professionnellement, alors je ne vois pas pourquoi je n'y arriverai pas. Mais de toute façon avant de décider ce que je vais faire l'année prochaine il faudrait déjà avoir le bac.

- Le but n'est pas juste de s'en sortir. Mais plutôt de trouver une profession dans laquelle tu vas t'épanouir. Tu te vois faire un métier que tu n'aimes pas pendant 10 ans ? Travailler 8h par jour juste pour payer un loyer ? Moi j'ai eu la chance de savoir dès le lycée que je voulais enseigner, mais tu trouveras aussi, j'en suis sure. Peut être qu'en travaillant dans plusieurs domaines, tu trouveras ce que tu veux vraiment faire. Les questionnaires d'orientation disent que tu es prédisposé au domaine social et médical. Mais c'est vaste, cherche de ce coté là. »

Pourquoi pas. Mais on en reparlera plus tard. Pour le moment je te laisse parler à ton frère et je te ramène à l’hôtel. On va laisser ta voiture ici parce que je ne peux pas conduire deux voitures en même temps et toi tu n'es pas en état de conduire. On va rentrer et tu vas te mettre au lit.

……..


Tu as été malade toute la nuit et on a pas dormi. Tu es épuisée, tu n'as même plus la force de parler. On ira nulle part aujourd'hui, tu vas essayer de dormir. J'espère que demain tu iras mieux parce que je vais devoir te laisser seule demain soir je dois rentrer chez mes parents . Tu veux faire un bowling samedi ? Oui si tu veux. On en profitera pour passer chez ton frère et récupérer ta voiture. Tu veux manger chez lui ? Ben oui, si tu veux. Je crois que tu lui dois quelques explications et… des excuses. Je te déposerais en rentrant du bowling . Comment ça non ?

Toi : « - Quand j'ai dit que je voulais manger chez mon frère samedi soir, je voulais dire avec toi. J'adore mon frère mais je n'ai aucune envie de me retrouver entre lui et ma belle sœur. Alors je veux que tu sois là.

- Je pensais que tu voulais en profiter pour parler à ton frère en tête à tête, mais si tu veux que je vienne alors je viens avec plaisir. Il y a quand même une chose que je ne saisie pas. C'est quoi le problème entre toi et ta belle sœur ?

- Ce n'est pas réellement un problème. Mon frère et moi avons toujours été très proches et cela n'a pas changé même après son mariage. Ma belle sœur n'a jamais compris notre relation, je pense même qu' elle en est jalouse. Mais elle n'a jamais osé le dire ouvertement. Résultat : elle se met toujours en retrait, on se parle très peu et finalement on ne se connaît pas.

- En clair tu es en train de me dire qu'elle te met mal à l'aise ? Venant de toi je suis surprise.


- Pourquoi surprise ? Et oui elle me met mal à l'aise parce que je pèse chaque mot que je prononce en sa présence de peur que ça retombe sur mon frère plus tard.

- Surprise parce que tu donnes l'air de n'avoir peur de rien ni de personne, alors qu'en réalité tu n'oses pas parler ouvertement avec elle par peur de blesser ton frère. C'est un peu tordu je trouve.

- C'est vrai c'est peut être irrationnel. Mais c'est un fait. Alors ? Tu m'accompagnes ?

- Oui. Bien sur que oui. »
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Jeu 2 Aoû - 21:02
Le barbecue

Samedi
Bien évidemment j'ai encore perdue au bowling, mais on s'est bien amusées. Si chaque journée passée à tes cotés pouvait ressembler à celle là ce serait génial.
Il fait beau et ton frère à décidé de faire un barbecue je trouve ça chouette. Mais c'est bizarre j'ai l'impression que ce repas t'angoisses. Quel est le problème ? Tu as l'air d'une gamine de 15 ans qui doit annoncer à ses parents qu'elle a volé une voiture. Je ne comprends pas. Depuis 10 minutes tu fais tourner ta gourmette autour de ton poignet. Et je sais que lorsque tu joues avec c'est que quelque chose te préoccupes. Mais quoi ? Je n'en ai aucune idée.

Tu dois avoir un don pour me faire réfléchir. Je ne sais pas si c'est à force de faire des exercices de maths mais depuis que je te connais je passe mon temps à résoudre des problèmes, à chercher des solutions, établir des hypothèses et parfois même à en tirer des conclusions. Ce qui voudrait dire que les mathématiques s'appliquent aussi à la vie. En y réfléchissant, se servir des maths dans sa propre vie… c'est exactement ce que tu fais tous les jours. Comme si le coté rationnel, scientifique et théorique te rassurais. Ce qui est probablement le cas. D'ailleurs, ton frère à une théorie à ce sujet. Il dit que ton besoin de tout expliquer de manière logique et scientifique est pour toi un moyen d'exorciser tes propres peurs. La logique ne laissant aucune place au doute ou à l'extrapolation. Il explique ça en disant que ton raisonnement scientifique te sert de bouée de sauvetage et qu'il est surtout un moyen pour toi d'enfouir tes propres sentiments. Tu privilégies la raison à tes propres émotions. Une manière de limiter les risques, afin de ne pas être déçue et surtout ne pas souffrir. C'est la même raison qui te pousse à ne faire confiance à personne. La première relation humaine qui était importante pour toi t'a énormément déçue, elle a brisé tes rêves d'enfants, ébranlée tes convictions et même trahie ta confiance. Cette relation c'est celle que tu avais avec tes parents. La conséquence de tout cela est que tu t'es construite toute seule, dans la littérature et les livres de sciences.

Il a fallu presque 300 kilomètres à ton frère pour m'expliquer tout cela. Mais j'ai compris ce qu'il m'a expliqué et je pense qu'il doit avoir raison.
Finalement la seule personne qui ne t'as jamais trahie c'est ton frère. Et c'est aussi le seul en qui tu as toujours eu confiance. Il est pour toi plus qu'un frère, il représente aussi l'image du père parfait. Maintenant que je te connais je pense que c'est à cause de cette relation particulière que tu entretiens avec lui, que tu as toujours voulue être la meilleure. C'est pour ne pas le décevoir lui, pour qu'il soit fière de toi. Une manière de le remercier pour avoir été là pour toi depuis tant d'années. Oui j'extrapole je te l'accordes. Ce n'est qu'une théorie purement personnelle.


Mais tout ceci est aux antipodes du comportement que tu as avec moi. Moi je t'ai vue pleurer, douter et même entendue élaborer des théories abracadabrantes, allant à l'encontre de toute théorie scientifique. A part ton frère tu n'as jamais eu confiance à personne. La seule exception c'est moi, et au bout de presque 4 ans, je ne me l'explique toujours pas. Cela dit je ne suis pas persuadée que tu ais une réelle explication. Et telle que je te connais soit tu ne cherches pas d'explication, soit tu la connais depuis longtemps mais tu préfères la garder pour toi.

……

Je te sent mal à l'aise et je ne sais pas pourquoi. Je vais te laisser parler à ton frère seule à seul, moi je vais aller aider ta belle sœur dans la cuisine.

Ta belle sœur : «  - C'est bien que tu sois là pour elle. Mon mari à toujours été là pour sa sœur depuis leur enfance, mais il reste son frère. Il y a forcément des choses dont elle ne lui parle pas. Et il était temps qu'elle est trouve quelqu'un à qui elle peut vraiment se confier. Elle a toujours été très renfermée. Jusqu'à ce qu'elle te rencontre elle passait sa vie soit au basket soit le nez dans ses bouquins. Il était temps qu'elle commence à vivre. Ce qui est encore plus vrai étant donné les circonstances actuelles. »

Moi : « - Moi je l'ai toujours vue survoltée et imprévisible. J'avoue que j'ai beaucoup de mal à l'imaginer introvertie. Je suis plus habituée au contraire, voire même à la voir provocatrice.

- Provocatrice ? Tu plaisantes ?

- Ah non ! Pas du tout.

- Alors je ne sais pas ce que tu lui as fait mais visiblement ça lui réussie. Tu peux prendre les assiettes s'il te plaît ?

Je vais mettre la table avec ta belle sœur pendant que tu aides ton frère à allumer le barbecue. Vous voulez boire quoi ? Heu… surtout ne répondez pas tous les deux. Je ne sais pas de quoi tu parles avec ton frère mais visiblement c'est plutôt sérieux. Sérieux au point que vous ne nous écoutez pas ni l'un ni l'autre.

Je n'ai aucune idée de ce que tu as raconté à ton frère, mais tu as l'air soulagée. Tu avais quelque chose à lui dire ? Visiblement oui.
Pendant le repas ton frère t'as demandé pourquoi tu avais fuis. Tu t'es expliquée et tu t'es même excusée. Ton frère t'as demandé de ne jamais recommencer et on a commencés à manger.
Nous avons passés une excellente soirée. Mais maintenant je dois y aller. Je dois rentrer chez mes parents. Toi tu vas passer le reste du week-end ici et on se voit lundi au lycée.
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Jeu 2 Aoû - 21:11
Dernière ligne droite

Il ne reste que quelques semaines avant les épreuves du bac. Le programme scolaire est terminé. Maintenant c'est révisions et bac blancs. Nos soirées on les passe à travailler. Moi je révise pendant que toi tu corriges des copies. D'ailleurs on ne pourrait pas faire une pause ? L'ambiance premier de la classe je commence à en avoir un peu marre. Ou j'en suis dans mes révisions ? Et bien… Maths et SVT j'ai finie. Histoire géo, je m'arrête là… je ferais de mon mieux. Il me reste surtout une partie de la physique. La chimie pas de problème mais dans le programme de physique il y a un morceau qui ne veut pas rentrer. J'espère juste ne pas tomber sur cette partie là. Quand à la philo c'est aléatoire, tout dépendra du sujet. Mais qu'est ce qui t'inquiètes ? Que je ne sois pas prête ?

Toi : « - Non, je sais que tu as travaillée toute l'année. J'ai lu tes bulletins et je sais que tu as largement le niveau. Mais comme tous les examens il y a aussi une part de chance et aussi une part de stress.

- De stress ? Je crois que le stress j'ai appris à le gérer. Te savoir à 800 km sur une table d'opération sans savoir ce qui ce passe, et bien crois moi si je te dis que c'est beaucoup plus angoissant que de s’asseoir dans une salle devant une question de philosophie. Je ne dis pas que le bac n'a aucune importance mais avec ou sans... la vie de personne n'est en jeu.

- C'est sure que vue de cette manière, tu n'as pas tort. Mais pour être honnête je crois que je stress à ta place. Je m'en voudrais si tu n'avais pas ton bac. Je pense que tes parents seraient déçus et ils pourraient penser que tu n'as pas suffisamment travaillé. Tu n'as quasiment pas été chez toi de toute l'année parce que tu étais avec moi. Il serait donc facile de penser que je sois la cause de ton échec.

- Je t'arrêtes tout de suite. Eux aussi ils ont vus mes bulletins. Ils savent que j'ai travaillé, donc même si je me plante ça n'aura aucun rapport avec ce que j'ai fait tout au long de l'année. Je sais que tu veux que je réussisse mais même si ce n'est pas le cas, au pire je ferais une année de plus. Tu devras me supporter encore un an sur ton dos au lycée c'est tout.

- Certes ! Mais ce n'est pas vraiment le but. D'autant plus que si tu fais une année de plus ça va être compliqué.

- Pourquoi compliqué ? Je ne vois pas ce que ça change. On fera comme cette année.

- Ben justement, j'imaginais les choses un peu différemment.

- Qu'est ce que tu veux dire ?

- Laisse tomber. Pour le moment ce n'est pas d'actualité. Passe ton bac, on en parlera après. »

Il est bien évident que je préférerais avoir mon bac mais en quoi refaire une année compliquerait les choses ? A mon sens c'est plutôt le fait d'avoir le bac qui va compliquer les choses. Si je vais en fac, on ne pourra se voir que le week-end et cette idée me plaît de moins en moins. Et si je décide de trouver un emploi, on aura peut être des horaires complètement différentes. Sans parler des vacances, la mer trois fois par an c'est terminé. Salarié c'est cinq semaines de vacances par an et pas douze. Et je ne suis pas sure de pouvoir t'accompagner à l’hôpital comme je le souhaiterais. C'est là où les choses vont se compliquer. Je ne sais pas comment toi tu vois les choses puisque tu dis que ce n'est pas d'actualité. Mais si tu as imaginé les choses différemment c'est que tu y as pensé. J'ai le droit de savoir ? A priori non. Je passe mon bac d'abord et on en parle après. C'est bien cela ? C'est bon, j'ai compris. Je ne pose pas de questions.
La seule chose à laquelle tu penses depuis des jours c'est le bac. A se demander laquelle de nous deux doit passer l'examen. Je suis persuadée que tu en as même oubliée que c'était ton anniversaire à la fin du mois. Mais Bac ou pas, moi je n'ai pas oublié. Et en parlant d'anniversaire tu te rappelles de tes 25 ans ? Tu m'as fait sécher deux heures de cours et on est allées au bord de la mer. C'est la première fois que je t'ai vue regarder un coucher de soleil. Je n'oublierai jamais. C'était il y a 4 ans et à cette époque je n'aurais même pas osé envisager que l'on fêterai tes 28 ans ensemble. Pourtant c'est bien le cas et j'en suis très heureuse.

……

Mercredi
C'était ta dernière séance aujourd'hui. Ton traitement est terminé. Bon d'accord, là tout de suite tu vas avoir du mal à te réjouir. Je sais que tu te sent mal et je vais m'occuper de toi. On va chez mes parents et je vais te mettre au lit. Tu vas te reposer, demain tu iras mieux et dans quelques jours ton traitement ne sera plus qu'un mauvais souvenir.
Je n'avais pas envie de travailler cette après midi alors je me suis allongée avec toi et tu t'es endormie dans mes bras. Et bien évidemment…. Tes migraines ont finies par te réveiller et tu t'es mise à vomir. T'en fais pas je gère. Je suis rodée maintenant, je sais quoi faire. Il se passe quasiment la même pas chose tous les mercredi. Et aussi bizarrement que l 'on pourrait le croire je m'y suis habituée. Comme quoi l'être humain possède réellement des facultés d'adaptation. Si j'en ai pas marre ? Marre de quoi ? De m'occuper de toi ? Bien sure que non. C'est difficile ? Ben je t'avoues que ce n'est pas toujours une partie de plaisir mais je ne me verrais pas faire autre chose en sachant ce que toi tu vies.

Toi : « - Pourquoi ?

- Comment ça pourquoi ? Pourquoi je ne prends pas un bouquin pendant que tu vomis tes tripes, c'est vraiment ta question ?

- Je ne l'aurais pas formuler de cette façon, mais en gros oui, c'est à peu près la question.

- T'es sérieuse là ?

- Très sérieuse. Pourquoi tu fais tout ça pour moi depuis trois ans et demi?

- C'est une blague ? Ne me dis pas que tu n'as pas toujours pas compris ? Il faut que je te le répète combien de fois ?

- Me répéter quoi ? Que tu tiens à moi ? Je le sais. Ce que je te demandes c'est pourquoi ?

- Pourquoi je tiens à toi ? Comment veux tu que je réponde à cette question ? Je ne sais pas pourquoi. Parce que c'est comme ça.

- Comme ça quoi ? Explique moi.

- Tu veux vraiment que je t'explique pourquoi je tiens à toi ?

- Oui. S'il te plaît…. »

Je ne comprends pas pourquoi tu me poses cette question. Et je comprends encore moins pourquoi la réponse à autant d'importance pour toi. Mais vu la manière dont tu insistes c'est visiblement très important. Ce qui signifie que je vais devoir te répondre. Dans l'absolu je n'ai rien contre mais répondre à ta question revient à essayer d'expliquer pourquoi il y a soixante secondes dans une minute. Mais cette question là tu serais encore capable de lui trouver une réponse. Ce qui veut dire qu'il faut que j'en trouve une à ta question.

Moi : «  - Je ne sais pas comment je pourrais répondre à ta question parce que je ne connais pas la réponse. La seule chose que je peux te dire c'est que j'apprécie de passer du temps avec toi. Que ce soit à l’hôpital ou au bord de la mer peu importe. J'aime aussi nos conversations . Qu'elles me fassent rire ou pleurer j'aime toutes nos conversations. Que ton coté logique et rationnel associé à ton coté imprévisible et complètement déjanté m'a beaucoup appris. Que aujourd'hui pour moi l'essentiel c'est d'être avec toi. Je peux aussi te dire que chaque minute passée en réanimation a tes cotés m'a fait comprendre que ma plus grande peur c'était de te perdre. Je suis bien consciente qu'il y a de fortes probabilités pour qu'un jour tu ne sois plus à mes cotés, alors dans l'intervalle je veux en profiter un maximum. Je ne sais pas si c'est la réponse que tu attendais mais c'est la seule que je peux te donner…. Heu...je peux savoir pourquoi tu pleures ?

- Parce que. Parce que, c'est en général de cette façon que l'on répond à une question qui commence par pourquoi. Mais toi tu as fais bien mieux.

- Mieux que la réponse à laquelle tu t'attendais? Personnellement je n'ai toujours pas compris pourquoi tu m'as posé cette question mais si la réponse te convient alors c'est l'essentiel. »

J'imagine que cette conversation fait partie des choses que tu ne m'expliqueras jamais. Ce qui n'est pas très grave en soi. Disons que c'est l'un des mystères de ta personnalité que je n'éluciderai sans doute pas. Je sais qu'à cause des médicaments tu pleures facilement. Résultat : j'ai du mal à savoir si tes larmes sont provoquées uniquement par une réaction de ton organisme ou si la cause est émotionnelle. Cela dit, si je me rappelle ce que ton frère m'a expliqué il n'y a pas longtemps, ton traitement provoque une hypersensibilité émotionnelle mais pour que les larmes coulent il faut un élément déclencheur. Conclusion : c'est bien ma réponse qui a provoqué tes larmes.
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Ven 3 Aoû - 20:39
28 ans

Alors tu veux faire quoi dimanche soir ? Oui, bien sur que je viens dimanche, on pourra aller à la piscine l'après midi puisqu'on m'enlève mon plâtre mercredi. Mais ça ne répond pas à ma question. Tu veux faire quoi dimanche soir ? Pourquoi dimanche soir ? Tu te moques de moi ou tu as vraiment oublié que c'était ton anniversaire ? Non ce n'est pas une blague. Tellement préoccuper par mon bac que tu en as oublié ton anniversaire. Tu réussiras toujours à m’étonner...  

Après réflexion, tu veux aller manger au restaurant. Avec plaisir. En revanche tu tiens à choisir le restaurant. Il faut que je m'inquiète ?

Toi : «  - Non. Il faut juste s'habiller.

- Je vois. Toi... tu n'as pas l'intention de manger à la pizzeria. Je me trompe ?

- Pas du tout. Je voudrais retourner au château.

- Heu… le repas à 1844 francs ? Je suppose qu'il est inutile d'essayer de t'en dissuader ?

- Exact. C'était génial, tu ne vas pas me dire le contraire. Alors je veux y retourner pour mon anniversaire. Enfin ….si tu veux y retourner aussi.

- Avec plaisir mais…

- Je sais ce que tu vas me dire et tu sais ce que je vais te répondre. Je me moque de la facture. Et puis… ça me donnera une occasion de mettre ma robe noire….  »

Et ben voyons ! Ta robe noire…. Je sais que tu aimes la portée de temps en temps mais je me demande parfois jusqu'à quel point tu ne le fais pas exprès. Tu sais très bien qu'à chaque fois que je te vois dans cette robe il me faut environ 10 minutes pour réussir à sortir une phrase qui est un sens. Et bien sure.. ça te fait rire. D' où ma conclusion que tu le fais exprès.

…..

Je confirme. Entre le jean et la robe il y a une sacrée différence. J'adore te voir dans cette robe. Mais ce que j'aime encore plus c'est observer l'effet qu'elle a sur toi. Elle te rends fière de toi et radieuse.

C'est le quatrième de tes anniversaires que l'on fête ensemble et j'en suis ravie. déjà 4 ans que je te connais et c'est seulement ce soir que je réalise que le temps est passé très vite, trop vite. Je ne me serais jamais imaginé me retrouver ici, dans un restaurant magnifique et surtout… avec toi. Souvent je me demande ce que serait ma vie aujourd'hui si je ne t'avais pas rencontrée. J'ai plusieurs scénarios. Une bande de copains avec qui j'irais en boite de nuit tous les week-end, et qui disparaîtront de ma vie quelques années plus tard. Ou alors, je passerais mes soirées seule dans ma chambre, à faire mes devoirs ou a regarder un film. En somme, rien de très passionnant. Et après réflexion, je préfère de loin la vie que je mène aujourd'hui. Si, si, je t'assures. Il est fort probable que dans quelques années tu ne sois plus là, mais je ne peux rien y faire. Tout ce que j'aurai eu la chance de partager avec toi n'appartiendra qu'à moi… et à toi bien sure.

J'ai l'air pensive ? Oui, c'est vrai. Je réfléchissais à ce que serait ma vie si je ne t'avais pas rencontrée. Et j'en conclue quoi ? Que si c'était à refaire… je recommencerais sans l'ombre d'une hésitation. Je dis ça juste parce que c'est ton anniversaire ? Oh que non ! Je ne t'ai jamais menti, je ne le ferais pas aujourd'hui. C'est on ne peut plus sincère. Et je t'interdis d'en douter.
« Voilà les entrées ! Bon appétit ! »

La forme dans les assiettes ? Heu.. oui et ? On dirait une étoile à 5 branches. C'est vrai mais ou veux tu en venir ? Tu as l'intention de me faire un cours de géométrie ?
En réalité je ne me trompais pas de beaucoup. Le forme dans nos assiettes n'est autre que le pentacle dont la signification à été très controversé au cours des siècles. Symbole du féminin et du masculin, représentant les 5 éléments, utilisé dans la légende de Salomon on le retrouve également d'une manière dérivé dans la croix de vie. Mais croix ou étoiles, elles ont toutes un point commun qui n'est autre que le nombre d'or. Le nombre d'or que l'on nomme phi en mathématique et qui est égal à 1, 618034. Ce nombre est appelé nombre d'or parce qu'on le retrouve partout autour de nous. C'est le rapport parfait entre deux dimensions. On le retrouve même dans la construction des pyramides d' Égypte alors que le système métrique tel que nous le connaissons n’existait pas.
Et c'est parti pour le cours de Maths… Le rapport entre deux nombres consécutifs appartenant à la suite de Fibonacci est lui aussi égal au nombre d'or.

« Stop ! La suite de quoi ? »


La suite de Fibonacci qui est : 1 1 2 3 5 8 13 21 34 55 89 144 233….. Tu la connais par cœur ?

Toi : «  - Non. C'est impossible puisqu' elle n'a aucune fin. Chaque nombre de la suite est la somme des deux précédents. Et le rapport entre deux nombres consécutifs est égal au nombre d'or. Des philosophes et mathématiciens ont élaborés l'idée que le nombre d'or serait la clé de l'univers. Le nombre qui tend vers la perfection. Réalité ou pur délire ? Aucune preuve tangible. Mais l'idée qu'un nombre serait à l'origine de la nature, des constructions, des planètes… je trouve que ça mérite réflexion. Si cette théorie s'avère exacte un jour alors cela signifierai que le hasard n'existe pas et que toute notre existence est bâtie sur une suite mathématique. Après tout, à une époque personne ne croyait aux propos de Galilée. »

Ok ! Je trouve la théorie très intéressante mais si tu veux bien on en débattra un autre jour. Avant de déboucher une bouteille de champagne … et non après. Mais rassure toi j'ai saisi l'essentiel. Tout ceci n'est autre qu'une partie de l'explication de ton raisonnement, selon lequel, il serait possible de mettre une vie entière en équation. La seule inconnue… c'est notre mort. Tout le reste ne représente qu'une suite mathématique dont le résultat, si j'ai bien compris, doit tendre vers le nombre d'or.

Tu as le don de pousser les gens à la réflexion. Qui est capable de se poser ce genre de question ? En général la question essentielle c'est plutôt : pour la voiture neuve on choisie 3 ou 5 portes ? Réflexion essentielle pour 80 % des gens mais tu dois faire partie des 20 % restants. L'art de poser des questions que personne ne se pose. T'es incroyable. Et le pire… c'est qu'au bout du compte tu arrives a semer le doute, parce qu'on cherche la réponse. Réponse, qui d'ailleurs n’existe probablement pas. Tu as peur que je m'ennuie pendant les 10 années à venir ?

Nous avons passées le repas à débattre sur des questions de ce genre. Et je peux bien te l'avouer, j'adore me prêter à cet exercice. A force de prendre des raclées au Trivial Pursuit je sais que tu as une très bonne culture générale mais ce qui me fascine le plus, c'est le fait que pour toi rien n'est parole sacrée. Tu analyses systématiquement les différentes hypothèses d'un problème. Un peu comme si dans une partie d’échec tu jouais avec les noirs et les blancs en même temps.

…….

Il n'y a plus que nous dans la salle. Oui, on va rentrer. En même temps, il est deux heures du matin et on a cours à 8h.  Mais que veux tu ? En bonne compagnie on ne voit pas le temps passer….
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Ven 3 Aoû - 20:46
Le Bac

1 ère épreuve : Philosophie. « Nos paroles dépassent elles notre pensée ? » Avec un sujet comme celui ci, je pense que je devrais m'en sortir. Là tout se suite, la première phrase qui me vient à l'esprit c'est la devise de Talleyrand. L'avantage c'est que j'aurai une citation peu ordinaire à mettre dans ma copie. Et puis… grâce à toutes nos conversations je crois que j'ai de quoi débattre sur le sujet. Allez c'est partie ! Deux copies doubles plus tard je sortais de la salle.

L'épreuve de Maths ? Bon là il faut vraiment que j'assure sinon… je vais en prendre une. Mais… ce n'est pas très compliqué. J'ai fait tous les exercices, je trouve les résultats logiques. J'ai recopier les résultats de chaque exercice sur une feuille comme ça tu me diras si c'est juste. Si c'est le cas et que les raisonnements sont bons alors la note sera bonne.


Toi : «  Alors ?

- ça s'est bien passé.

- Tu as répondu à tout ? Le graphique tu tombes bien sur une parabole ? Le dernier exercice tu trouves bien zéro ?

- Oh ! Tu vas te calmer ? J'ai noté tous mes résultats sur une feuille. Regarde... »

Tu as décortiqué cette pauvre feuille de brouillon dans tous les sens. Je ne t'entends plus, c'est normal ? C'est juste ou je me suis trompé quelque part ?

Toi : «  Là il y a une erreur, mais tout le reste est juste. Si tes raisonnements sont bons alors tu as au moins 15 »

L'histoire géographie ? Alors l'histoire c'est pas vraiment ma tasse de thé. Je vais essayer d'avoir la moyenne ce sera déjà pas mal.

SVT ? Ben voilà ! Au moins une matière intéressante. Un exercice sur la génétique..  j'aime bien. Là je suis déjà beaucoup plus à l'aise.

Les langues vivantes ? Alors là c'est carrément ma bête noire. Je n'ai jamais compris comment on pouvait appeler ça des langues vivantes, alors que l'on est assis le cul sur une chaise à étudier du Shakespeare. Au cas ou personne ne serait au courant, je vous le dit : il est mort Shakespeare. On va  se contenter de limiter la casse.

Physique chimie ? Je vais commencer par la chimie, je préfère. Jusque là tout va bien. Passons à la physique. C'est quoi ce truc ? Et m**** ! C'est exactement la partie que je ne voulais pas parce que je n'y comprend rien. Je veux bien me creuser la tête mais honnêtement c'est du chinois. La physique est notée sur 12 et je ne suis pas sure d'avoir 2. Avec un coefficient 6, ça risque de faire mal. A moins d'un miracle je suis bonne pour le rattrapage. Ce qui personnellement ne m'affole pas plus que cela. Je ne vais quand même pas tomber deux fois sur le même sujet ? Ce n'est pas possible.

Étrangement, lorsque je t'ai expliqué que j'allais probablement devoir repasser la physique au rattrapage tu étais beaucoup plus abattue que moi. Tu espérais que j'aurai une mention ? Avec un 2,5 de moyenne générale en Anglais ? Faut pas rêver quand même. Mais franchement la mention je m'en moque. Je n'ai pas l'intention de faire maths Sup, ni HEC. Pour faire caissière ou magasinier je ne vois pas trop l’intérêt d'avoir une mention. Si je veux faire caissière ? Ben pas forcément toute ma vie mais il faut bien commencer quelque part. A l'usine, au supermarché ou dans un camion poubelle un salaire c'est un salaire. Le jour ou je saurais ce que je veux vraiment faire, alors là oui je retournerais à l'école mais pour le moment je n'en vois pas l' intérêt.

Moi : « - Quoi ? Tu es déçue ? T'aurais préféré que je passe une licence qui ne me servira probablement à rien ?

- Oui et non. C'est dommage que tu ne veuilles pas continuer mais ton raisonnement se tient. Et tu as probablement raison.


- Ah ! Enfin ! Tu commences à accepter le fait que je ne veuille pas continuer ?

- Moi oui. Mais qu'en disent tes parents ?

- Ben disons que je te répondrais quand je leur en aurait parlé.

- D'accord, je vois. Et tu attends quoi ?

- Les résultats du bac. »

…..

Ils viennent d'afficher les résultats du bac. Certains sautent de joie, d'autres pleurent. Je ne vais pas voir ? Ah si si je vais y aller. Mais pourquoi me précipiter ? Je sais ce qui m'attend. La seule inconnue c'est le nombre de points que je vais devoir rattraper. Et la réponse est 12 points donc avec un coefficient 6 c'est facilement rattrapable.  Tu vois il n'y a rien de dramatique.
Je pensais même me faire remonter les bretelles par mes parents, mais finalement non. Je n'ai pas eu de chance sur le sujet de physique c'est tout. 12 points ce n'est rien, j'irais au rattrapage et ce sera réglé.
Je ne suis pas mécontente qu'ils le prennent de cette façon. Pour eux l'essentiel c'est de l'obtenir, la note finale n'a aucune importance.
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Ven 3 Aoû - 20:58
La rupture

Il me reste deux jours avant les rattrapages, je vais réviser encore un peu la physique. Mais cet après midi on doit aller à l’hôpital faire un petit tour de manège. L'examen en lui même va relativement vite. Souvent le plus long c'est d'attendre les résultats.

Voilà, c'est à ton tour. Je sais ils ont 45 minutes de retard. Mais ici c'est récurrent le retard, les urgences concernant les patients présentant un AVC (accident vasculaire cérébral) passent en priorité. Ce qui me paraît logique quand même. Moi je t'attends ici, je n'ai pas le droit d'aller plus loin. L'accès à cette salle est très réglementée à cause du magnétisme.

C'est étrange, c'est beaucoup plus long que d'habitude. Ils veulent refaire la tapisserie des murs avec les images de ton cerveau ou quoi ? Je dis ça parce que tu es là dedans depuis déjà 1H15. Je commence à m’inquiéter. A moins que la machine soit tombée en panne, ce qui arrive de temps en temps. Mais je ne comprends pas, ils ont fait rentrer le patient suivant à l'instant, mais toi tu n'es toujours pas ressortie. Et voilà les brancardiers de l’hôpital. Ça me plaît de moins en moins cette histoire.
Le brancardier : « On vient pour le transfert en salle de cathé »

C'est quoi ce truc ? En jetant un coup d' œil rapide sur le document que le brancardier à dans les mains je lit ton nom dessus. A ce moment là je comprends très vite que quelque chose n'est absolument pas normal. Cinq minutes plus tard, tu passais devant moi, couchée sur un brancard, perfusée et endormie. Tu ne m'a même pas vue. Je ne sais pas du tout ce qui se passe, ni ou ils t’emmène et encore moins pourquoi. Il ne me reste plus qu'une seule chose à faire : aller chercher ton frère.


Évidemment ton frère est sorti sur une intervention et je ne sais pas quand il va revenir. Mais à part l'attendre je ne peux pas faire grand-chose d'autre. Attendre…. Je devrais pourtant avoir l'habitude.
Deux heures plus tard je vois son véhicule rentré.

Ton frère : «-  Qu'est ce que tu fais là ? Ou est ma sœur ? Qu'est ce qui se passe ?

- Justement, je n'en sais rien. On avait rendez vous pour l'IRM de contrôle cet après midi. Mais 1H15 après être rentrée dans la salle ce sont les brancardiers qui sont venus la chercher. Et elle ressortie sur un brancard, perfusée et endormie. Je les ais juste entendus dire qu'ils allaient en salle de cathé.

- Quoi ?? Ah non … c'est pas vrai. Viens avec moi

- Mais c'est quoi la salle de cathé ?

- Ça veut dire que l'anévrisme à éclaté ou qu'il est sur le point de le faire. Si c'est le cas, c'est l'hémorragie cérébrale et dans ce cas les chances sont plus que minces. La salle de cathé, c'est pour atteindre le point hémorragique en passant par l'artère fémorale, au niveau de l'aine, pour stopper l'hémorragie.

- C'est la raison pour laquelle ils l'ont endormie ?

- Oui c'est pour ralentir et stabiliser sa tension artérielle et son rythme cardiaque. Mais vient, on en saura plus quand j'aurai parlé au neurologue. »


Je me doute que l'explication de ton frère était la version simplifiée du problème. Mais elle me suffit largement pour comprendre que ce qui se passe est grave. Pour le moment le neurologue est en pleine intervention, on doit attendre qu'il termine pour que ton frère puisse lui parler. Mais toi ? Tu es ou ?
45 minutes plus tard ton frère a enfin réussi à voir le neurologue. Il revient… un peu plus détendu.

Moi : « -  Alors ? Elle est ou ? Il t'as dit quoi ?

- Elle est en réanimation de chirurgie. L'anévrisme s'est rompu quand elle était dans l'IRM. Ce qui en fait est un avantage.

- Pardon ? Une hémorragie cérébrale tu trouves que c'est un avantage toi ?

- Non mais quand une artère cérébrale éclate, le délai d'intervention est très important. Plus on est rapide pour intervenir et moins il y a de séquelles. Et dans ce cas précis, on ne pouvait être plus rapide.

- Des séquelles ? Dans quel genre ?

- On en est pas là pour le moment. On va déjà monter la voir. De toute manière on ne saura rien de plus aujourd'hui, il faut voir comment son état évolue sur les prochaines 48H. Soit l'intervention a fonctionné et l'hématome cérébral va se résorber, soit c'est un échec et son cerveau va se remplir de sang. Ce qui la plongera dans le coma et il n'y aura plus rien à faire.

- Quoi ? Non c'est pas possible. Elle ne va pas mourir comme ça ?

- Je sais ce que tu penses mais malheureusement c'est une éventualité. Elle m' a demandé de ne rien te cacher sur son état de santé. C'est la raison pour laquelle je te dis la vérité. Elle te pense assez forte et suffisamment lucide pour l'encaisser, et je pense qu'elle a raison. Alors oui, elle peut y rester. Les chances ? Je dirais 50/50. Tu veux la voir ?

- Bien sure que oui.

- Alors suis moi. »

Tu as l'intention de tester tous les services de l’hôpital ? Je dis ça parce que la réanimation de médecine je connais, mais maintenant c'est la réanimation de chirurgie. Débrouille toi comme tu veux, mais je refuse de visiter la morgue.

….

Les tuyaux, les câbles, l'oxygène, les écrans… tout cela ne m'impressionne plus. Je sais ce que c'est, je sais à quoi ils servent et je n'en ai pas peur. Je me dis que l'oxygène c'est un peu comme les diffuseurs d'huile essentielles qui aident à apaiser ton sommeil. Les câbles et les écrans sont en quelque sorte comme les 'doudous' que l'on donne aux enfants pour dormir. Ils s'allument ou jouent de la musique lorsque l'enfant s'agite. Tout cet appareillage est là pour ton bien être, il n'y a pas de quoi en avoir peur.
Mais te voir allongée ici, encore une fois…. Et c'est déjà la troisième fois. Ton troisième séjour en réanimation en moins de 4 ans. La réa ? Je ne m'y habituerai jamais. Et je ne veux pas m'y habituer. Ce n'est pas le fait que tu sois hospitalisée qui me pose problème. Ce n'est pas non plus parce que la réa est un service particulier. C'est juste que de  te voir devant moi sans pouvoir communiquer je ne le supporte pas. Et je repense à cette conversation ou tu m'a dit que tu refusais de rester a l'état de légume. Je comprends encore mieux pourquoi aujourd'hui. Si il devait y avoir un choix à faire, je ferais ce qu'il faut. Je te le promets. Même si j'espère que l'on en arrivera pas là, en tout cas pas tout de suite.

Ton frère à dit que tes chances étaient de 50 %. Et comme je sais que tu préfères les fractions aux pourcentages je traduis : tu as une chance sur deux. Tant que cette chance sera réelle, et j'espère qu'elle l'est, alors ils peuvent mettre tout en œuvre. Mais si la situation devient désespérée… tu n'auras pas d'acharnement. Et comme tu me l'as demandé, je te laisserais partir.
Oui je pleure, évidemment que je pleure. Tu imagines bien que c'est la dernière chose que je souhaite. Je n'ai pas pour habitude de balancer des paroles en l'air et je sais parfaitement ce que je viens de dire. Si jamais on doit en arriver là, je sais que ce jour marquera ma vie à tout jamais. Mais si tu penses que je suis assez forte pour l'encaisser alors je serais sans doute capable d'y survivre. Si toi tu le penses, alors je te fais confiance.

Ton frère : « Ces constantes sont stables. On ne peut rien faire de plus pour le moment, tu devrais rentrer chez toi.

- On est venu avec sa voiture et je me vois mal rentrer chez mes parents avec.

- Ok. Je finis à 20h je te ramènes. Tu peux rester avec elle si tu veux, je viendrais te chercher. De toute façon tu seras obligé de sortir à 20h.

- D'accord, alors je reste. »

Oui je reste avec toi. Personne ne peut prédire ce qui va se passer dans les prochains jours et je n'ai aucune envie de me réveiller dans 8 jours, en me disant que tes dernières heures on ne les a pas passées ensemble. Je peux encaisser beaucoup de choses mais pas celle là. Je suis pessimiste ? Non, juste réaliste. Et disons que je préfère me préparer au pire, en espérant avoir une bonne surprise à la fin, plutôt que l'inverse.

……..

Le lendemain
Les horaires de visites c'est entre 14h et 20h. C'est bien gentil mais je fais quoi entre 8h et 14h ? Je tourne en rond dans ma chambre comme un animal en cage. Ne me demande pas si j'ai révisé ma physique, c'est vraiment pas le moment. Si la physique pouvait me dire comment te sortir de là je me pencherais sûrement sur mes cours, mais là…. Non. D'autant plus que j'ai réfléchie toute la nuit. Oui, tu n'imaginais pas que j'allais dormir bien tranquillement ? Le professeur nous avait dit que le stress était un facteur majeur dans le risque de la rupture. Le stress entraînant une augmentation de la tension artérielle et par conséquent du rythme cardiaque. Résultat depuis hier soir, je cherche la cause du problème, et je n'en voit qu'une seule. Depuis 8 jours c'est toi qui stress à ma place pour le bac. Je l'ai vu mais à aucun moment l'idée que tu pourrais en souffrir ne m'est venue à l'esprit. Alors sans aller jusqu'à dire que ce qui arrive est de ma faute, j'aurais dû m'en apercevoir. Est ce que j'aurais pu faire quelque choses ? Probablement que non. Mais j'aurais du le voir. Ce qui se passe n'est pas à cause de moi, je le sais. Et je sais aussi que tu m'interdirais de penser le contraire mais je pense que c'est bel et bien à cause de mon bac. Le mieux serait que tu t'en sortes, de manière à pouvoir me donner la réponse.

Et me voilà assise à tes cotés. Ce n'est pas la peine que je leur demande comment tu vas, ils ne me répondront pas. Ton frère doit passer tout à l'heure. Lui, il m'expliquera. Juste en te regardant, je ne vois aucun changement entre hier et aujourd'hui mais est ce que cela signifie vraiment quelque chose ? Aucune idée. Tout ce que je vois c'est une poupée inerte, à qui je parle et qui ne me répond pas. Ton frère a parlé de séquelles hier, il voulait dire quoi ? Pour moi séquelles cérébrale, c'est paralysie, ne plus pouvoir parler, plus de mémoire… on peut en trouver beaucoup des séquelles possibles. Il voulait dire quoi ?

Ton frère : « - Je voulais dire que chaque partie du cerveau possède une ou plusieurs fonctions associées. Selon la partie touchée par l'hémorragie se sont les fonctions associées qui peuvent devenir défaillantes. Plus l’hémorragie perdure et plus les séquelles deviennent irréversibles. Donc pour le moment on en sait rien du tout. Toutes les hypothèses que l'on pourrait avancer ne seront qu'extrapolation. Il est donc inutile d'en parler pour le moment.

- D'accord. Et on sait quoi de plus aujourd'hui ? C'est bon ou mauvais ?

- Il n'y a plus de saignement. Mais personne ne peut dire si l'hématome cérébral va se résorber ou pas. Il est de petite taille ce qui dans le pire des cas devrait limiter les séquelles mais l'idéal serait qu'il disparaisse. On lui donne des médicaments pour le résorber mais il faut attendre. Le but est de diluer l'hématome afin qu'il se noie dans le reste et qu'il s'évacue naturellement dans la circulation sanguine. C'est schématique comme explication mais en gros c'est ça.»

Attendre. Je vais finir par détester ce mot. Heureusement que tu m'as appris la patience parce que honnêtement il y a vraiment de quoi disjoncter. Attendre c'est bien beau mais combien de temps ? Et si l'hématome ne se résorbe pas il se passera quoi lorsque tu vas te réveiller ?
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Lun 6 Aoû - 0:13
Rattrapage ou pas ?

La convocation pour le rattrapage est posée sur mon bureau. C'est demain à 14h. Plus je regarde cette feuille et plus je me dit que c'est impossible.
J'ai le choix entre passer 5 heures au rattrapage ou passer 5h avec toi. Si je vais à l'épreuve du bac et qu'il se passe quoi que ce soit pendant mon absence je m'en voudrait toute ma vie.

Depuis bientôt 4 ans, je te répète que je serais toujours là, que je ne te laisserai pas et que je ne t'abandonnerai pas. Et là, il faudrait que je fasse de la physique ? Autant dire que pour moi c'est trahir mes paroles. De toute façon je serais bien incapable de parler de force centrifuge ou d’énergie cinétique. Je ne peux pas faire des exercices de physique pendant que tu es couchée sur un lit en réanimation. Ça ne tient pas debout. Ma place est à tes cotés et pas ailleurs.
Le bac je peux le repasser. En revanche, il est impossible de remonter le temps et je ne pourrais jamais revenir en arrière, si aujourd'hui je fais le mauvais choix.
Malheureusement sur ce coup là tu ne peux pas m'aider. Je suis la seule à pouvoir décider. Si tu t'en sors tu vas me hurler dessus en me disant que le bac était plus important et que j'aurai du y aller. Mais si tu me hurles dessus c'est que tu es toujours vivante et donc que j'aurais eu raison.
Mais si ton état se dégrade pendant que je fais de la physique ? Je ne veux pas passer le reste de ma vie à le regretter. Conclusion ? Je reste avec toi.

Ce soir il faut que je parle à mes parents. C'est important.

Moi : «- Maman, Papa. Je peux vous parlez ? Oui c'est important. Vous vous souvenez de ma prof de maths ? Oui celle avec qui on joue au bowling , avec qui on va à la piscine, au restaurant...etc. C'est devenue ma meilleure amie. C'est grâce à elle si aujourd'hui j'ai 18 de moyenne en maths. Grâce à elle aussi si j'ai eu 17 à l'épreuve de maths. A part son frère je suis devenue sa seule famille et je suis la seule en qui elle a vraiment confiance.

- D'accord, mais pourquoi tu nous dit tout ça ? Tu as peur de ne plus la voir l'année prochaine ? Si tu t'entends aussi bien avec elle vous vous verrez le week-end.

- Je sais mais ce n'est pas le problème. Je sais depuis longtemps qu'elle a pas mal de problèmes de santé et ces derniers jours elle a beaucoup stressé à cause de mon bac. Elle m'a beaucoup fait réviser et elle a tout fait pour que je réussisse. Mais à l'heure qu'il est, elle est en réanimation. Elle a fait une rupture d'anévrisme probablement provoquée par le stress.

- Et tu as peur d'en être responsable ? C'est stupide. C'est le genre de chose qui ne se prévoient pas. Tu n'y est pour rien.

- Je le sais. Ce n'est pas directement de ma faute. Mais je m'en voudrai de ne pas être là pour elle si cela finissait mal.

- Qu'est ce que tu veux dire ?

- Je veux dire que je n'irait pas aux rattrapages. Je repasserais mon bac l'année prochaine, je n'en mourrais pas. En revanche si elle y reste et que je ne suis pas là, je ne m'en remettrais jamais. »

La suite de la conversation à été compliquée. J' ai eu beaucoup de mal à leur faire comprendre mon raisonnement. Mais je ne peux pas leur en vouloir. Il m'est impossible d'expliquer en quelques minutes tout ce que l'on a partagées ensemble. Il est donc évident qu'ils ne comprennent pas pourquoi je tient tant à être à tes cotés. Pourquoi je veux faire passer notre amitié avant mes études ?  A leur place je ne comprendrais pas non plus. Mais sur ce coup là, j'ai eu beaucoup de chance. J'ai la chance d'avoir des parents qui m'ont élevé dans la confiance. Alors même si ils n'étaient pas d'accord, ils m'ont fait confiance, et ils ont acceptés ma décision. Ma mère m'a juste dit :

«  Si tu fais un an de plus alors j'espère que tu viseras la mention »

Bien sur que je viserais la mention. Je n'aurais pas vraiment le choix. Parce que toi aussi tu vas hurler en apprenant que je ne suis pas allée aux rattrapages. Donc la mention je ne pense pas pouvoir y échapper.

Au moins une chose de régler. L'année prochaine on ne change rien à nos habitudes. D'un coté c'est plus simple. On pourra profiter des 12 semaines de vacances encore un an de plus. Sauf que pour pouvoir en profiter il faut que tu sortes de ce cauchemar. J'espère vraiment que les médicaments vont fonctionner. Non pas que je n'ai pas confiance en la médecine mais j'ai appris que ce n'était pas une science exacte. Il y a beaucoup trop de facteurs. Et l'un de ses facteurs essentiels c'est l'être humain. Je suis désolée de te le dire mais la médecine n'est pas une formule mathématique ou avec les mêmes variables on obtient toujours le même résultat. C'est même tout le contraire. Peu importe l'équation il existe toujours des variables qui restent inconnues : le caractère du patient, son ressenti à la douleur, son psychisme, son passé, son inconscient… Un jour on sera peut être capable de mesurer le psychisme ou de traduire l'inconscient mais pour l'instant ce n'est pas le cas. Et c'est la raison pour laquelle je ne baisserais pas les bras et je sais que toi non plus. Une chance sur deux c'est une chance tout court. Alors on va tout faire pour que ce soit la bonne. Mais tu ne crois pas à la chance. Et d'ailleurs il y a une chanson qui reflète exactement ce que tu penses :

« ...Il faudra que tu apprennes
A perdre, à encaisser
Tout ce que le sort ne t'a pas donné
Tu le prendras toi-même
Oh, rien ne sera jamais facile
Il y aura des moments maudits
Oui, mais chaque victoire ne sera que la tienne
Et toi seule en sauras le prix

C'est ta chance, le cadeau de ta naissance
Y a tant d'envies, tant de rêves qui naissent d'une vraie souffrance
Qui te lance et te soutient
C'est ta chance, ton appétit, ton essence
La blessure où tu viendras puiser la force et l'impertinence
Qui t'avance un peu plus loin ... »

Jean Jacques Goldman.
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Lun 6 Aoû - 0:28
48h

Ton frère avait dit que l'on devait attendre 48h pour faire le bilan de ton état de santé. Et les 48h sont écoulées. J'espère que les nouvelles seront encourageantes. Mais je saurais ça dans quelques heures. Je dois manger avec ton frère ce midi. Je le rejoint à l’hôpital et ensuite je viens te voir.
En attendant je fais les cent pas.
Je devrais être en train de me préparer pour mon épreuve de physique, mais la seule chose qui me préoccupe c'est toi. J'espère que dans quelques temps tu me mettras une gifle pour ne pas m’être présentée à l'épreuve. C'est peut être tordu mais oui je rêve de prendre une gifle de ta part.

J'ai enfin réussi à me garer. Pourquoi il y a aussi peu de places de parking dans un hôpital ? Mais je connais la réponse. Un jour j'ai demandé à ton frère et il m'a répondu :

« Parce que ce sont les bâtiments qui rapportent de l'argent, pas les parking. »

Je devais retrouver ton frère à la cafétéria mais je ne le voit pas. Ce n'est pourtant pas le genre de ton frère d'être en retard. C'est étrange. Je vais attendre un peu, il ne doit pas être bien loin. Ah ben le voilà.

Moi : «  - Qu'est ce qui se passe ? Je te trouve bien pressé.

- Je reviens de la réa.

- Pourquoi ? Elle va bien ?

- Ils ont du l'intuber parce que…

- Quoi ? Non ! Elle avait dit pas de tube. Mais... pourquoi tu me le dis avec le sourire ?

- Attends. Laisse moi t'expliquer. Quand elle a été opérée en juin dernier, ils sont passés par les voies nasales. Lors de l'intervention ils ont écartés les cloisons nasales, et forcément fragilisés les parois et donc dilatés les vaisseaux sanguins.

- Oui je sais. C'est la raison pour laquelle elle n'avait pas le droit de s'exposer au soleil. Parce qu'il y avait un risque de saignement de nez.

- Exactement. Mais les médicaments qu'on lui a donné servent à diluer le sang dans le but d'évacuer l'hématome. Et grâce à l'intervention passée, les médicaments ont fonctionné. Presque mieux que prévu d'ailleurs. Résultat : saignement de nez hémorragique, que l'on appelle épistaxis. En revanche le saignement a été tellement abondant que c'est passé dans la gorge, dans l’œsophage et dans la trachée. Elle ne pouvait plus respirer. Voilà pourquoi ils ont intubés : pour leur permettre d'aspirer le sang. Elle a perdu beaucoup de sang et ils vont devoir la transfuser mais l'hématome a disparu. Elle ne risque plus rien.

- Génial ! Et on peut la voir ?

- On va déjà aller manger. On ira la voir après. De toute manière elle dort, et elle va encore dormir un moment. Dans quelques jours on saura si il y a des séquelles mais je suis optimiste. »


Je vais te surprendre mais ton frère n'a jamais voulu que je paye mon repas. Vous êtes incroyables tous les deux. Tu ne risques plus rien. Si tu savais ce que je suis soulagée d'entendre ça. J'ai enfin la sensation de respirer à nouveau. J'essaye de prendre un peu de recul face à la situation mais je n'y arrive pas. La seule chose qui me vient à l'esprit c'est qu'il s'en est fallu de peu pour que je te perdes définitivement. Je sais que notre vie peut basculer en une seule seconde, c'est la raison pour laquelle il faut vivre chaque instant comme si c'était le dernier. Tu me l'a appris, je l'ai compris et je le vie au quotidien grâce à toi. Mais … un jour… tu ne seras plus là. J'ai parfois tendance à l'oublier, à l'ignorer, mais ce qui vient de se passer vient de me le rappeler.
Ta transfusion doit être terminée maintenant, et on va pouvoir monter te voir.


A toi : « - Rien que l'odeur de ce service mettrai mal à l'aise n'importe qui. Pour le tube dans ta gorge…. Je suis désolée. Mais ne t’inquiètes pas ce n'est que provisoire. Si tout va bien, dès demain ils pourront te l'enlever. Et avec de la chance tu ne t'en rendras même pas compte. Enfin… jusqu'à ce que tu essayes de parler. Quand le petit canard va se mettre à parler il ne va pas être content.
Il faut aussi que je te dises quelque chose. A l'heure qu'il est je devrais être à mon épreuve de physique. Mais j'ai fait un choix. Et je ne le regrette pas. Tu as fait une hémorragie, ils t'ont transfusé et intubé. Ma place est ici et nul part ailleurs, j'en suis convaincue.
Je ne sais pas comment tu arrives à dormir avec le bruit du respirateur juste à coté. C'est énervant comme bruit. On dirait une ventouse. Ce bruit continu et régulier à le don de m’énerver passablement. Cela dit, toi visiblement le bruit ne te dérange pas. Remarque, avec la dose de médicaments qu'ils ont du te donner, je pense que même un éléphant réussirai à dormir.

Tu sais ce qui m'énerve le plus ? C'est le fait que je parle dans le vide. J'aime nos débats. J'aime la manière dont tu vois la vie et surtout ta façon de l'expliquer. Ce que je suis devenue en 4 ans, c'est toi qui l'a construit. Tout ce que je sais des guerres, des pyramides, des mathématiques ou encore de la psychologie… c'est toi qui me l'a enseigné. Quand je pense que tu es intimement convaincue que tu ne m'apportes que des problèmes, c'est vraiment une mauvaise blague. »

…..

Deux jours plus tard :
En principe ils devraient t' extuber ce matin, ce qui signifie que lorsque je viendrais te voir cet après midi tu devrais être réveillée. On va enfin savoir quelles sont les séquelles, si il y en a. Oui j'ai la trouille, bien sure, mais tu es vivante et c'est le plus important. Peu importe les conséquences, on va gérer. Ton frère est optimiste, il est persuadé qu'à long terme tu n'auras aucune séquelle. Et j'ai envie de lui faire confiance.

Lundi je commence à travailler donc je ne pourrais venir te voir que le soir en rentrant du boulot. Oui c'était prévu. Je t'avais dit que j'allais travailler pendant un mois pour pouvoir me payer une voiture. Enfin plus exactement, l'apport d'une voiture d'occasion. Et si je dois aller travailler je voudrais être sure que tu vas bien. Hospitalisée d'accord, mais je voudrais pouvoir te parler de vive voix.

Ne sachant pas quoi faire ce matin, j'ai fait le ménage. Si si je t'assures. Si je suis désespérée à ce point ? Et bien c'est possible. Je suis perdue sans toi. Je n'ai plus personne à qui parler, plus personne avec qui manger et je n'arrive pas à dormir.

Il est l'heure. Je vais m'habiller et je vais sortir la voiture du garage. Ton frère doit m'accompagner en réanimation. Il a dit que ce serait plus simple. Et je veux bien le croire parce que rentrer dans ce service c'est un peu comme rentrer dans un tribunal, il faut montrer pattes blanches.
On y est. Prêts et déguisés en Schtroumpfs on va pouvoir te voir. J'appréhende de passer cette porte mais je suis confiante.

La première chose qui m'éclate au visage ? Ton regard bien sur. Il s'illumine, ce qui me fait dire que tu m'as reconnue. C'est idiot ? Je sais qu'il y avait un risque que tu souffres d'amnésie, ne serait ce que temporaire, mais en croisant ton regard je sais que ce n'est pas le cas. Je suis rassurée, vraiment rassurée.

Ton frère : « - Il faut y aller en douceur, ils doivent encore faire un bilan neurologique. On ne connaît pas les séquelles. Elle est peut être amnésique.

- Non ! Regarde ses yeux, elle nous a reconnue. »

Si je traduis ton sourire, tu es contente de nous voir. Le regard interrogateur c'est juste pour savoir ce que tu fais ici. Ce qui s'est passé ? Ton frère va t'expliquer. Tu as plissé les yeux quand il a parlé du respirateur mais il t'as expliqué pourquoi alors tu as compris. Même sans parler je comprends ce que tu veux et même ce que tu me demandes mais pourquoi tu ne parles pas ? C'est normal ?

Ton frère : « - Je ne sais pas. Il arrive parfois qu'après une rupture d'anévrisme les patients ne sachent plus parler. Il est possible qu'elle ne trouve plus les mots. C'est peut être provisoire … ou pas. Comme après un coma, certains patients doivent réapprendre à parler. On en saura plus lorsqu'ils auront effectuer tous les test.

- C'est quoi ces test ?

- Des test de coordination motrice, de mémorisation, de réflexes et des test psychotechniques. Je vais te laisser avec elle, je vais aller parler au neurologue. »

A toi : «  - Comment tu te sent ? D'accord. Même si tu ne me parles pas je comprends, alors ce n'est pas très grave. Cela va juste limiter la conversation. De cette manière je n'aurais pas droit à un discours sur la suite de Fibonacci, mais je sais que ce n'est que partie remise. Vue ton sourire, au moins tu sais encore de quoi je parle donc tes facultés sont intactes ce qui est déjà beaucoup. Et physiquement ? Tu as constaté un déficit ? Non ? Génial ! Tu as mal quelque part ? La tête, le nez et la gorge. Oui c'est logique. Tu as mal à la tête à cause de l'hématome cérébral, le nez c'est à cause de l’hémorragie, tu as perdu tellement de sang qu'ils ont du te transfuser. Et la gorge c'est à cause du tube. Les douleurs vont s'estomper dans quelques jours. Depuis combien de temps tu es ici ? 4 jours et oui je suis venue tous les jours. Ton frère aussi. J'ai aussi appelé les 3 mousquetaires, ils viendront te voir la semaine prochaine. Comme ça tu ne seras pas toute seule. Tu me verras pas la semaine prochaine ? Si, évidemment que je vais venir te voir, mais je ne serais là que dans la soirée. A partir de lundi je travaille. Je ne serais ici que vers 18h30. Et les 3 mousquetaires viendront te voir l'après midi.

Ton frère : - Tu parles toute seule ?

- Ah non pas du tout. Je réponds à ces questions .

- Pardon ? Vous arrivez à vous comprendre ?

- Le hochement de tête de ta sœur répond à ta question ?

- Oui, mais je crois que c'est moi qui ne comprend rien. Comment tu fais ?

- Je ne fais rien. Je lit dans ses yeux c'est tout. Quand elle est malade et qu'elle n'a pas la force de parler je fais la même chose. Ce n'est pas la première fois, j'ai l'habitude et je comprends très bien. Elle a le droit de manger ?

- Du mixé pour l'instant... mais oui pourquoi ?

- Parce qu'elle a faim.

- Je vais voir ce que je peux faire. »


Un quart d'heure plus tard on t'apportait une soupe et un yaourt. Tu y arrives toute seule ou tu veux de l'aide ? Ouai… d'accord. Donne moi la cuillère. Le geste est bon mais il y a un léger manque de précision.

A toi : «  -Non ! Tu ne paniques pas. Ce n'est pas grave. Ça va revenir tout seul, il faudra peut être un peu de rééducation mais ça reviendra. Tu sais d’où tu reviens là ? Tu aurais pu rester paralysée, ou pire, ne pas t'en sortir. Alors viser la bouche avec une cuillère tu vas y arriver. En attendant, je vais le faire sinon la table va manger plus que toi. Au moins je te fais rire, c'est déjà pas mal. »

Ton frère m'a expliqué. C'est comme si ton corps tout entier avait subit un traumatisme. Il va lui falloir du temps pour récupérer. Du temps et de la patience. L'avantage c'est que tu as 28 ans et non 60. Grâce à la plasticité de ton cerveau et ton excellente condition physique, tu récupéreras plus vite. Dans quelques jours tu auras déjà fait beaucoup de progrès.

A toi : « - Comment je peux le savoir ? Non, effectivement je ne suis pas medium. Mais je fais confiance à ton frère. Quand tu es sortie de l' IRM sur un brancard, il n'a pas essayé de me ménager. Il m'a clairement expliqué les risques. Alors si aujourd'hui il me dit que tu vas récupérer rapidement je le crois. Pourquoi pas toi ? C'est pourtant logique. Il faut que je te fasse une démonstration ? Ben au moins ça te fais rire. Tu attends ma démonstration ? D'accord…
C'est simple. Ton age + une bonne condition physique+ un moral de combattant = récupération maximum. Tu vois c'est très simple et logique. Tout ce que tu aimes….
Et si tu veux que je sois honnête avec toi le fait que tu ne parles pas me préoccupe beaucoup plus que le fait que tu n'arrives pas à manger une soupe toute seule. »
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Lun 6 Aoû - 0:54
Médical ou psychologique ?

Tu es sortie de la réanimation. Maintenant tu es en Neurologie. Quand je disais que tu voulais me faire visiter tous les services, celui là je ne le connaissais pas. Tous les soirs je passe te voir en rentrant du travail. Résultat : je me lève tous les jours à 5h et je rentre à 21h. Mais au moins je peux venir te voir tous les jours. Les 3 mousquetaires aussi, viennent tous les jours. Mais c'est difficile pour eux de te voir dans cet état. Ils n'ont pas l'habitude de te voir aussi faible. Tu as toujours fait en sorte qu'ils ne te vois que dans les bons moments. Comme tout le monde d'ailleurs. La seule qui connaît cette facette de toi c'est moi. En plus ils ont du mal à te parler. Pour eux, c'est comme parler à un mur, ils ne te comprennes pas. J'espère que tu ne leur en veut pas. Et sache qu'ils sont très content de te voir. Ils parlent même de repartir en vacances tous les 6. Mais … pour les vacances je pense que l'on va attendre un peu avant d'en parler.

Demain on est samedi alors je peux venir beaucoup plus tôt. Je vais pouvoir passer la journée avec toi et j'attends ce jour depuis une semaine.  Mon contrat se termine dans 3 semaines mais je ne pense pas que tu sortes de l’hôpital avant le mois d'Août. Au fait ! Il faut que je te poses une question ? Tu comptes me faire le coup tous les étés ? De quoi je parle ? Et bien étrangement tous les étés tu te retrouves à l’hôpital, tu as peur de t'ennuyer pendant les vacances ? Oui, bien sure que c'est une blague. Je me doute que tu t'en passerai, mais il faut bien admettre que c'est la réalité. L'an dernier c'était calculé ? Oui c'est vrai, mais ce n'est pas une raison pour en prendre l'habitude.

…….

Maintenant tu es au centre de rééducation. Et grâce aux exercices de kinésithérapie, d'ergothérapie et la balnéothérapie, tu as retrouvée une bonne partie de ta coordination. Tes mouvements sont encore « tremblotants » mais tu as déjà fait des progrès considérables. En revanche, tu ne prononces toujours pas un mot. La plupart du temps, pour communiquer tu écris. Ton écriture est un peu dépouillée mais elle reste lisible. Tu arrives à écrire et même à lire. Tu m'as même demandé de t'apporter tes cours. Mais tu ne sais plus parler et je ne comprends pas comment c'est possible. Le médecin a parlé de blocage psychologique. Il a même comparé ton cas à un S.P.T.  Après avoir demandé à ton frère ce que signifiait S.P.T, il m'a expliqué que S.P.T est l'acronyme de Syndrome Post Traumatique. Les cas les plus fréquents sont les victimes de guerres, civils et soldats. Maintenant je comprends ce syndrome mais quel est le rapport avec toi ? Tu n'as jamais vécu la guerre. Un événement traumatisant ou une émotion trop forte pourrait expliquer ce blocage. Je veux bien mais quoi ? Personnellement j'ai surtout l'impression que personne ne sait pourquoi tu ne parles toujours pas. Ce que la médecine n'arrive pas à expliquer on le rejette sur la psychologie. Je veux bien concevoir que l'inconscient et le psychisme jouent un rôle dans le fonctionnement du corps humain mais le problème c'est que personne n'en connaît les rouages. Alors je trouve ça un peu facile de retrancher son ignorance derrière des choses que l'on ne maîtrise pas.

J'ai vu ton frère en repartant hier soir et nous avons un peu discuté. Cette conversation m' a aidé à comprendre que tu as eu une chance incroyable. Si ce qui s'est passé dans l'IRM c'était produit n'importe ou ailleurs, tu ne serais plus là. En clair, j'ai vraiment failli te perdre. Un jour ou l'autre, il n'y aura rien à faire… tu partiras. Je le sais. Je l'ai toujours su. Mais là c'est bien plus qu'une simple pensée, c'est réel. Tu as frôlé la mort plus d'une fois, mais à chaque fois je suis restée convaincue que tu t'en sortirais. Jusqu'ici le sort m'a donné raison mais ce ne sera pas toujours le cas. J'ai beau le savoir, je crois qu'inconsciemment j'ai toujours rejeté l' idée. Mais cette fois ci, je suis bien forcée d'admettre que l'on est vraiment pas passées loin. Pourquoi je dis on ? Parce que ma vie est liée à la tienne. Parce que ce qui t’arrive à toi m'atteint systématiquement. Parce que ta vie à des conséquences sur la mienne et ta mort en aura forcément aussi. Toi et moi c'est la même chose, voilà pourquoi je dis « on ».

Tu progresses de jour en jour. C'est génial. Tous les soirs tu me montres ce que tu réussis à faire de nouveau. Maintenant tu manges toute seule. Tu commences à reprendre des forces. Ce soir tu as même tenu à te promener dans les couloirs. Tu fatigues vite mais c'est normal. Ne force pas il ne faut pas t'épuiser.



Pour le peu que j'ai pu lire, ton écriture est de plus en plus propre. Méfie toi, tu vas bientôt écrire
comme un prof. Tes cours ? Heu… je sais ce que tu penses. Oui tu pourras reprendre ton boulot mais pour cela il faudrait que tu parles. Toi qui a toujours réponse à tout, toujours un truc à dire sur tout, tu n'as pas prononcé un seul mot depuis presque trois semaines. Quand à reprendre le boulot, en partant du principe que tu récupères totalement, tu ne retourneras pas au lycée avant début novembre.

A toi : « - Maintenant que tu as les idées un peu plus claires, j'ai quelque chose à t'avouer, et je sais que tu ne vas pas aimer. Plutôt que de repasser mon épreuve de physique j'ai choisie de passer l'après midi en réa avec toi. Ce qui veut dire que tu vas devoir me supporter une année de plus au lycée. Tu veux m'engueuler ? Ben vas y… je t'écoutes…
Mais saches que je ne regrette rien, je sais que j'ai fait le bon choix. C'est toi qui m'a appris à prendre des décisions et celle là était la seule envisageable. Pourquoi ? Parce que si j'avais fait le contraire et que malheureusement, ici les choses avaient mal tournées, je m'en serait voulue toute ma vie. Et je ne l'aurais pas supporté. Franchement, tu m'imagines faire des exercices de physique pendant que tu es entre la vie et la mort ? Même si je l'avais voulue, j'en aurait été incapable et tu le sais. Ce n'est pas ce que tu voulais pour moi... je le sais. Mais je sais aussi que pour moi ta vie est bien plus importante que mon bac. Tu pleures ? C'est bien. Maintenant il faudrait aussi que tu me parles ce serait encore mieux. Médicalement il n'y a rien qui explique le fait que tu ne parles pas. Tes cordes vocales sont un peu irritées c'est vrai mais rien de grave. Bientôt on ne verra plus rien. Alors vas y essaye. Quoi ? Écrit le parce que là j'ai du mal à comprendre. »

Et tu m'as écrit : « Je peux, mais je parle comme une débile »

Alors je t'ai répondu :
« -Pfff… n'importe quoi ! Il faut que tu t'entraînes et tout rentrera dans l'ordre. Essaye d'articuler quelques mots, seule, dans la salle de bain si tu veux, mais parle. C'est le seul moyen pour réapprendre. Si tu veux je te fais réciter l'alphabet. Si les mots c'est trop difficile, commence par les lettres. Quoi ? Non je ne te prends pas pour un bébé. Mais c'est bien toi qui dit : Un chose après l'autre. Alors voilà, commence par le début. Et le début pour parler c'est les lettres. »

……

Deux semaines plus tard…..
A la fin de la semaine je serais arrivée à la fin de mon contrat. J'ai bien aimé ce travail . L'équipe est sympa, je me suis bien entendu avec tout le monde et j'ai même eu quelques conversations très intéressantes. A certains, je leur ai même parlé de toi. Ben oui forcément ! Quand on me demande ce que je fais de mes week-end ou de mes soirées, que veux tu que je réponde ? Je passe l'intégralité de mon temps libre avec toi, je n'allais pas leur dire que je regarde la télé je serais incapable de raconter le film. Une collègue m'a dit que ce que je faisais était admirable et que j'avais beaucoup de courage. Personnellement je ne vois pas en quoi c'est courageux de venir te voir ici tous les jours. C'est plutôt à toi qu'il en faut du courage pour retrouver ta condition physique et de nouveau
pouvoir parler normalement. Mais pas de panique ! Je sais que tu vas y arriver. Aujourd’hui tu ne trembles plus, tes gestes sont surs et précis. Encore un petit effort et tu pourras de nouveau me battre au bras de fer Quand à la parole, alors là, bravo ! On progresse à grands pas. Tu parles comme quelqu'un qui essaye de discuter avec des chamallows plein la bouche mais tu tiens une conversation sans aucun problème. Ce qui était loin d'être le cas il y a encore 15 jours en arrière. Dans un mois et demi c'est la rentrée. Oui c'est exact, mais tu veux en venir ou ?

Toi : « - Je dois reprendre le boulot

- Heu… là je t'arrêtes. Tu dois rien du tout. Tu te rétablis et ensuite c'est le médecin qui décidera si tu peux travailler et quand.

- Alors je dois me rétablir avant la rentrée. »

Lâchement, je l'avoue, je n'ai pas essayé de te contredire. Je me suis dit que si cet objectif t'aidais à progresser, alors pourquoi te dire le contraire ? Même si sur le sujet je suis beaucoup moins optimiste que toi. Ou peut être plus réaliste.
Lors de ton admission les médecins nous annonçaient un minimum de trois mois pour une récupération complète. Ils parlaient de six semaines d'hospitalisation et ensuite des séances en externes. Si tout va bien dans 3 semaines et donc mi Août, tu pourras sortir d'ici, mais ce n'est pas terminé pour autant. Et avant de parler de la rentrée il faut déjà voir de quelle manière ton état évolue.

…..

Depuis que je suis en vacances je viens plus tôt. Ton planning d'activités est bien chargé mais entre deux on se promène dans le parc, on arrive même à manger ensemble. Visiblement la piscine et la balnéothérapie c'est plutôt sympa. Dommage que je ne peux pas venir. Ben quoi ? On est au mois d'Août c'est la bonne période pour aller se baigner non ? Les 3 mousquetaires viennent te voir tous les dimanches et on passe la journée tous ensemble. Au moins de cette façon tu n'as pas le temps de t'ennuyer. Et je suis tombée, par hasard, sur un classeur dans ta chambre. C'était des cours de maths correspondant au programme de seconde. Ne me dit pas que tu es en train de préparer tes cours ?

Toi :  «  - Bien sur que si. Et il serait temps que je m'y mette, la rentrée est dans moins d'un mois. D'autant plus que si je peux sortir d'ici dans 15 jours, tu ne crois tout de même pas que l'on va rester  dans le coin ?

- Je vois très bien ce que tu as dans la tête mais avant de prévoir quoi que ce soit, tu vas bien gentiment attendre l'avis du médecin.

- Mais je me sent bien. Je vais très bien. Et puis comment veux tu que je sache si je suis capable de reprendre une vie normale si je reste dans une chambre à ne rien faire.

- Ouai… ben on verra ce que le médecin pense de ta théorie. Mais ne te fais pas trop d'illusion cela t'éviteras d'être déçue. »

Je comprends ce que tu ressens. C'est vrai que d'être coincé ici depuis déjà plus d'un mois j'imagine que c'est frustrant. Les mêmes jours dans le même ordre, avec les mêmes activités, les mêmes repas d'une semaine sur l'autre, la même vue sur le jardin , je m'étonne même que tu n'ai pas encore pété les plombs. C'est pour bientôt ? J'en ai bien peur. Je voudrais bien pouvoir te dire qu'une fois sortie d'ici on pourra partir en vacances, que tu vas reprendre tes cours normalement à la rentrée…. J'aimerai bien. Mais je ne peux pas te le dire. Je ne peux pas parce que je n'en sais rien. Personne ne sait. Il est encore trop tôt pour le savoir.

Oui, tu as très bien récupéré. C'est vrai. Et je pense même que quelqu'un qui ne te connais pas ne se rendrait compte de rien du tout. Mais tu dois continuer la rééducation et l'orthophoniste aussi. Et puis c'est le médecin qui décide, c'est ni toi, ni moi.

15 jours plus tard…
Je ne sais pas ce que tu as dit au médecin. Tu lui a vendu quelque chose ? C'est pas possible ? Non seulement tu peux sortir d'ici mais tu as aussi l'autorisation de partir en vacances. Si c'est une blague elle n'est pas drôle.

Toi : «  - Mais non c'est la vérité. Je sors jeudi à 14h. Et il m'autorise à partir en vacances à condition que je ne prenne pas le volant pour le moment, et que je ne me fatigue pas de trop. Mais visite, soleil et plage… je peux. Je dois faire un tour de manège à la fin du mois et je le revois dans la foulée avec les résultats. En fonction de tout ça je pourrais reprendre le boulot. Je peux faire les séances de kiné en sortant du lycée et puis.. de l’hôtel je peux aller bosser à pied. En attendant qu'il me donne l'autorisation de conduire. D'ailleurs en parlant de l’hôtel, il faut vraiment que je songe à déménager.

- Tu veux déménager ?

- Ben oui ce serait plus simple. De toute façon mon appartement je n'y suis jamais. Je restais dans cet appart' à cause du basket mais maintenant je n'en voit plus aucun intérêt. En revanche si je déménage à coté du lycée, au moins on aura une cuisine. Puisque tu restes un an de plus, au moins le midi on pourra manger à l'appart'. D'autant plus que les loyers sont moins chers ici que là ou je suis actuellement, donc je peux avoir plus grand pour le même prix.

- Oui… ce n'est pas complètement idiot. Mais... l'idée t'es venue comme un courant d'air ?

- Ah non ! J'y pense depuis le jour ou j'ai su que je ne pourrais plus jouer au basket. Comment crois tu que je connais le prix des loyers ?

- Effectivement ! Mais alors débrouille toi pour trouver un appartement au rez de chaussée, ce qui m'évitera de te porter dans l'escalier. (rires) »

Je viens de comprendre que tu as cette idée dans la tête depuis des mois. Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ? Pour toi déménager c'est : plus de bouchons sur la route, moins de gazole, plus de temps, plus près de chez ton frère, finalement je trouve ton raisonnement plus que censé. Alors pourquoi tu ne m'en jamais parlé ? Parce que c'est ton appartement, ta vie, et que tu n'as aucun compte à me rendre. Voilà probablement pourquoi.

Si je résume, tu veux partir en vacances, tu veux reprendre le boulot, surtout pas louper la rentrée et tu veux déménager. En fait, ce sont les objectifs que tu t'es fixé depuis que tu es arrivée ici.
Tu disais :

« Il faut savoir ce que l'on veut et se donner les moyens de l'obtenir »

Merci pour la leçon. Ton travail en rééducation illustre parfaitement cette phrase. Comme quoi, ce que l'on dit est peut être vrai. Le mental et la psychologie sont des facteurs primordiaux dans la guérison.
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Lun 6 Aoû - 20:27
Libérée

Aujourd'hui je viens te chercher. Tu as le droit de sortir définitivement. Pour toi c'est un peu comme avoir tiré la carte libérée de prison. Tes bagages sont prêts. En réalité ils sont prêts depuis deux jours. On doit encore passer au bureau des admissions, pour régler les dernières démarches administratives et enfin, on pourra partir d'ici. Tu es très heureuse de partir d'ici, je peux le lire sur ton visage. Et tu as tous les droits de l'être. Je suis très fière de toi. Ce que tu as accomplie ces dernières semaines est presque inimaginable. Et même si avec le temps, j'ai appris que tu avais une force mentale au-delà de la normale, tu réussiras toujours à me surprendre. Je n'ai qu'un seul mot à dire :

« Bravo ! ».

Tu veux faire quoi maintenant ? Tu veux que je te ramènes chez toi ?

Toi : «  - Non. Je vais aller chez mon frère. Et je voudrais que l'on parte en vacances Samedi. Une semaine au soleil, ça te tente ?

- Bien sur que oui. Mais tu veux partir ou ?

- Tu connais le Château d'if ?

- Non. Mais si je ne me trompe pas c'est au large de Marseille.

- Exactement ! Tu vois que tu n'es pas si nulle que cela en géographie…

- Très drôle ! Mais pour trouver une location près de Marseille en plein mois d'Août, à mon avis c'est mission impossible.

- Et bien on verra quand y sera, on va se laisser surprendre. »

En clair tu as décidé de faire 800 km et de chercher ou loger une fois sur place. L'avantage avec toi c'est que l'on ne s'ennuie jamais. Mais j'y pense, ce n'est pas dans ce coin là que les 3 mousquetaires sont partis depuis la semaine dernière ? Je n'ai plus qu'à dire à mes parents que je pars rejoindre les 3 mousquetaires et que je t'emmène avec moi. Oui, je vais leur dire. Pour le moment tu n'as pas le droit de conduire alors oui je t’emmène, ils comprendront.
Rendez vous chez ton frère samedi matin à 4h30. On s’arrêtera manger sur l'autoroute. Si tout va bien on arrivera vers 15h, ce qui nous laisse le temps de trouver ou dormir. Demain ton frère s'occupe de récupérer tes médicaments à la pharmacie et tu pourras préparer tes affaires tranquillement. Si je passe demain ? Oui si tu veux mais tu ne préfères pas te reposer un peu ? Le voyage va être long.

Toi : «  - Je n'ai pas le droit de conduire donc ce n'est pas moi que le voyage va fatiguer le plus.

- Oui d'accord, mais 8h coincée dans une voiture par 30° ce n'est pas de tout repos.

- Ce ne sera pas la première fois que je dors pendant que tu roules.

- Ce n'est pas faux.

- Alors ? Tu viens demain ?

- Oui je viens. Tu veux faire quoi ?

- Rien de spécial. Je n'ai juste pas envie d'être seule. »

Je me trompe ou tu as peur d'être seule ? C'est à cause de ce qui s'est passé ? Probablement…
Maintenant que tu es sortie il y a une chose qui me paraît étrange. Tu n'as fait aucun commentaire sur le fait que je fasse une année de plus au lycée parce que je ne me suis pas présentée aux rattrapages. Te connaissant je m'attendais à prendre un savon magistral, mais au lieu de ça…. Rien du tout. D'un coté le fait d'être au lycée nous permettra de se voir plus souvent, je serais toujours à tes cotés, de la même manière que je l'ai été jusqu'à présent. Ce qui te rassures peut être d'ailleurs. Tu ne l'avoueras jamais mais je sais que ma présence te rassures. C'est peut être même la raison pour laquelle tu n'as fait aucun commentaire. Déçue pour moi je le sais, mais d'un autre coté je sais que tu es contente.

Le lendemain nous avons passé la journée chez ton frère. On a écouté de la musique et on a aussi beaucoup parlé.  Nos conversations m'ont beaucoup manqué alors je crois que l'on essaye de se rattraper. On a même profité de sa piscine. Soi disant, tu continues ta rééducation. A mon sens c'était surtout une bonne excuse pour aller dans la piscine. Toujours est il que c'était une très belle journée. Et te voir en pleine forme et heureuse, je pense que rien ne pouvait me faire plus plaisir.
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Lun 6 Aoû - 20:42
Repos au soleil

Samedi 4h30
Je viens de me garer dans la cours. Ton frère est encore au travail mais ta belle sœur dort encore alors on va essayer de ne pas faire de bruit. Ton sac attend sagement près de la porte d'entrée, j'en conclue que tu es prête à partir. Tu m'as préparé un café ? Ah c'est gentil, merci. Alors je bois mon café et on se met en route.

Nos sacs sont dans le coffre, on a tes ordonnances, les médicaments… Si je suis sure ? Oui j'ai vérifié deux fois. Alors ? Tu es heureuse de pouvoir partir en vacances ? Inutile de répondre à cette question, la réponse se lit dans ton regard. Je retrouve enfin ce vert brillant, presque transparent, dans lequel je me noie régulièrement. Ton regard qui me transperce depuis le premier jour… il a bien failli disparaître. Mais n'y pensons plus. Nous allons mettre cet épisode dans la case des mauvais souvenirs et profiter de ces vacances pour créer de nouveaux et magnifiques souvenirs.
Le passager s'occupe de la musique ? Ben voyons ! Et donc ?

«  ...Et même s'il faut partir
Changer de terre ou de trace
S'il faut chercher dans l'exil
L'empreinte de mon espace
Et même si les tempêtes
Les dieux mauvais, les courants
Nous feront courber la tête
Plier genoux sous le vent
J'irai au bout de mes rêves
Tout au bout de mes rêves
J'irai au bout de mes rêves
Où la raison s'achève
Tout au bout de mes rêves
J'irai au bout de mes rêves ... »

Remarque… j'aurais du le deviner. Et puisqu'on parle de tes rêves je me souviens de quelque chose. Il y a quelques années après une journée difficile je t'ai demandé ce que tu voulais faire, et tu m'as répondu :
«  - Je voudrais….manger une glace en terrasse en plein mois de février.  Visiter le château de Versailles. Voir un match de Basket au POPB. Aller en boite de nuit. Voir un levé du soleil au bord de la mer. Connaître l'ivresse, l'amour et l'envie. Visiter Florence. Appliquer Carpe Diem. Je veux pleurer par amour et vivre pour voir vieillir ceux que j'aime. Ce n'est qu'un rêve, mais je veux rêver. Rêver plus haut que les chants des oiseaux, rêver plus fort que tous les mauvais sorts.»
Quand je repense à cette phrase…. Je me dis que l'on ne s'en est pas trop mal sorties.

Ta main sur la mienne, on a parcourus les 800 km au son de Jean Jacques Goldman, Daniel Balavoine, Francis Cabrel, Queen et Michel Sardou. Partir en vacances et ne pas chanter les Lacs du Connemara était inconcevable.
En arrivant sur la côte on est allé directement se garer près de la plage, tu voulais voir la mer. A peine descendue de la voiture tu avais déjà les pieds dans l'eau et les basket à la main. Tu as raison, il ne faut pas changer les bonnes habitudes. En revanche, je ne voudrais pas jouer les rabat-joie mais il faudrait que l'on trouve où dormir ce soir.

Toi : «  Il ne fait pas froid. Au pire… on pourra toujours dormir à la belle étoile. »

Comment n'y ai je pas pensé plus tôt ? C'est vrai que pour toi rien est un problème, tout est simple même quand ça ne l'est pas.
En s'éloignant un peu de la côte on a finalement trouvé un hôtel très sympathique. Tu étais prête à dormir à la belle étoile, et donc dehors couchée sur le sable, mais tu choisis un hôtel 4 étoiles. C'est tout ou rien si je comprends bien.
On va ressortir manger en ville. Je ne te demande pas ce que tu veux manger ? Plateau de fruits de mer je suppose ? Évidemment… Homard, crevettes, langoustines, un vrai délice. Tu en avais envie depuis longtemps ? Je veux bien te croire. Merci pour le repas, et tout le reste. Pourquoi merci ? Parce que comme d'habitude c'est toi qui paye. Je n'ai même pas réussie à donner ma carte bleue pour faire le plein sur l'autoroute.


Toi : « - Moi j'ai un salaire qui tombe tous les mois. Toi tu as une voiture à acheter alors oui c'est moi qui paye. Et ne m'énerve pas c'est comme ça un point c'est tout. »

D'accord je ne dis plus rien. Il fait nuit ? Il est plus de minuit donc c'est normal. Si je suis fatiguée ? Un peu mais je suis ravie d'être ici. Et puis regarde la ville ...de nuit c'est magnifique.

Si je pouvais - Page 3 Marsei10

On est rentrées à l’hôtel et en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire on dormait toutes les deux.

Le lendemain…
Le petit déjeuner nous attend dans la salle restaurant. Si je vais manger tout ça ? Ah oui oui. Il est vrai que mise à part le croissant que tu m'offres tous les matins en arrivant au lycée, je ne déjeune jamais. Jamais… sauf pendant les vacances. Et toi aussi il faut que tu manges. Tu dois reprendre des forces.

Ce que je veux faire aujourd'hui ? C'est toi qui voulait venir ici, alors je t'en prie, choisie. Visiter le château d'If ? Ah oui, avec plaisir. Il faut prendre le bateau ? Ah….

Toi : «  - Pourquoi Ah ? Qu'est ce qui t’arrive ? Tu n'ai jamais monté sur un bateau ?

- Et bien à part une planche à voile, un kawak ou un opitimiste, non je ne suis jamais monté sur un bateau et encore moins en pleine mer.

- Au moins avec un peu de chance, pour une fois ce n'est pas moi qui vais vomir.

- Merci… t'es sympa toi…

- Je plaisante. Mais pour une fois que je peux te faire découvrir quelque chose, laisse moi en profiter un peu. »

Allons y pour le bateau. Ce que je ne ferais pas pour toi ? Ah je peux te répondre très vite : sauter à l'élastique. En parachute si tu veux, mais à l'élastique… jamais. Il y a des gilets de sauvetage sur cet engin ? Je me renseigne on ne sait jamais. On ne va pas couler ? Oui en théorie. Je te rappelle que le Titanic non plus il ne devait pas couler.

On est presque arrivée ? Bonne nouvelle. J'ai bien apprécié le petit déjeuner de ce matin, j'aimerai autant qu'il reste à sa place. Enfin ..la terre ferme. Ou plutôt, l'ile. En réalité, on a débarqué ici :

Si je pouvais - Page 3 Chatea10

La forteresse édifiée sous les ordres de François 1er au XVI ème siècle. Cette forteresse à servie de prison pendant plus de 400 ans. L'Histoire raconte que l'homme au masque de fer y aurait séjourné.
La forteresse étant un rocher en plein milieu de la mer je veux bien croire qu'il était difficile de s'en échapper. Rendu célèbre par le roman d'Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, c'est un lieu touristique depuis le début du XX ème siècle.
La visite était très intéressante, je suis contente d'être venue. En plus d'ici, la vue sur la ville est sublime. On a contemplé la mer pendant un long moment. Tu avais peur de ne jamais la revoir ? Alors profite… c'est magnifique.

Je suppose qu'il est impossible de rentrer à la nage ? C'est trop loin ? Non ? Sans blague… Oui je monte sur le bateau, une seconde, je viens. Vas y rigole. Moque toi de moi, je vois que ça te fais plaisir. Ben oui tu vois, les attractions à Eurodisney ne me posent aucun problème mais le bateau en pleine mer…. Je serais contente quand on sera de l'autre coté.

Si je veux manger ? Pour être honnête pas tout de suite. Un snack au bord de la plage toute à l'heure m'ira très bien. On va se baigner après ?
La température de l'eau est idéale, les glaces ne sont pas loin, maintenant tu peux te reposer. Oui je te rappelle que tu dois te ménager. Alors on va se promener, on va visiter, on va se baigner mais doucement. Pourquoi je te dis ça ? Parce que je te connais, alors j'aime autant que les choses soient claires. Il y a moins de risque que tu râles dans une heure parce que l'on a pas bougées.


On a visité le port, les marchés, le fort, les calanques et même l'aquarium. Le secteur est magnifique. En revanche il ne faut surtout pas rouler dans la ville. C'est pire que la capitale. Visiblement le soleil n'est pas bénéfique pour tout le monde, le code de la route ici c'est un grand n'importe quoi.
La semaine est presque écoulée. Je sais… le temps passe vite. La semaine prochaine tu devras retourner dans les manèges. Ton rendez vous c'est jeudi ? Oui je le sais. Et alors ? On pourrait rentrer mercredi et passer quelques jours de plus ici. Ouiiii…. Il faut juste payer l’hôtel 4 jours de plus. Tu t'en moques ? C'est bien ce que je pensais. Alors profitons en !

Restaurant ce soir ? Avec plaisir. Tu veux faire quoi en sortant du restaurant ? Je verrais en sortant ? Il y avait longtemps. Une surprise ?

Tu voulais tout simplement que je vois ça :

Si je pouvais - Page 3 Notre_10

J'avoue, c'est sublime. Les couleurs sont magnifiques. Quand à la vue une fois en haut…. C'est juste époustouflant.

10 jours inoubliables. Toutes les bonnes choses ayant une fin, il faut prendre le chemin du retour. Et c'est la tête remplie de souvenirs et de fou rires que nous allons rentrées.

Demain c'est retour à la réalité. Direction le manège et on doit aussi voir le médecin. Je sais que tu appréhendes ce qu'il va te dire. Il doit décider si tu peux reprendre le travail ou pas. Mais sincèrement, moi j'ai confiance. Tu vas très bien. Je ne l'aurais pas parié il y a deux mois mais la vérité c'est que tu as très bien récupérée. D'autant plus que nager en pleine mer était aussi un bon exercice. Je crois que cela t'a été bénéfique.
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Lun 6 Aoû - 20:48
Rassurée ?

Jeudi 
Et nous voilà de retour à l’hôpital. Personnellement je préférais la plage. Toi aussi ? Je m'en doute. Je te sent stressée, il y a quelque chose qui ne va pas ? Ne me dit pas non, je le voit. Parle moi…
Toi : «  - J'ai peur d'y retourner.

- A cause de ce qu'il s'est passé la dernière fois ?

- Oui.

- Je comprends. Mais pour parler ton langage, statistiquement la probabilité que cela se produise deux fois de suite, elle est de combien ?

- D'accord. J'ai compris. Je suis ridicule ?

- Non. La peur c'est un sentiment humain qui ne se contrôle pas, mais si tu réfléchis, le risque est quasiment nul. Et puis je suis sure que tout va bien se passer. »

J'ai joué les dures devant toi, mais moi non plus je ne suis pas très rassurée. Je n'ai qu'une hâte, c'est que tu ressortes de là. Et lorsque l'on attend, les minutes paraissent des heures. Je n'entends plus le bruit de la machine, ce qui signifie que l'examen est terminé. Tu ne devrais plus tarder. Effectivement, te voilà. Tu te sent mieux ? Tu as le sourire donc je suppose que oui. Maintenant il ne reste plus qu'à attendre les résultats. Environ 15 minutes ? Oui… enfin 15 minutes dans un hôpital c'est au minimum 30 dans la vie réelle. J'exagère ? Ah non ! Pas du tout je parle par expérience.

Trente cinq minutes plus tard… (j'avais raison)

La secrétaire :  « -Voici vos résultats . Bonne journée.»

Une bonne chose de faite. Passons à l'étape suivante : la consultation avec le neurologue. Reste à espérer que l'on y passe pas le reste de la journée. Quand je vois le monde en salle d'attente je me dis que l'on va en avoir pour un moment. Je déteste les salles d'attente. C'est horrible de faire attendre les patients de cette façon. Certains attendent des résultats qui peuvent changer le cours de leur vie. Et ils doivent attendre des heures. C'est cruel. Quelques heures ne changerons rien aux résultats. C'est vrai, mais cette souffrance est inutile.

Avant de voir le médecin tu dois repasser des test. Tu le savais ? Non ? D'un coté tu me rassures. Et c'est quoi ces test ? Si tu réussis tu pourras reprendre le travail. Ok. Bon et bien tu vois ce qu'il te reste à faire. Juste une question : les test, il y en a pour combien de temps ? Quoi ? Deux heures ? Super ! Je vais aller faire un tour. Je vais aller voir si ton frère est dans le coin.

Ton frère : « Hey… alors les vacances ? C'était bien ? Tout s'est bien passé ?

- Oui, c'était génial. Ta sœur va bien. Aucun symptôme pendant les vacances, tout va bien.

- Mais alors qu'est ce que tu fais là ?

- Tour de manège et consultation. Le neurologue doit décider si elle peut reprendre le travail la semaine prochaine ou pas. Mais là elle doit passer des test et il y en a pour deux heures.

- D'accord. Alors viens je t'offres un soda. Cela dit tu tombes bien. Tu la dépose chez moi ce soir ? Elle veut que je l'emmène chez elle demain matin pour prendre des affaires et que je la dépose à l’hôtel en rentrant. Mais je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée qu'elle reste seule demain soir.

- Pas de problème, dépose la chez mes parents en rentrant. On regardera un film et je la ramènerait à l’hôtel le soir. Je resterais avec elle.

- Ok, alors on fait comme ça. »

Si je n'avais pas croisé ton frère, tu m'aurais dit que tu avais l'intention de reprendre la chambre d’hôtel à partir de demain soir ? Étrangement je n'en suis pas convaincue. La rentrée ce n'est que mercredi, tu aurais pu rentrer chez toi. Je serais curieuse de savoir depuis quand tu n'as pas dormi chez toi. Tu as peur ? Parce que c'est loin d'ici ? De chez mes parents il faut 35 minutes et de chez ton frère un peu plus. Tu as peur de quoi ? Que l'on arrive trop tard ?

En sortant de l’ascenseur je t'aperçoit au bout du couloir. Tu as le sourire. Visiblement les test se sont bien déroulés.

Toi : « - Au revoir Docteur. Et merci encore. »

Au revoir ? Comment ça au revoir ? Et tu vas ou comme ça ?

Toi : « - C'est terminé ? On peut y aller.

- Terminé ? Mais tu as déjà vu le médecin ?

- Oui. Je sors de son bureau. Regarde… je suis apte… hihi 

- Toutes mes félicitations, c'est super.»

Je te sent soulagée. Soulagée d'un poids énorme. Je me trompe ? Ne pas travailler, pour toi c'est la pire des punitions. Maintenant tu vas beaucoup mieux. Tu veux fêter ça et inviter ton frère au restaurant ce soir. C'est une bonne idée mais ton frère ne termine sa garde que demain matin. Juste nous deux alors ? Pizzeria ? Ok, allons y pour la pizzeria.

Je te dépose chez ton frère et je vais rentrer chez mes parents. Oui, je leur ai dit que je rentrais vers 22h30, je sais qu'ils vont m'attendre. Ton frère te dépose chez mes parents demain après midi.  Alors a demain….
…...

Et nous voilà de retour à l’hôtel. La chambre est plus petite que sur la côte mais je suis bien ici. En fait cette chambre d’hôtel c'est un peu notre endroit à nous. Ce n'est ni chez toi ni chez mes parents. Et puis on y a construit tellement de souvenirs ici… Tu as réinstallée tes affaires ? T'es prête pour la rentrée ? Moi c'est mercredi mais toi tu reprends mardi.

Sans dire un seul mot on a repris nos petites habitudes. J'ai pris ma douche la première, toi ensuite et puis on s'est mises au lit. Tu t'es blottie dans mes bras et l'on s'est endormies paisiblement.

Je n'oublierais jamais ta chevelure qui me caresse le visage, ton souffle dans mon cou, à chacune de tes expirations, les battements de ton cœur qui raisonnent sur ma poitrine…. Et tes yeux qui s'illuminent à chacun de tes réveils… J'adore...
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Lun 6 Aoû - 23:07
//Pour celles qui ont eu le courage de lire cette histoire dans son intégralité, sachez que vous aurez la dernière partie demain. La plus difficile à écrire et peut être.. la plus difficile à lire. (a vous de me le dire). Cette dernière partie va être relativement longue mais j'ai fait le choix de vous poster les derniers morceaux en une seule fois.  S'arrêter au milieu est, à mon sens, presque cruel. Je pense que vous avez toutes deviné comment se termine cette histoire, alors.... préparez vos mouchoirs. Bonne lecture....//
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Mar 7 Aoû - 21:44
Repas de famille

Samedi matin
La belle mère de ton frère vient passer le week-end chez eux, ce qui n'a pas l'air de vraiment l'enchanter. A priori le courant passe assez mal entre ton frère et sa belle mère. Il paraît que c'est le cas dans la plupart des familles d'ailleurs. Le mythe de la méchante belle mère ? Je plaisante. Pourtant, ne pas apprécier ton frère je ne sais pas comment c'est possible. Intelligent, cultivé, médecin urgentiste, responsable, qui reverrai mieux comme gendre ?  Ou cette rancœur est simplement due au fait que ton frère lui a volé sa fille ? Toujours est il que pour apaiser l’atmosphère tu as proposé à ton frère de venir manger chez eux ce midi. Et tu me dis tout ça parce que ? Parce que tu veux que je vienne. Ah ! Remarque j'aurais du deviner. Comment se retrouver embarquer dans des histoires de famille ? Je crois que je suis en plein dedans.

J'ai prévenu mes parents que je mangeais avec toi ce midi. Oui je leur ai dit la vérité. Depuis l'épisode du bac et du centre de rééducation, ils savent que l'on est devenues amies. Tu vois on progresse. Et non, ils n'ont pas posé de questions. Enfin si, juste à quelle heure je rentrais. Je leur ai dit que l'on ferai probablement un bowling cet après midi et que je rentrerais ce soir après manger.

Que se passe t' il ? C'est toi qui a proposé que l'on mange là bas, alors quel est le problème ?

Toi : «  - Ben déjà qu'entre moi et ma belle sœur c'est un peu compliqué, alors ajoute sa mère au milieu et il n'y a pas besoin d'être un génie pour comprendre que l'ambiance va être glaciale.

- Je comprends mieux pourquoi tu voulais que je vienne. Tu imagines qu'une personne extérieure peut jouer les zones tampons ?

- C'est un peu le principe oui ! Je ne suis pas très fière de t'utiliser de cette façon, pas fière du tout même. Mais c'est surtout pour mon frère que j'ai besoin de ton aide.

- Tu n'as pas besoin de te justifier. A partir du moment ou je suis avec toi ça me va très bien. Et puis je ne vais pas te laisser seule dans la fosse aux lions. (rires) »

…..

Visiblement ta belle sœur à décidé d'impressionner sa mère. Une jolie nappe, la vaisselle des grands jours, elle veut prouver quelque chose ? Je dis ça parce que personnellement salade et merguez c'était très bien. Mais non aujourd'hui c'est entrée, plat, fromage et dessert.
Après avoir dit bonjour à tout le monde je dois bien reconnaître que l'ambiance est vraiment glaciale. On va servir l'apéritif, avec un peu de chance ça aidera à détendre l’atmosphère. Ce que je fais dans la vie ? Ah ! Je crois que je vais devoir expliquer deux ou trois petites choses. Oui je suis encore au lycée. Oui en Terminale. Oui dans le même lycée que celui dans lequel toi tu enseignes. Quel Bac ? Heu… filière scientifique. Ce que je veux faire après ? Pas la moindre idée. Peut être rentrer dans le monde du travail. Pourquoi pas une prépa ? Parce que je ne sais pas dans quelle branche et aucune envie de passer encore des années à étudier sans savoir réellement quel métier je veux faire. Parce que rien ne m 'intéresse ?  Non, c'est plutôt le contraire. Mais c'est surtout que les dernières années ont été très intenses. J'ai grandit. J'ai appris à réfléchir et à relativiser beaucoup de choses. Et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui je me pose pas mal de questions.  C'est ce qu'on appelle l'adolescence ? Ah non ! Je ne pense pas qu'il y est un rapport avec l'age et l'adolescence. Tout ce que j'ai appris, la manière dont je réfléchie, la façon dont je suis capable d'agir et même ce que je pense… c'est à toi que je le dois.

J'ai l'impression de subir un interrogatoire depuis le début du repas alors je veux bien me prêter au jeu mais il ne faut pas être surpris par les réponses.
« Pour une gamine qui n'a pas 20 ans j'ai l'air plutôt mature ». C'est ce que la vieille chouette vient de dire à mon sujet. Et pour être honnête je ne sais pas si je dois le prendre pour une critique ou un compliment. Et elle continue… Comment se fait il qu'une élève devienne la meilleure amie d'une enseignante ? Ohhhh….. là, elle s'aventure sur un terrain dangereux. Et…. Je ne vais pas avoir le temps d'en placer une. C'est toi qui lui réponds ? On dirait que oui…

Toi : «  - Le fait d'être élève ou enseignant n'a rien a voir avec notre relation. Tout ce que je vie depuis quatre ans c'est à elle que je le dois. Grâce à elle j'ai eu envie de me battre contre cette saloperie. J'ai appris à vivre parce qu'elle m'a redonné goût à la vie. Elle me comprends mieux que je ne me comprends moi même. D'ailleurs c'est une chose que je ne m'explique toujours pas mais c'est la vérité. Elle m'a appris à communiquer, mais aussi a quel point la confiance était essentielle. J' ai même fini par découvrir une partie de moi même que je ne connaissais absolument pas. Il y a quatre ans, mourir demain ou dans 10 ans m'était totalement égal, mais aujourd'hui c'est différent. Chaque jour de plus est un véritable cadeau. Mais la chose que je ne comprends toujours pas, c'est pourquoi la seule chose que les gens constatent lorsqu'ils nous voit toutes les deux c'est le coté prof/ élève. Chose qui commence sérieusement à me mettre en colère. »

- La vieille chouette : « - Désolée, je ne savais pas que vous étiez malade. Si vous avez trouvé quelqu'un capable de vous aider c'est vraiment bien et je suis très contente pour vous… sincèrement.

- J'aurais du mourir il y a un peu plus de deux ans à cause d'une tumeur au cerveau. J'ai passé les deux derniers mois hospitalisée à cause d'une petite rupture d'anévrisme. Et si je suis toujours là c'est en grande partie grâce à elle. Alors oui... j'ai trouvé quelqu'un. Maintenant je vais bien et j'ai faim, alors mangeons. » » 

Je savais bien qu'il valait mieux que je te laisse répondre. Tu as bien failli me faire pleurer avec ton monologue mais l'avantage c'est qu'il a eu le mérite de mettre fin a cet interrogatoire. Si en prime on pouvait dissiper cet étrange malaise, tout le monde se porterai mieux.
Si je veux du rosé avec la cote de bœuf ? Heu… oui avec plaisir.
Et bien voilà ! On va pouvoir partager un repas normalement maintenant? Super !!!
Finalement ce repas se déroule bien mieux que l'on aurait pu l'imaginer au départ. Ton frère a raconté quelques anecdotes de son boulot, on a parlé des falaises, de nos vacances, du lycée… on a même parlé de mon prof de maths. Ce qui a fait rire tout le monde lorsque tu as raconté de quelle manière tu l'avais envoyé promené.

Et puis comme tout le monde était maintenant de bonne humeur tu t'es décidé à leur annoncer une grande nouvelle.
C'est ce que tu as dit :

«- J'ai une grande nouvelle à vous annoncer. Je vais avoir besoin de quelques bras »

Ton frère : « De bras ? Pour quoi faire ? »

Toi : «  Je vais déménager. Bon il faut déjà que je trouve l'appartement, mais quand je l'aurai trouvé, je vais déménager. Je veux me rapprocher du lycée. Ce sera beaucoup plus simple. Depuis deux ans on vie quasiment à l’hôtel, alors autant que je déménage. Voilà pourquoi je vais avoir besoin de bras. Mais il n'y a pas grand-chose en fait. Toutes les semaines depuis quatre mois quand je rentre j'en profite pour faire un peu de tri. J'ai jeté un carton par semaine, alors mise à part mes cours, des livres, des fringues et de la vaisselle le reste c'est juste des meubles. Et là encore… je n'habite pas un château. »

Ton frère : «  - Faire ton déménagement ce n'est pas un problème. Je trouverais bien quelques collègues pour me filer un coup de main, mais tu veux déménager quand ?

Toi : « - Je ne sais pas. Début octobre ce serait bien. »

Ton frère : « Ok. Et bien il ne te restes plus qu'à trouver l'appartement. »

On a continuer de manger en parlant de déménagement, d’impôts locaux, de la préfecture et des différents impératifs administratifs. Ton frère à même proposé de te récupérer des cartons de l’hôpital et de t'aider à les remplir.

En y réfléchissant, c'est vrai que l'idée que tu es ton appartement à coté du lycée est plutôt pas mal. Disons que cela va simplifier pas mal de choses. Le seul inconvénient, c'est que je ne suis pas certaine d'avoir envie d'en partir. A quoi je pense ? Heu… rien de spécial. Pourquoi ?

Toi : « - Et puis tu n'auras plus besoin de trimbaler tes affaires dans le coffre, il existe des placards pour ranger ses affaires.

- Heu…. Oui…. »

Donc si j' ai bien compris tu as l'intention de me garder une étagère pour que je puisse y laisser des affaires. Je suis d'accord que c'est mieux que le coffre mais c'est quoi l'idée ? Comment ? Que je fasse de la place sur la table ? Oui oui, pas de problème.

Ah ! Voilà le dessert. Je suppose que c'est parfum chocolat ? C'est toi qui l'a choisi bien évidemment. Et comme ton frère ne sait pas te dire non …
Moi couper le gâteau ? Non pas trop, sauf si vous voulez avoir de la bouillie dans votre assiette.
Et comme pour venir à mon secours tu nous a dit:
«- C'est bon ! Je vais le couper »
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Mar 7 Aoû - 21:53
Le dessert

Tu t'es levée et tu as pris le couteau dans la main tout en approchant le plateau. Ben vas y coupe.. Quoi ? Pourquoi tu me regardes l'air effrayée ? Qu'est ce qui se passe ? Ta main droite s'est paralysée, le couteau est tombé de ta main et tu es incapable de prononcer un seul mot. Avant que tu tombes...c'est bon je te tiens. Trois secondes plus tard tu as perdue connaissance. Le poids de ton corps inerte m'a entraînée au sol avec toi. Les yeux grands ouverts tu me fixes et je ne peux lire dans ton regard que de la peur. L'océan vert dans lequel je me noie si souvent, se remplie de brouillard peu à peu. Ta main serrée dans la mienne je sent encore les battements de ton cœur….

Ton frère se précipite sur le téléphone. Il s'agit probablement d'un Accident vasculaire cérébral, il faut faire vite.

«  ...Mais puisque tu penses
Comme une intime évidence
Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire... »

J'ai hurlé à ton frère : « NON !!! Raccroche ! Ne fais pas ça. »

«... Puisqu'il faut apprendre
À défaut de le comprendre
Respecter tes désirs et les vivre quoi qu'il arrive... »

Ton regard se vide… Tes yeux se remplissent de sang. Ma main devient moite, la tienne devient froide…

«  ...Puisque c'est ailleurs
Qu'ira mieux battre ton cœur
Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir... »

Moi : « Elle a dit : pas de tube, pas de réa... »

« ...Puisque tu pars
Que les vents te mènent où d'autres âmes plus belles
Sauront t'aimer mieux que nous
Puisque l'on ne peut t'aimer plus... »

Dans mes bras je ne sert plus que ton corps… Mes larmes percutent ton visage, comme la mer percutait les rochers…Je ne sent plus les battements de ton cœur, il s'est arrêté.

« ...Que ta vie m'apprenne
Et que tu restes la même
Si je te trahissais, je t'aurais tout à fait perdue
Garde cette chance
Que je t'envie en silence
Cette force de penser que le plus beau reste à venir... »

Pour une minute, un instant, le temps s'est arrêté. Suspendu dans les airs… il souffle un vent d'éternité. Une bulle se forme autour de nous. Je n'entends plus les mots qui m'entourent, je ne vois plus les visages autour, il n'y a plus que toi... et moi.

Je reste assise à tes cotés, je ne veux pas te lâcher… je ne veux pas te quitter. Deux heures plus tard, je suis toujours assise au sol, près de toi.. je veux rester à tes cotés. Ta main est toujours dans la mienne, mais elle devient rigide. L'océan s'est remplie de sang, ton regard s'est vidé, ta vie s'est envolée et... tes yeux…. je vais devoir les fermer...

Pendant ce temps là, ton frère guide la voiture noire qui manœuvre dans la cour.

Maintenant installée dans tes derniers draps, il ne me reste plus qu'une seule chose à faire. Une seule, la dernière et la plus difficile : te lâcher.

« ...Et loin de nos villes
Comme Mai l'est de Septembre
Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte
Indélébile... »

Ton frère est là, debout à mes cotés, et ensemble on regarde la voiture s' éloignée.

« ...Sans drame, sans larme
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur
Puisque ta maison
Aujourd'hui c'est l'horizon
Dans ton exil, essaie d'apprendre à revenir
Mais pas trop tard... »

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